Préserver son audition

À partir de 50 ans, la perte de l’audition se produit très progressivement. Nous tentons inconsciemment de nous y adapter.

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“I Can Hear It”   Artiste: Ivars Drulle.    Beaufort04/ Middelkerke-Westende 2012

Cette perte d’audition (presbyacousie) entraîne une perte de fréquences dans les aigus. Or, ce sont ces aigus qui nous permettent de discerner la plupart des consonnes. La perception des consonnes nous aide à reconstituer les mots entendus. Si dans une conversation, trop de consonnes ne sont pas entendues, nous ne comprenons plus le sens. «Tu veux une bière ? » pourrait vous irriter si vous comprenez «Tu veux une pierre ?».

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A partir de 60 ans, la perte auditive pour les hommes est en moyenne 0,5 décibel/an, entre 60 et 70 ans 1 décibel/an, entre 70 et 75 ans 1,5 décibel/an et au-delà 2 décibels/an. Pour les femmes, la déficience auditive apparaît plus tard (1).

Une gêne importante ressentie dans le brouhaha, des manques de compréhension dans les conversations ou au téléphone se révèlent souvent être les symptômes de presbyacousie quand on amorce la cinquantaine.

De façon machinale, les personnes s’adaptent souvent, par exemple en augmentant le volume du son de la télévision. D’autres n’osent pas affronter le réel par réticence à l’appareillage (2).

Je voudrais insister sur l’impact social de la malentendance « non traitée »: les membres de la famille ou amis d’un proche malentendant pâtissent indirectement de cette perte d’audition qui parasite toute communication.

La baisse d’audition génère des incompréhensions pénibles, des disputes même. La patience du conjoint, des enfants, des amis est mise à rude épreuve quand ils doivent élever la voix et répéter les phrases non comprises. Le contenu de leur message se condense sur l’essentiel et offre moins de nuances, d’où une apparente brutalité des propos parfois.

Le fait de ne capter qu’une partie du dialogue provoque de nombreux quiproquos. Le malentendant peut sourire bêtement lorsqu’il n’a pas compris, donner une réponse floue ou hors de propos, poursuivre un thème de conversation dans une réunion de famille alors qu’un autre sujet a été abordé depuis 10 minutes, interpréter inadéquatement une parole: les stratégies d’évitement finissent par provoquer l’agacement d’autant plus si le malentendant  cherche à dissimuler ou minimiser son problème d’audition.

Entre les couples, au quotidien, la répétition ou mauvaise compréhension sont frustrantes,  créent des conflits qui s’avèrent souvent sans fondement quand les mots véritablement prononcés reprennent leur volume. Par lassitude, le silence finira par s’installer. Il est plus agréable et facile de réagir en trouvant, si nécessaire, une solution à un problème de perte auditive dès 65 ans plutôt qu’à 80 ans. Plus on est âgé, plus il semble malaisé de s’habituer à une aide auditive.

Si on est seul, la malentendance engendre une mauvaise communication qui affectera toute la vie sociale et renforcera encore l’isolement.

N’attendons pas que l’inconfort d’audition soit majeur pour réagir et consulter un médecin ORL pour un dépistage, d’autant que les mutuelles peuvent intervenir dans le processus.   

A trop attendre et en l’absence de traitement de la perte auditive, le cerveau aura pris de mauvaises habitudes pour recevoir les sons et les interpréter, ce qui va compliquer la mise en place d’une solution adaptée.

Corriger une baisse d’audition est un acte de prévention qui aide à améliorer ou à conserver une bonne qualité de vie aux seniors!

* * *

(1) Les aides auditives sont aujourd’hui discrètes, bénéficient des avancées de  la technologie et accessibles niveau prix.

(2) voir Le Figaro : En France, 2/3 des plus de 65 ans ont des difficultés de compréhension de la parole dans le bruit.

La touche étoile (Benoîte Groult)

Alice, journaliste féministe, grand-mère octogénaire lucide, et Marion, sa fille, sont les  personnages phares du roman. Alice fait le bilan de sa vie actuelle en tant que personne âgée et femme. Elle casse le miroir des apparences et se détache de la vision bien-pensante en évoquant l’insupportable indifférence de la société actuelle envers les vieux. Des exemples amusants, comme l’achat de l’ordinateur portable ou celui des plaques électriques illustrent ses aventures quotidiennes de senior. Dans le même temps, Alice observe l’évolution de sa fille Marion qui oscille entre Maurice, son mari séduisant et volage et Brian, son amant irlandais.

