Occultation des maltraitances causées par les seniors: les raisons. (3)

power maltraitancesFaire émerger la maltraitance causée par des seniors sur les aidants ou sur des tiers est très compliqué actuellement, en raison de 4 facteurs:

A  Il faut que la maltraitance soit détectée par la victime (tiers ou aidant).

Pour cela,

  • le rôle de proche aidant devrait être reconnu socialement: on en est si loin que beaucoup d’aidants évitent même de mentionner leur rôle à leurs amis proches.
  • la manipulation, les demandes exigeantes, le manque de respect de la personne aidée devraient être identifiés comme de la maltraitance. Souvent les aidants épuisés n’ont pas l’information utile pour détecter ce qui les détruit.
  • la victime devrait admettre son statut de victime. L’entourage ou les professionnels minimisent souvent l’abus subi, vu l’absence de traces. Ce désaveu des tiers provoque une accumulation d’émotions, de colère et de culpabilité chez l’aidant. La situation peut même s’alourdir et s’inverser quand la victime est vue comme « épuisée ou agressive », donc source du problème!
  • la victime remettrait en cause la balance inégale du lien d’aide et son jugement sur le senior auquel elle est souvent liée par des liens affectifs. Elle  n’a pas la neutralité du professionnel: le senior aidé n’est pas un patient mais un  père ou une mère à qui elle ne doit plus trouver d’excuse du genre « ma mère ne se rend peut-être pas compte ! » . Ce lien familial alourdit en fait le traumatisme subi.

A la question d’un jeune qui  me demandait «Pourquoi  tolère-t-on  des actes inadmissibles de la part du senior alors qu’on ne les accepte pas d’un jeune enfant? »

Il y a une différence de traitement effectivement. Comment l’expliquer? Nous avons tous intégré culturellement que dans le duo adulte/jeune enfant, le parent doit aider le jeune enfant à se construire pour quitter la dépendance qui le retient à son parent. Ce binôme constructif n’est pas possible avec un senior (sauf de très rares exceptions).  Même si le vieillard d’aujourd’hui est l’enfant d’hier, il n’y a pas eu de conditionnement sociétal spontané à s’intégrer dans un partenariat pour gérer sa fin de vie.  Le projet personnel* de l’aîné aidé s’oppose, dans la majorité des cas, à une idée de collaboration: le senior n’est pas instruit sur la dépendance dans laquelle il plonge et qu’il voit comme une régression. Cette frustration, cette inadaptation et la non-reconnaissance de la situation réelle se déversent bien souvent en vagues de reproches et en tensions supportées par les assistants qui subissent la « loi du senior ».

zone grise

B.  Notre société n’est pas prête à assumer les conséquences sociales de cette zone grise de maltraitance vis-à-vis des aidants naturels notamment, qui sont les piliers invisibles de la prise en charge de la dépendance. Dans les logiques actuelles d’économie en santé publique, l’aidant familial ou les aidants professionnels sont des acteurs clés d’une solidarité pour le maintien à domicile ou le soin  des seniors, alors que toutes les autres solidarités se délitent dans la société.

C.  Les phases de vieillissement de la personne sont peu connues pour beaucoup d’entre nous.

Être vieux dans notre société, qui prône la jeunesse et laisse ses aînés sur les bras de proches ou de professionnels saturés n’est pas réjouissant. La dépendance devient un drame personnel: une cassure pénible s’établit pour le senior avec la société, son statut et ses habitudes. De plus, le type de société qui révérait le grand âge a disparu notamment en raison du baby-boom du grand âge. Les aptitudes sociales d’échange et d’aide se diluent en raison de l’individualisme encore renforcé par l’attitude de certains seniors qui veulent « profiter » jusqu’au bout. Il y a peu de réflexion sur la relation aux autres, sur les handicaps de l’âge, et les nouveaux jeux de pouvoirs et dérives dans les relations d’aide au vieillissement.

D.  Certains seniors sont plus à risques que d’autres pour provoquer des maltraitances mais ne sentent pas concernés.

Face à l’augmentation de la longévité, la population  des seniors n’est pas homogène. La nature des violences provoquées par les personnes âgées est très liée à leur histoire,  à leur mode de vie mais aussi au fond à leur forte personnalité qui les laisse hors d’atteinte de toute médiation.

La situation ne semble pas prête d’évoluer.

