«Une soirée d’été aux Charmilles, Auvelais… »

Lors d’une période de convalescence avant de regagner son domicile, Madame Chausteur, écrivain, 94 ans, a séjourné en court-séjour aux Charmilles à Auvelais. Elle nous décrit comme un peintre impressionniste une soirée d’été dans l’établissement.


Fenêtre ouverte pour profiter du soleil, j’aperçois dans la prairie un petit oiseau, ventre tout blanc, tête, dos, queue noirs, c’est une pie.

Elle picore ou se rafraîchit à l’ombre d’arbres en fleurs, peu nombreux dans la verdure épaisse qui les entoure…Calme et beauté!

Le soleil a reculé. Pardon! Erreur, c’est la Terre, incapable de rester en place. Le ciel d’un bleu timide se cherche une place entre des nuages divers qui eux aussi me font rêver!

Ici, le profil d’une île connue; là les volutes d’une cheminée, la dentelle d’une vague marine.

Stop! Et les Charmilles?

Ce ne sont pas des abris de feuillage à buts divers comme ceux des dames et demoiselles de la Cour de France, dans un passé très loin.

Beaucoup mieux : un grand bâtiment solide, bien agencé. Une maison de repos et de soins aux buts précis.

Ce n’est pas un abri précaire, c’est la sécurité assurée dans des bâtiments solides, bien étudiés, agréables, sur une vaste superficie pour l’ensemble « immobilier»et une large étendue pour les bienfaits de la nature.

Une « Maison de vie » pour les délaissés, des blessés, des victimes d’une existence peu favorable, pour des personnes d’un âge avancé(troisième ou plus) atteintes par des accidents corporels, des maladies, des infirmités, pour quoi ou pour qui, la médecine actuelle, malgré ses progrès constants, ne peut plus grand-chose.

Le vingtième siècle qui parait déjà si éloigné pour certains, n’a pas manqué de guerres dans notre pays, en Europe et dans le monde: cherche-t-on une compensation? Il faut par exemple toujours aller plus vite: trains, autos, avions, bateaux, rencontres et réussites personnelles; par contre, l’ancien espace vital a rétréci, telle l’antique «ferme», demeure familiale où plusieurs générations restaient, séparées sous un même toit.

Les Charmilles assurent donc le relais, la vie et bien sûr, les soins!

Aux trois étages occupés par les résidents, des «blouses blanches d’uniforme», survêtement de précaution, virevoltent dès le matin pour distribuer et surveiller, les directives médicales inscrites pour chacun, aider les moins valides à revêtir une tenue valorisante,…

Ensuite une autre desserte roulante (accompagnée bientôt par les sourires des nouveaux résidents) : une brosse- balai! Son manche est presque aussi long que la taille de la préposée à l’hygiène et la propreté des locaux publics et privés!

Les équipes responsables de la restauration déposent, dans les chambres ou sur les tables conviviales de la vaste salle à manger, les assiettes d’aliments des plus naturels.

A côté d’autres spécialistes officiellement reconnus, il faut ajouter des bénévoles, parfois anciennes ; leur coup d’œil «panoramique» sur les personnes et sur les choses obtient toujours des résultats favorables à tous.

«La nuit s’étend sur les champs de  bataille»  (Victor Hugo – début du 19e siècle). Non! En astronomie, l’obscurité vespérale ne descend pas, elle monte peu à peu, au fur et à mesure que la Terre-Planète s’éloigne de la Terre-Sol, par son mouvement perpétuel.

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Au fond du tableau, un bruit…? Ferroviaire? Oui! Des trains; le modeste: Charleroi-Liège ou le long France- Allemagne (ou Paris – Aachen…). Plus haut, un itinéraire routier, électrique, s’allume pour les noctambules…

Bonne nuit, les Charmilles!

Marie-Andrée Chausteur.

Mai-juin 2012

 

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (publié dans Charmillésime octobre 2012)

Femme de lettres, enseignante, Marie-Andrée Chausteur a publié des récits, romans, des recueils de poésie pour enfants («Brindilles»-3 tomes). Outre ses œuvres de fiction, elle a publié des récits inspirés de voyages. De nombreux prix littéraires couronnent son œuvre.

Son dernier ouvrage «Femmes obstinées Droits conquis!» évoque le destin de toutes ces femmes qui furent des pionnières et ont marqué l’histoire des sciences.

