Relire sa vie avec Marie-Paule Dessaint (2)

Au début de son livre « Des souvenirs » David Foenkinos émet la réflexion qu’on ne connaît jamais vraiment la vie d’un homme.

Je l’ai toujours pensé; chacun de nous préserve sa part de fragilité à l’abri du possible jugement des autres. Au fur et à mesure des années, je découvre parfois avec stupeur des éléments de vie de proches décédés. Jamais un mot n’a été évoqué par eux sur ces vulnérabilités. C’était leur histoire, elle leur appartenait. Nous faisons tous de même.

C’est sans doute ce qui explique parfois des incompréhensions, face aux décisions ou aux changements de vie de tiers.

Le grand mérite de Marie-Paule Dessaint est d’avoir rassemblé 21 personnes qui ont accepté vers le « mitan » (milieu) de leur existence, ou déjà à la retraite, ou octogénaires, d’ouvrir leurs portes intérieures et de partager avec nous leur cheminement, leur paysage intérieur, et aussi leurs regrets, souffrances, satisfactions ou bonheurs.

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Alhambra à Grenade….Où l’on entend la nuit de magiques syllabes… Victor Hugo.

   (Extrait des Orientales. Livre III)

Ce qui constitue l’originalité de l’ouvrage de Marie-Paule Dessaint, c’est que ce sont les personnes elles-mêmes qui font défiler leur vie et procèdent à cette relecture. L’accent de sincérité est tel que nous les suivons sans les étiqueter ou les évaluer. Ces « autres » deviennent proches de nous: leurs paroles résonnent et raisonnent  en nous. On comprend que rien dans nos vies n’est figé et que tout peut toujours évoluer.

 De l’ensemble des témoignages, je retiens aussi de manière générale, que

  • beaucoup de personnes se cognent à la vie.  Chacun a sa propre manière d’assimiler les événements qui l’affectent. Certains ont des bleus à l’âme tout de suite, certains semblent n’avoir rien perçu, pour d’autres le traumatisme vite enfoui ressurgira plus tard.
  •  le substrat des vies décrites s’appuie encore sur une architecture de liens familiaux avec les parents, les enfants, les conjoints. Est-ce que ce sera encore le cas pour les nouvelles générations qui s’orientent vers des familles électives ?
  • contrairement à l’image de super woman des media, on discerne toujours en filigrane de la «vraie vie»  le rôle  majeur traditionnel altruiste des femmes.

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J’ai beaucoup aimé cet ouvrage très bien documenté. Il nous incite nous aussi à analyser notre passé, à vérifier l’état de nos fondations individuelles, à envisager des réparations ou transformations nécessaires et  à ouvrir finalement les fenêtres de notre vie future.  C’est un beau chantier dont Marie-Paule Dessaint nous donne le plan à suivre avec des  outils précieux et des questions qui  balisent l’ouvrage de notre propre vie.

 

« Relire sa Vie. 21 récits pour vous guider »  de Marie-Paule Dessaint.  Editions Flammarion Québec. www.marie-paule-dessaint.com

Relire sa vie peut changer votre vie… (1)

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                                                                                                                          Photo Nelly P.

« Y a-t-il une oreille fine pour entendre le soupir des roses qui se fanent ?»

Arthur Schnitzler*

 

«La qualité des années de vieillesse repose, en grande partie sur la résolution des défis psychologiques, sociaux et biologiques de tous les stades du cycle de vie qui les ont précédées.» 

(Page 219 « Relire sa Vie. 21 récits pour vous guider»  Marie-Paule Dessaint)

www.marie-paule-dessaint.com

*Arthur Schnitzler (1862-1931) fut médecin et puis écrivain. Il décrit des drames psychologiques se déroulant dans la société viennoise. Après avoir étudié la médecine à Vienne, il abandonne la médecine pour se tourner vers l’écriture. Arthur ne deviendra réellement écrivain qu’à trente et un ans, à la mort de son père qui s’était toujours opposé à sa carrière littéraire.

