« Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne » Proverbe belge

Les 11 millions d’habitants de la Belgique se répartissent pour 58% en Flandre, 32% en Wallonie et 10% en région de Bruxelles-Capitale.

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Tapis de fleurs 2012 (Grand-Place de Bruxelles)

L’espérance de vie  est de 77,4 ans pour les hommes et de 82,7 ans pour les femmes.

L’âge médian de la population est de 42,6 ans et l’indice de fécondité est 1,64 enfant par femme.

Pyramide Belgique m.jpgAvec la pyramide des âges, nous voyons que la population des moins de 15 ans équivaut à peu près à 16 % de la population.

Le groupe d’âge des 15-64  ans, personnes en âge de travailler, équivaut à 66% de la population totale. Mais seulement 34,5% des personnes de 55 à 64 ans sont encore au travail  (la moyenne européenne est de 45,6%)

Les seniors de 65 ans et plus représentent 18% de la population. Le groupe des personnes dépassant les 80 ans est en forte augmentation. Parmi les nonagénaires, les femmes sont trois plus nombreuses que les hommes (Statbel).

Selon les régions, la répartition des classes d’âge évolue différemment. Par rapport aux régions flamande ou wallonne, la région de Bruxelles abrite une plus grande proportion de jeunes et les seniors y sont plus faiblement représentés (13, 6 %).  Les communes du littoral comptent 25 à 30% de seniors de même que certaines communes ardennaises.

Notre pays accueille proportionnellement plus de migrants que tous les pays limitrophes ou les pays traditionnels de migration comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis. La Belgique compte un peu plus d’un million de personnes de nationalité étrangère soit entre 9 et 10 % de la population totale.

Notre croissance démographique est plus favorable que la moyenne européenne. En 2010, la population belge a augmenté de 1,02 % alors que le taux européen de croissance démographique moyen est 0,27 %.

Les perspectives pour 2030 montrent que la population sera constituée par un quart de seniors.

Parmi eux, il y aurait 14.000 centenaires et 150.000 nonagénaires…

Peut-être vous ?

« Carpe diem »

… ou la devise des seniors heureux

Nous vivons de plus en plus vieux. D’accord. Mais serons-nous heureux?

Oui!

Observons nos grands aînés contents. Nous décèlerons, chez eux, des modèles récurrents de comportements favorables à l’éclosion d’un climat agréable :

–  En voyant le temps filer,les seniors, conscients de l’urgence d’aller à l’essentiel, mettent enfin à l’avant-plan leur souhait personnel de « vivre bien » et apprécie chaque jour qui passe. Carpe diem. Ils  redécouvrent le plaisir des choses simples, apaisantes comme la communion avec la nature par exemple.

«  Cueille dès maintenant les fleurs de la vie » *Carpe Fleurs.jpg

– Bien que cela soit surprenant, beaucoup de personnes âgées, qui anticipent une réponse forcément négative ou déprimante, ne demanderont pas de nouvelles de leurs enfants ou petits-enfants. Elles n’assombrissent pas le ciel de leurs journées: souvent isolées, elles n’auraient personne avec qui partager leur tristesse après le flux de nouvelles ternes.

– Elles ne se sentent plus nécessairement liées par les contraintes, les usages sociaux, les personnes parasites et se dispensent des corvées quand cela leur convient. Suivant leur humeur et non un état de santé pourtant invoqué comme excuse, elles peuvent assister ou non à une fête, un anniversaire…

– N’ayant plus rien à prouver, les aînés dépendent moins du regard des autres. Ils peuvent repenser avec satisfaction aux  projets réussis du passé que ce soit au plan personnel, familial ou professionnel alors que les plus jeunes sont dans la phase complexe de réalisation.

– Les seniors sont libérés de certains charges du passé comme un travail lassant et peuvent s’engager intensivement dans une autre activité ou un hobby épanouissants.