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L’auteur

Journaliste, écrivaine et militante féministe française, Benoîte Groult est née à Paris en 1920. Elle a notamment écrit un essai sur la condition féminine  « Ainsi soit-elle ». A 86 ans, Benoîte Groult a écrit ce roman La Touche étoile, qui fut diffusé à 500 000 exemplaires.

Sur la vieillesse…

  • Pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse reconnaît Benoîte Groult. Ce livre a la saveur du vécu. Même si la  plume est féroce, avec un arrière goût un peu amer, les réflexions de Benoîte Groult rejoignent, il est vrai, les confidences de seniors que je rencontre. Il y a beaucoup de réalisme et de franchise dans ce livre.
  • Le thème majeur est la description de la vieillesse dans notre société avec l’analyse de sphères différentes: un premier volet avec les répercussions de l’âge sur l’individu tant pour la femme que l’homme, sur le couple, sur la sorosité et un second volet avec la description des regards acérés de la descendance et de la société en général. Le thème mineur mais présent tout au long du roman est l’évolution des idées féministes.
  • Benoîte Groult met aussi en évidence la fracture abyssale qui survient dans les familles entre parents/enfants ou descendance et qui affecte « les nouveaux vieillards » non avertis. A part quelques rares auteurs comme Aldo Naouri(*), ce nouveau paradigme qui commence à avoir des impacts dans toutes nos architectures familiales et sur les comportements des membres est rarement évoqué ou analysé. « Si en fait, quelque chose a changé en pire: nos enfants et plus encore nos petits-enfants sont nos égaux maintenant, pour ne pas dire nos maîtres! Ils ont retenu le moins bon de 68 : l’insolence, la déconsidération des pouvoirs établis, la violence et l’autosatisfaction. Page 181.

 Une phrase qui m’a touchée 

Ce que vieillir veut dire :

« Des organes que tu ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam vont t’imposer leurs caprices. Ta grâce va devenir un effort, ta beauté une conquête, ta démarche un tour de force, l’insouciance une discipline, ta santé une forteresse assiégée et l’inquiétude une compagne lancinante » Page 10.

« La Touche étoile » Benoîte Groult, Editeur : Grasset   (Parution: Avril 2006)

 

(*)« Il en va comme si la dette symbolique de vie qui a toujours eu cours avait définitivement perdu de son sens, écrasées par une inflation d’imaginaire ».

Les belles-mères, les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres Aldo Naouri , éditeur Odile Jacob 2011, page 207.

 

« Senior+ » ?…. Vocabulaire

L’année européenne 2012 avait pour thème le vieillissement actif et la solidarité intergénérationnelle.

Si le terme « vieillissement » est toujours accepté socialement, les mots vieux, vieillard et vieillesse sont depuis longtemps perçus négativement et ont été remplacés, dans les journaux ou la littérature scientifique, par les expressions « personnes âgées »  ou « seniors ». 

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Parmi les arbres vénérables insensibles à la vieillesse, ce dragonnier millénaire

(Icod de los Vinos)

Notre vocabulaire actuel ne s’est pas encore enrichi suffisamment et ne traduit pas bien le profil des nouvelles phases de la longévité humaine. Les expressions actuelles (personnes âgées ou seniors) sont devenues trop larges, se vident de leur sens car elles visent un groupe de personnes allant de 65 ans à 100 ans et plus.

Or, les problèmes d’un senior de 85 ans sont de nature bien différente de ceux d’un senior de 65 ans. Hormis la distinction du 3ème âge réservée au groupe des sexagénaires et septuagénaires et du 4ème âge pour les personnes de 80 ans et plus, il n’y a pas chez nous d’appellation spécifique pour les octogénaires et nonagénaires. En France, dans les articles ou colloques, on retrouve de plus en plus souvent l’expression de « grand senior » lorsqu’on désigne les personnes de plus de 80 ans.

Aujourd’hui, je retiendrai l’appellation de Senior+ pour le groupe des octogénaires ou nonagénaires car il pourra me permettre de mieux évoquer leurs spécificités de vie. Le petit signe + est tout à leur honneur et bien justifié: ces seniors ont plus d’années que les autres, plus de santé et plus d’expérience !

Votre avis m’intéresse !

