Attestation écrite de témoins (en Belgique).

En justice, la procédure civile s’appuie principalement sur l’écrit. L’organisation des  auditions de témoins engendrent souvent des retards.

Depuis 2012, le  recours à l’attestation écrite est possible quand la preuve par témoins est admise (art. 1341 et suivants C.civ. et art. 25 C.comm.).

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Oeuvre  » Bois de rose » à Honfleur

...ou comment un témoin peut entrer utilement dans un dossier juridique.

Pour garantir la valeur du témoignage, le législateur a posé des limites. L’auteur doit remplir les conditions  habituelles requises pour être entendues comme témoin (Code Judiciaire) et rapporter des faits auxquels il a assisté ou qu’il a personnellement constatés. Les attestations sont produites par les parties ou à la demande du juge qui les communique alors aux parties. Le juge conserve toujours la liberté de convoquer ce témoin en personne.

Précision utile

Les attestations sont bien produites par les parties ou à la demande du juge.

Le tiers, témoin dans une affaire, ne peut donc pas rédiger une attestation spontanée.

La forme de l’attestation

L’attestation est écrite, datée et signée de la main de son auteur. Elle mentionne les noms, prénoms, date et lieu de naissance, domicile et profession de son auteur ainsi que, s’il y a lieu, son lien de parenté ou d’alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d’intérêts avec elles.
L’attestation indique en outre qu’elle est établie en vue de sa production en justice et que son auteur a connaissance qu’une fausse attestation de sa part l’expose à des sanctions pénales. Celui-ci doit annexer, en original ou en photocopie, tout document officiel justifiant de son identité et comportant sa signature
  (voir art. 961/1-961/3 C.Jud.).

La forme est donc totalement libre mais doit contenir les mentions requises.

Un exemplaire modèle, valable en Belgique et comportant les mentions utiles, peut vous être fourni.*

Pour plus de sécurité juridique, la totalité du témoignage, avec date et signature, sera totalement manuscrite par le témoin.

Si une attestation écrite de témoin ne répond pas aux exigences du Code judiciaire, elle n’est pas nulle. C’est le juge du fond qui décide quelle valeur lui donner.

La preuve est facilitée dans certaines affaires puisqu’un justiciable peut identifier plus facilement les tiers, témoins des événements dont il se plaint. Il peut aussi solliciter sans attendre les témoins qui ont encore bien en mémoire les faits. La justice est lente, les procédures d’enquête longues, et recueillir tardivement un témoignage est  aléatoire. Le justiciable peut aussi contacter, dans certains cas, des témoins nombreux et recueillir éventuellement des attestations multiples corroborant les faits, conserver et préserver le rapport écrit de témoins très âgés, contacter pour témoigner des personnes-témoins reparties à l’étranger ou qui parlent une autre langue (avec le problème de la traduction dans ce cas).

Les juges se contentent dans l’immense majorité des cas d’une attestation écrite des témoins qui ne devront donc pas se déplacer car leur audition est rarement demandée.

Les attestations écrites et détaillées de témoins éclairent plus finement le juge sur  un climat,  des faits par exemple ceux qui ont entouré ou précédé un licenciement pour motif grave ou peuvent établir  une nuisance, un tapage nocturne, quasi impossibles à prouver autrement.

 

Pas de complaisance ! Il n’est pas question de faire plaisir à un ami par une attestation  mais de relater des faits vécus ou constatés, simplement et objectivement. Une fausse attestation conduit à des sanctions pénales et apportera à son auteur un sérieux discrédit.

 * Faites votre demande pour le modèle d’attestation (Belgique) via la rubrique « Me contacter » et soutenez-moi pour le service rendu par un don de 2 € jusque 20 € (compte BE92 9796 3284 9223 de Cécile Delfanne-1160 Bruxelles).

« Ce parfait ciel bleu » Xavier de Moulins.

Après l’horrible suicide de son mari, Mouna 88 ans se réfugie à la Résidence des Lilas. Antoine, son petit- fils divorcé, lui  rend visite. Un lien se recrée entre eux. Mouna rêve de revoir la mer  et Antoine l’accompagne, le temps d’une  fugue sous le ciel bleu de la côte normande. Mouna ne parle jamais d’elle. Antoine est empêtré dans son passé et sa vie sentimentale tourmentée. Elle a peur de mourir et il a peur de vivre. Ils  se découvrent et partagent quelques moments de joie profonde.  

