César Manrique et générativité.

A travers son architecture, un exemple réussi de générativité!

De nombreux architectes réalisent des ouvrages prestigieux qui modifient positivement l’ambiance d’une ville et qui deviennent même des attractions touristiques majeures.

Mais peu d’entre eux sont parvenus à influencer durablement les mentalités d’une population et à la faire adhérer à un style architectural, comme cela a été le cas dans l’île de Lanzarote (îles Canaries, Espagne)

 « Créer avec une liberté absolue, sans angoisses et recettes, console l’âme et ouvre un chemin pour le plaisir de vivre».

César Manrique

Manrique

Sculpture mobile de Manrique

Architecte, César Manrique (1919-1992) fut d’abord peintre et sculpteur. C’est pourtant par son travail architectural qu’il a transmis sa vision aux habitants, imprégné l’île volcanique de Lanzarote de manière à en préserver la nature et l’identité culturelle.

De retour dans son île natale, César Manrique veut en faire un bel endroit qui ne sera pas massacré par le tourisme de masse. Pour son  projet, il ne retient que la méthode de construction traditionnelle de Lanzarote, des bâtiments qui ne dépassent pas deux étages et décide la suppression des panneaux publicitaires sur les bords des routes.

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Intérieur de la maison de César Manrique à Tachiche

Un champ de lave noire figée à Tachiche retient son attention pour la construction de sa maison. Lors de la construction, César Manrique  y découvre cinq bulles de lave qu’il intègre dans la bâtisse. Son art architectural vise toujours à préserver harmonieusement les rochers, les pierres et coulées de lave figées (comme la salle de concert Jameos del Agua avec 600 places assises dans une caverne de lave). Les couleurs restent naturelles : noir et gris (pierre de lave) ainsi que le blanc (calcaire) et sont relevées de touches de couleurs vives (rouge, bleu). Une musique méditative adoucit l’ambiance. La fondation César Manrique est installée dans cette maison.

Même si son pari semblait un peu fou, cet artiste a parcouru l’île, rencontré inlassablement ses habitants pour partager son message. Ce qui n’était qu’une utopie consistant  à concilier  écologie, art et tourisme et qui dessine toujours actuellement le paysage de Lanzarote.

À l’extérieur où la végétation est peu prolifique, Manrique avait disposé des sculptures mobiles que bercent toujours les alizés….

«Tango tranquille» Verena Hanf

Violette, une femme, bourgeoise d’une soixantaine d’années, habite Bruxelles. Sans souci financier mais blessée moralement, elle tient à son indépendance et a choisi  de vivre dans le calme. Plus exactement, elle adopte un « silence social » rompant le cordon ombilical du téléphone, zappant les réunions familiales, n’entretenant  aucun contact avec les voisins et minimisant les contacts avec les commerçants. Dans ses journées structurées et ponctuées d’un peu de porto, elle ne parle plus qu’avec elle-même.

Par hasard elle croise Enrique, jeune Bolivien, pauvre et sans papiers, instituteur mais contraint à des travaux de jardinage pour survivre. Violette va se déclarer sa marraine et lui apporter son aide. Le besoin de soutien devient réciproque quand Violette recueille chez elle, Jean, son ancien compagnon atteint d’un cancer des poumons. Les deux «petits vieux» deviennent un peu la famille d’Enrique.

 Parc Royal, Folon

Parc Royal, le Messager de Folon

« Les matinées en semaine, le parc est vide, il y a quelques sportifs, quelques chiens, pas un chat ».  Tango tranquille, page 62

L’auteur

Née en Allemagne en 1971, Verena Hanf effectue des études de sociologie, de politique et de journalisme en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Rédactrice dans une association, elle partage son temps entre l’Allemagne et Bruxelles où elle a écrit, en français, ce premier roman « Tango tranquille » en 2013.

Commentaire

tango.jpgCe roman dresse plus le portrait de Violette que celui d’Enrique. Violette a choisi, à un moment donné, de vivre dans sa  coquille. Certes, l’isolement de Violette et d’Enrique  se  fissure, se brise, mais ce serait trop de dire que Violette et Enrique s’apprivoisent. Dans leur rapprochement, l’image de la grand-mère de Enrique, qui se superpose à Violette, et le rôle de Jean sont plus déterminants.

