«Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire» Jonas Jonasson

Réjouissant ! Coloré ! Drôle !

Alors que les romans ou de récits traitant du vieillissement nous emmènent souvent sur des pistes moroses, ce livre est un cocktail de bonne humeur et d’aventures et un régal explosif d’humour noir.

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En plus, Allan trouvait qu’avec toutes ses rides sur la tête Sonja ressemblait à un vieillard plein de sagesse…

Une maison de retraite suédoise s’apprête à célébrer dignement le centième anniversaire d’un résident mais celui-ci, Allan Karlsson, ne veut pas fêter son anniversaire. Il déteste ce genre de festivités et s’enfuit simplement par la fenêtre, chaussé de ses pantoufles.

Jonasson2.jpgA partir de cette fugue, le roman déroule deux flux d’aventures : le présent du centenaire en 2005 dans son incroyable périple en Suède et son passé  à partir de l’enfance d’Allan en tant que coursier dans une fabrique d’explosifs. Ensuite, à force de petites expériences, Allan est devenu un artificier de génie. Allan Karlsson a voyagé  en Espagne, aux USA, en France, en Russie, France et en Indonésie. Il y a rencontré Franco, Truman, de Gaulle, Johnson, Churchill, Staline, Mao, Kim Jung et même Sonja, une éléphante. Grâce à un réseau de coïncidences totalement improbables, nous revisitons l’histoire du 20e siècle.

Karlsson est dépeint comme un suédois apolitique et inculte, naïf mais futé et attachant. Il n’est pas du genre à réfléchir avant d’agir mais accomplit des choses détonantes.

L’auteur

L’auteur de ce best-seller paru en 2011 (800.000 exemplaires) est Jonas Jonasson, écrivain  et journaliste suédois né en 1961. Installé en Suisse au bord du lac de Lugano, c’est là qu’il a écrit ce roman dont le titre original est The Hundred-Year-Old Man Who Climbed Out the Window and Disappeared, présenté chez nous sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Réflexion…

Vu le ton décalé, ce roman jubilatoire n’est pas à prendre au sérieux. Il met cependant en lumière un aspect nouveau et intéressant qui nous retrouverons dans d’autres romans ou récits: la personne âgée qui ne plus supporter la vie en institution, en résidence décide de reprendre son destin en main.  

Ici, Allan Karlsson fugue car l’autoritarisme de Sœur Alice lui est insupportable. Dans son récit «Gagatorium», Christie Ravenne a fait preuve de la même détermination pour fuir « sa » résidence-services.

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On demande à Allan de parler de ses études.

– Pas de quoi fanfaronner dans ce domaine, dit Allan. Trois ans seulement.

– Trois ans? s’exclama le docteur Eklund. En trois années d’université, on ne devient ni mathématicien, ni physicien, ni chimiste, monsieur Karlsson !

– Non, je veux dire trois ans en tout. J’ai arrêté l’école à neuf ans.»

«Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire» Jonas Jonasson. (Editions Presses de la Cité 454 pages , ou Kindle).

L’acte sous seing privé, contresigné par les avocats

 Nous connaissons deux grandes formes d’actes juridiques :

  • les actes sous seing privé: souvent rédigés par les parties concernées et signés par elles, ces actes reconnus par elles, ont entre ceux qui les ont signés, leurs héritiers et ayants cause, la même foi qu’un l’acte authentique et engagent donc totalement les personnes signataires. Mais il existe toujours une possibilité de désaveu de la signature (articles 1323, 1324  Code Civil) ou de contestation sur l’intégrité du contenu (ajout, retrait, modification, datation …) ou sur l’interprétation à donner à l’accord, rendant possibles des actions en justice.


  • les actes notariés : les actes authentiques (1) rédigés par les notaires sont signés par les parties et le notaire et conservés par le notaire. L’acte notarié fait foi de son contenu: l’identité de parties, le contenu, la date sont certifiés exacts ; on ne peut en contester la validité. L’acte s’impose à tous y compris aux tiers. L’acte notarié a aussi force exécutoire par lui-même sans que la justice ne doive être saisie et un huissier de justice peut directement faire exécuter les obligations d’un acte notarié.

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Maintenant les actes sous seing privé peuvent être contresignés par les avocats des parties.

Une loi du 29 avril 2013 entrée en vigueur le 13 juin 2013 améliore la sécurité juridique des actes sous seing privé en permettant aux parties qui concluent un acte sous seing privé de le faire contresigner par leurs avocats. Chaque partie ayant un intérêt distinct doit être assistée par un avocat différent et dispose de son exemplaire.

 

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Le contreseing des avocats des parties sur cet acte offre deux garanties car il atteste

1. de l’identité des parties signataires au bas d’un acte déterminé et de l’intégrité formelle du contenu de l’acte.

2. de l’éclairage complet donné aux parties qu’ils conseillent sur les conséquences juridiques de l’acte. Il en est fait mention dans l’acte.