« Qui n’a jamais pratiqué une seule fois dans sa vie l’aide à une personne dépendante ne sait rien de l’énergie que cela exige et rien non plus de la solidité psychique requise. A plus forte raison lorsqu’on fait cela toute l’année » Témoignage de Djam.

fleur mauve

 

 Un peu de bienveillance donc pour nos semblables et ceux qui ont ce statut d’aidants. Ce sont eux qui adoucissent les peines du grand âge !

***

 

 

 

* au nom de son autonomie  revendiquée….

Maltraitance des seniors: la face cachée. (2)

Le phénomène de la maltraitance envers les seniors est reconnu et socialement étudié.

les chardons

Il existe aussi une autre face cachée de maltraitance, aussi épineuse que des chardons. Des cas vécus me reviennent de plus en plus.

  •  Un lundi matin à Bruxelles, une vendeuse exténuée pleurait dans le magasin. Interpellée par un client, elle dit : «  Ce n’est rien… » Cette vendeuse avait véhiculé sa belle-mère nonagénaire le week-end pour aller chez le coiffeur et chez sa manucure. La vieille dame avait une fois de plus agressé sa belle-fille en lui disant que ce n’est pas avec un look comme elle avait qu’elle allait faire quelle chose de sa vie. De plus, l’aide qu’elle lui apportait n’était pas top puisqu’elle s’était même permise de boire une tasse de café en déposant les courses de sa belle-mère. Interpellée par son fils sur ses propos méchants, elle lui a répondu en riant «mais c’est ma tête, mon «Zheimer» (Alzheimer). « En est-elle atteinte ? » avons-nous demandé à cette vendeuse désemparée ? A part une évaluation de son médecin traitant, la nonagénaire n’avait vu aucun spécialiste et s’y refusait.
  • La grand-mère de Daniel, placée dans un home et est visitée régulièrement par toute sa famille, lui téléphone:  «On me maltraite…je suis en prison. Je ne mange pas car on ne me donne pas à manger. J’ai faim». Daniel, inquiet, quitte sa réunion de travail. En arrivant au home, il découvre les assiettes de repas dans la chambre:  en représailles envers une infirmière, sa grand-mère avait décidé de ne pas manger, en menaçant d’appeler un de ses enfants « qui a de l’influence ». Qui est maltraité en fin de compte ?
  • Dans plusieurs maisons de repos, j’ai eu l’occasion d’observer la situation du personnel d’origine étrangère systématiquement rabaissé et écarté par certains résidents.
  • La violence verbale joue même entre les pensionnaires : Natalia, réservée, n’ose plus descendre prendre ses repas dans la salle à manger d’un home tant les critiques des autres sont acerbes sur ses tenues ou sa façon de manger. Elle est maintenant victime d’angoisses. Elle a perdu 6 kgs. La direction n’a trouvé face à ce harcèlement de groupe que la seule solution de lui porter les repas en chambre.

Il est ainsi porté atteinte à la dignité ou à l’estime de soi de la personne aidante ou de tiers par des violences le plus souvent verbales, sous forme de dévalorisation (incompétence, poids, culture, fortune…), d’insulte, de menace, d’humiliation, d’injonctions diverses paradoxales,  de harcèlement, de chantage ou de menace.

Remarquons bien que ces  maltraitances ne constituent pas des actes isolés et s’inscrivent dans  une relation continue. La nature de cette maltraitance de seniors envers des tiers est un jeu de miroir de la maltraitance des aînés. On peut s’appuyer sur le fondement de définition donnée par l’OMS :

« La maltraitance des personnes (…) consiste en un acte unique ou répété, ou en l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne  (…) qui en est victime ». *

Cette maltraitance des tiers ou personnes aidantes entraîne des conséquences psychologiques à long terme. Elle n’est pas un phénomène minoritaire, et n’est pas abordée dans le monde politique. Aucune mesure de repérage n’existe actuellement dans les pratiques belges. Cette tolérance des maltraitances causées par les seniors ou seniors + est indécente et inacceptable pour ceux qui en subissent les conséquences, et pour la vie en société.

musée
Musée canadien des civilisations

Au Canada, plus avancé que nous dans l’examen de cette question, c’est près de 30% des proches aidants qui seraient victimes de maltraitance dues aux seniors au cours de l’accomplissement de leur rôle ** !

* * *

* «La maltraitance des personnes âgées consiste en un acte unique ou répété, ou en l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime. Ce type de violence constitue une violation des droits de l’homme et recouvre les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou morales; les violences matérielles et financières; l’abandon; la négligence; l’atteinte grave à la dignité ainsi que le manque de respect.  » (Organisation mondiale de la santé) »

** Or, une étude réalisée dans des pratiques familiales canadiennes, même si elle n’était pas officiellement conçue pour mesurer la prévalence, fait valoir des taux de mauvais traitements de personnes âgées se situant lui entre 12,0 % et 13 %.