Avec un sourire narquois, ils nous regardent parfois nous noyer dans un verre d’eau. Nos grands-parents guidés par leur indulgence, leur expertise sur le cours des choses s’évitent  bien des attentes inefficaces, des démarches vaines ou des tracas inutiles.

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– Les  deuils ou étapes douloureuses sont parfois suivis pour certains  aînés d’un réel soulagement. Le départ d’un conjoint acariâtre, mal supporté, apparaît à certains comme une délivrance et ouvre la possibilité de vivre à son rythme ou selon ses envies par exemple

– Même si cela est heurtant pour la famille, la perte de mémoire d’événements dramatiques ou traumatisants allège parfois le quotidien de certains patients confrontés à la maladie d’Alzheimer: certains peuvent être plus heureux qu’auparavant, malgré la pathologie.

 

Cela nous prouve paradoxalement que malgré le déclin de certaines facultés, nous conservons d’étonnantes facultés d’adaptation. 

Et nous le savons tous, celui qui voit les choses positivement, se porte mieux et est plus heureux.

 

(*) Dialogue du film américain  Walt Whitman, « Le cercle des poètes disparus »

 

Les liseuses numériques: confortables pour les seniors?

On m’a demandé si l’achat d’une liseuse numérique pour offrir à un aîné était une bonne idée.

La réponse sera fonction de la personnalité, des capacités d’adaptation du futur lecteur éventuel de livres numériques qui joueront un grand rôle dans l’acclimatation ou non à cette nouvelle façon de lire.

Plusieurs avantages sont indéniables :

– L’accès à des livres en un seul clic, sans devoir se déplacer à l’extérieur est un premier atout en faveur d’une liseuse numérique d’autant que la lecture de l’ouvrage peut s’effectuer instantanément.

En effet, pour un lecteur belge assidu qui dispose d’un ordinateur et est déjà connecté à internet et qui ne pourrait plus se déplacer facilement en librairie ou qui habite une région isolée, une liseuse pourrait alimenter son réservoir de lectures avec de nombreux ouvrages pour autant qu’il ne se focalise sur un titre particulier ou un domaine précis ou soit en quête des toutes dernières nouveautés encore coûteuses.

Pour certains aînés qui ne seraient pas familiarisés avec internet ou qui séjournent en résidence, la phase d’achat de livres numériques pourrait s’avérer compliquée. Souvent un membre de la famille qui dispose de l’équipement informatique pourra gérer cette phase intermédiaire de réapprovisionnement en lecture, en s’organisant avec le senior. Notez qu’il n’est pas possible d’acheter ou d’offrir à distance un livre numérique pour un autre utilisateur de liseuse, ce qui est dans ce dernier cas envisagé, peut représenter un réel inconvénient.

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– L’usage d’une liseuse est relativement facile, deuxième atout.

A titre de comparaison, l’emploi de la liseuse demande à peu près les mêmes compétences que pour allumer un GSM ou envoyer un SMS. Il faut notamment à chaque utilisation introduire et donc retenir le mot de passe.

– Un troisième avantage concerne l’excellent confort de lecture.

Pour les seniors avec une vue déficiente, il y a l’avantage exceptionnel de pouvoir ajuster et agrandir la taille des polices de caractères.

La fatigue oculaire est aussi moindre avec une liseuse qui n’utilise pas le rétro éclairage qu’avec une tablette (écran LCD).

Avec une liseuse, il est possible de lire au soleil mais pas dans l’obscurité sauf avec un éclairage comme c’est le cas pour un livre papier.

– L’ergonomie et le faible poids d’une liseuse constituent une quatrième commodité. Pour les personnes qui souffrent d’arthrose dans les mains ou qui sont alitées, la manipulation est aisée car on peut tourner les pages d’une seule main en appuyant sur une touche latérale de la liseuse numérique.

Au moment de la réflexion d’achat, reste à songer, chez nous en Belgique, aux deux inconvénients du système actuel: l’offre limitée en livres numériques, déjà expliquée dans l’article précédent et le coût encore élevé des livres numériques.