Puis, Antoine ramène sa grand-mère à la résidence. Sa dernière nuit à la mer, Mouna s’est endormie dans l’ivresse des bulles de bonheur. Dix jours plus tard…

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…sous ce parfait ciel bleu seulement mangé en son centre par un

épais nuage de coton maculé… page 183.   Deauville

L’auteur 

Xavier de Moulins, journaliste et écrivain français, est né 1971. Après une maîtrise de Lettres à la Sorbonne puis un DESS de télécommunication, le journaliste travaille pour divers médias et débute en 1999 à la télévision. Il publie en 2011 le livre « Un coup à prendre » et « Ce parfait ciel bleu » en 2012.

Sur la vieillesse…

Ce livre analyse finement non pas la vieillesse mais la personne qui vieillit, qui s’inscrit dans la même ligne du temps que nous. « La vieillesse est un trompe-l’œil » (Page 128). Pourquoi sommes-nous enclins à classer, momifier les personnes âgées comme si leur vie avait été « une trajectoire lisse et ordonnée » dont nous pensons tout savoir ?

Photos2013.jpgLe petit-fils Antoine, pris dans les difficultés de sa propre famille recomposée, redécouvre sa grand-mère. Il a l’impression d’avoir ouvert un accès qui lui faisait défaut, « celui de l’héritage et de la transmission »(p 127).

La famille n’est plus un cocon solide où on partage les aléas de vie des uns et des autres. La famille est devenue un noyau sans cesse agité qui se construit, se déconstruit et où sans doute un aîné ne s’y retrouve plus. C’était le choix de Mouna de s’éloigner dans cette résidence mais « sa proposition a tout de suite fait mouche » (Page 41).

Le livre sonne avec justesse en décrivant la réalité des vécus « intergénérationnels » actuels, ici le désarroi d’Antoine et la vie de Mouna, qui ne lui convient plus.

Si nous relisons le livre avec cette fois toutes les cartes en main, nous  voyons que chaque pan de cette histoire s’explique et a une profondeur tragique et amère comme le sera le choix de Mouna.

Ce livre nous force à penser à la clef secrète derrière les apparences d’une existence, au moteur invisible des émotions, à cette vie intérieure que nos proches nous taisent souvent et que nous-mêmes ne partageons pas aisément.

Avec cette prise de conscience, nous sommes amenés «à regarder en face nos limites» et notre relative impuissance à changer les choses.

Une phrase:

 « C’est le moment où Mouna me chuchote dans le creux de l’oreille :

         Fais toujours de ton mieux et ne regrette rien « 

 Page 203. Ce parfait ciel bleu. Xavier de Moulins. Editions Au diable vauvert.

Le bleu du ciel de Deauville.

Ces écrivains, Gustave Flaubert, Colette, Joseph Kessel, Georges Simenon ou Françoise Sagan…ont aimé Deauville et la côte normande.

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                Deauville et ses parasols

                    « Surtout si un Deauville désert et inondé de l’oblique et jaune soleil de mars est à côté. »

                            Françoise Sagan . (Des Bleus à l’âme.  pages 24,25. Editions Stock.)

 

La côte normande est le cadre d’un roman de Xavier de Moulins sur lequel nous reviendrons.

 

Seniors bénévoles et « génération sandwich ».

Le bénévolat dans les orties? Nous avons évoqué précédemment la crise actuelle du bénévolat.

Parmi les volontaires seniors, c’est la tranche des personnes âgées de 55-75 ans qui est la plus impliquée. Tant que la santé est stable, que les conditions financières personnelles restent favorables, le bénévolat est envisageable. Les personnes qui se sont dévouées occasionnellement au cours de leur carrière ou dans des mouvements de jeunesse rejoignent plus facilement une association.

L’activité choisie est souvent dans la ligne de parcours de vie de l’intéressé. Les secteurs de prédilection des seniors volontaires sont les écoles des devoirs, les banques alimentaires, les associations religieuses, sportives, musicales ou de loisirs.

Pourtant, une enquête  française réalisée pour l’Observatoire du Management Intergénérationnel montre qu’entre 50 et 65 ans, seul un Français sur cinq s’engagera comme bénévole dans une association. Il apparaît qu’une majorité de personnes en fin de vie active ou à la retraite – 6% – ne souhaite pas s’engager dans une association.