Mots courants

Tranches d’âge
Décennies
Propositions
Bébé
Enfant
Adolescent
Jeune
Adulescent
1er âge
Jeune adulte
Adulte
Quinqua
2ème âge
Vingtenaire,
Trentenaire
Quadragénaire, Quinquagénaire
Senior
Personne âgée
Aîné (au Canada)
 
3ème âge
Sexagénaire
Septuagénaire
Senior
Senior
Personne âgée
Aîné (au Canada)
Grand senior  (en France)
4ème âge
Octogénaire
Nonagénaire
Senior+
Centenaire
Super Centenaire (titre officiel, à partir de 110 ans)
5ème âge
Centenaire

 

Travailler à 65 ans? Pourquoi?

En 2011, les chiffres du SPF Economie montraient que dans notre pays, 38.816 personnes de plus de 65 ans effectuaient un travail rémunéré. Le nombre d’employés en âge de pension mais au travail est de 12.000. Parmi les indépendants de plus de 65 ans, 80.000 travailleraient encore.

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Selon une enquête réalisée par Delta Lloyd Life , 33 % des Belges rejettent l’idée de travailler jusqu’à 65 ans et  31 % des répondants à cette quête de 2012 se déclarent tout à fait disposés à travailler jusqu’à 65 ans. Un grand nombre de  travailleurs attendent donc impatiemment le moment de la pension pour quitter un emploi fastidieux, ménager une santé défaillante, ou se consacrer pleinement soit à leur famille, soit à leur violon d’Ingres.

Mais dans le même temps, une quotité de travailleurs seniors, plus nombreuse au fil des années, préfère maintenant prolonger, au-delà de 65 ans, ses activités professionnelles, avec ou sans aménagement du temps de travail. Quelles motivations fondent leur choix?

– Des arguments financiers peuvent être présents. Cela peut-être une nécessité pécuniaire  pour certains indépendants qui voient, au moment de  la pension, chuter brutalement leurs revenus. Un indépendant sur 10 serait dans ce cas. D’autres  travailleurs veulent conserver un train de vie généreux et avoir les moyens de voyager par exemple.

– Des motivations objectives et inhérentes au type de travail comme l’amour d’un job apportant beaucoup de satisfactions, le souhait de finaliser un projet, l’exercice d’une fonction valorisante ou qui apporte une reconnaissance sociale expliquent aussi le choix de maintenir son activité.

– D’autres raisons sociétales amènent au choix de poursuivre une carrière tardive : il y a une évolution des mentalités et une transformation des organisations de vie qui privilégient l’épanouissement personnel.

  • Fondamentalement, notre grande espérance de vie implique aujourd’hui un allongement du temps moyen de retraite, ce qui modifie les perspectives d’avenir et de planification pour les personnes. Il n’y a plus la même urgence vitale à profiter immédiatement de sa retraite si on peut encore espérer au moins 20 années de survie.    

  • Les parcours de vie ne sont plus rectilignes ou homogènes et peuvent générer des attitudes opposées. Des personnes ont pris leur envol tardivement après une période de chômage; d’autres ont connu des carrières en dents de scie: ces travailleurs apprécieront alors de prolonger la période mature de leur carrière. Telle femme après un divorce, ou après un arrêt prolongé  de carrière pour s’occuper de son foyer, de ses enfants ou parents âgés souhaitera retrouver plus tardivement un  cadre professionnel tandis qu’une autre qui a pu concilier carrière et éducation des enfants grâce à divers modes de garde, appréciera de garder ses petits-enfants au moment de la  pension.

  • D’autre part, un tiers des personnes de plus de 55 ans vivraient seules. Apprivoiser la solitude n’est pas si facile d’autant que celle-ci se conjugue avec la grande espérance de vie. Il sera donc agréable de rester en contact avec d’autres personnes par le biais du monde du travail d’autant que l’offre des loisirs ou occupations durant la semaine s’avère encore réduite ou coûteuse et que les occupations bénévoles, exercées à long terme, ne sont pas toujours gratifiantes.

Du côté des entreprises, les services de ces travailleurs expérimentés de plus de 65 ans peuvent solutionner des difficultés transitoires de l’entreprise, permettre des parrainages de jeunes travailleurs et la passation de savoirs dans une ambiance où la rivalité est absente.

Les deux atouts qui permettraient de retenir avec succès des travailleurs âgés en activité ont été mis en évidence par certaines enquêtes : il s’agit de la possibilité d’aménager le temps de travail et la sauvegarde d’une certaine autonomie d’action dans le travail à effectuer.

Et si vous aviez envie de travailler après 65 ans ?

65 ans ! 

La pension n’est pas obligatoire. Le droit au travail et au libre choix d’une activité professionnelle est garanti par l’article 23 de la Constitution belge et ne s’arrête pas à 65 ans.