Volontariat pour l’entraide envers nos aînés

Le constat de désengagement solidaire est criant dans les associations qui s’occupent de l’entraide envers les aînés malades, isolés, handicapés. Ces associations tentent de réconforter les aînés plus dépendants en leur permettant de rester en contact avec le monde extérieur.

Des services de visite aux malades sont rendus depuis longtemps par les bénévoles de mouvements confessionnels mais il y a maintenant pénurie d’engagements. *

Quand apparaît une perte d’autonomie, une dépendance des personnes, on ne se bouscule plus au portillon des bénévoles. La Croix-Rouge notamment recherche des bénévoles pour accompagner à domicile des personnes âgées isolées. En Wallonie, un senior sur 7 vit en situation  d’isolement et 95% des bénéficiaires ont 70 ans et plus.

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Illuminer … Lustre vénitien

L’activité bénévole en faveur des personnes âgées est plus exigeante que d’autres pour plusieurs raisons :

  •  La charge émotionnelle des visites peut  parfois être très lourde. Le volontaire doit avoir un bon équilibre  intérieur et suivre des formations appropriées à l’écoute pour accompagner des personnes démentes, malades chroniques ou en soins palliatifs par exemple.
  •  Pour les visites aux personnes âgées isolées, le lien avec le bénévole doit durer pour créer des repères. Il est demandé aux bénévoles de s’engager sur une période donnée, ce qui crée souvent une contrainte certaine pour le bénévole. « Nous sommes de plus en plus sollicités,  pour trouver des volontaires qui acceptent de consacrer un peu de leur temps à une personne âgée qui souffre de solitude. Or, être bénévole demande un engagement dans le temps, pour qu’un lien véritable puisse se nouer avec la personne visitée. »
  • Dans le secteur d’entraide envers les aînés, il arrive que l’activité du bénévole soit  pompée par des personnes relativement aisées et futées qui estiment avoir le droit de profiter de ce système facile et non contrôlé. Cela se fait donc au détriment d’autres personnes en demande, plus démunies ou isolées. Certaines associations, petites ou avec peu de moyens, ne filtrent pas la pertinence des requêtes.  Rares sont les bénévoles du secteur qui n’ont pas connu  au moins une fois le sentiment d’être instrumentalisés.

– Certains aînés ont largement la possibilité financière de recourir à des services payants pour le transport par exemple. Elles pourraient prendre un taxi mais préfèrent ne pas attendre et avoir quelqu’un à leur disposition;

– Autre exemple, André, bénévole à qui on avait demandé de se rendre chez une dame le samedi, a découvert au fil du temps qu’il compensait l’absence de la dame de compagnie qui venait tous les jours de la semaine, les quatre enfants partant chaque semaine en week-end;

– Alice, qui a une pension modeste était visiteuse avec dans un home. A la demande d’un docteur pensionnaire, elle  lui a acheté plusieurs livres sans jamais être remboursée. Avec beaucoup de cynisme, à sa demande de remboursements, le cher docteur lui a dit : « Dieu vous le rendra ».

De quoi démotiver les plus valeureux des volontaires !

 

Le vieillissement, la distension des liens familiaux, les difficultés économiques ne facilitent pas la vie des aînés en perte d’autonomie. Bien qu’ils bénéficient  de services dédiés pour les aider dans la vie quotidienne à domicile, la solitude est souvent là.

Le bénévole motivé, formé, par sa seule présence et son écoute peut illuminer le parcours des aînés et trouver lui aussi des possibilités d’échanges gratifiants.

*·    *    Ce qu’ont bien compris certains mouvements sectaires qui s’engouffrent dans le créneau de la détresse et envoient des adeptes visiter les malades, trouvant ainsi des victimes  plus désarmées.

 

« Les vieilles » Pascale Gautier.

Dans ce  roman, Pascale Gautier Pascale dresse une galerie de portraits et décrit les passe-temps de quelques vieilles veuves, plutôt fortunées, dérangées et dérangeantes, autonomes, surmontant ou masquant quelques déficiences.