Le désaveu par l’une des parties signataires, tel que visé par l’article 1323 du Code civil, ne sera plus possible. La contestation due à un vice de consentement  ou concernant  l’intégrité des mentions du document est rendue plus difficile. Reste toujours la porte ouverte mais plus étroite d’actions relatives aux confusions d’interprétation des obligations des uns et des autres.

Quoi qu’il en soit :

  • L’acte contresigné par un avocat reste un acte sous seing privé;
  • Sa force probante vaut entre les parties contractantes, leurs héritiers ou ayants-cause et ne s’étend pas à l’égard des tiers;
  • Sa force exécutoire reste conditionnée à une procédure d’homologation;
  • Sa conservation par les avocats signataires n’est pas imposée ni précisée;
  • L’acte contresigné par un avocat ne semble s’appliquer qu’aux seuls actes bilatéraux. (2)


1. Un acte authentique est un écrit officiel, rédigé par un officier public : notaire mais aussi officier de l’état civil, magistrat, huissier de justice.

2. Lors des travaux parlementaires, la ministre a indiqué que le projet de loi vise uniquement les conventions bilatérales et nullement les actes unilatéraux.

Home Sweet Home avec kit domotique.

Et si nous « domotisions » notre maison pour que nos volets se relèvent automatiquement au soleil levant?

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La miniaturisation des systèmes automatiques, la modularité et la flexibilité des installations domotiques, des prix accessibles et un fonctionnement simplifié rendent aujourd’hui une maison automatisée attractive. Pour quoi faire? Pour réaliser des tâches quotidiennes, répétitives ou pour améliorer la sécurité, les communications, ou encore la gestion et l’économie d’énergie. Bref pour un confort accru.

En outre, la domotique s’adapte parfaitement aux maisons plus anciennes. Faire des saignées dans les murs, aspect rébarbatif pour beaucoup, n’est plus indispensable grâce aux systèmes sans fil. Si l’aide d’un électricien est nécessaire, l’installation aisée de ces systèmes permet une action rapide, sans dommage ni poussière dans le logis.

Mais avant de penser à rendre son domicile plus « intelligent », il est important de cibler ses besoins et ne pas s’encombrer d’options inutiles. Les besoins seront différents d’une personne à l’autre suivant qu’elle reste toujours au domicile ou qu’elle s’absente souvent, d’un logement à l’autre suivant sa grandeur et sa localisation.

  •  Voulez-vous gérer votre chauffage plus facilement ou faire des économies d’énergie?
  •  Voulez-vous utiliser harmonieusement votre éclairage?
  •  Prévoyez-vous de coupler la sonnerie de la porte d’entrée avec un vidéophone?
  •  Est-ce utile pour vous de contrôler votre maison à distance?
  •  Programmer le boiler, ou la machine à laver aux heures creuses vous intéresse-t-il?
  •  Voulez-vous un système d’alarme ou une surveillance de votre maison?

Les seniors ont été séduits par les systèmes d’alarme. Dans le cadre d’un maintien plus tardif à domicile, la gestion automatique d’autres aspects du logement peut les intéresser. Vivant chez lui, celui qui veut sauvegarder son indépendance ou accentuer son autonomie, ne devra plus se tourner vers un voisin disponible pour des demandes répétitives, baisser les volets de la maison par exemple.

Mon expérience montre que c’est l’accessibilité de sa maison aux tiers ou aux aides des services à domicile, qui est rapidement le souci de la personne seule malade, accidentée, handicapée, et du senior+. Cette question peut être assez simplement résolue par la domotique.

Trois points cruciaux sont à relever:

Domo4.png–L’ouverture de la porte d’entrée: difficile pour une personne en fauteuil ou alitée, elle peut être télécommandée pour permettre l’accès au personnel de soins. La sécurité et l’intimité de l’habitant sont ainsi sauvegardées: plus besoin de laisser la porte ouverte ou de transmettre la clef à tous les intervenants!

–L’ouverture des volets des portes et fenêtres (et leur fermeture): la centralisation des commandes d’ouverture et de fermeture des volets peut être entièrement automatisée suivant la clarté extérieure.

–La perception de la sonnerie ou la vue du visiteur: certaines personnes malentendantes ou alitées dans une pièce plus éloignée n’entendent plus la sonnerie de la porte d’entrée. Au lieu d’amplifier le son de manière démesurée, la domotique permet que la sonnerie se traduise aussi par l’éclairage ou le clignotement de lumières dans la maison. Option particulièrement utile dans un petit appartement où l’amplitude sonore est limitée par respect de la quiétude des voisins. Pratique aussi est le visiophone d’entrée permettant l’identification aisée de la personne qui se présente.

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L’extinction des lumières ou d’appareils électriques définis, la vérification de la fermeture des portes peuvent faire l’objet d’un programme intégré qui s’enclenchera à l’heure du coucher du propriétaire. L’accès au garage pour les livraisons via la commande de la porte du garage ou du portail, permettra aux livreurs de déposer une commande dans ce local. Dans certaines maisons, la gestion des stores en cas de mauvais temps ou le déploiement des protections solaires peuvent être automatisés.