Possibilité d’acquérir l’ouvrage en  contactant l’auteur  (tél 081 734612)

« La vieille dame du riad » Fouad Laroui

François et Cécile, la quarantaine, décident de prendre une année sabbatique. Ils quittent Paris et se retrouvent à Marrakech où ils acquièrent un riad. Lors de leur installation, ils trouvent «une vieille femme», dans une des chambres du riad. Embarrassés et dépassés par la présence inattendue de cette petite femme noire presque centenaire, ils cherchent aide et conseil chez un voisin professeur d’histoire, chez un commissaire, auprès du consul. La vieille dame mystérieuse, l’esclave d’une ancienne famille du riad, semble attendre le retour du «fils» Tayeb. Il était parti au combat lors de la seconde guerre mondiale. Des Français devraient le ramener dans ce riad…

L’auteur, Fouad Laroui s’est adjoint un des principaux personnages du roman, le professeur d’histoire Mansour pour plonger le lecteur dans un tourbillon de subtilités, voire de facéties, le sel de la vie à Marrakech. En racontant l’histoire de Tayeb qui s’est engagé deux fois, d’abord dans les troupes d’Abdelkrim pour combattre les Français et les Espagnols dans le nord du Maroc, puis dans l’armée française durant la seconde guerre mondiale, l’écrivain dévoile une intéressante page de l’histoire du pays (des années 1912 jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale) et magnifie l’abnégation des soldats marocains sur les champs de bataille africains et européens. Le Maroc a résisté à la conquête occidentale mais une conférence, tenue à Algésiras à l’hôtel Reina Cristina en 1911, «moment de troc planétaire» régla le sort du pays.

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D’un vieil album photo, une carte postale de l’hôtel Reina Cristina en 1955.

L’auteur

Fouad Laroui est un économiste et écrivain marocain né en 1958 à Oujda à la frontière du Rif au Maroc. D’expression française et néerlandaise, il est professeur de littérature à l’université d’Amsterdam. Il a publié entre autres « Les Dents du topographe », « De quel amour blessé », »Une année chez les Français ».

Sur la vieillesse…

La Vieille Dame du riad est un roman déroutant frôlant parfois le fantastique. La vieille dame pourrait n’être qu’un spectre. Support d’un coup monté, elle n’ouvre pas une seule fois la bouche! Les nouveaux propriétaires du riad ne peuvent la jeter dehors: c’est une personne fragile et apparemment sans famille. Pour eux, Français, c’est un choc de cultures. Le commissaire Chabane leur rappelle les usages marocains «on les (nos vieux) garde chez nous en famille…» et «…il y a un article de notre code civil qui impose aux enfants de nourrir et loger leurs parents âgés». Selon l’auteur, les traditions disparaissent, un premier hospice a vu le jour à Casablanca. Comme pourrait improprement laisser penser le titre, La Vieille Dame du riad apparaît et reste pour le lecteur, voilée de mystère.

Le film Hors zone (2012) du réalisateur Noureddine Douguena donne,  lui, un éclairage actuel et un signal d’alarme au sujet de la situation des personnes âgées au Maroc qui risque de dégénérer. Inspiré d’une histoire vraie, cette œuvre cinématographique raconte le sort de deux hommes âgés abandonnés dans la rue par leurs propres enfants et qui se retrouvent, à leur âge avancé, confrontés à la dureté et aux aléas de la vie. La maltraitance des parents et leur abandon par leurs familles est l’un des phénomènes sociaux devenu de plus en plus fréquent dans la société marocaine.

Il est évident que cette farce moderne La Vieille Dame du riad n’avait pas pour cadre d’analyse la situation d’un senior au Maroc. Les différences culturelles entre la France et le Maroc sont bien le thème premier du livre et Fouad Laroui manipule les personnages avec dérision pour démonter leurs stéréotypes.

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Une phrase

«La vieille dame ne bougea pas. Il poussa l’écuelle doucement vers sa bouche et eut l’impression étrange que l’objet ne rencontrait aucun obstacle, comme s’il pénétrait dans une sorte d’éther à visage humain. Ce devait être une illusion d’optique» Page 76 « La vieille dame du riad »   (Julliard, 2011, version Pocket)

 

« Briser la montre n’arrête pas le temps qui fuit » Proverbe suisse

Les hommes ont toujours senti la nécessité de mesurer le temps qui passe pour organiser leur vie.

Pourquoi l’industrie horlogère s’est-elle particulièrement développée en Suisse ? 

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Dès 1541, Calvin, installé à Genève, interdit le port de bijoux, accessoires superflus de séduction au regard de la religion protestante.  Dès lors, ils obligent les joailliers qui ont une grande réputation à l’étranger, à trouver d’autres débouchés. Ce sera, « la boîte de montre » qui n’entre pas dans la liste des bijoux interdits par Calvin. Les joailliers genevois incrustent les montres de pierres précieuses et développent ainsi l’horlogerie de luxe.