Toutes habitent le Trou, village-mouroir où la moyenne d’âge frise les 80 ans et où il fait beau toute l’année. On y voit la bigote, l’acariâtre, mais aussi celle qui parle en secret avec son mari mort, celle qui veut retrouver sa jeunesse ou d’autres mécontentes de leurs enfants. Ces femmes se préparent dans le désarroi à l’arrivée d’un astéroïde et à l’imminente fin du monde. Le Trou cède alors à la panique et les suicides se succèdent. Les histoires d’amour ou de famille tournent mal. Le curé, le père Catelan, lui- même ne croit plus à rien et fuit au volant d’un 4 x 4.

Seul le crématorium tourne à plein régime et le village des vieilles vire au village des morts.

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« Flou, le monde s’embellit. Une voiture la dépasse en klaxonnant » page 53

L’auteur

Pascale Gautier est directrice littéraire et auteur de plusieurs romans notamment  Mercredi (Phébus), Vertige (quai Voltaire), Trois grains de beauté, 2004 (Grand Prix de la SGDL). Les vieilles est paru aux éditions Joëlle Losfeld en 2010 et a reçu la mention spéciale du prix Renaudot Poche 2012.

Commentaire

livre.jpgDans ce roman « Les vieilles », les courts chapitres et descriptions se succèdent.  Je pensais qu’une intrigue allait démarrer ou les portraits s’affiner. Beaucoup de situations différentes, parfois drôles sont esquissées mais les vieilles s’ennuient et leur désenchantement finit par contaminer le lecteur.

Si notre avenir de seniors devait s’envisager dans un tel cadre villageois désabusé ou sinistre, ce serait tout simplement abominable. Certes au fil des ans,  les aînés confrontés à leurs nouvelles fragilités éprouvent plus de difficultés à gérer la vie quotidienne. Beaucoup de seniors parviennent, dans la réalité, à s’adapter et continuent à valoriser positivement leur parcours de vie. Les arbres les plus vieux n’ont-ils pas les fruits les plus doux, comme le dit le proverbe?

Une phrase

 « Les vieilles sont pleines de mystère. Elles portent en elles leur vie qui leur échappe ».

 « Les vieilles », Pascale Gautier (Editions Folio 215 pages) Page 195.

A propos d’un châtaignier corse.

L’histoire des hommes est liée à celle des arbres qui les entourent. Impassibles devant le temps qui passe, muets, les arbres sont pour nous un symbole de vie et une source d’inspiration.

Aprés le dragonnier millénaire d’Icod de los Vinos de Tenerife, dont l’âge pourrait approcher les 2050 ans, je découvre en Corse ce châtaignier  qui daterait de plus  1200 ans.

Situé dans une clairière, après le village de Zonza sur le trajet du col de Bavella, cet arbre n’est pas visible de la route.

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Les arbres les plus vieux ont les fruits les plus doux.

Ce proverbe exprime l’idée qu’à l’instar des arbres, les personnes âgées peuvent toujours contribuer positivement à la société mais il s’applique ici directement à ce châtaignier remarquable qui produit toujours des fruits !

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La châtaigne corse est un produit emblématique de l’île. La saison de la récolte débute mi-octobre pour se terminer à la Noël.

Attestation écrite de témoins (en Belgique).

En justice, la procédure civile s’appuie principalement sur l’écrit. L’organisation des  auditions de témoins engendrent souvent des retards.

Depuis 2012, le  recours à l’attestation écrite est possible quand la preuve par témoins est admise (art. 1341 et suivants C.civ. et art. 25 C.comm.).

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Oeuvre  » Bois de rose » à Honfleur

...ou comment un témoin peut entrer utilement dans un dossier juridique.

Pour garantir la valeur du témoignage, le législateur a posé des limites. L’auteur doit remplir les conditions  habituelles requises pour être entendues comme témoin (Code Judiciaire) et rapporter des faits auxquels il a assisté ou qu’il a personnellement constatés. Les attestations sont produites par les parties ou à la demande du juge qui les communique alors aux parties. Le juge conserve toujours la liberté de convoquer ce témoin en personne.