Côte portefeuille, des kits sur mesure ou systèmes simples contrôlant un ou plusieurs aspects, soit l’énergie ou la sécurité, deviennent accessibles financièrement, aux environs de 150EUR. Certains produits (mais pas tous) se couplent à des abonnements mensuels. Parmi une multiplicité, citons quelques produits présents sur le marché belge.

Belgacom centre son action domotique avec deux packs Belgacom « Home View » et Belgacom « Home Control » à installer soi-même. Si l’accent est mis sur la sécurité, d’autres fonctions sont possibles. Notez que l’utilisation des packs requiert un abonnement « Belgacom Internet Partout » (VDSL2) à l’adresse d’installation.

–  Belgacom Home Control permet de garder un œil sur la maison partout et à tout moment via smartphone (Android et iOS), tablette ou PC. L’utilisateur reçoit un message, peut observer la situation en temps réel, activer ou désactiver son système d’alarme à distance, contrôler si les fenêtres et portes sont bien fermées par exemple.

– Belgacom Home View permet la notification d’une situation anormale et la consultation des images en temps réel (caméra diurne).


Electrabel, fournisseur d’énergie, propose une Smart Energy Box. Ce système avec 4 prises « smart » est simple à installer et marche directement sur des prises 230V existantes qui conviennent à tous les appareils électriques de maximum 16A (TV, percolateur, décodeur…). (Voir aussi Smart Thermostat ou Smart Thermostat Touch.)


Sans travaux de grande ampleur, ONE Smart Control domotise en plaçant de petits modules derrière les interrupteurs remplacés par des boutons-poussoirs pratiques. Ici, le réseau électrique est utilisé pour établir la communication entre les appareils électriques et le panneau de contrôle central, qu’il s’agisse d’un smartphone ou d’une tablette. L’installation du système peut se faire progressivement et permet la gestion à distance: allumer et éteindre la lumière de manière groupée, mettre le chauffage en route…


Brainbox a de même développé des systèmes domotiques à placer soi-même qui permettent de commander l’éclairage, les électroménagers, le chauffage, le système d’alarme, par une simple touche sur un interrupteur ou un écran tactile. Voir Brainbox domotic confort ou Brainbox home control.


Le projet de domotiser en partie votre logement, de manière adaptée à votre personnalité, vous simplifiera la vie et vous donnera un supplément immédiat de confort. Surtout il vous familiarise déjà à l’utilisation des clés favorables pour votre autonomie future à domicile.

Tricoter droit ?

Arbres colorés, escaliers bariolés, parcmètres travestis, bancs ornés, autobus chamarrés, statues chaussées, rampes décorées…  Les couleurs chatoyantes du tricot viennent bousculer le quotidien, enjolivent notre cadre de  vie et nous interpellent.

C’est en 2005, aux Etats-Unis que le fil à tricoter a pris du pouvoir. Pour animer son magasin, une américaine Magda Sayeg recouvre d’un tricot la poignée de porte de sa mercerie à Houston. Sans s’en rendre compte, elle lance le mouvement du Street tricot.*

Ce nouvel art du « tricot urbain » ** emploie majoritairement l’outil du tricot mais le crochet, la dentelle et la couture sont aussi admis. Comme le graffiti, le tricot urbain livre un message et s’approprie l’espace public de manière originale mais temporaire, sans le dégrader, en respectant l’environnement. La plupart des opérations d’emballage-tricot se font avec l’aval ou la complicité des autorités sinon cette pratique serait illégale.

Les objectifs de ces habillages tricots sont d’attirer pacifiquement notre attention, colorer certains lieux publics, apporter un brin d’humour. Parfois dans certains collectifs comme le Knit the City à Londres, l’aspect revendicatif  de l’action est prédominant.

Magda Sayeg est devenue une valeur reconnue de la discipline et d’autres artistes plasticiennes élaborent des installations éphémères.

L’esprit du tricot urbain se base avant tout sur le travail d’un groupe de personnes qui veulent sensibiliser à une cause qu’ils partagent. De nombreuses femmes de tous pays ont trouvé  dans cette pratique collective un moyen abordable, efficace, pacifique de communiquer autrement en mettant l’accent sur leurs droits et revendications.

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 Fête de l’Iris. Bruxelles 5 mai 2013

En Belgique, diverses installations ont eu lieu à Louvain-la-Neuve, Courtrai, Bruxelles, Nivelles, Liège. Le collectif  liégeois,  » Elles bougent », réalise des actions tricots pour mettre l’accent sur le besoin d’une égalité hommes-femmes et de la lutte contre les dérives injustes du capitalisme.

Avec un plaisant aspect intergénérationnel, le tricot urbain relie aussi autour d’un thème, des tricoteuses de toute génération.

Tricoter du point mousse, filer, coudre, fuser la dentelle, crocheter, tisser ensemble… ou l’art nouveau de se faire entendre !

*    D’autres expressions anglophones sont utilisées:Yarn-Bombing, Yarnstorming, Knit graffiti, Urban knitting.