Le long isolement de Violette a laissé son empreinte et ne lui permet plus d’interagir facilement: « J’ai dû parler à voix haute. Fâcheuse habitude prise pendant mon silence social ». page 164

J’ai apprécié cette description d’un silence social qui alimente ce portrait très réaliste d’une femme vieillissante. Car oui, autour de moi, je rencontre et connais de telles personnes qui ne veulent plus prendre le risque du contact social de peur de souffrir, qui se lèvent tôt pour faire leurs courses par crainte de rencontrer quelqu’un sur leur chemin, qui remballent fermement tout interlocuteur qui leur prête attention, qui ne décrochent pas le téléphone, qui refusent toute invitation. Le silence social est une position de retrait mais aussi une forme de liberté.

C’est la première fois que je vois ce thème de la solitude cachée, du repli choisi, analysé avec une telle lucidité et limpidité.

Une phrase

« Temps de musique, temps de porto, temps de repos. Je m’installe dans mon fauteuil vert et je ferme les yeux. Faudrait juste pouvoir mettre hors fonction la production de pensées »

Page 104. « Tango tranquille ». Verena Hanf. Editions Le Castor Astral. Collection Escale des lettres.

Bleu charrette ou charron, terreur des mouches?

Même si les les chaleurs sont assez timides cet été, quelques mouches téméraires  entrent volontiers dans nos  maisons et nous entamons des ballets frénétiques pour les chasser.

Alors qu’il suffirait peut-être de peindre nos murs, nos volets en bleu?

belu charrette.jpg

Dans les pays du Sud ou au bord de la mer, les volets, portes, planches, meubles de cuisine, des maisons sont souvent peints en bleu. « Le bleu aurait un effet répulsif sur les mouches. » On parle alors d’un bleu particulier: le bleu charron* ou bleu charrette car il indique la couleur bleue utilisée autrefois pour peindre les charrettes.

van gogh 036 - Copie.jpgPensons à la célèbre peinture de Van Gogh « La moisson » où une charrette bleue attend indolente sur le chemin…

… ou au livre « La charrette  bleue » de René Barjavel. barjavel.jpg

Ce bleu revêtait aussi les machines agricoles, les portails ou les portes d’écurie. Cette même  couleur reste utilisée pour peindre les volets en bois sur l’île de Ré par exemple.

A l’origine, le bleu charrette a une seule nuance mais s’est décliné au fil du temps en divers tons clairs ou foncés selon la quantité de pigments utilisés par les peintres-fabricants.

 corse nature3t.jpgDiverses explications pour  justifier l’effet répulsif sur les insectes ont été avancées: le bleu serait une couleur « froide » et n’attire donc pas les mouches ou la vision particulière de la mouche capte les u.v. et une gamme de couleur restreinte notamment les gammes du violet, bleu et blanc.

J’ai relevé aussi cette explication qui ne manque pas de poésie : « ce bleu chasse les mouches qui, prenant peut-être l’objet bleu pour le ciel, ne viennent pas se poser dessus… »

Mais l’explication est ailleurs: le bleu charron était initialement réalisé à partir d’une teinture à la guède ou au pastel (Isatis tinctoria) et l’essence de cette plante a des propriétés insecticides.

Peindre dans le ton de bleu charrette vos volets avec une peinture à base de composants chimiques n’éloignera donc pas les mouches estivales sauf si vous placez sur les bordures des fenêtres des pieds de basilic, excellents répulsifs naturels de la mouche!

Mais il est encore possible de  trouver et de peindre avec de la peinture naturelle bleu charrette qui conserve ses « pouvoirs de répulsif d’insectes, de fongicide et de traitement du bois (une substance incolore au niveau du pigment et non la couleur bleue) et sa consistance épaisse  permet de ne mettre qu’une seule couche ». Certains fabriquent encore eux-mêmes cette peinture particulière si jolie, qui résiste bien au temps et se patine doucement.

*artisan dans la construction et la réparation de charrettes, spécialisé dans le cintrage et le cerclage des roues.

Voyage organisé:précautions nouvelles (2)

Le choix est effectué et vous avez vos apaisements quant à l’organisateur.

Place à la rédaction du bon de commande.

2ème  recommandation: faites noter sur le bon de commande les références complètes de votre voyage en lien avec un catalogue précis.