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos

Apropos 3024472562.2

Savez-vous qu’il y a aujourd’hui près de 2,5 millions de personnes âgées en Belgique ?

Ce chiffre augmente continuellement. En 2030, il y aura autant de personnes de plus de 65 ans que de jeunes de moins de 20 ans  parmi notre population. Pour ce nombre grandissant de personnes âgées et même très âgées, se pose la question du maintien de leur qualité de vie.

Ces personnes âgées  ne pourront pas toutes compter, comme dans le passé, sur le soutien de la famille ou les amis. Les liens familiaux ou sociaux marqués par une individualisation plus grande se distendent et génèrent moins de solidarité.

Qui seront les personnes âgées de 2030 ?

C’est nous, arrivés au milieu de notre vie… 

– Si nous voulons rester autonomes le plus longtemps possible, nous pouvons préparer en partie notre  vieillesse. Nous pouvons nous informer sur les solutions existantes, nous interroger sur les expériences concluantes des aînés qui nous précèdent, échanger nos idées bref examiner les possibilités d’actions pertinentes ou les mesures préventives souhaitables pour nous.  Marie de Hennezel ne dit pas autre chose quand elle dit que l’accomplissement d’une vie se prépare très en amont. J’espère que vous partagez l’avis de cette spécialiste.

En fait, ce qui est très motivant dans cette idée de vision à plus long terme, c’est qu’il s’agit simplement d’une manière avisée de prendre soin de soi.

Juriste spécialisée dans le droit des aînés, ce sujet me passionne.

Vous me retrouvez aussi sur le site : www.jalonbleu.be

Si vous avez des commentaires ou suggestions pour le blog, communiquez-les moi.

* * *

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Mons 2015 et les centenaires dans l’objectif de Benedicte Thomas.

Max, Madeleine … et les autres comptent parmi les nombreux centenaires qui résident dans le grand Mons. Ces centenaires sont la mémoire vive et le lien entre passé et présent de la région.

Grâce à l’objectif de la photographe Bénédicte Thomas, ces centenaires ont été  associés à l’évènement culturel de Mons 2015. Leurs portraits en noir et blanc ont fait l’objet d’une exposition « 100 ans en 2015 »  à Mons qui vient de se terminer.

Comme le déclare Bénédicte Thomas qui aime le reportage humaniste: «mes photographies témoignent de moments de vie de personnes de ma région ».

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Tout en captant la particularité de leur exceptionnelle longévité, la photographe parvient à saisir, dans leurs regards, l’expérience de vie de ces grands seniors montois. Qualité rare de ce projet: ces portraits restent très respectueux des êtres.

Photographier des centenaires est un projet complexe à mettre en œuvre. «C’est délicat» comme le dit un des aînés, empreint du sentiment de sa finitude. D’autres contraintes limitent le travail du photographe: la vulnérabilité ou l’impossibilité de ces grands seniors à se déplacer aisément imposent souvent un contexte et une ambiance. Dans ce cadre imposé, le photographe doit essayer de traduire leur singularité, comme par exemple le très parlant portrait de Madeleine.

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L’exposition est finie mais sachez qu’un livre est en cours d’édition « 100 ans en 2015 ».

Imagination fertile en faveur des seniors ?

Certains seniors, handicapés ou malades, ont besoin d’être aidés.

Comment prendre soin et les aider en respectant leur dignité?

Comprendre la vieillesse. Prendre soin. Chacun de nous a ses valeurs et son imagination fertile. Le petit monde de la gérontologie est parfois étonné par des projets ou études qui interpellent ou des initiatives « originales » . Voici ici quelques projets : seraient-ils acceptables pour vous, devenus seniors?

  • Prendre soin de ses parents ou grands-parents vieillissants pourrait bientôt se faire depuis son jardin. Un projet développé en Flandre prévoit d’installer les seniors dans des espaces de vie sous forme de container, déplaçable et parfaitement équipé. Les containers seraient placés dans les jardins des familles des personnes vieillissantes.

Paco 2.jpg

Oeuvre de Paco Sagasta 1995.