** Tricot urbain ou graffitricotage ou graffiti en tricot.

Le bénévolat dans les orties

Le désintéressement solidaire vole en éclat. Les associations peinent à recruter des bénévoles ou volontaires qui  donnent du temps et de l’énergie pour les autres.

Un récent reportage TV en Suisse romande illustrait l’évolution  des mentalités en matière de bénévolat.

Un responsable  y relevait que peu de personnes acceptent encore d’être bénévoles sans rétribution financière.

D’autre part, ce responsable-bénévole déçu, évoquait ce paradoxe: les individus demandent de plus en plus de services à la société et aux associations alors qu’en même temps  ils rechignent à s’investir bénévolement, à « donner d’eux » sans contrepartie financière.

Cette évolution conduit à la mort assurée des sociétés dans les villages ou villes comme les sociétés musicales (fanfares,…) ou sportives (clubs de foots, …).

Sans engagement convaincu de bénévoles, les structures des associations se vident petit à petit, puis s’éteignent tuant le lien social. Même les parents sont peu mobilisés dans les clubs ou groupements qui ont besoin de bénévoles pour les activités de leurs enfants.

Certes, on trouve toujours des bénévoles pour des activités ponctuelles concrètes de première nécessité comme la restauration d’urgence, les plans catastrophes, les grandes campagnes télévisuelles ou les causes altruistes durant les fêtes de fin d’année. Des secteurs restent attractifs pour les volontaires  notamment les associations culturelles ou artistiques.

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La crise du bénévolat n’est pas un vain mot.

La société a changé. L’individualisme va de pair avec la marchandisation galopante du monde. Le temps, c’est de l’argent: tout se vend, s’achète, et se paie.

Dans ce champ d’orties, le bénévole lui agit en total décalage: il s’investit quotidiennement au sein d’une association,  assume même des responsabilités et n’en retire aucun profit ou reconnaissance excepté éventuellement une satisfaction personnelle.

Mais au fil du temps de son engagement, il peut vite se désoler du manque de moyens pour exercer sa mission, peiner à côté de travailleurs qui dans certains mouvements lui font sentir leur supériorité ou l’exploite, pâtir des consommateurs qui lui reprochent son incompétence, son manque de responsabilité, son engagement. Eh oui ! César, entraîneur bénévole de football n’a plus supporté de voir ses décisions, sa compétence même systématiquement décrédibilisés par les parents de son équipe de minimes. Madeleine, visiteuse bénévole de malades dans un hôpital a vu son rôle se transformer et s’intégrer dans la chaîne du  travail de l’hôpital. Elle devait amener à un rythme soutenu les patients aux salles examens sans plus aucune possibilité de tisser un lien avec eux et parfois en subissant les reproches d’infirmières ou de médecins pour des retards dans les transferts. Elle a stoppé net cette activité.

La plainte récurrente des bénévoles démotivés concerne quasi toujours le manque de considération et de respect de leur personne et de leurs actions. 

En outre, de nombreux bénévoles assument leurs frais de déplacement si pas plus (cotisations, achats de partitions, confections d’articles, frais postaux…). Les organisations n’ont aucune obligation légale concernant le remboursement des frais exposés par les volontaires.

Certains bénévoles ou volontaires* finissent légitimement par se lasser et renoncent.

Sans bénévolat, certains services à la population disparaîtront tout simplement.

Pour survivre, le service bénévole s’orientera vraisemblablement vers une logique en phase avec la société de donnant-donnant, en indemnisant les frais de base des individus volontaires, en leur proposant des collaborations ou activités directement valorisantes pour leur personne en termes de développement personnel, d’estime de soi ou de loisir et ce, pour une durée d’engagement limitée et définie au préalable (une période renouvelable de 2 ans). Certains mouvements ont réalistement anticipé les choses. Dans un groupement qui accueille les familles endeuillées après les cérémonies, Danielle, veuve, a trouvé sa place. Ses déplacements sont remboursés et l’activité  indemnisée de manière minime lui permet de rencontrer beaucoup de monde. Henri chante dans une chorale qui rehausse certaines cérémonies: son uniforme, ses déplacements sont pris en charge et il a l’occasion quelques fois par an de faire des petits déplacements dans des coins inattendus.


*La loi sur le statut du volontaire (loi du 3 juillet 2005 entrée en vigueur le 6 février 2006) définit précisément le volontariat. En bref, il s’agit de toute activité exercée sans rétribution ni obligation au profit d’autres personnes ou de la collectivité, dans une organisation, en dehors du contexte normal du travail.

Les plus de 50 ans se sentent souvent lésés au travail.

Le thème du roman de Thierry Beinstingel « Ils désertent » est interpellant au moment où le temps de la pension anticipée est amené à 62 ans dans notre pays, au lieu de 52 voire 50 ans précédemment ! La carrière du travailleur doit se prolonger mais les entreprises se sont peu préoccupées jusqu’ici de la situation de ces travailleurs seniors.

Or, « une enquête menée conjointement par Securex et la KU Leuven révèle qu’au sein des entreprises, les plus de 50 ans se sentent souvent lésés au profit de collègues plus jeunes, et ce tant sur le plan du développement professionnel que sur celui des possibilités de promotion et du soutien dans leur carrière».