En regardant les belles brochures ou les sites internet, vous savez qu’ont été choisies les plus belles images capables de vous faire rêver…

 plage, parasols, mer, voyage

 La plage, le soleil et la mer…

La loi du 16 février 1994 sur le contrat de voyages organisés prévoit que l’information qui vous est donnée ne peut pas être trompeuse et que la brochure, dans laquelle notamment le prix, la destination sont repris d’une manière précise, lisible et non équivoque, fait partie intégrale du contrat. Conservez précieusement toute la brochure jusqu’à votre retour de voyage mais aussi faites noter sur votre bon de commande le nom complet du catalogue avec toutes les indications, sa date de parution et les numéros des pages qui décrivent votre voyage.

Pourquoi? Certains voyagistes éditent des brochures intermédiaires qui chronologiquement se chevauchent. Certains voyages aux mêmes dates repris dans deux catalogues de la même compagnie peuvent voir leur contenu sensiblement modifiés au fil du temps. Le client qui a signé avant la nouvelle parution, n’en est pas toujours avisé, malgré la loi.

Les informations descriptives d’une brochure engagent la responsabilité de son éditeur et font partie intégrante du contrat; ces informations ne peuvent éventuellement être modifiées que si le consommateur en a été préalablement informé par écrit avant la conclusion du contrat, ou s’il a expressément marqué son accord, sur ces modifications après la conclusion du contrat.

De même pour les commandes de voyage via internet, certains voyageurs, pris de doutes sur le contenu exact des prestations, retournent visionner le site internet producteur de leur voyage. Ce site a entretemps évolué pour présenter de nouvelles offres: le descriptif du voyage commandé peut avoir été remplacé par les nouvelles offres ou le contenu avoir été modifié.  Par exemple, une voyageuse internaute mentionne que les excursions de son périple, comprises dans le prix de départ, sont devenues payantes sur le site plus tard et se sont appliquées à elle.

Sauvegardez donc les pages web de l’offre que vous souscrivez car elles vous seront nécessaires en cas de contestation.

Bien référencer le choix du voyage en le liant méticuleusement à l’offre qui a retenu votre attention facilitera une réclamation éventuelle.

La préparation d’une nouvelle directive européenne est en cours.

Les députés européens de la commission IMCO (Marché intérieur et protection des consommateurs) ont établi  un projet de législation qui clarifierait les règles sur les voyages à forfait et renforcerait la protection des consommateurs dans plusieurs domaines. Mais les négociations avec les Etats pour l’adoption éventuelle du texte seront longues et compliquées.

En attendant, face à certaines entreprises, certains consommateurs  lésés seront très démunis.

Autant le savoir: la vigilance s’impose.

Et bon voyage!

Voyage organisé:précautions nouvelles (1)

Une directive européenne 90/314/CEE du Conseil, du 13 juin 1990, concernant les voyages, vacances et circuits à forfait est censée protéger les consommateurs contre de possibles pratiques commerciales trompeuses.
La Directive y définit le voyage à « forfait » ou « organisé » comme la combinaison préalable d’au moins deux des éléments suivants, vendue à un prix tout compris et pour une prestation  qui dépasse vingt-quatre heures ou inclut une nuitée:

a) transport;

b) logement;

c) autres services touristiques non accessoires au transport ou au logement représentant une part significative dans le forfait.

Cette directive est dépassée notamment en raison de l’explosion des ventes de voyages  via internet et le fait que des fournisseurs n’appliquent pas la réglementation européenne: un consommateur  peut acheter un voyage sans connaître la nationalité du fournisseur, le droit applicable ni les tribunaux compétents.

Outre les précautions habituelles pour choisir votre voyage organisé, il convient donc d’ajouter 2 nouvelles recommandations supplémentaires.

1ère recommandation: avant de vous engager, vérifiez qui organisera réellement votre voyage.

Le Camping Devillage proposé par l’Union Belge aux supporters belges pour la coupe du monde de football 2014 allait être un paradis mais les conditions de vie exécrables dans le camping ne correspondaient pas à la vidéo de présentation. L’Union belge a sous-traité le dossier et a reconnu que son partenaire n’avait pas respecté ses engagements.

Comme cet exemple malheureux, la sous-traitance commence à s’installer dans le secteur des voyages organisés, type de voyage qui intéresse plus les seniors.

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Les voyages en autocar attirent la population des seniors. 

Un organisateur de voyage recourt évidemment à des hôteliers, des transporteurs… en sous-traitance. Mais jusqu’à ces dernières années, il était rare que la totalité d’un voyage organisé soit sous-traitée.