Ces personnes entre 50 et 65 ans exercent encore leurs activités professionnelles et sont souvent soumises à des pressions car on leur reproche d’être moins rentables. Elles commencent à avoir des soucis de santé*, sont prises  en étau entre les contraintes conflictuelles d’attentions à prodiguer aux parents très âgés, aux grands enfants encore à la maison ou qui y reviennent. Cette « génération sandwich »**  n’a plus la possibilité ni la force d’inclure dans son planning une autre occupation bénévole pour la collectivité.

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Ile du Lido près de Venise

D’autre part, en raison des problèmes de chômage de leurs enfants, leur regard est plus aigu. Ils craignent que leur bénévolat nuise à des emplois potentiels.

Si le senior n’a pas de charge familiale ou déficit physique majeur, s’engager dans une activité ou un mouvement social reste positif et favorable à son bien-être. Le bénévole bouge, sort de chez lui, rencontre d’autres personnes, crée des liens et  renforce son réseau social, se sent utile et conserve ainsi une bonne estime de lui.

Reste à bien baliser cet engagement: nous y reviendrons.

 

*L’espérance de vie en bonne santé reste toujours d’environ  62 ans  et ne croît pas  parallèlement avec la longévité

**L’expression «génération sandwich» décrit la génération des personnes prises en sandwich entre les besoins de leurs parents vieillissants et ceux de leurs enfants. C’est un phénomène de télescopage  neuf qui n’est pas compris ni par les aînés, ni par les enfants. La plupart des parents des quinquagénaires actuels n’ont pas eu à gérer la situation de leurs propres parents très âgés. Si depuis des siècles, les besoins des aînés ont été largement assurés par leurs enfants, la situation se complique. L’espérance de vie accrue suite aux progrès de la médecine étend la période de soins à prodiguer bien au-delà d’une année ou deux mais peut atteindre 2 décennies. Il n’est plus rare de voir trois ou quatre générations dans une famille. Les jeunes ne comprennent pas non plus leurs parents ainsi coincés car pour eux la famille prend souvent moins d’importance que leurs réseaux personnels.

Ce sont surtout les femmes qui prodiguent les soins personnels et qui s’occupent de la famille ascendante ou descendante. C’est un travail tenu tacitement dans l’ombre par les bénéficiaires. De plus et il reste très mal mal vu que la génération sandwich s’exprime publiquement sur le poids et les difficultés rencontrées.

Réflexion sur les nuisances aériennes à Bruxelles.

Depuis le 6 février 2014, le ciel  de Bruxelles est gâché par un ballet aérien qui génère nuisances  sonores, pollution et risques sur une ville densément peuplée.

Partout dans le monde prévaut le principe que les avions évitent les grandes villes près des aéroports.

Le plan Wathelet est un nouveau plan de survol et d’approche de la capitale, modifiant complètement du jour au lendemain le cadre de  vie des nombreux habitants  sans se soucier des répercussions sur les Bruxellois, sans avoir mesuré les impacts sonores.

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Survol des avions sur  Auderghem- Nuisances sonores -16 avril 2014

Cet exemple brutal de modification du cadre de vie par une action politique montre combien la vie devient compliquée pour les seniors et… les plus jeunes d’ailleurs. Comment prévoir son avenir s’il n’y a plus de stabilité suffisante au niveau législatif ou juridique qui permette de bâtir un projet ou de s’établir tranquillement quelque part ?

Certes, le monde devient de plus en plus complexe et rapide. On demande aux seniors, aux retraités de s’adapter, de « passer par internet » (sic), d’évoluer vers les nouvelles technologies.

Pour évoluer, il est primordial que chacun puisse continuer à prendre appui sur ses points de stabilité individuelle. Le logement personnel est un de ces ancrages majeurs. Le domicile apporte la quiétude, la sécurité et  le ressourcement qui permettent d’affronter et de gérer les moments délicats de  transition de vie.

Si la qualité de ce cadre de vie peut être compromise ou balayée si rapidement, vieillir sereinement  chez soi* pourrait tenir miracle…

Retrouver un coin de ciel bleu et paisible est nécessaire pour tous.

*Certains hôpitaux et maisons de repos sont aussi  victimes de ces nuisances aériennes.

Factures d’eau à Bruxelles: le propriétaire ne doit plus payer pour son locataire si un compteur d’eau individuel est installé.