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Le travailleur plus âgé se rétrécit au fil du temps comme le dernier fruit du panier alors qu’il a souvent de nombreux atouts : l’expérience, la conscience professionnelle, l’autonomie, la flexibilité horaire. Comme « l’Ancêtre » dans le roman précité, un travailleur expérimenté a plus de mal à s’adapter au changement technologique mais il a développé sa propre stratégie opératoire  souvent efficace et payante.

Le travailleur senior est notamment le seul garant de la mémoire récente de l’entreprise puisque la documentation papier a été abandonnée quasi partout.  Combien d’entreprises perdent aujourd’hui un temps précieux en ne s’appuyant pas sur leurs spécialistes seniors et se lancent plusieurs fois dans le réexamen d’idées «bateau» amenées par les nouvelles recrues mais déjà étudiées quelques années auparavant ?

Au moment où la carrière de tous les travailleurs va notablement se prolonger, les services de ressources humaines ont été peu pressés d’évoluer et couvrent sans réagir les stéréotypes des chefs d’unité…plus jeunes.

Les entreprises qui ont misé depuis les dernières décennies sur les jeunes cadres « dynamiques » ont créé des pyramides d’âges déséquilibrées dans leur personnel. Ces entreprises n’avaient pas encore mesuré le revirement de situation. Elles doivent maintenant retricoter un pan de leurs activités qu’elles avaient carrément délaissé quand on encourageait les départs précoces à la retraite. S’organiser pour sauvegarder la motivation de leurs travailleurs plus âgés est capital pour leurs activités et le climat de travail de tout le personnel de l’entreprise. La génération Y qui observe le manque de considération envers les travailleurs seniors en tire froidement ses conclusions et se désengage plus facilement. A quoi bon s’investir si c’est pour être ainsi abandonné dans 10 ans dans le compotier?

Les entreprises qui veulent un climat propice au développement  de leurs activités veilleront à offrir à leurs travailleurs quinquagénaires et sexagénaires un vrai panel de mesures de développement, en sauvegardant notamment  des possibilités réelles de promotion, d’accès aux formations, de changement vers d’autres domaines ou de valorisation via des pôles d’expertise, et ce sans discrimination,  ni âgisme.

Afin de favoriser cette prise de conscience des entreprises de la valeur des travailleurs âgés,  le gouvernement est intervenu. La loi-programme du 29 mars 2012 (articles 107 et suivants) change le climat actuel en prévoyant explicitement la mise en œuvre de plusieurs mesures portant sur l’emploi des travailleurs âgés de plus de 50 ans. Chaque année, il y aura une obligation pour les entreprises de mettre en œuvre un plan concret et adapté à leur taille pour l’emploi des 50 ans et plus.

« Ils désertent » Thierry Beinstingel

Une petite entreprise qui distribue du papier peint, article un peu démodé, se diversifie et envisage de vendre des canapés.

La nouvelle direction veut réformer. Elle engage une jeune femme diplômée, ambitieuse, obéissante, pleine d’illusions, surnommée dans le roman « la petite sportive ». On lui assigne la mission de virer en douceur « l’Ancêtre ». L’Ancêtre est le plus vieux représentant de l’entreprise,  avec 40 ans de maison, refuse de partir: il a ses fidèles clients et son système fonctionne.

La jeune femme s’aperçoit que c’est encore lui qui réalise le plus gros chiffre d’affaires. Elle suit les tournées de cet homme, en début de soixantaine.
Ce sont deux êtres solitaires. Lui est lié à ses chambres d’hôtel, à sa voiture et à Rimbaud qu’il relit sans cesse. Elle, l’intellectuelle de sa famille, avec un appartement au milieu de nulle part  aspire  à  une rapide ascension sociale. La confrontation de ces deux individus témoigne de deux conceptions du monde: un management imbécile, inhumain dans l’entreprise et une autre vision humaine, plus culturelle de l’homme au travail.

Ce système économique dont aucun n’a la maîtrise les malmène l’un et l’autre au point de déserter.

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Enfin, quand je dis jaune…

L’auteur

Cadre dans les télécommunications et Conseiller en mobilité dans le Service de Ressources Humaines, Thierry Beinstingel est né en 1958 à Langres. Il a publié plusieurs romans concernant le monde du travail et la déshumanisation des relations humaines dans les entreprises.

Les plus de 50 ans au travail

Le roman de Thierry Beinstingel nous parle de la dureté du monde du travail aujourd’hui. La vie du travailleur n’est qu’un pion sur le grand échiquier marchand contemporain.  Le pouvoir du travailleur même performant et expérimenté devient infime. La qualité de sa vie personnelle est directement impactée par ce malaise persistant au niveau professionnel.


Une phrase

« A nouveau l’humanité s’éparpille dans les véhicules, se disperse dans l’espace comme une nichée d’aigles quittant l’aire ».

« Ils désertent » Thierry Beinstingel, Fayard ( 2012).