Actuellement si vous souscrivez  avec un organisateur X, Y, Z, à des prix très variables, dans des pays différents, il peut arriver qu’une autre organisation que vous n’avez pas choisie assume et pilote la totalité de votre voyage.

Le voyageur ne découvre parfois qu’à l’aéroport d’arrivée, qu’il est ainsi pris en charge par une organisation inconnue qui organise une sous-traitance à grande échelle et ce depuis un autre pays que le pays de destination! Le voyageur dérouté se trouve totalement démuni surtout s’il est en famille. Se plaindre à l’agence  de voyages qui a délivré le bon de commande amène à des relais en cascade entre les intervenants sans effet immédiat comme ce fut le cas pour les supporters belges au Brésil…

A force de recourir à la sous-traitance, se produisent aussi inévitablement certaines dérives, une dilution des responsabilités et une baisse de qualité des services pour les touristes, chaque intermédiaire se rémunérant au passage.

Une loi de 1994 régit le contrat de voyages organisés.  L’article 10 de cette loi stipule que le contrat  doit mentionner au moins le nom et l’adresse de l’organisateur et/ou de l’intermédiaire de voyages.

Par conséquent, si le voyage est organisé par quelqu’un d’autre que l’agent, le nom de cet organisateur devrait être repris sur le bon de commande remis au client. Cependant en Belgique, aucune sanction n’existe pour l’omission de cette information.

Que les choses soient claires, dans le cadre d’un voyage organisé ou d’un voyage « à forfait », tout client est protégé: l’organisateur de voyages est responsable du bon déroulement de votre voyage, même en cas de manquements de ses sous-traitants ou représentants.

Si vous avez économisé pour partir tranquillement avec votre famille, il vaut mieux éviter les désagréments en s’assurant que rien ne gâchera vos vacances et donc vérifier qui organisera réellement votre voyage et le faire préciser sur le bon de commande.

(à suivre)

La générativité est-elle encore possible?

Générativité ?  Ce mot n’est pas vraiment dans notre vocabulaire quotidien.

Pourtant il exprime le mécanisme qui consiste pour chacun de nous à transmettre généreusement nos connaissances, notre savoir, nos expériences pour guider les générations suivantes et ainsi laisser une trace dans l’avenir.

Erik Erikson (1902-1980), adepte de Freud, a déterminé huit stades du développement de la vie d’un individu  au plan psychosocial. Chacun de ses stades comprend un défi que l’homme devra maîtriser pour que le stade suivant de sa vie se déroule plus ou moins harmonieusement. La générativité est le défi du 7ème stade… Durant l’âge adulte médian (entre 30-65 ans), la principale tâche de l’individu pour son développement est d’apporter sa contribution à la société et d’aider la génération future. S’il n’y parvient pas, il naît chez lui un sentiment de stagnation et d’insatisfaction.

Or de plus en plus, des adultes vieillissants se trouvent face à l’impossibilité de transmettre leur sagesse, leur savoir à leur famille, enfants ou petits-enfants: cette aide est purement refusée par les bénéficiaires.

Pieds, fleuris

Art numérique:  » Pieds fleuris »,  Nelly

Plusieurs facteurs jouent contre la transmission.

  • les formes de précarité de la société actuelle (mobilité professionnelle, économique, des liens relationnels et familiaux), l’évolution technologique rendent obsolète certains savoirs ancestraux et modifient le champ des valeurs.
  • la structure démographique, avec un  grand nombre de personnes septuagénaires, entraîne la désanctuarisation de la vieillesse qui était auparavant synonyme de sagesse.
  • la modification des cellules familiales avec des familles recomposées et leur multiplicité de grands-parents qui se neutralisent, dérégulent aussi  les voies habituelles de transmission.

Dans son  dernier livre, Marie Dessaint insiste bien sur le fait que si la générativité est le fait de transmettre, c’est aussi  le fait de pouvoir accepter de lâcher prise: « La générativité, c’est accepter que l’autre, les autres n’aient pas besoin ni envie de recevoir ce que nous voulons leur donner ou leur transmettre » (page 156*).

Toute générativité devient-elle dès lors impossible?  Non.