Les atouts particuliers d’une liseuse devraient malgré tout séduire les seniors grands lecteurs et non réfractaires à l’évolution technologique.

Y a-t-il une liseuse dans l’avion ?

Grande lectrice, le poids de plus en plus restreint des bagages à emporter en avion devenait vite une limite quand je souhaitais prendre avec moi plusieurs ouvrages à lire, lors de congés ou déplacements.

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Le livre numérique était en piste. Un ouvrage numérique peut se lire sur ordinateur, sur une tablette ou une liseuse numérique aussi appelée  e-reader. Une tablette ouvre une très large palette de possibilités de divertissements autres que la lecture mais coûte plusieurs centaines d’euros. Les liseuses axées sur la seule fonction de lecture débutent aujourd’hui à 79€ (prix auquel il convient d’ajouter le montant des accessoires, chargeur et housse).  

Pour cette raison, je me suis tournée vers le modèle de base proposé Amazon: le Kindle. Chaque véhicule de lecture, en fonction de sa marque, dépend d’un fournisseur de livres par exemple Amazon pour le Kindle, la Fnac pour la liseuse Kobo.

Après quelques mois d’usage, je suis ravie et vous livre mes réflexions.

La maniabilité, la très grande autonomie sont des atouts du Kindle qui est extrêmement léger: avec moins de 170 gr, il peut contenir une  bibliothèque de 1.400 livres. Je l’emmène partout dans mon sac à main, heureuse de pouvoir patienter dans une salle d’attente ! L’autonomie du Kindle peut aller jusqu’à un mois.
Malgré tous les avantages de la liseuse, il faut relever pour tous les modèles actuels d’e-readers un manque de choix dans l’offre de livres numériques notamment en Belgique.

  • Le choix du lecteur est d’office restreint par le type de liseuse choisie. Les livres téléchargeables n’ont pas un format de fichier universel compatible pour tous les e-readers. Kindle par exemple ne permet pas de lire des fichiers comme ePub.
  • Beaucoup de titres récents en français restent indisponibles au téléchargement en Belgique notamment en raison de restrictions géographiques mises par les éditeurs. Restez très attentifs à ce point qui n’est pas nécessairement signalé lors de la vente d’un appareil! En France, la situation de lecteurs est plus favorable, l’offre en livres étant bien plus fournie que chez nous.
  • Le manque d’approvisionnement de l’offre numérique provient aussi du fait qu’un nouveau livre papier n’est pas forcément proposé par l’éditeur en format numérique ou s’il l’est, le livre reste souvent relativement cher à télécharger.

Par contre, beaucoup d’œuvres classiques, tombées dans le domaine public, sont gratuites. Vous pourrez ainsi lire ou relire avec plaisir parmi plusieurs milliers d’ouvrages gratuits: Ainsi parlait Zarathoustra de Frédéric Nietzsche, Jane Eyre de Charlotte Brontë, L’Art de la guerre de Sun Tzu  ou Michel Strogoff de Jules Verne par exemple.

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D’un point de vue global, le virage numérique pris par l’édition va avoir des répercussions sur tous les acteurs du monde littéraire: librairies, bibliothèques, écrivains et lecteurs!


Il y aura un impact sur le contenu, le volume et la qualité d’écriture des livres. Certains livres écrits uniquement pour une version numérique sont brefs. Parfois la qualité est loin d’être acceptable pour un lecteur traditionnel. La tendance à l’autoédition éliminera aussi le filtre et les corrections effectuées par les comités de lecture des maisons d’édition.


Je continue à acheter des «livres papier» mais je me suis constituée une grande bibliothèque numérique où je puise lors de déplacements.

Vivre encore un peu (Christophe Donner)

Elias et Farah Chamoun habitent à Beyrouth. Elias est un patriarche libanais de 104 ans et devrait bientôt s’éteindre. Oui, mais…

Son gendre français et sa femme, avertis de la situation critique, rejoignent le Liban pour être présents aux derniers instants du centenaire.