Protection du logement familial en cas de décès (2/2)

2.   Logement familial en location

Contrairement à une opinion répandue, le bail d’une habitation ne prend pas fin avec le décès du locataire.

Si le locataire décède, ses droits et obligations reviennent à sa succession et à ses héritiers qui pourront continuer à occuper l’immeuble et payer le loyer, aux mêmes conditions.

Si le domicile familial était loué par deux cohabitants légaux, le droit au bail appartenait conjointement aux deux cohabitants*. Le survivant peut donc poursuivre la location et obtient  l’usufruit de l’équipement ménager.  

En cas de décès éventuel d’un d’entre eux, des cohabitants de fait aimeraient maintenir une stabilité de location pour le survivant? Dans ce cas, ils doivent veiller lorsqu’ils signent le bail à en être cotitulaires et donc à mentionner précisément l’identité de chacun. 

Si le propriétaire décède, ses droits et obligations reviennent à sa succession et les héritiers du propriétaire aussi doivent continuer à respecter les obligations du bail contracté par le défunt.

Le contrat de location peut cependant avoir prévu une clause stipulant que le bail prend fin par le décès d’une des parties.

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3.   Logement familial en société

Si le logement familial est apporté dans une société commerciale ou patrimoniale, la société  devient propriétaire de l’habitation et en exerce les droits. Il n’y a pas de protection pour le partenaire survivant de l’associé qui a mis ce logement dans la société.

Des solutions imparfaites peuvent atténuer la dureté de la situation qui pourrait être une expulsion pour le survivant non protégé en cas de décès de son partenaire-associé.

Afin d’éviter ce désastre, des solutions préventives peuvent être prises. Ainsi, la détention par le partenaire survivant d’un certain nombre de parts avec son droit de veto (à prévoir et à inscrire dans les statuts de la société) pour ce qui concerne les décisions relatives au logement familial qui pourraient être prises par la société propriétaire suite au décès éventuel de l’associé ou la rédaction d’un bail avec la société propriétaire qui prendrait court au décès de l’associé sont des pistes de protection à anticiper.

 

*La question sera plus délicate à trancher dans le cas suivant. Une personne, locataire d’un immeuble depuis un certain temps accueille son partenaire chez elle et ils adoptent le statut de cohabitant légal. Ils n’avertissent pas le bailleur et ne demandent pas la modification des noms des locataires du bail (souvent par crainte d’une éventuelle indexation…). Si le bailleur n’a pas été mis au courant du nouveau statut légal survenu  en cours de location de son locataire initial, la jouissance de ce bail par le cohabitant légal nouveau venu et survivant pourrait être problématique.

Protection du logement familial en cas de décès (1/2)

Le logement familial abrite notre vie.

Les murs s’imprègnent de notre histoire familiale. Nous sommes souvent très attachés à ce logement. Après le chagrin de la perte du conjoint, devoir quitter son logement rapidement sans solution mûrie et pertinente serait un traumatisme supplémentaire pour la personne survivante.

La loi a donc instauré dans certains cas en faveur du partenaire survivant un statut particulier pour l’immeuble et les meubles qui garnissent le logement principal de la famille. Cela concerne uniquement l’immeuble qui servait de logement familial au défunt et son époux ou cohabitant au moment du décès et précisément la résidence principale commune.

 

1.   Logement familial en propriété

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a) Pour les conjoints mariés

Il y a une protection légale en faveur du conjoint survivant qui aura toujours droit à sa part réservataire: elle comprend au moins l’usufruit sur la part de l’habitation  familiale dont le partenaire décédé était propriétaire et au plus sur tout le logement si le bien était la propriété exclusive du partenaire décédé(1).

L’usufruit est le droit d’user, de vivre dans le bien et d’en percevoir les fruits, par exemple un loyer. C’est un droit temporaire qui prend fin automatiquement au décès de l’usufruitier. Le partenaire devenu usufruitier n’est pas obligé d’occuper personnellement la maison familiale: il peut la donner en location et percevoir la totalité du loyer pour habiter un appartement plus petit ou s’assurer ainsi un complément financier pour payer les frais de séjour d’un home par exemple. Le droit de propriété est donc partagé. Le survivant usufruitier ne peut décider seul de la vente car les autres héritiers ont hérité de la nue-propriété du logement familial. Les nu-propriétaires ne peuvent obliger le veuf ou la veuve à quitter le domicile en échange d’une somme d’argent. 

La gestion d’un logement fonctionne difficilement à long terme avec un droit de propriété partagé(2). L’usufruitier  doit assumer les frais d’entretien comme les petites réparations, la peinture… et payer les charges comme le précompte immobilier, les primes d’assurance par exemple. Le nu-propriétaire (3) qui ne perçoit pendant ce temps aucun revenu du bien, doit cependant assumer les réparations nécessaires et importantes (toiture, canalisation, installation d’un chauffage central, balcon…).

Les règles légales relatives à l’entretien du bien ne sont donc pas du tout celles applicables à une location où le propriétaire, lui, perçoit un loyer.