La Suisse, ou plus officiellement  la « Confédération suisse », est un État fédéral formé de 26 cantons. Même si elle a conclu des accords bilatéraux et entretient des relations étroites avec l’Union européenne, elle n’en fait pas partie.

La Suisse compte presque 8 millions d’habitants qui parlent l’allemand, le français, l’italien et le romanche. La population est de confession catholique (41,8 %) ou protestante (35,3%). La population étrangère représente 22 % de la population. Parmi cette  population étrangère, 39 % résident en Suisse depuis 10 ans ou plus et 21 % y sont nés.

Actuellement, l’espérance de vie à la naissance en Suisse est de 80,3 ans pour les hommes et de 84,7 ans pour les femmes. L’âge médian est de 42 ans. Le taux de fécondité (1) est 1,47 enfant par femme.

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Pyramide des âges 2010


-population âgée de 0 à 14 ans : 15,2 %

-population âgée de 15 à 64 ans : 67,8%

-population âgée de 65 ans et plus : 17%


Les jeunes de 0 à 19 ans dont la proportion était de 40,5% en 1900,  ne représentent plus  aujourd’hui que 22,8% de la population.

 

 

75 % de la population suisse vit dans  les 136 concentrations urbaines.

Zurich compte 372.000 habitants, Genève 191.000 habitants.

Berne, la capitale, n’arrive qu’en 5ème position avec 124.000 habitants après Bâle et Lausanne (136.000 habitants).

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Bord enchanteur du lac Léman à Lausanne

La pyramide des âges illustre clairement  le vieillissement démographique suisse qui se poursuit d’année en année. En 2011, la proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus a atteint 17%, et 1.401 personnes sont centenaires. (2)

Fin du 20ème siècle, le groupe 65 à 79 ans a connu une croissance  différenciée avec une diminution de cette population dans les villes et un accroissement dans les régions périphériques. Les régions rurales sont très concernées par le grand vieillissement (80 ans et plus).

A partir de 2030, l’Office Fédéral de la Statistique (OFS) prévoit un vieillissement accéléré, avec un pourcentage de personnes des plus de 65 ans à 20% et une croissance massive de la proportion des grands vieillards (80% de 80 ans en plus d’ici à 2030). Les régions alpines et rurales seront fortement touchées par ce phénomène.

 « Les cantons urbains comme Genève, Vaud ou Zurich bénéficieront de flux migratoires assez importants pour permettre de rééquilibrer leur pyramide des âges ».

L’évolution de la société, les modes de vie en solo et les évolutions démographiques actuelles amènent les responsables suisses à s’interroger «sur les risques de solitude d’une part croissante de la population arrivant aux âges de la retraite sans réseau familial de soutien» (3).

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1. Pour assurer le simple remplacement des générations, le taux de fécondité doit être de 2,05 enfants

2. La population de la Suisse 2011 OFS. Neuchâtel 2012

3. Âges et générations – La vie après 50 ans en Suisse  Recensement fédéral de la population 2000  Office féderal de la statistique page 135

– La Mémoire – L’entretenir et la développer…

Au fil du temps, nos facultés intellectuelles faiblissent un peu et notre mémoire suit la même courbe. Continuellement sollicitée, elle se dérobe parfois et nous joue des tours que nous supportons mal. « Rien n’est plus agaçant que de ne pas se rappeler ce dont on ne parvient pas à se souvenir et rien n’est plus énervant que de se souvenir de ce qu’on voudrait parvenir à oublier » dit Pierre Dac.

Outre les tracas de ne plus retrouver une facture au moment opportun ou de ne pas se rappeler le titre d’un film au cours d’une conversation, une petite peur s’insinue en nous car nous connaissons autour de nous beaucoup de personnes, frappées par la maladie d’Alzeihmer, qui nous bouleversent.

La mémoire est la capacité individuelle à se rappeler des expériences passées. Elle s’appuie sur un système très complexe qui permet à chacun de disposer d’un champ mental dans lequel ses souvenirs, qu’ils soient récents ou éloignés, sont enregistrés, conservés et qu’il peut retrouver et restituer. Cette faculté de mémoriser joue un rôle dans notre construction personnelle, dans notre identité, le développement de notre imagination, la coloration de nos émotions et notre intégration sociale.