Précision utile

Les attestations sont bien produites par les parties ou à la demande du juge.

Le tiers, témoin dans une affaire, ne peut donc pas rédiger une attestation spontanée.

La forme de l’attestation

L’attestation est écrite, datée et signée de la main de son auteur. Elle mentionne les noms, prénoms, date et lieu de naissance, domicile et profession de son auteur ainsi que, s’il y a lieu, son lien de parenté ou d’alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d’intérêts avec elles.
L’attestation indique en outre qu’elle est établie en vue de sa production en justice et que son auteur a connaissance qu’une fausse attestation de sa part l’expose à des sanctions pénales. Celui-ci doit annexer, en original ou en photocopie, tout document officiel justifiant de son identité et comportant sa signature
  (voir art. 961/1-961/3 C.Jud.).

La forme est donc totalement libre mais doit contenir les mentions requises.

Un exemplaire modèle, valable en Belgique et comportant les mentions utiles, peut vous être fourni.*

Pour plus de sécurité juridique, la totalité du témoignage, avec date et signature, sera totalement manuscrite par le témoin.

Si une attestation écrite de témoin ne répond pas aux exigences du Code judiciaire, elle n’est pas nulle. C’est le juge du fond qui décide quelle valeur lui donner.

La preuve est facilitée dans certaines affaires puisqu’un justiciable peut identifier plus facilement les tiers, témoins des événements dont il se plaint. Il peut aussi solliciter sans attendre les témoins qui ont encore bien en mémoire les faits. La justice est lente, les procédures d’enquête longues, et recueillir tardivement un témoignage est  aléatoire. Le justiciable peut aussi contacter, dans certains cas, des témoins nombreux et recueillir éventuellement des attestations multiples corroborant les faits, conserver et préserver le rapport écrit de témoins très âgés, contacter pour témoigner des personnes-témoins reparties à l’étranger ou qui parlent une autre langue (avec le problème de la traduction dans ce cas).

Les juges se contentent dans l’immense majorité des cas d’une attestation écrite des témoins qui ne devront donc pas se déplacer car leur audition est rarement demandée.

Les attestations écrites et détaillées de témoins éclairent plus finement le juge sur  un climat,  des faits par exemple ceux qui ont entouré ou précédé un licenciement pour motif grave ou peuvent établir  une nuisance, un tapage nocturne, quasi impossibles à prouver autrement.

 

Pas de complaisance ! Il n’est pas question de faire plaisir à un ami par une attestation  mais de relater des faits vécus ou constatés, simplement et objectivement. Une fausse attestation conduit à des sanctions pénales et apportera à son auteur un sérieux discrédit.

 * Faites votre demande pour le modèle d’attestation (Belgique) via la rubrique « Me contacter » et soutenez-moi pour le service rendu par un don de 2 € jusque 20 € (compte BE92 9796 3284 9223 de Cécile Delfanne-1160 Bruxelles).

« Ce parfait ciel bleu » Xavier de Moulins.

Après l’horrible suicide de son mari, Mouna 88 ans se réfugie à la Résidence des Lilas. Antoine, son petit- fils divorcé, lui  rend visite. Un lien se recrée entre eux. Mouna rêve de revoir la mer  et Antoine l’accompagne, le temps d’une  fugue sous le ciel bleu de la côte normande. Mouna ne parle jamais d’elle. Antoine est empêtré dans son passé et sa vie sentimentale tourmentée. Elle a peur de mourir et il a peur de vivre. Ils  se découvrent et partagent quelques moments de joie profonde.  

Puis, Antoine ramène sa grand-mère à la résidence. Sa dernière nuit à la mer, Mouna s’est endormie dans l’ivresse des bulles de bonheur. Dix jours plus tard…

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…sous ce parfait ciel bleu seulement mangé en son centre par un

épais nuage de coton maculé… page 183.   Deauville

L’auteur 

Xavier de Moulins, journaliste et écrivain français, est né 1971. Après une maîtrise de Lettres à la Sorbonne puis un DESS de télécommunication, le journaliste travaille pour divers médias et débute en 1999 à la télévision. Il publie en 2011 le livre « Un coup à prendre » et « Ce parfait ciel bleu » en 2012.