 Mesures préventives

     Si on souhaite assurer un complément de revenus au survivant des époux par la location future du logement familial ou si on veut éviter au conjoint une multitude de frais de réparation au moment du décès, un couple même vieillissant doit rester vigilant et effectuer régulièrement les réparations indispensables( toiture, isolation, chauffage, canalisation) pour conserver son logement familial en bon état.

  

    En raison de la longévité humaine, la charge de réparations importantes peut durer plus de vingt ans et s’avérer trop lourde pour les nu-propriétaires. Pour la paix des familles, préciser la répartition des devoirs de futurs usufruitiers et nu-propriétaires dans un testament est utile. Les héritiers peuvent aussi s’organiser devant le notaire au moment de la succession, ce qui évitera beaucoup de discussions par la suite  lorsqu’un problème majeur survient (toit à remplacer).

 

b) Pour les conjoints remariés

En raison des conflits pouvant surgir entre le conjoint et les enfants d’un précédent mariage, la protection de l’usufruit sur l’immeuble familial et les  meubles est totale pour le conjoint survivant: les nu-propriétaires ne peuvent jamais exiger la conversion (4) de l’usufruit sans son consentement. Le conjoint défunt n’a pu non plus le priver de cet usufruit par testament.

c) Pour  les conjoints divorcés ou séparés de corps (5)

La question du logement familial ne se pose plus. Les partenaires ne sont plus héritiers l’un de l’autre sauf s’ils ont oublié de révoquer des dispositions testamentaires au cours du divorce ou même décident au contraire de maintenir après le divorce des testaments antérieurs.

d) Pour les couples séparés de fait

La situation peut varier considérablement:

  • Le mariage existe toujours, et en cas de décès, le conjoint séparé bénéficie toujours de ses droits successoraux et de sa part réservataire sur le logement familial.
  • Les droits du conjoint séparé peuvent être limités  par un testament. La part réservataire sur  le logement familial peut même y être supprimée dans certaines conditions : si les époux ont introduit une procédure de divorce pour désunion irrémédiable  ou qu’ils sont séparés de fait depuis au moins six mois avant le décès, sans reprise de la vie commune et que l’époux qui désire priver son conjoint ait demandé judiciairement une résidence séparée. En dehors de la réunion de ces conditions, le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation.
  • Dans le cadre des conventions préalables au divorce par consentement mutuel, les époux se privent ou non de tout droit successoral, en usufruit, ou en propriété.


e) Pour les cohabitants légaux (6)

Le cohabitant survivant hérite automatiquement de l’usufruit sur le logement familial et les meubles qui en font partie. Au moment du décès, le survivant  n’a cependant pas une part réservataire d’usufruit et il pourrait avoir été déshérité de cet usufruit par un testament.

 

Si plus de sécurité mutuelle est souhaitée pour le logement familial, les partenaires  peuvent rédiger un contrat de cohabitation ou un testament. La certitude pour le survivant de bénéficier du logement familial n’est pas totale puisque ces deux actes restent révocables. Il existe aussi la possibilité pour les partenaires de réaliser une donation mutuelle: donation qui est en principe irrévocable, s’il n’y a pas eu de conditions particulières prévues dans l’acte.

 

f) Pour les cohabitants de fait

Le cohabitant survivant n’hérite de rien !

Les partenaires qui le souhaitent doivent anticiper et s’organiser pour assurer au survivant la protection du logement familial  par donation ou testament.

Les autres catégories de partenaires bénéficient d’un usufruit sur le logement familial. Les cohabitants de fait n’ont aucun droit.

Ils ont donc intérêt à songer à la technique de la clause d’accroissement  pour protéger le logement familial pour le partenaire survivant.

En cas de décès, cette solution permet d’accroître la part du cohabitant restant dans le  logement familial acheté conjointement: il peut ainsi devenir aussi propriétaire ou usufruitier de la moitié de la maison qui appartenait au défunt.

Cet accroissement peut en effet se réaliser en pleine propriété mais aussi utilement avec un  usufruit (à vie ou limité dans le temps) si on ne veut pas totalement priver de leur héritage des enfants issus d’un précédent lien.

La clause d’accroissement peut être convenue pendant ou après l’achat entre les copropriétaires et n’a pas d’effet rétroactif. Pour y mettre un terme, il faut cependant un accord commun. Si on a des craintes sur la durée du couple, la convention qui prévoit cette clause peut prévoir une durée limitée à quelques années avec tacite reconduction à l’échéance ou lier simplement la clause d’accroissement au temps de la cohabitation: la clause d’accroissement est automatiquement résiliée s’il est mis fin à la cohabitation.

Vu les impacts fiscaux variables et les conséquences importantes de cette technique en fonction de la situation de chacun, une longue réflexion préalable avec le notaire est utile.

 

« Chacun est roi en sa maison » 

Proverbe français


 

1. Les autres biens seront répartis selon les règles habituelles  de succession (généralement  l’usufruit de toute la succession s’il y a des enfants) mais la protection particulière du logement familial ne s’étend pas à la seconde résidence par exemple.