Elias a décidé de s’économiser et de se maintenir grâce aux soins de son aide Hanna.

Cette attente interminable du dernier soupir permet à  Christophe Donner de se replonger dans cette ville souvent en guerre et d’y retourner voir les entraînements de chevaux à l’hippodrome.

Au grand dam de ce gendre qui espérait mieux comprendre l’état d’esprit de son beau-père à ce moment ultime, Elias ne communique plus et exaspèrent ses proches qui ne savent plus déceler chez lui, la part de comédie ou de fatigue.

Octogénaire, Farah, l’épouse a beaucoup souffert à cause de ce mari tyrannique et attend, en colère, la mort du vieillard semi-fou, dépendant totalement, qui s’accroche à chaque miette de vie.

Avec un réalisme acide, l’auteur nous fait vivre cette ronde de famille qui se met en place autour des rituels quotidiens du vieil homme.

L’auteur

Né à Paris en 1956, Christophe Donner est l’auteur de « l’Empire de la morale » (2001) et d’« Un roi sans lendemain » (2007). Il est écrivain, chroniqueur littéraire. Outre la littérature, il a aussi la passion des courses hippiques.

Avec les enfants de notre famille, j’ai lu et apprécié de nombreux récits de Christophe Donner pour la jeunesse publiés à l’École des loisirs tels « Je mens, je respire » ou  « La Nouvelle Voiture de papa ». Le ton drôle, féroce, décalé retient avec succès l’attention des jeunes lecteurs.

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Sur la vieillesse…

  • Ce roman est une grande interrogation sur le sens de la très, très longue vieillesse cacochyme, dont l’entourage et une aide doivent tout assumer. Dépendant totalement, épuisant sa famille de ses crises de folie, quelle est encore  la nature de la présence de ce beau-père, se demande l’auteur.
  • C’est aussi le récit de la lutte pour la survie dans un couple, en mésentente depuis toujours. Entre les deux conjoints très âgés, quand les ressources physiques de chacun s’amenuisent, la souffrance et les regrets font naître la haine et la coopération naturelle cesse. Chacun lutte pour sa propre survie, dévoilant aux enfants un tableau d’échec cuisant.
  • Mettant en sourdine leurs blessures personnelles non cicatrisées, les enfants du patriarche soutiennent le centenaire avec un amour ambivalent qui oscille entre regrets et impatience.

Une phrase qui m’a touchée

« Farah nous demande pourquoi on ne s’occupe que de lui, pourquoi est-ce qu’il monopolise toute l’attention de sa famille avec son grand âge. Elle aussi, elle vieillit, elle a quatre-vingt cinq ans.» Page 150

« Vivre encore un peu » Christophe Donner, Editeur: Grasset.  Parution : Janvier 2011                               

Entrer en maison de retraite: une expérience vécue (2)

Poursuivons le parcours des réflexions de Monsieur Georges Depestel, rédigées après un an de séjour à la maison de repos du Grand Chemin (la première partie de ses réflexions a été publiée sur ce blog le 6/11/2012)


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Oeuvre picturale « Etoile du matin », Alex Janvier – Canada


4/ Il y a ensuite les maisons de retraite ou les maisons de repos et de soins. Celle où je vis figure parmi celles-ci. Il faut envisager, et c’est essentiel, un home situé à proximité du domicile des plus proches parents. Les contacts physiques-éléments importants de soutien moral- n’en seront que facilités. A défaut d’une connaissance par ouï-dire, il est bon de visiter l’une ou l’autre institution spécialisée. Mais le bouche-à-oreille reste le meilleur moyen dont on dispose.

 5/ Les premiers jours du séjour sont toujours difficiles à affronter et là c’est par le pragmatisme et le raisonnement que l’on progresse dans l’élaboration d’un rythme de vie nouveau. On ne doit pas hésiter à participer aux activités organisées par la Maison, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de celle-ci. Ne pas en être peut conduire à la dépression et à la retraite vers une bulle de solitude d’où il est difficile de sortir.