  1. L’absence d’enfants ou d’enfants «réceptifs» n’est pas un obstacle irrémédiable car le champ de la générativité dépasse le cadre familial. Notre expérience  peut se transmettre pour soutenir de jeunes collègues, une équipe sportive, une association humanitaire…par exemple. Devenir mentor d’un jeune artisan ou tuteur d’apprentissage sont des pistes parmi d’autres.
  2. L’accent a été mis ici sur le premier pôle de la générativité, c’est-dire la  production qui est la transmission directe de « savoirs » mais la générativité  comporte deux axes. Le second est la créativité. A l’âge adulte médian, nous avons aussi la possibilité de symboliser nos valeurs, d’extérioriser nos idées, de manifester notre culture, de montrer notre patrimoine, de publier, de refléter des usages ou de nous épancher sur nos traditions culturelles en développant notre propre cheminement artistique.

générativité,lâcher prise,transmission,art

Les voies d’expression (peinture, musique, chant, danse, architecture, art des jardins, art floral, écriture, photographie, cinéma dentelle, sculpture, ébénisterie, art numérique …) sont multiples et s’enrichissent  toujours de nouvelles formes d‘expression artistique. En composant une œuvre, nous avons le plaisir de créer et nous nous épanouissons.

Parce que l’art et l’expression artistique suscitent l’étonnement, créent une  palette de valeurs, c’est une autre courroie de transmission qui s’ouvre. Un message, votre expression  se partagent, génèrent des envies chez d’autres personnes réceptives.

* « Relire sa Vie. 21 récits pour vous guider »  Marie-Paule Dessaint, Pages 156-157

« Les souvenirs » David Foenkinos.

A l’occasion du décès de son grand-père, le narrateur prend conscience de tout ce qu’il n’a pu lui dire.

Le deuil de son mari perturbe la robuste grand-mère, victime aussi  d’une chute qui va la déstabiliser.   

Le narrateur, écrivain débutant, envisage de se rapprocher d’elle et de la voir plus souvent. Il parvient à égayer un peu sa solitude dans la maison de retraite qu’elle vient de rejoindre. La grand-mère quasi nonagénaire  finit par découvrir que son appartement a été vendu par ses enfants. Elle fait une fugue. Son petit-fils la retrouve rapidement en Normandie, ce qu’il lui permet de rencontrer Louise, une institutrice qui va devenir sa femme et  finira par le quitter.

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Vache dubitative à la Mer du Nord . (Emile Métier)

« Il y avait un tableau avec une vache », page 48

Tous les membres de la famille, grands-parents, parents, petits-enfants sont décrits chacun dans les turbulences de leurs vies personnelles instables. Le cap vieillesse de leur maman et grand-mère est difficile à appréhender pour tous.

L’écrivain décrit la fragilité de ces instants de bonheur et la nécessité de les vivre avec ceux qu’on aime avant qu’il soit trop tard…

L’auteur

Né à Paris en 1974, David Foenkinos a étudié les lettres à la Sorbonne et se forme au jazz et à la guitare. Il est l’auteur de nombreux romans : Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse. Pleines de légèreté et de jubilation douce, ses œuvres sont traduites dans plus de trente langues et ont obtenu de nombreux prix.

En 2011 est paru le livre «Les souvenirs». Adapté du roman, la sortie du film « Les Souvenirs » réalisé par Jean- Paul Rouve, avec Annie Cordy a été annoncée pour 2014.

 

Les souvenirs.jpgSur la vieillesse…

L’auteur offre ici une réflexion à propos de la vieillesse d’un aîné qui s’enchâsse souvent très mal dans la turbulence des autres vies des autres membres de la famille. Il y a, à la fois, une difficulté de comprendre ses parents ou ses enfants, des rapports de plus en plus crispés entre plusieurs générations, l’amour conjugal et ses déceptions, le désir de créer et de vivre sa propre vie alors qu’une autre décline.

David Foenkinos insiste sur la nécessité de vivre des moments de bonheur partagés avec ceux qu’on aime car plus tard ces petits moments de bonheur et de douceur vécus seront «Les souvenirs» et c’est bien souvent ces moments qui nous resteront.

Tout cela est exprimé dans un style limpide, sans larmoiement, avec une grande délicatesse et une pointe d’humour.

Une phrase.

« Après l’enterrement, ceux de ses amis qui avaient fait le déplacement m’ont raconté de nombreuses anecdotes, et j’ai compris  qu’on ne connaît jamais vraiment la vie d’un homme».

Page 12 «Les souvenirs». David Foenkinos. Editions Gallimard.

Ciel avec ou sans nuages ?

 » Tu préfères le bleu clair du ciel ou le bleu foncé de l’océan ?