Sur la vieillesse…

Ce livre analyse finement non pas la vieillesse mais la personne qui vieillit, qui s’inscrit dans la même ligne du temps que nous. « La vieillesse est un trompe-l’œil » (Page 128). Pourquoi sommes-nous enclins à classer, momifier les personnes âgées comme si leur vie avait été « une trajectoire lisse et ordonnée » dont nous pensons tout savoir ?

Photos2013.jpgLe petit-fils Antoine, pris dans les difficultés de sa propre famille recomposée, redécouvre sa grand-mère. Il a l’impression d’avoir ouvert un accès qui lui faisait défaut, « celui de l’héritage et de la transmission »(p 127).

La famille n’est plus un cocon solide où on partage les aléas de vie des uns et des autres. La famille est devenue un noyau sans cesse agité qui se construit, se déconstruit et où sans doute un aîné ne s’y retrouve plus. C’était le choix de Mouna de s’éloigner dans cette résidence mais « sa proposition a tout de suite fait mouche » (Page 41).

Le livre sonne avec justesse en décrivant la réalité des vécus « intergénérationnels » actuels, ici le désarroi d’Antoine et la vie de Mouna, qui ne lui convient plus.

Si nous relisons le livre avec cette fois toutes les cartes en main, nous  voyons que chaque pan de cette histoire s’explique et a une profondeur tragique et amère comme le sera le choix de Mouna.

Ce livre nous force à penser à la clef secrète derrière les apparences d’une existence, au moteur invisible des émotions, à cette vie intérieure que nos proches nous taisent souvent et que nous-mêmes ne partageons pas aisément.

Avec cette prise de conscience, nous sommes amenés «à regarder en face nos limites» et notre relative impuissance à changer les choses.

Une phrase:

 « C’est le moment où Mouna me chuchote dans le creux de l’oreille :

 –        Fais toujours de ton mieux et ne regrette rien « 

 Page 203. Ce parfait ciel bleu. Xavier de Moulins. Editions Au diable vauvert.

Le bleu du ciel de Deauville.

Ces écrivains, Gustave Flaubert, Colette, Joseph Kessel, Georges Simenon ou Françoise Sagan…ont aimé Deauville et la côte normande.

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                Deauville et ses parasols

                    « Surtout si un Deauville désert et inondé de l’oblique et jaune soleil de mars est à côté. »

                            Françoise Sagan . (Des Bleus à l’âme.  pages 24,25. Editions Stock.)

 

La côte normande est le cadre d’un roman de Xavier de Moulins sur lequel nous reviendrons.

 

Seniors bénévoles et « génération sandwich ».

Le bénévolat dans les orties? Nous avons évoqué précédemment la crise actuelle du bénévolat.

Parmi les volontaires seniors, c’est la tranche des personnes âgées de 55-75 ans qui est la plus impliquée. Tant que la santé est stable, que les conditions financières personnelles restent favorables, le bénévolat est envisageable. Les personnes qui se sont dévouées occasionnellement au cours de leur carrière ou dans des mouvements de jeunesse rejoignent plus facilement une association.

L’activité choisie est souvent dans la ligne de parcours de vie de l’intéressé. Les secteurs de prédilection des seniors volontaires sont les écoles des devoirs, les banques alimentaires, les associations religieuses, sportives, musicales ou de loisirs.

Pourtant, une enquête  française réalisée pour l’Observatoire du Management Intergénérationnel montre qu’entre 50 et 65 ans, seul un Français sur cinq s’engagera comme bénévole dans une association. Il apparaît qu’une majorité de personnes en fin de vie active ou à la retraite – 6% – ne souhaite pas s’engager dans une association.