En rédigeant ces conclusions, je décris, en quelque sorte, le cours de mon séjour d’un an à La maison du Grand Chemin. Je dis souvent : certes j’étais heureux auparavant, mais je ne suis pas malheureux aujourd’hui. Car si cet « auparavant » n’existe plus hors les souvenirs que l’on ne peut perdre, j’ai néanmoins pu reconstituer une ambiance de vie qui, dans certains de ses aspects, me restitue un peu du goût et de cette saveur de cet «  auparavant ».

Georges Depestel

Bilan Clôturé le 31 janvier 2012 à Neufvilles,

Maison du Grand Chemin

 

L’article de Monsieur G. DEPESTEL a été publié dans « Le Borain » (Bulletin d’information du cercle Royal Borain de Bruxelles,  n° 184 octobre 2012)  et est reproduit grâce à son aimable autorisation.

Entrer en maison de retraite: une expérience vécue (1)

L’entrée en maison de retraite reste encore une phase délicate qui effraye les familles et tétanise certains seniors.

Monsieur Georges Depestel livre ici, avec finesse, ses réflexions sur ce sujet, après un an de séjour à la maison de repos du Grand Chemin où il a décidé de séjourner. Il a la  générosité de nous faire partager le bilan de son expérience. Ce témoignage de première main permettra d’éclairer d’autres personnes concernées.

Agé de 91 ans, bon pied, bon œil, cet ancien journaliste (40 ans de DH)  rédige des articles dans le bulletin de la Maison du Grand Chemin. Pour lui « le besoin d’écrire, c’est comme le vélo, cela ne s’oublie pas ».

Voici la première partie de ses réflexions :

1/ Entrer dans une Maison de retraite n’est pas la fin de tout. C’est même le début d’une période nouvelle qui sera acceptable ou repoussée selon le tempérament et la force de caractère de celui qui est confronté à cette solution. Et j’en viens immédiatement à l’image que je donne souvent de cette situation : celle du verre à moitié plein ou à moitié vide. Chacun fait son choix entre ces deux propositions et ce choix déterminera la couleur de sa vie future : elle sera rose ou grise.

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2/ Avant tout, il ne faut jamais dire que jamais on n’ira en Maison de retraite. Ce sont les circonstances imprévisibles de la vie qui imposeront la possibilité de cette solution. Et ces circonstances sont multiples. Donc laissons de côté ces  proclamations indignées qui ne rendront que plus difficile l’examen du problème qui est posé et la recherche de solutions.

3/ La décision ayant été prise, il importe de rechercher «  le bon endroit » pour la mettre en application. Il y a bien entendu les «  résidences » assez coûteuses où l’on est pris en charge dans un décor souvent luxueux. Ce choix implique un calcul budgétaire dont les résultats ne sont pas à la portée de la majorité des futurs résidents.

Georges Depestel

Lire la seconde partie dans « Entrer en maison de retraite: une expérience vécue (2) »

Cet article a été publié dans « Le Borain » n° 184, octobre 2012 (Bulletin d’information du cercle Royal Borain de Bruxelles) et est reproduit ici grâce à l’aimable autorisation de Monsieur G. Depestel.

« Le destin souffle sans soufflet de forge » (Proverbe zambien)

 

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Merci ! Les lions de Zambie n’ont pas fait de croque-monsieur avec mon fils, parti en Zambie comme volontaire pour la protection des animaux sauvages, avec l’organisation WEP.

Il revient avec des images de faune superbe, de paysages majestueux comme les spectaculaires chutes Victoria.

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Le pays a une population d’environ 13 millions d’habitants. L’espérance de vie  y est de 51 ans  pour les hommes et de 54 ans pour les femmes.

Pyramide Zambie.pngLa pyramide des âges montre que la population se répartit pour 46,3% dans la classe d’âge 0-14 ans, et pour 51,3% dans la classe 15-64 ans.