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C’est la base même de tous nos apprentissages qui se stockent et se construisent module par module en se cimentant les uns aux autres comme une mosaïque. Le siège de notre mémoire est notre cerveau, capable d’enregistrer environ un million de milliards de bits, soit beaucoup plus que n’importe quelle machine. Mais le cerveau humain enregistre avec discernement et non de manière simplement mécanique pour ne sélectionner que des informations utiles à notre parcours.

Le cerveau est l’organe humain le plus précieux et il vieillit relativement bien, même si à partir de 45 ans, on peut noter certains signes de lassitude. Une plainte liée à la mémoire défaillante est exprimée par 50% des sujets âgés de plus de 50 ans et 70% des sujets de plus de 75 ans.

Les oublis bénins tels que révèlent les questions « Où sont mes lunettes? » « Où sont mes clefs? » et maintenant « Où est mon GSM? » sont liés à un vieillissement normal. Ces plaintes ne signent pas systématiquement des traits de vieillissement pathologique comme ceux provoqués par la maladie d’Alzeihmer ou une autre maladie cérébrale.

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En cas de fléchissement normal de la mémoire, un ouvrage pourra utilement vous guider. Marie- Paule Dessaint, dans son livre (1) « La Mémoire, l’entretenir et la développer »  vous incite à entretenir «une mémoire vive, alerte et heureuse afin de préserver ce joyau parmi les plus précieux jusqu’à un âge avancé». Elle propose une centaine de trucs, de conseils, «de règles élémentaires d’hygiène de vie, simples mais très efficaces pour améliorer rapidement votre mémoire et par ricochet votre vie au quotidien ».

En effet, en cas de troubles sans gravité de la mémoire, il faut savoir qu’exercer régulièrement ses fonctions intellectuelles (jeux de réflexion et de logique comme Scrabble, dames, échecs, mots croisés, participation à des activités sociales, sportives, etc) permettent de multiplier les connexions neuronales et donc de stimuler la mémoire.



(1)  « La Mémoire     L’entretenir et la développer » Marie- Paule Dessaint  200 pages, Editions Le Dauphin Blanc (septembre 2008)

 

Brique 2013 et Communication de chantier (pour particuliers)

Batibouw 2013 est à nos portes.

Comment trouver l’entrepreneur qui réalisera notre rêve ?

Auparavant, la procédure d’enregistrement de l’entrepreneur en construction prouvait son professionnalisme et le respect de ses obligations fiscales et sociales. La vérification par l’enregistrement nous permettait de savoir si l’entrepreneur que nous comptions engager était ou non au bord de la faillite. En outre, faire appel à un entrepreneur enregistré était nécessaire pour bénéficier d’avantages fiscaux.

La procédure d’enregistrement comme entrepreneur a été supprimée.

Mais la responsabilité solidaire pour le paiement des dettes fiscales ou sociales a été  étendue en cascade pour tout  le secteur du bâtiment (p.ex. construction, fabrications métalliques, électricités,…). Le donneur d’ordre (maître d’ouvrage) et l’entrepreneur (qu’il s’agisse de l’entrepreneur général ou des sous-traitants) peuvent donc être tenus au paiement des dettes sociales et fiscales de n’importe quel sous-traitant intervenant dans la chaîne des entreprises actives sur un chantier, sauf s’il effectue une retenue sur la facture de son cocontractant.

Ce système de responsabilité solidaire, avec l’obligation de retenue, n’est pas applicable aux personnes physiques qui font exécuter des travaux à des fins privées. C’est le cas pour la construction et la rénovation de sa maison.

Comment procéder pour le choix de l’entrepreneur ?

Le site du SPF Economie  nous donne tous les conseils judicieux pour sélectionner un entrepreneur et vérifier notamment ses compétences professionnelles. Le recours à un entrepreneur enregistré n’est plus une condition nécessaire pour l’octroi des avantages fiscaux.

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Une communication claire est indispensable.

Sans précision de notre part dans notre appel d’offres, l’entrepreneur que nous choisissons  peut confier le chantier à un sous-traitant.

La suppression de l’enregistrement a considérablement simplifié les démarches d’installation d’entrepreneurs étrangers qui œuvrent très nombreux et souvent avec satisfaction comme sous-traitants d’entreprises belges.

Dans notre cahier des charges, nous pouvons demander que l’entrepreneur qui soumissionne précise dans son offre s’il fera appel ou non à des sous-traitants et le nom de ceux-ci.

Ensuite, notre choix effectué parmi les offres reçues, les accords écrits avec l’entrepreneur retenu mentionneront aussi précisément :

  • les dates de début et de fin de travaux, avec une sanction en cas de non-respect des délais.
  • les dates régulières de visite sur le chantier de l’entrepreneur principal en cas de sous-traitance, et ce, pour éviter tout malentendu. Il s’est engagé non seulement sur le prix, le délai mais aussi sur la garantie de bonne exécution de nos travaux. Avec notre architecte, l’entrepreneur avec qui nous sommes alors engagés est bien notre interlocuteur.  