Ces personnes entre 50 et 65 ans exercent encore leurs activités professionnelles et sont souvent soumises à des pressions car on leur reproche d’être moins rentables. Elles commencent à avoir des soucis de santé*, sont prises  en étau entre les contraintes conflictuelles d’attentions à prodiguer aux parents très âgés, aux grands enfants encore à la maison ou qui y reviennent. Cette « génération sandwich »**  n’a plus la possibilité ni la force d’inclure dans son planning une autre occupation bénévole pour la collectivité.

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Ile du Lido près de Venise

D’autre part, en raison des problèmes de chômage de leurs enfants, leur regard est plus aigu. Ils craignent que leur bénévolat nuise à des emplois potentiels.

Si le senior n’a pas de charge familiale ou déficit physique majeur, s’engager dans une activité ou un mouvement social reste positif et favorable à son bien-être. Le bénévole bouge, sort de chez lui, rencontre d’autres personnes, crée des liens et  renforce son réseau social, se sent utile et conserve ainsi une bonne estime de lui.

Reste à bien baliser cet engagement: nous y reviendrons.

 

*L’espérance de vie en bonne santé reste toujours d’environ  62 ans  et ne croît pas  parallèlement avec la longévité

**L’expression «génération sandwich» décrit la génération des personnes prises en sandwich entre les besoins de leurs parents vieillissants et ceux de leurs enfants. C’est un phénomène de télescopage  neuf qui n’est pas compris ni par les aînés, ni par les enfants. La plupart des parents des quinquagénaires actuels n’ont pas eu à gérer la situation de leurs propres parents très âgés. Si depuis des siècles, les besoins des aînés ont été largement assurés par leurs enfants, la situation se complique. L’espérance de vie accrue suite aux progrès de la médecine étend la période de soins à prodiguer bien au-delà d’une année ou deux mais peut atteindre 2 décennies. Il n’est plus rare de voir trois ou quatre générations dans une famille. Les jeunes ne comprennent pas non plus leurs parents ainsi coincés car pour eux la famille prend souvent moins d’importance que leurs réseaux personnels.

Ce sont surtout les femmes qui prodiguent les soins personnels et qui s’occupent de la famille ascendante ou descendante. C’est un travail tenu tacitement dans l’ombre par les bénéficiaires. De plus et il reste très mal mal vu que la génération sandwich s’exprime publiquement sur le poids et les difficultés rencontrées.

Réflexion sur les nuisances aériennes à Bruxelles.

Depuis le 6 février 2014, le ciel  de Bruxelles est gâché par un ballet aérien qui génère nuisances  sonores, pollution et risques sur une ville densément peuplée.

Partout dans le monde prévaut le principe que les avions évitent les grandes villes près des aéroports.

Le plan Wathelet est un nouveau plan de survol et d’approche de la capitale, modifiant complètement du jour au lendemain le cadre de  vie des nombreux habitants  sans se soucier des répercussions sur les Bruxellois, sans avoir mesuré les impacts sonores.

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Survol des avions sur  Auderghem- Nuisances sonores -16 avril 2014

Cet exemple brutal de modification du cadre de vie par une action politique montre combien la vie devient compliquée pour les seniors et… les plus jeunes d’ailleurs. Comment prévoir son avenir s’il n’y a plus de stabilité suffisante au niveau législatif ou juridique qui permette de bâtir un projet ou de s’établir tranquillement quelque part ?

Certes, le monde devient de plus en plus complexe et rapide. On demande aux seniors, aux retraités de s’adapter, de « passer par internet » (sic), d’évoluer vers les nouvelles technologies.

Pour évoluer, il est primordial que chacun puisse continuer à prendre appui sur ses points de stabilité individuelle. Le logement personnel est un de ces ancrages majeurs. Le domicile apporte la quiétude, la sécurité et  le ressourcement qui permettent d’affronter et de gérer les moments délicats de  transition de vie.

Si la qualité de ce cadre de vie peut être compromise ou balayée si rapidement, vieillir sereinement  chez soi* pourrait tenir miracle…

Retrouver un coin de ciel bleu et paisible est nécessaire pour tous.

*Certains hôpitaux et maisons de repos sont aussi  victimes de ces nuisances aériennes.