Jusqu’ici, en région bruxelloise, persistait l’obligation générale et solidaire pour le bailleur de payer la consommation d’eau de son locataire défaillant.

Comme le gouvernement wallon en 2003 ou le gouvernement flamand en 2011, la région bruxelloise permet enfin l’exonération de la solidarité de certains propriétaires-bailleurs à l’égard de la société bruxelloise de distribution d’eau concernant les factures d’eau impayées de leurs locataires.L’ordonnance parue au Moniteur de ce 6 mars 2014 et entrée vigueur 10 jours après sa publication*  donne des moyens et conditions de s’exonérer de cette solidarité imposée au propriétaire.

3 conditions:

 

1.La suppression du lien de solidarité dépend de l’installation préalable de compteurs d’eau individuels.

Les propriétaires bruxellois qui installent (à leurs frais) dans leurs logements en location des compteurs d’eau individuels agréés par Hydrobru, ne se seront plus poursuivis pour les factures impayées de leurs locataires.

facture, eau, bruxelles, propriétaire

 « Que personne ne dise : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau »

            L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche par Miguel de Cervantes Saavedra

 

  • C’est une mesure équitable pour toutes les parties.Elle évite beaucoup de tracas et litiges inutiles entre propriétaires et locataires.
  • Elle rend propriétaires et locataires seuls garants de leur consommation propre.  L’usager devient responsable de sa consommation.
  • Elle procure un gain de temps aux locataires pour la  libération de la garantie  locative que retenaient certains propriétaires attendant une attestation par Hydrobru du paiement des factures d’eau.
  • Elle favorise l’installation de compteurs individuels  et permet aux locataires qui en sont équipés de bénéficier du mécanisme de tarification progressive, avec des tarifs plus bas pour les premiers mètres cubes consommés, tout en tenant compte du nombre de personnes qui composent le ménage.


2.  Outre l’installation de compteurs individuels, le propriétaire est aussi tenu d’informer la société de distribution d’eau dans les 15 jours ouvrables qui suivent le départ du locataire, de l’identité des usagers entrants et sortants au moyen du formulaire prévu par le distributeur, ainsi que de l’index du compteur; attention, le propriétaire doit avoir la preuve de cette communication au distributeur !

 

3.    Le propriétaire doit surveiller le bon état de ses installations privées de distribution d’eau car il reste tenu du paiement de toutes sommes impayées en cas de surconsommation inhabituelle due à la défectuosité des installations privées.

 

Les 3 conditions respectées, en cas de non-paiement de ses factures, le locataire devient maintenant le seul responsable possible pour la société de distribution d’eau.

 

 

*Prudence pour la gestion des situations litigieuses ayant débuté avant le 17 mars 2014, car aucune mesure transitoire n’a été  prévue par l’ordonnance.

 ** Une augmentation du volume d’eau consommé est considérée comme inhabituelle si le volume d’eau consommé depuis le dernier relevé excède le double du volume d’eau moyen consommé par l’usager au cours de la période précédente. (Travaux préparatoires A-447/1– 2012/2013)

«La tête en friche» Marie-Sabine Roger.

Deux solitudes, celle d’une toute petite vieille dame de quatre-vingt-six ans, Margueritte, fragile, docteur en sciences, et celle de Germain quarante-cinq ans,  jardinier, quasi illettré et narrateur du roman vont se rencontrer sur un banc public dans un parc.

Tout les différencie sauf leur besoin d’avoir quelqu’un à qui penser avec plaisir. L’une offre son savoir et l’autre sa disponibilité; leurs horizons se parent de couleurs qu’ils ne connaissaient pas.

Auprès de Margueritte, Germain découvre le monde des livres et le sens des mots.

Margueritte aime faire la lecture à voix haute, que ce soit « La peste » de Camus ou « le Vieux qui lisait des romans d’amour » de Sepulveda. Germain écoute, retient : sa tête en friche se transforme en jardin potager. Il va se prendre d’affection pour cette dame. Encouragé par Annette, sa copine, le narrateur réapprend à lire.

Dans la famille que Germain se construit, il y a une place pour Margueritte.

«Comment faire imaginer, par exemple, une ville sans pigeons, sans arbres et sans jardins, où l’on ne rencontre ni battements d’ailes ni froissements de feuilles, un lieu neutre pour tout dire ?». La peste. Albert Camus.

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Molsheim.

L’auteur.