Tout cela pour éviter de bâtir et … pâtir comme Agnès et Pierre qui se sont retrouvés englués durant plusieurs mois dans le chantier de leur maison, sans la moindre possibilité de communiquer: aucun ouvrier ne parlait leur langue. « La moindre petite vétille devait transiter par le cabinet d’architecture qui devait relayer car l’architecte  n’avait pas  non plus de communication directe avec le personnel de notre chantier. Certains jours ou périodes, il n’y avait personne sur le chantier; nous ne savions même pas pourquoi. Le retard a été considérable ».

Une bonne organisation de la communication sur le chantier permet de surmonter des préoccupations basiques ou les soucis inévitables d’une construction ou rénovation. Le stress sera moindre tant pour les travailleurs que pour le maître d’ouvrage non habitué à la complexité d’un chantier.

Préserver son audition

À partir de 50 ans, la perte de l’audition se produit très progressivement. Nous tentons inconsciemment de nous y adapter.

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“I Can Hear It”   Artiste: Ivars Drulle.    Beaufort04/ Middelkerke-Westende 2012

Cette perte d’audition (presbyacousie) entraîne une perte de fréquences dans les aigus. Or, ce sont ces aigus qui nous permettent de discerner la plupart des consonnes. La perception des consonnes nous aide à reconstituer les mots entendus. Si dans une conversation, trop de consonnes ne sont pas entendues, nous ne comprenons plus le sens. «Tu veux une bière ? » pourrait vous irriter si vous comprenez «Tu veux une pierre ?».

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A partir de 60 ans, la perte auditive pour les hommes est en moyenne 0,5 décibel/an, entre 60 et 70 ans 1 décibel/an, entre 70 et 75 ans 1,5 décibel/an et au-delà 2 décibels/an. Pour les femmes, la déficience auditive apparaît plus tard (1).

Une gêne importante ressentie dans le brouhaha, des manques de compréhension dans les conversations ou au téléphone se révèlent souvent être les symptômes de presbyacousie quand on amorce la cinquantaine.

De façon machinale, les personnes s’adaptent souvent, par exemple en augmentant le volume du son de la télévision. D’autres n’osent pas affronter le réel par réticence à l’appareillage (2).

Je voudrais insister sur l’impact social de la malentendance « non traitée »: les membres de la famille ou amis d’un proche malentendant pâtissent indirectement de cette perte d’audition qui parasite toute communication.

La baisse d’audition génère des incompréhensions pénibles, des disputes même. La patience du conjoint, des enfants, des amis est mise à rude épreuve quand ils doivent élever la voix et répéter les phrases non comprises. Le contenu de leur message se condense sur l’essentiel et offre moins de nuances, d’où une apparente brutalité des propos parfois.

Le fait de ne capter qu’une partie du dialogue provoque de nombreux quiproquos. Le malentendant peut sourire bêtement lorsqu’il n’a pas compris, donner une réponse floue ou hors de propos, poursuivre un thème de conversation dans une réunion de famille alors qu’un autre sujet a été abordé depuis 10 minutes, interpréter inadéquatement une parole: les stratégies d’évitement finissent par provoquer l’agacement d’autant plus si le malentendant  cherche à dissimuler ou minimiser son problème d’audition.

Entre les couples, au quotidien, la répétition ou mauvaise compréhension sont frustrantes,  créent des conflits qui s’avèrent souvent sans fondement quand les mots véritablement prononcés reprennent leur volume. Par lassitude, le silence finira par s’installer. Il est plus agréable et facile de réagir en trouvant, si nécessaire, une solution à un problème de perte auditive dès 65 ans plutôt qu’à 80 ans. Plus on est âgé, plus il semble malaisé de s’habituer à une aide auditive.

Si on est seul, la malentendance engendre une mauvaise communication qui affectera toute la vie sociale et renforcera encore l’isolement.

N’attendons pas que l’inconfort d’audition soit majeur pour réagir et consulter un médecin ORL pour un dépistage, d’autant que les mutuelles peuvent intervenir dans le processus.   

A trop attendre et en l’absence de traitement de la perte auditive, le cerveau aura pris de mauvaises habitudes pour recevoir les sons et les interpréter, ce qui va compliquer la mise en place d’une solution adaptée.

Corriger une baisse d’audition est un acte de prévention qui aide à améliorer ou à conserver une bonne qualité de vie aux seniors!