……

Tu préfères le ciel avec ou sans nuages ? « 

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  Ciel  de Corse

 « Est-ce cela la ligne de démarcation de la véritable vieillesse ?

Quand on devient un problème ? »

 

« Les souvenirs » David Foenkinos. Editions Gallimard. Page 30.

 

(Avis sur ce livre bientôt accessible)

Seuil météo: 15 °

CLLlLe comportement des nénuphars permettrait à certains jardiniers de prévoir la météo. Quoi qu’il en soit, en ce début d’été, nous ne sommes pas épargnés par le temps maussade et les précipitations.

Chacun ressent  différemment les caprices du temps. Nous réagissons à l’ensoleillement et les variations du thermomètre ont un impact dans tous les domaines de notre vie: comportement, travail, loisirs,  humeurs, santé mais aussi dans nos pratiques de consommation.

80% de nos activités économiques dépendent des caprices du thermomètre (1).

Au niveau de notre consommation et de nos impulsions d’achats, des études ont montré que 60% des catégories de produits de grande consommation sont météosensibles.

Le seuil psychologique majeur de déclenchement qui nous fait basculer des produits hivernaux vers les produits d’été est la température de 15 ° C.

Ainsi, à 5°C, comme le montrait un reportage télévisé (2), le client se dirige vers le fromage à raclette. A 20°C, les responsables des boucheries préparent les saucisses et viandes pour les barbecues.

 Barbecue.jpg

Scampis barbecue

A 21° C, on ajoute les glaces. A 24°C, les clients achètent leur maillot de bain.

Le corps humain doit rester à une température aux environs de 37°C quelle que soit les variations de la température extérieure, -8°C ou + 32°C. Il s’adapte aux variations.

Notre corps dépense le moins d’énergie quand  la température environnementale est à 18 °C et  la température optimale pour le sommeil s’étale entre 16 et 21 degrés.

La température idéale serait 22°C.

Au-delà de 28°C, on sort d’une zone d’équilibre avec l’extérieur et de confort, selon le Pr. Primioulle ( ULB).(3)

Au-delà de 30°C, sortir est à éviter car notre organisme souffre.

35°C est une phase critique: notre corps ne peut plus évacuer la chaleur.(3)

Pour les personnes âgées, la régulation du corps étant moins bonne, le seuil d’alerte est plus bas (30°C).

En effet, l’âge entraîne progressivement une diminution de la perception des changements de température. La composition du corps humain se modifie: le corps d’un cinquantenaire contient environ 50 % d’eau,  et celui d’une personne de 25 ans 60 %.

Le mécanisme de la soif se dérègle et n’apparaît que lorsque la déshydratation est déjà bien engagée d’où la vigilance recommandée pour boire suffisamment d’eau.

D’autre part, le système de transpiration perd son efficacité de régulation, et la chaleur est moins bien supportée: l’adaptation d’un vêtement adapté à la température extérieure est capitale.

Dans nos régions, 10°C correspond à un temps frais et implique une tenue chaude pour sortir. En dessous de 5°C environ, un bonnet et des gants semblent utiles à beaucoup d’entre nous.

15°C nous mène dans une garde-robe d’entre saison et un petit gilet ou un pull sont nécessaires.

A partir de 18°C, on peut songer à alléger les tenues.

De nouvelles technologies textiles peuvent nous aider efficacement. Des textiles « intelligents », très légers, grâce à un effet climatisant peuvent augmenter le bien-être des seniors qui revêtent parfois des vêtements trop lourds ou inadaptés à la température extérieure.

1.  1.  En Belgique, la température moyenne annuelle est de 9,7 °C,  et les températures moyennes sont de 17,0 °C en été et 3,1 °C en hiver.

2.  Reportage télévisé Journal A2/ 18 avril 2013 – Journaliste Virginie fichet.

3. Le Soir, 24 juillet 2013. Page 7.

La pluie et les nénuphars…

Celui qui n’a jamais senti la pluie se moque des nénuphars.

                                                                                                                            Paul Eluard

nénuphars

Nénuphars contrariés par la pluie.

Ces plantes aquatiques s’épanouiraient mieux au doux soleil comme le décrivait Edmond Rostand:

 

L’étang dont le soleil chauffe la somnolence 

Est fleuri, ce matin, de beaux nénuphars blancs ; 

Les uns, sortis de l’eau, se dressent tout tremblants, 

Et dans l’air parfumé leur tige se balance…