Après avoir été institutrice maternelle pendant une dizaine d’années, Marie-Sabine Roger  se consacre entièrement au métier d’écrivain à Nîmes.  Elle écrit pour les publics divers. Parmi les albums pour la jeunesse, citons «Les Sages Apalants» ou «Le vieil ogre», parmi les ouvrages pour adolescents, «Attention fragile» et pour le public adulte, divers romans comme «Le ciel est immense» ou un recueil de nouvelles «Les encombrants».

 

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Sur la vie tout simplement.

livre2.jpg1. L’auteur transmet une vision optimiste et encourageante de la vie :

– les personnes âgées sont décrites avec nuances et apparaissent comme des mines d’or d’informations et de sentiments.

– chaque personne a quelque chose à apporter, ce qui fait d’elle une personne unique comme le démontre cette confrontation affectueuse entre deux personnes de générations différentes et sans lien préexistant. 

2. Sans juger et avec doigté, l’auteur aborde aussi les sujets graves, comme le rejet d’un enfant ou d’un aïeul, les moqueries scolaires, les fossés culturels qui génèrent l’incompréhension, le rejet.

3. La Tête en friche*est un livre tout en sensibilité même si Germain apparaît au départ comme une brute inculte. Petit à petit comme pour une culture potagère, il éclaircit son propre jardin humain et cultive les graines de culture que lui donne Marguerite.

 Une phrase…

« Et, petit à petit, je me suis attaché à elle par surprise. L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent« .

Page 181 «La tête en friche» Marie-Sabine Roger (Edition J’ai Lu) 

 * Ce roman a été adapté dans un film français de Jean Becker sorti en 2010. Gérard Depardieu jouait le rôle de Germain tandis que Gisèle Casadesus incarnait Margueritte.

Comptes bancaires pour héritage en nue-propriété.

La succession d’une personne mariée se répartit souvent ainsi: le conjoint survivant recueille l’usufruit de toute la succession et les enfants recueillent la nue-propriété.

Le partage effectif des biens de la succession entre le conjoint survivant et les autres héritiers n’est pas obligatoire. Il pourrait être postposé au décès du deuxième parent. Un des héritiers peut toujours néanmoins demander ce partage.

Ainsi, Marie et Georges, mariés (sans contrat de mariage), septuagénaires, ont deux enfants. Ils possèdent leur maison familiale, un studio à La Panne et 150.000 € d’épargne sur un compte commun. Marie meurt à 72 ans.

Georges hérite donc de la moitié de la maison en usufruit, et les deux enfants recueillent la nue-propriété de la part de maison de Marie. Georges hérite  aussi d’une part d’usufruit sur le studio commun et de l’usufruit de 75.000 € soit la part de Marie, les enfants en ayant la nue-propriété. Faut-il partager ou non? L’habitation  familiale bénéficie de la protection légale en faveur de Georges . Que faire pour la part de Marie dans le studio et la part de Marie  sur le compte commun ?

Demander ce partage est délicat et peut créer des tensions. Laisser le patrimoine non partagé au niveau immobilier  reste  raisonnable et non traumatisant pour le parent survivant. Un immeuble est identifiable et nécessitera obligatoirement en cas d’éventuelle mutation un passage chez un notaire qui garantira les conditions et vérifiera les droits de chacun des héritiers.

Les avoirs bancaires  sont plus volatils. Après quelques années,  la situation  personnelle du conjoint survivant évolue considérablement: beaucoup de mouvements (opérations de gestion, déménagement,  nouvelle vie, changement de banque, d’agence…) peuvent modifier les comptes du conjoint survivant et leur montant, ce dont les héritiers prendront connaissance à son décès.

Reprenons le cas de Georges dont les deux enfants n’avaient  pas demandé le partage de l’épargne car ils n’avaient jamais imaginé  ces deux hypothèses :

Georges, bien remis de son veuvage  adore les gondoles, et à 76 ans rencontre à Venise  Julie, une  compagne de 40 ans assez intéressée.  Il est compliqué à ce moment précis de demander à Georges le partage de l’ancien compte commun car cela semblera une motion de défiance… 

– Au contraire mal remis, Georges sombre, se fait souvent gruger et  perd beaucoup d’argent. Préserver au moins son usufruit aurait été plus favorable pour lui.

 

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 Venise et ses gondoles.

Si le partage des avoirs bancaires appartenant au défunt est décidé par les familles, elles procèdent souvent ainsi :

–  elles utilisent un  simple compte commun (ou cotitulaire, joint, collectif  suivant les appelations) .