2. Notamment en cas de second mariage: quand l’immeuble conjugal est transmis au beau-parent et sa nue-propriété à l’enfant issu d’un premier mariage

3. Le nu-propriétaire: il s’agit souvent de plusieurs personnes qui doivent parvenir à se concilier (plusieurs enfants par exemple).

4. La conversion permet  de restaurer la pleine propriété sur le bien soit contre un capital ou une rente. L’usufruitier peut le souhaiter si la maison est  trop grande, les frais d’entretien  trop importants. Les nu-propriétaires ont un droit limité de demander cette conversion pour un logement familial qui protège le conjoint survivant. Dans le cas d’un second mariage et d’une famille recomposée, des règles particulières balisent les calculs de conversion.

5. La séparation de corps et de biens est une procédure judiciaire qui, sans dissoudre le mariage, réduit sa portée. Le devoir de cohabitation est supprimé et les biens sont séparés. 

6. C’est-à- dire les personnes qui ont fait une déclaration de cohabitation légale auprès du fonctionnaire de l’état civil. Ce statut est accessible à toute personne, indépendamment du sexe, de l’orientation sexuelle ou du lien de parenté.

« La Déesse des petites victoires » Yannick Grannec

Anna Roth, jeune documentaliste, se rend en octobre 1980 dans une maison de retraite pour y rencontrer Adèle, la veuve de Kurt Gödel, un grand mathématicien. (*) Sa mission consiste à récupérer les archives scientifiques du grand homme que  Adèle, sa veuve, acariâtre, refuse de céder, elle, qui a été raillée toute sa vie par la bonne société qui adulait son mari.

Petit à petit,  la méfiance va tomber entre les deux femmes. La complicité naissante va libérer la parole de la veuve qui a beaucoup souffert auprès de ce savant mari. De 1928 à 1978, Adèle a vécu dans l’ombre du savant considérée comme incapable, stupide, jamais à la hauteur des grands esprits. Malgré toutes les avanies, elle restera à ses côtés pour le soutenir lors de ses multiples ennuis de santé, difficultés sociales ou délires. A 50 ans, Adèle était devenue la prisonnière d’un fou et s’est oubliée pour sauver son mari.

La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir. Libérée par l’écoute d’Anna, sa personnalité profonde renaît. Les échanges entre les deux femmes dévoilent l’injustice du destin d’Adèle et en miroir, éclairent Anna sur sa propre vie.

L’auteur

Graphiste  de métier, Yannick Grannec est passionnée de mathématiques. Elle publie en 2012 son premier roman La déesse des petites victoires qui obtient le Prix des Libraires 2013. Elle se consacre maintenant à l’écriture à Saint-Paul de Vence.                

 

Sur le sens de la vie….

  • Yannick Grannec a réussi le tour de force de ressusciter non seulement l’environnement quotidien et professionnel qui entourait le savant hermétique Kurt Gödel mais toute cette époque  qui va de 1930 à Vienne à l’après-guerre à Princeton.
  • Ce roman est une interrogation sur le sens de l’amour et de la vie. Le dévouement extrême d’Adèle l’a conduite à refouler ses propres envies et à n’être qu’un maillon utile et indispensable à son mari. La fin de vie de l’un et l’autre des époux ne pouvait que «  logiquement » être pénible.

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Ce livre dévoile le soutien quotidien apporté par une épouse au génie. On songe aux personnes auxiliaires et capitales dans l’ombre des personnages « hors norme », des légendes, des figures médiatiques contemporaines et qui contribuent à leur réussite sans en avoir aucune reconnaissance. Dans notre société qui valorise tant la réussite, combien de personnes ignorées (conjoint, parents, amis, assistants …) comme Adèle ? 

  • La confrontation entre les deux générations, une personne âgée qui vit dans le passé et une personne jeune ancrée dans le présent, est intéressante. Ce sont aussi des entretiens entre deux personnes qui n’ont aucune obligation familiale entre elles. Ces distances permettent à chacune d’exprimer leur vérité sans rôle à jouer et donc de nouer un dialogue sincère et enrichissant pour les lecteurs.

Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel ».

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Albert Einstein et Kurt Gödel.

Photographié par Oskar Morgenstern, Archives Institute for Advanced Study

 

Une phrase…

« Depuis le décès d’Albert, Kurt vivait dans un état proche de la stupeur. Son ami ne pouvait pas mourir. Sa disparition était incompatible avec la logique.» Page 384, La Déesse des petites victoires. (Yannick Grannec ; éditions Anne Carrière 2012).

 

*Kurt Gödel (1906-1978) est un mathématicien qui a révolutionné les fondements logiques des mathématiques. Il élabora en 1931 deux théorèmes célèbres de logique mathématique appelés les théorèmes d’incomplétude de Gödel. Jusque-là, les mathématiciens pensaient qu’il était possible démontrer toutes les vérités mathématiques par déduction. En 1931 Gödel démontra deux choses:

1. Dans certains cas, on peut démontrer une chose et son contraire (inconsistance).

2. Certaines vérités mathématiques sont impossibles à  démontrer (incomplétude)