* * *

(1) Les aides auditives sont aujourd’hui discrètes, bénéficient des avancées de  la technologie et accessibles niveau prix.

(2) voir Le Figaro : En France, 2/3 des plus de 65 ans ont des difficultés de compréhension de la parole dans le bruit.

La touche étoile (Benoîte Groult)

Alice, journaliste féministe, grand-mère octogénaire lucide, et Marion, sa fille, sont les  personnages phares du roman. Alice fait le bilan de sa vie actuelle en tant que personne âgée et femme. Elle casse le miroir des apparences et se détache de la vision bien-pensante en évoquant l’insupportable indifférence de la société actuelle envers les vieux. Des exemples amusants, comme l’achat de l’ordinateur portable ou celui des plaques électriques illustrent ses aventures quotidiennes de senior. Dans le même temps, Alice observe l’évolution de sa fille Marion qui oscille entre Maurice, son mari séduisant et volage et Brian, son amant irlandais.

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L’auteur

Journaliste, écrivaine et militante féministe française, Benoîte Groult est née à Paris en 1920. Elle a notamment écrit un essai sur la condition féminine  « Ainsi soit-elle ». A 86 ans, Benoîte Groult a écrit ce roman La Touche étoile, qui fut diffusé à 500 000 exemplaires.

Sur la vieillesse…

  • Pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse reconnaît Benoîte Groult. Ce livre a la saveur du vécu. Même si la  plume est féroce, avec un arrière goût un peu amer, les réflexions de Benoîte Groult rejoignent, il est vrai, les confidences de seniors que je rencontre. Il y a beaucoup de réalisme et de franchise dans ce livre.
  • Le thème majeur est la description de la vieillesse dans notre société avec l’analyse de sphères différentes: un premier volet avec les répercussions de l’âge sur l’individu tant pour la femme que l’homme, sur le couple, sur la sorosité et un second volet avec la description des regards acérés de la descendance et de la société en général. Le thème mineur mais présent tout au long du roman est l’évolution des idées féministes.
  • Benoîte Groult met aussi en évidence la fracture abyssale qui survient dans les familles entre parents/enfants ou descendance et qui affecte « les nouveaux vieillards » non avertis. A part quelques rares auteurs comme Aldo Naouri(*), ce nouveau paradigme qui commence à avoir des impacts dans toutes nos architectures familiales et sur les comportements des membres est rarement évoqué ou analysé. « Si en fait, quelque chose a changé en pire: nos enfants et plus encore nos petits-enfants sont nos égaux maintenant, pour ne pas dire nos maîtres! Ils ont retenu le moins bon de 68 : l’insolence, la déconsidération des pouvoirs établis, la violence et l’autosatisfaction. Page 181.

 Une phrase qui m’a touchée 

Ce que vieillir veut dire :

« Des organes que tu ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam vont t’imposer leurs caprices. Ta grâce va devenir un effort, ta beauté une conquête, ta démarche un tour de force, l’insouciance une discipline, ta santé une forteresse assiégée et l’inquiétude une compagne lancinante » Page 10.

« La Touche étoile » Benoîte Groult, Editeur : Grasset   (Parution: Avril 2006)

 

(*)« Il en va comme si la dette symbolique de vie qui a toujours eu cours avait définitivement perdu de son sens, écrasées par une inflation d’imaginaire ».

Les belles-mères, les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres Aldo Naouri , éditeur Odile Jacob 2011, page 207.

 

« Senior+ » ?…. Vocabulaire

L’année européenne 2012 avait pour thème le vieillissement actif et la solidarité intergénérationnelle.

Si le terme « vieillissement » est toujours accepté socialement, les mots vieux, vieillard et vieillesse sont depuis longtemps perçus négativement et ont été remplacés, dans les journaux ou la littérature scientifique, par les expressions « personnes âgées »  ou « seniors ». 

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Parmi les arbres vénérables insensibles à la vieillesse, ce dragonnier millénaire

(Icod de los Vinos)

Notre vocabulaire actuel ne s’est pas encore enrichi suffisamment et ne traduit pas bien le profil des nouvelles phases de la longévité humaine. Les expressions actuelles (personnes âgées ou seniors) sont devenues trop larges, se vident de leur sens car elles visent un groupe de personnes allant de 65 ans à 100 ans et plus.