L’âge médian de la population y est de 16 ans. L’indice de fécondité est de 5,4 enfants par femme, mais le taux de mortalité infantile est très élevé.

La population des plus de 65 ans représente seulement 2,4%.

 

Le sort des seniors n’est pas enviable. La culture zambienne prône le respect des personnes âgées.

Actuellement pourtant, cette tradition est largement bousculée par les problèmes de santé.

130 personnes, dans la tranche d’âge des 20-40 ans le plus souvent, meurent chaque jour du sida. En Zambie, de nombreux foyers sont composés uniquement d’enfants et de grands-parents et même d’arrière grand-mère comme le montre cette vidéo.

http://www.goodnesstv.org/fr/v/49700/Goodness TV (Zambie): La petite Maggie, 9 ans, de Zambie est une orpheline du sida comme 12 millions d’enfants en Afrique. Elle et son arrière-grand-mère luttent tous les jours pour survivre dans des conditions d’extrême pauvreté. La mort est omniprésente et les enfants d’Afrique portent un lourd fardeau sur leurs épaules: Le deuil et la peur. World Vision les aide à échapper à leur destin tragique. L’accès à la formation et un accompagnement psychologique leur permet de croire en un avenir meilleur.

Sans ressources et fatigués de travailler aux champs, ces grands-parents, souvent seuls survivants, s’épuisent vite. Les jeunes qui pourraient les soutenir financièrement ne trouvent pas de travail : le chômage est très important. 64% de la population des 13,4 millions d’habitants vit donc sous le seuil de pauvreté (moins d’un dollar par jour).

L’agriculture n’est pas assez développée et est axée sur la culture du maïs. Le seul moteur de l’économie zambienne est l’exploitation du cuivre qui constitue les trois quarts des exportations et fournit les deux tiers des revenus du gouvernement.

Les Chinois exercent une énorme pression économique en Zambie, pays pauvre mais riche en matières premières (cuivre, cobalt). Il y a près de 100.000 chinois sur place qui s’impliquent dans les grandes entreprises ou mines privatisées. Mais la tension croît de plus en plus avec les ouvriers zambiens à cause des mauvaises conditions de travail et des bas salaires.

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Le gouvernement compte beaucoup sur l’apport économique des touristes. Les infrastructures d’accueil ont été améliorées. Le territoire compte de nombreux parcs nationaux où le touriste, sous la conduite de guides, peut approcher les animaux.

A partir de quel moment s’interroger et réfléchir à notre devenir de senior ?

Cette question est complexe car l’horizon des personnes âgées, que ce soit au niveau collectif ou individuel est parsemé d’écueils.

L’aide nécessaire pour assurer ou maintenir une qualité de vie pour la masse de personnes âgées sera difficile à organiser. Les budgets publics connaissent de grandes difficultés et par exemple, le Fonds de vieillissement, créé en 2001 pour le paiement des pensions futures, qui devait être approvisionné par les surplus budgétaires, reconnaît lui-même que ses réserves seront insuffisantes pour financer les pensions futures.

Les personnes  âgées ne pourront pas toutes compter, comme dans le passé, sur la famille dévouée ou les amis serviables: les liens familiaux ou sociaux se distendent, vont vers une individualisation plus grande et génèrent moins de solidarité.

Or, nous sommes déjà  membres de la croisière vers l’île des tempes grises même si nous n’en avons pas conscience. De plus, parmi les premières générations à connaître une telle longévité, nous serons des explorateurs.

Lorsque nous partons en voyage, nous consultons une agence de voyage, des professionnels, de la documentation, mais ici face aux risques de la longévité, nous voguons souvent dans une insouciance légère.

Chaque individu a ses cycles propres de transition de vie. Mais 55 ans semble être une escale propice à la réflexion sur l’itinéraire de vie, l’examen des caps prévisibles ou difficiles à franchir et les adaptations à réaliser de manière à préparer, à équiper le mieux possible son embarcation. Car on ne gardera pas la maîtrise de tout,  et on ne sera pas à l’abri d’une tempête.