–  ou elles répartissent  les sommes entre chaque enfant qui reversera ou non les intérêts de la somme au parent survivant. Le risque existe de voir ce capital dilapidé par certains héritiers ou le capital disparaître dans une autre succession en cas de prédécès  de cet héritier. (La longévité oblige à penser à de telles hypothèses).

Comptes bancaires spécifiques pour nue-propriété/usufruit

Une solution saine existe et elle respecte les droits de tous.  Ce sont des comptes en indivision proposés par quelques banques : les intérêts (l’usufruit) sont versés sur le compte du conjoint survivant (usufruitier). 

  • Tous les titulaires (nu- propriétaire et usufruitier) doivent être présents pour l’ouverture de ce compte, ce qui n’est pas toujours possible quand le nu-propriétaire est âgé ou malade.
  • L’ensemble des signatures est requis pour effectuer un mouvement en capital, ce qui garantit la protection de l’usufruitier. Il ne faut donc pas détruire la protection  créée en donnant procuration à une seule personne.

Certaines banques déclarent proposer ce système de compte bancaire spécifique nue-propriété/usufruit, mais en pratique  il est malaisé de trouver une agence bancaire qui l’ouvrira.  Tous les membres de la famille sont rarement clients des mêmes banques. Mon expérience m’a montré que beaucoup d’agences  montrent des réticences  ou des méconnaissances pour ouvrir ce type de compte spécifique, utile pour la paix des familles.

Si on envisage cette solution, il ne faut pas  trop tergiverser et se montrer tenace pour trouver la banque qui convient.

 Note :

Chez Crelan, une relation d’usufruit peut être établie sur les comptes ouverts (comptes à vue, d’épargne, comptes-titres, …).

Belfius Banque offre aussi des comptes « usufruit/nue-propriété ».

Le bleu n’a pas toujours été serein.

 

Dans la capitale de l’empire romain d’Orient

En 532, sous l’empereur Justinien Ier, à Constantinople (Istanbul), le bleu joue pour la première fois un rôle dans un conflit important. L‘hippodrome est alors le centre de la vie sociale. Deux groupes, les bleus et les verts s’y opposent sous le regard de la famille impériale.

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L’obélisque de Théodose (en 390) dans l’hippodrome d’Istanbul. Façade S-E: représentation de la  loge de l’empereur.

Les courses de chars se déroulent dans une ambiance explosive entre partisans des Bleus, riches marchands et nobles protégés de l’impératrice et le partisans des Verts, composés du peuple. La couleur rallie et développe  une identité collective. Avec cette prise de conscience, ces factions vertes et bleues émettent progressivement des revendications politiques. Le conflit de couleurs se dilue pourtant car Verts et Bleus s’unissent pour faire tomber l’empereur Justinien Ier. Au cours de cette guerre civile, la basilique Sainte-Sophie, le Sénat, le Palais impérial brûlent. La sédition de Nika (« victoire » en grec ou « Sois vainqueur ») se termine par un redressement du pouvoir impérial et par le massacre d’au moins 30 000 insurgés.

En occident « Une peur bleue » ?

Jules César entreprend une guerre pour conquérir la Gaule en 58 av J-C. Dans « La guerre des Gaules », César s’intéresse au territoire de la Gaule et à ses peuples en commentant la campagne militaire.

Ainsi César écrit «Tous les Bretons se teignent avec du pastel, ce qui leur donne une couleur azurée et rend leur aspect horrible dans les combats ». (1)

A partir de la guède (2), les Celtes et Gaulois pouvaient colorer des tissus mais aussi se dessiner, à la manière des Indiens, des peintures de guerre sur le visage et le corps. La couleur bleue dont ces Bretons s’enduisaient le corps terrorisait les soldats romains en leur donnant «une peur bleue». C’est probablement l’origine de l’expression.

Napoléon: bleu pastel

Lors du blocus continental qu’il décrète en 1806, Napoléon Ier crée à Albi une école expérimentale pour extraire la fécule colorante des feuilles de pastel. Les recherches aboutissent à un résultat qui permet de teindre en bleu pastel les uniformes de tous les soldats de l’Empire, pour la campagne de Russie de 1812.