                                                                  (Hôtel Diana Molsheim- France) 

  •  En France, l’ancienne secrétaire d’Etat Rama Yade  a  proposé un service civique obligatoire pour les seniors, « à partir de l’âge de la retraite jusqu’à la perte d’autonomie ». Si ce travail obligatoire permettrait d’arrondir les fins de mois des retraités,  elle imagine qu’une partie de la retraite devrait être conditionnée à l’accomplissement de ce service civique dans les domaines suivants : Culture et loisir, Développement international et action humanitaire, Education pour tous, Environnement, Intervention d’urgence en cas de crise, Mémoire et citoyenneté, Santé, Solidarité, Sport.

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  • La Suisse, passant outre au vif débat qui oppose les spécialistes de gérontologie, a autorisé un projet de construction d’un village façon années 1950, réservé aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles neurodégénératifs. Le village devrait s’implanter près de Wiedlisbach, dans les environs de Berne vers 2019. Les maisons seront délibérément conçues pour recréer l’atmosphère d’antan. Pour renforcer l’apparence de normalité, les personnels soignants se déguiseront en jardiniers, coiffeurs ou commerçants.  Markus Vögtlin, l’entrepreneur suisse à l’origine du centre de Wiedlisbach, a pris pour modèle une maison de retraite néerlandaise de Hogewey dans la banlieue d’Amsterdam créée en 2009.Vivre dans ce monde d’illusions a un coût de 5 000 euros par mois.
  •   En 2013, au Canada une étude a été publiée Patients’ willingness-to-pay for an Alzheimer’s disease medication.  Des chercheurs canadiens ont interrogé des personnes malades d’Alzheimer, pour laquelle aucun traitement amenant la guérison n’existe à ce jour. Les questions se basaient sur l’existence d’un médicament (imaginaire) avec des variations d’effets secondaires et d’efficacité et demandaient  quelles sommes ces malades seraient prêts à dépenser pour se soigner ?
  •  Ils sont en Thaïlande, atteints d’Alzheimer ou de démence sénile. Ils finissent leurs joursà Chiang Mai, à 8500 kilomètres de leur pays, la Suisse. Le  petit centre spécialisé Baan Kamlangchay fondé par le Bernois Martin Woodtli compte 14 résidents. Les hôtes sont pris en charge 24 heures sur 24. La nuit, les accompagnants dorment sur un matelas au pied de leur lit. Pour un patient, il y a trois soignants. Les patients peuvent se déplacer en toute liberté puisqu’ils sont toujours accompagnés. Pour des Thaïlandais, il est normal de prendre soin des aînés. Cette alternative insolite  de prise en charge pour le malade a un coût: environ 3500 francs par mois.  Si le contact humain est privilégié, le malade est loin des siens, plongé dans un autre monde avec une langue inconnue. A à partir d’un certain stade de la maladie, l’aspect linguistique ne jouerait plus. L’éloignement  non plus car «En fait, les patients emportent leur histoire, leur passé avec eux et le vivent ici», constate Martin Woodtli.

« Ma robe n’est pas froissée ». Corinne Hoex.

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Son père est mort et sa mère exerce son despotisme dans sa chambre de pensionnaire à la Séniorie des Dunes. La narratrice regarde les voiliers qui glissent en silence sur la mer.

Autour des années soixante, entre la Mer du Nord et Bruxelles, la mère formait alors avec son mari un couple bourgeois qui sauvait les apparences et ignorait leur fille, la narratrice. Le père amoureux de voile faisait des remontrances continuelles, la mère méprisait sa fille, ne lui offrant pas un regard. Dans l’indifférence, la fille est violée par son fiancé.

La narratrice tente d’exister malgré tout, avec un faux détachement. Ces comportements parentaux toxiques, répétitifs l’ont brisée. Elle n’a plus confiance dans la vie et recherche encore une impossible validation auprès de sa mère âgée.

dressing moderne

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L’auteur

Néeen 1946, Corinne Hoex est licenciée en histoire de l’art.  Depuis 2001, elle a publié de nombreux ouvrages, des romans et de la poésie. En 2008, paraît son roman « Ma Robe n’est pas froissée » et en 2010 le roman « Décidément je t’assassine »   qui a obtenu le Prix Marcel Thiry.

Sur la vieillesse

Les intervenants, les professionnels des maisons de repos ne découvrent le résident qu’au moment précis de son entrée. Le pensionnaire peut présenter un autre visage dû à sa vulnérabilité, une image lissée comme un beau meuble rempli de souvenirs. La famille connaît la personnalité  antérieure, bâtie sur les interactions entre elle, les proches et la société. Le personnel des homes est conscient que quelques résidents ont, par leur comportement passé, éloigné la famille ou ont conduit des enfants à prendre légitimement assez de distance pour construire leur vie.