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De 50 à 65 ans, soit entre nos périodes dites de maturité et de pension, nous sommes souvent aux prises avec des contraintes familiales qui vont en tous sens. Notre génération-pivot exténuée entre les propres parents âgés, nos enfants en partance pour la conjugalité ou en phase de retour, la naissance de petits-enfants, le travail professionnel trouve là assez de motifs pour reporter à plus tard un souci de bien-être individuel.

Si ce n’était pas encore assez, la publicité magnifie le jeunisme. Et nos représentations mentales baignent encore dans les images négatives de la vieillesse.

Entre ces deux extrêmes, reste donc à prendre le gouvernail de la prévention individuelle si nous ne voulons pas nous retrouver sur « un rafiot misérable qui prend l’eau à la moindre occasion »


(*) « Hygiène de l’assassin » Amélie Nothomb

La prévention au cœur de la vieillesse sereine.

Il y a quelques mois, un matin, Madeleine, une voisine septuagénaire, alerte et active dans une antenne sociale, me téléphone et me demande de l’aide. Ces demandes à l’un ou l’autre voisins deviennent plus fréquentes. Chez elle, j’attire à nouveau son attention sur la nécessité de consacrer un peu de temps à son organisation future de vie, de parler de ses difficultés à sa famille. L’après-midi même, elle chute lourdement à cause d’une marche non arrangée dans sa maison et se retrouve paralysée. Elle ne rentrera plus jamais à son domicile. Dès ce moment, à l’hôpital, il ne lui est plus possible d’organiser quoi que ce soit ni même de signer une procuration à ses enfants. Madeleine intègrera 6 mois plus tard une maison de repos où tout semble aujourd’hui plus ou moins bien se passer et où elle se déplace en chaise roulante.

« Dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité » disait Freud*

Généralement, les personnes âgées n’expriment jamais leurs souhaits concernant les modalités de leur dernière tranche de vie dépendante. Elles zappent la période dépendance, sujet tabou, pensent pouvoir échapper à la maison de retraite. Elles espèrent le grand  final, une mort brutale… « si possible en dormant ». Or, seulement 1 personne sur 10 meurt subitement et les 9 autres ont donc bien le temps de voir la mort venir à elles.

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Par contre, poussée par la publicité des banques ou des institutions caritatives mettant subtilement l’accent sur la liberté que possèdent les personnes en rédigeant un testament, une partie des personnes âgées planifient aisément leur après-décès, c’est-à-dire la succession. C’est la prévention patrimoniale ou planification successorale.

Les messages pour préparer les seniors à une vie de qualité touchent peu les quinquagénaires : 75% d’entre eux sont en excellente santé. Pour retarder les effets du vieillissement, certains ont déjà adopté une bonne hygiène de vie et les autres tablent sur  les progrès médicaux et sur leur médecin. C’est la prévention médicale qui retient plus l’attention du public, sans doute car celle-ci s’inscrit naturellement dans la continuité de la relation avec le médecin traitant.

 

Dans le cadre de la prévention individuelle, il reste un versant quasi totalement méconnu: c’est la prévention visant à conserver son autonomie, sa liberté de choix en préparant un cadre de vie plus adapté ( simple ouvre-porte, douche adaptée par exemple), en structurant ou améliorant son cadre social ou juridique (désignation d’une personne de confiance par exemple). En France, 76 % des personnes n’aménagent rien dans leur habitation en prévision de leurs vieux jours !

Le trajet de vie qui s’étale de la pension au 4ème âge peut comporter des difficultés mais aussi de grands bonheurs. Il ne s’effectue pas obligatoirement dans les larmes ou la douleur, même si nous devrons composer avec certaines limitations physiques et une plus grande fragilité.

Un bilan personnel et quelques mesures préventives adaptées à la situation de chacun permettraient souvent de créer un terrain plus favorable.

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« Essais de psychanalyse » Sigmund Freud. Petite Bibliothèque Payot, page 26.