Or, les problèmes d’un senior de 85 ans sont de nature bien différente de ceux d’un senior de 65 ans. Hormis la distinction du 3ème âge réservée au groupe des sexagénaires et septuagénaires et du 4ème âge pour les personnes de 80 ans et plus, il n’y a pas chez nous d’appellation spécifique pour les octogénaires et nonagénaires. En France, dans les articles ou colloques, on retrouve de plus en plus souvent l’expression de « grand senior » lorsqu’on désigne les personnes de plus de 80 ans.

Aujourd’hui, je retiendrai l’appellation de Senior+ pour le groupe des octogénaires ou nonagénaires car il pourra me permettre de mieux évoquer leurs spécificités de vie. Le petit signe + est tout à leur honneur et bien justifié: ces seniors ont plus d’années que les autres, plus de santé et plus d’expérience !

Votre avis m’intéresse !

Mots courants

Tranches d’âge
Décennies
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Enfant
Adolescent
Jeune
Adulescent
1er âge
Jeune adulte
Adulte
Quinqua
2ème âge
Vingtenaire,
Trentenaire
Quadragénaire, Quinquagénaire
Senior
Personne âgée
Aîné (au Canada)
 
3ème âge
Sexagénaire
Septuagénaire
Senior
Senior
Personne âgée
Aîné (au Canada)
Grand senior  (en France)
4ème âge
Octogénaire
Nonagénaire
Senior+
Centenaire
Super Centenaire (titre officiel, à partir de 110 ans)
5ème âge
Centenaire

 

Travailler à 65 ans? Pourquoi?

En 2011, les chiffres du SPF Economie montraient que dans notre pays, 38.816 personnes de plus de 65 ans effectuaient un travail rémunéré. Le nombre d’employés en âge de pension mais au travail est de 12.000. Parmi les indépendants de plus de 65 ans, 80.000 travailleraient encore.

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Selon une enquête réalisée par Delta Lloyd Life , 33 % des Belges rejettent l’idée de travailler jusqu’à 65 ans et  31 % des répondants à cette quête de 2012 se déclarent tout à fait disposés à travailler jusqu’à 65 ans. Un grand nombre de  travailleurs attendent donc impatiemment le moment de la pension pour quitter un emploi fastidieux, ménager une santé défaillante, ou se consacrer pleinement soit à leur famille, soit à leur violon d’Ingres.

Mais dans le même temps, une quotité de travailleurs seniors, plus nombreuse au fil des années, préfère maintenant prolonger, au-delà de 65 ans, ses activités professionnelles, avec ou sans aménagement du temps de travail. Quelles motivations fondent leur choix?

– Des arguments financiers peuvent être présents. Cela peut-être une nécessité pécuniaire  pour certains indépendants qui voient, au moment de  la pension, chuter brutalement leurs revenus. Un indépendant sur 10 serait dans ce cas. D’autres  travailleurs veulent conserver un train de vie généreux et avoir les moyens de voyager par exemple.

– Des motivations objectives et inhérentes au type de travail comme l’amour d’un job apportant beaucoup de satisfactions, le souhait de finaliser un projet, l’exercice d’une fonction valorisante ou qui apporte une reconnaissance sociale expliquent aussi le choix de maintenir son activité.

– D’autres raisons sociétales amènent au choix de poursuivre une carrière tardive : il y a une évolution des mentalités et une transformation des organisations de vie qui privilégient l’épanouissement personnel.

  • Fondamentalement, notre grande espérance de vie implique aujourd’hui un allongement du temps moyen de retraite, ce qui modifie les perspectives d’avenir et de planification pour les personnes. Il n’y a plus la même urgence vitale à profiter immédiatement de sa retraite si on peut encore espérer au moins 20 années de survie.    

  • Les parcours de vie ne sont plus rectilignes ou homogènes et peuvent générer des attitudes opposées. Des personnes ont pris leur envol tardivement après une période de chômage; d’autres ont connu des carrières en dents de scie: ces travailleurs apprécieront alors de prolonger la période mature de leur carrière. Telle femme après un divorce, ou après un arrêt prolongé  de carrière pour s’occuper de son foyer, de ses enfants ou parents âgés souhaitera retrouver plus tardivement un  cadre professionnel tandis qu’une autre qui a pu concilier carrière et éducation des enfants grâce à divers modes de garde, appréciera de garder ses petits-enfants au moment de la  pension.

  • D’autre part, un tiers des personnes de plus de 55 ans vivraient seules. Apprivoiser la solitude n’est pas si facile d’autant que celle-ci se conjugue avec la grande espérance de vie. Il sera donc agréable de rester en contact avec d’autres personnes par le biais du monde du travail d’autant que l’offre des loisirs ou occupations durant la semaine s’avère encore réduite ou coûteuse et que les occupations bénévoles, exercées à long terme, ne sont pas toujours gratifiantes.