Livre  Ma robe n'est pas froissée.jpg

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Pour la narratrice, l’abandon où elle a été plongée est encore plus cruel. Car il s’agit d’une fille unique qui assume encore les visites à sa mère dans son home: « Je m’acquitte de mes réparties avec une conviction manifeste, un dévouement exemplaire », page 50.

Le récit de la maltraitance, de ce manque primordial d’amour  parental est glaçant d’autant que tout se passe dans le silence. La conséquence pathétique du comportement parental déshumanisé est que la narratrice n’a pas pu se construire, qu’elle n’a pas d’existence  réelle et qu’elle est toujours en quête d’attention maternelle malgré les humiliations constantes que lui inflige encore la vieille dame.

La description des faits est quasi clinique : des phrases courtes et un vocabulaire très précis. Le récit court est poignant.

Un passage

« Chaque semaine quand je lui rends visite, mon irruption dans sa chambre insulte sa liberté. Lorsque selon l’usage, je me penche vers elle pour l’embrasser, ses épaules se dressent, sa nuque se raidit, ses lèvres se rétractent, tout son corps se soustrait au venin de mon baiser », page 75.

Ma robe n’est pas froissée. Corinne Hoex. Editions : Les impressions nouvelles

Factures d’eau à Bruxelles: le propriétaire ne doit plus payer pour son locataire si un compteur d’eau individuel est installé.

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Jusqu’ici, en région bruxelloise, persistait l’obligation générale et solidaire pour le bailleur de payer la consommation d’eau de son locataire défaillant.

Comme le gouvernement wallon en 2003 ou le gouvernement flamand en 2011, la région bruxelloise permet enfin l’exonération de la solidarité de certains propriétaires-bailleurs à l’égard de la société bruxelloise de distribution d’eau concernant les factures d’eau impayées de leurs locataires.L’ordonnance parue au Moniteur de ce 6 mars 2014 et entrée vigueur 10 jours après sa publication*  donne des moyens et conditions de s’exonérer de cette solidarité imposée au propriétaire.

3 conditions:

 

1.La suppression du lien de solidarité dépend de l’installation préalable de compteurs d’eau individuels.

Les propriétaires bruxellois qui installent (à leurs frais) dans leurs logements en location des compteurs d’eau individuels agréés par Hydrobru, ne se seront plus poursuivis pour les factures impayées de leurs locataires.

facture, eau, bruxelles, propriétaire

 « Que personne ne dise : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau »

            L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche par Miguel de Cervantes Saavedra

 

  • C’est une mesure équitable pour toutes les parties.Elle évite beaucoup de tracas et litiges inutiles entre propriétaires et locataires.
  • Elle rend propriétaires et locataires seuls garants de leur consommation propre.  L’usager devient responsable de sa consommation.
  • Elle procure un gain de temps aux locataires pour la  libération de la garantie  locative que retenaient certains propriétaires attendant une attestation par Hydrobru du paiement des factures d’eau.
  • Elle favorise l’installation de compteurs individuels  et permet aux locataires qui en sont équipés de bénéficier du mécanisme de tarification progressive, avec des tarifs plus bas pour les premiers mètres cubes consommés, tout en tenant compte du nombre de personnes qui composent le ménage.

 

2.  Outre l’installation de compteurs individuels, le propriétaire est aussi tenu d’informer la société de distribution d’eau dans les 15 jours ouvrables qui suivent le départ du locataire, de l’identité des usagers entrants et sortants au moyen du formulaire prévu par le distributeur, ainsi que de l’index du compteur; attention, le propriétaire doit avoir la preuve de cette communication au distributeur !

 

3.    Le propriétaire doit surveiller le bon état de ses installations privées de distribution d’eau car il reste tenu du paiement de toutes sommes impayées en cas de surconsommation inhabituelle due à la défectuosité des installations privées.

 

Les 3 conditions respectées, en cas de non-paiement de ses factures, le locataire devient maintenant le seul responsable possible pour la société de distribution d’eau.

 

 

*Prudence pour la gestion des situations litigieuses ayant débuté avant le 17 mars 2014, car aucune mesure transitoire n’a été  prévue par l’ordonnance.

 ** Une augmentation du volume d’eau consommé est considérée comme inhabituelle si le volume d’eau consommé depuis le dernier relevé excède le double du volume d’eau moyen consommé par l’usager au cours de la période précédente. (Travaux préparatoires A-447/1– 2012/2013)