Guerre de Sécession: bleu foncé

Aux États-Unis, la Guerre de sécession qui débute en 1861 va opposer les soldats nordistes en uniforme bleu foncé contre les Sudistes habillés en gris. La bande dessinée «Les tuniques Bleues » (3) se déroule à cette époque et met en scène le sergent Cornélius M. Chesterfield et le Caporal Blutch. Tous deux sont des tuniques bleues, membres du 22e de Cavalerie de l’armée. 

Soldats bleus: bleu horizon

«Soldats bleus» est le titre du journal intime tenu par Pierre Loti entre 1914 et 1918. C’est la couleur des uniformes militaires apparus en 1915. Après la victoire de la Marne, l’état-major français adopte la couleur bleu horizon, mélange de laine blanche (35%), bleue foncée (15%) et bleue claire (50%). Le bleu horizon devient rapidement le symbole du « poilu » de la Première Guerre mondiale.

Casque bleus: bleu clair

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Le bleu utilisé et porté dans des circonstances belliqueuses est aujourd’hui aussi un symbole de paix.

Sur ordre du Conseil de sécurité des Nations unies, la force de maintien de la paix est représentée par les casques bleus en référence à la couleur de leur casque. Certes il s’agit d’une force militaire mais son rôle est le «maintien ou rétablissement de la paix et de la sécurité internationale». Les casques bleus interviennent dans des zones de conflits pour protéger la population ou encore servir de force d’interposition. En 1988, les casques bleus ont obtenu le prix Nobel de la Paix comme leur père fondateur l’avait reçu en 1956 pour la création de cette force de maintien de la paix.

Dans ce dernier bleu, nous retrouvons ainsi, l’écho de valeurs auxquelles nous tenons comme la sagesse, la paix, la liberté, la sérénité.

 1. De bello gallico  5,14.

La traduction et l’interprétation de cette  phrase ont donné lieu à des interprétations aussi nombreuses que les nuances de bleu…

 2. Guède ou pastel : plante à fleurs jaunes, dont les feuilles  permettent, à partir d’une macération, de colorer en bleu foncé

 3. Auteurs: Raoul Cauvin, Louis Salvérius, Willy Lambil

Heimlich peut vous aider à sauver une vie.

Comme Clint Eastwood. L’acteur réalisateur, 83 ans, vient de secourir un convive qui s’étouffait lors d’une réception à l’occasion du tournoi de golf en Californie. L’homme discutait en mangeant, quand un morceau de fromage est resté coincé dans sa gorge.

Clint Eastwood a vu dans les yeux de la personne qui s’étouffait  la « panique de ceux qui se voient mourir». Il a confessé n’avoir jamais pratiqué la manœuvre de Heimlich auparavant, « sauf en exercice » mais il la connaissait!

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S’étouffer, avaler de travers, s’étrangler avec un aliment, un bonbon, se passe, le plus souvent, sans dommage. Une toux permet l’expulsion mais ce temps suspendu sans respiration crée un grand malaise et une vive inquiétude.

L’aliment qui passe dans la trachée et non dans l’œsophage bloque les voies respiratoires partiellement ou totalement. On parle aussi de  fausse déglutition ou de fausse route qui survient quel que soit l’âge, chez un jeune enfant, un adulte ou une personne âgée. Si le corps étranger bouche la trachée, l’air ne parvient plus dans les poumons et l’asphyxie survient. La personne va rougir puis bleuir. Sans secours, elle perdra conscience et peut mourir. La France compte chaque année 4000 décès par étouffement.

Vous pouvez faire les gestes qui sauvent en appliquant rapidement si nécessaire la méthode de Heimlich(1) qui peut aider à déloger, par un effet de «piston», l’objet coincé dans la gorge.

Prudence! La méthode de Heimlich est inefficace et dangereuse si l’air passe, notamment si la personne tousse. La méthode risquerait dans ce cas de contrecarrer la sortie naturelle du corps étranger et donc de provoquer une asphyxie. Cette manœuvre doit donc être réalisée impérativement et exclusivement sur une victime qui ne peut plus tousser, qui ne peut plus vous parler ou répondre par aucun son, donc en état d’asphyxie avec une respiration totalement interrompue.

 

La suffocation survient souvent au cours d’un repas ou d’une réunion.

Tarder à réagir à l’incident est fréquent et peut être fatal.

Un cerveau privé d’oxygène présente des lésions graves au-delà de la troisième minute. Soyons tout de suite en alerte, et pensons à accompagner la personne victime d’étouffement qui s’éloignerait de table afin de vérifier ce qui se passe.