Du côté des entreprises, les services de ces travailleurs expérimentés de plus de 65 ans peuvent solutionner des difficultés transitoires de l’entreprise, permettre des parrainages de jeunes travailleurs et la passation de savoirs dans une ambiance où la rivalité est absente.

Les deux atouts qui permettraient de retenir avec succès des travailleurs âgés en activité ont été mis en évidence par certaines enquêtes : il s’agit de la possibilité d’aménager le temps de travail et la sauvegarde d’une certaine autonomie d’action dans le travail à effectuer.

Et si vous aviez envie de travailler après 65 ans ?

65 ans ! 

La pension n’est pas obligatoire. Le droit au travail et au libre choix d’une activité professionnelle est garanti par l’article 23 de la Constitution belge et ne s’arrête pas à 65 ans.

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A chacun, son heure…

Même si l’Office national des Pensions envoie un courrier à domicile au domicile du salarié, celui-ci n’est pas obligé de prendre sa pension à 65 ans. Les personnes n’enfreignent aucune loi si elles ne demandent pas leur pension.

En Belgique, l’âge légal de la pension est de 65 ans pour tous, hommes ou femmes (*).

Attention : la personne qui bénéficie d’une prestation sociale (maladie, chômage, prépension…) est obligée de prendre sa pension à l’âge légal car la pension légale a priorité par rapport aux prestations sociales (voir ONP).

Peut-on continuer à travailler après 65 ans ?

Oui.

La faculté éventuelle de continuer son emploi dans les mêmes conditions s’organise différemment suivant que l’on soit fonctionnaire, salarié ou indépendant.

Fonctionnaires: les agents statutaires de la fonction publique administrative fédérale peuvent solliciter, auprès de leur fonctionnaire dirigeant, leur maintien au travail après l’âge de 65 ans, au plus tard six mois avant la date de son 65ème anniversaire et au moyen d’un formulaire officiel. La décision de l’employeur devra être motivée. L’autorisation est limitée à un an mais est renouvelable.

Salariés: les salariés peuvent rester au travail aussi longtemps qu’ils le souhaitent, si leur employeur est d’accord.Cependant, ils n’ont plus droit à la couverture sociale habituelle des travailleurs (allocations chômage, …).Evidemment,le moment choisi, le salarié introduira lui-même sa demande de pension.

Indépendants: sans limitation et sans autorisation, les indépendants peuvent continuer à travailler.

Options éventuelles à examiner:

  • accepter la pension et de la combiner avec un revenu d’appoint (voir ci-dessous) ;
  • s’établir à son propre compte après 65 ans.

En étant pensionné, peut-on encore travailler après 65 ans?

Oui.

Jusqu’à présent, les revenus que l’on pouvait obtenir de ces activités exercées après 65 ans étaient limités à un plafond, et si ce plafond était dépassé, le droit à la pension était rogné et même parfois supprimé.

Les modifications pour les pensions prévues par la réforme des pensions prennent cours à partir du 1er janvier 2013 et apportent une grande innovation au régime des pensionnés-travailleurs de plus de 65 ans à condition d’avoir atteint une carrière de 42 ans au moins: il n’y a plus de plafond qui limitent les revenus. Dans ce cas, il est donc possible de combiner la totalité de la pension avec un revenu d’appoint illimité. Cette mesure vaut pour les pensionnés tous régimes confondus (salarié, indépendant, fonction publique). Voir mise à jour de cette mesure ci-dessous.

Si la carrière est moins longue que 42 ans, (ou si on a moins de 65 ans), l’actuel plafond indexé de revenus est maintenu et la sanction en cas de dépassement est assouplie: le pourcentage en dessous duquel la perte de pension est proportionnelle au dépassement des limites de revenus est porté de 15 à 25%.

En règle générale, un pensionné doit déclarer son activité professionnelle, sauf s’il a plus de 65 ans et que sa pension est déjà payée (ONP).

Mise à jour (17.12.2014)

Les pensionnés, salariés et indépendants, peuvent mener dès le 1er janvier 2015, une activité professionnelle, quelle qu’elle soit,
– dès le 1er janvier de l’année de leurs 65 ans
ou
-lorsqu’ils atteignent 45 ans de carrière.

Une de ces 2 conditions est suffisante.
Ces travailleurs pensionnés ne perdent pas la pension pour laquelle ils ont cotisé.
La suppression de la limitation d’activité autorisée pour les pensionnés a été autorisée en conseil des Ministres.

(*) La pension de retraite prend cours le premier jour du mois qui suit le 65ème anniversaire.