 Adulte et enfant de plus d’un an

Pour aider la victime à dégager l’aliment bloquant, les directives de réanimation du Conseil Belge de Réanimation préconisent le schéma suivant pour les adultes (2): il faut d’abord évaluer rapidement si l’obstruction des voies respiratoires est partielle ou totale. La personne qui étouffe est reconnaissable car elle ne peut plus ni parler ni respirer ou tousser, peut garder la bouche ouverte ou porter souvent ses mains à son cou. Elle change de couleur: elle rougit puis se cyanose (devient bleue) puis va perdre conscience et mourir.

 1. Si la victime respire encore et a une toux efficace,

  •  l’encourager à poursuivre ses efforts de toux, mais ne pas intervenir.

2. Si la victime ne tousse plus ou que sa toux est inefficace, et qu’elle reste consciente,

  •    administrer 5 tapes dans le dos, entre les omoplates:

   –  se positionner latéralement, un peu en arrière de la victime ;
   –  soutenir d’une main la cage thoracique en laissant la victime se pencher vers l’avant;
   –  administrer successivement, avec le talon de l’autre main, 5 tapes entre les omoplates ;

  •    vérifier si les tapes ont levé l’obstacle des voies respiratoires;
  •   si ce n’est pas le cas, administrer 5 compressions abdominales (manœuvre dite de «Heimlich»):

personne.jpg – se positionner derrière la victime et mettre les bras autour de la partie haute de l’abdomen ;

– laisser la victime se pencher vers l’avant;                               

– fermer un poing et placer celui-ci entre l’ombilic et la pointe du sternum;

– empaumer de l’autre main le poing et faire un mouvement rapide qui amène le poing vers vous et vers le haut;

– répéter ce mouvement encore 4 fois;

  • si l’obstruction respiratoire persiste, poursuivre en alternance les tapes dans le dos et les compressions abdominales.

 

3.  Si la victime perd connaissance,

amener la victime au sol avec précaution ;

-veiller à l’appel immédiat des secours via le 112 ;

– commencer la réanimation cardio-pulmonaire par 30 compressions thoraciques.

Une vidéo du Centre français de secourisme illustre en détail toutes les phases d’application de la méthode.

La méthode de Heimlich sera appliquée avec précaution chez les jeunes enfants.

 

Bébé

 bébé.jpgLa manœuvre de Heimlich ne peut être utilisée avec des nourrissons et des enfants de moins d’un an.

La façon de porter secours à un bébé qui s’étouffe porte le nom de méthode Mofenson et se réalise avec des claques dans le dos, retournement et compressions ainsi que le montre cette vidéo.

 

 Seul

Vous êtes seul et en passe d’étouffer !

Ce ne sera guère évident si une toux ne vous aide pas. Il vous reste la possibilité de réaliser la manœuvre sur vous-même ou l’auto Heimlich qui peut se réaliser de 3 manières.

seul.jpgPhilipe Ecalard évoque celle qui consiste à placer le dossier d’une chaise sous son auvent costal et à mettre tout son poids sur le dossier de manière violente, buste penché en avant (3). Démonstration avec cette vidéo en anglais

Il est également possible d’utiliser le coin d’une table comme le montre l’acteur Américain Zach Nichols au cours d’une interview.

A défaut, il existe aussi la possibilité de s’adosser à un mur pour exercer la manœuvre de Heimlich sur soi.

 

Dans tous les cas, il faut prévenir les secours ou appeler un médecin qui contrôlera la situation et regardera si la victime n’a pas de lésions.

« Avec la méthode de Heimlich, on peut effectivement briser des côtes à la personne qui s’étouffe. Plus la personne est âgée, plus il y a de risque. Mais il vaut mieux peut-être casser une côte et sauver la personne ».

 

 Note: ce  rappel ci-dessus ne remplace pas une formation au secourisme qui vous donnera plus d’efficacité et de sécurité pour intervenir.

 1. Henry J. Heimlich (né en 1920)  est un médecin américain qui a inventé en 1974 une méthode de désobstruction des voies aériennes qui porte son nom.

 2. Directives de réanimation du Conseil Belge de Réanimation, page 18

http://www.resuscitation.be/data/2011/directives2010_170811.pdf

 3. Les gestes de médecine d’urgence sans matériel par Philipe Ecalard