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A chacun, son heure…

Même si l’Office national des Pensions envoie un courrier à domicile au domicile du salarié, celui-ci n’est pas obligé de prendre sa pension à 65 ans. Les personnes n’enfreignent aucune loi si elles ne demandent pas leur pension.

En Belgique, l’âge légal de la pension est de 65 ans pour tous, hommes ou femmes (*).

Attention : la personne qui bénéficie d’une prestation sociale (maladie, chômage, prépension…) est obligée de prendre sa pension à l’âge légal car la pension légale a priorité par rapport aux prestations sociales (voir ONP).

Peut-on continuer à travailler après 65 ans ?

Oui.

La faculté éventuelle de continuer son emploi dans les mêmes conditions s’organise différemment suivant que l’on soit fonctionnaire, salarié ou indépendant.

Fonctionnaires: les agents statutaires de la fonction publique administrative fédérale peuvent solliciter, auprès de leur fonctionnaire dirigeant, leur maintien au travail après l’âge de 65 ans, au plus tard six mois avant la date de son 65ème anniversaire et au moyen d’un formulaire officiel. La décision de l’employeur devra être motivée. L’autorisation est limitée à un an mais est renouvelable.

Salariés: les salariés peuvent rester au travail aussi longtemps qu’ils le souhaitent, si leur employeur est d’accord.Cependant, ils n’ont plus droit à la couverture sociale habituelle des travailleurs (allocations chômage, …).Evidemment,le moment choisi, le salarié introduira lui-même sa demande de pension.

Indépendants: sans limitation et sans autorisation, les indépendants peuvent continuer à travailler.

Options éventuelles à examiner:

  • accepter la pension et de la combiner avec un revenu d’appoint (voir ci-dessous) ;
  • s’établir à son propre compte après 65 ans.

En étant pensionné, peut-on encore travailler après 65 ans?

Oui.

Jusqu’à présent, les revenus que l’on pouvait obtenir de ces activités exercées après 65 ans étaient limités à un plafond, et si ce plafond était dépassé, le droit à la pension était rogné et même parfois supprimé.

Les modifications pour les pensions prévues par la réforme des pensions prennent cours à partir du 1er janvier 2013 et apportent une grande innovation au régime des pensionnés-travailleurs de plus de 65 ans à condition d’avoir atteint une carrière de 42 ans au moins: il n’y a plus de plafond qui limitent les revenus. Dans ce cas, il est donc possible de combiner la totalité de la pension avec un revenu d’appoint illimité. Cette mesure vaut pour les pensionnés tous régimes confondus (salarié, indépendant, fonction publique). Voir mise à jour de cette mesure ci-dessous.

Si la carrière est moins longue que 42 ans, (ou si on a moins de 65 ans), l’actuel plafond indexé de revenus est maintenu et la sanction en cas de dépassement est assouplie: le pourcentage en dessous duquel la perte de pension est proportionnelle au dépassement des limites de revenus est porté de 15 à 25%.

En règle générale, un pensionné doit déclarer son activité professionnelle, sauf s’il a plus de 65 ans et que sa pension est déjà payée (ONP).

Mise à jour (17.12.2014)

Les pensionnés, salariés et indépendants, peuvent mener dès le 1er janvier 2015, une activité professionnelle, quelle qu’elle soit,
– dès le 1er janvier de l’année de leurs 65 ans
ou
-lorsqu’ils atteignent 45 ans de carrière.

Une de ces 2 conditions est suffisante.
Ces travailleurs pensionnés ne perdent pas la pension pour laquelle ils ont cotisé.
La suppression de la limitation d’activité autorisée pour les pensionnés a été autorisée en conseil des Ministres.

(*) La pension de retraite prend cours le premier jour du mois qui suit le 65ème anniversaire.

« Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne » Proverbe belge

Les 11 millions d’habitants de la Belgique se répartissent pour 58% en Flandre, 32% en Wallonie et 10% en région de Bruxelles-Capitale.

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Tapis de fleurs 2012 (Grand-Place de Bruxelles)

L’espérance de vie  est de 77,4 ans pour les hommes et de 82,7 ans pour les femmes.

L’âge médian de la population est de 42,6 ans et l’indice de fécondité est 1,64 enfant par femme.

Pyramide Belgique m.jpgAvec la pyramide des âges, nous voyons que la population des moins de 15 ans équivaut à peu près à 16 % de la population.

Le groupe d’âge des 15-64  ans, personnes en âge de travailler, équivaut à 66% de la population totale. Mais seulement 34,5% des personnes de 55 à 64 ans sont encore au travail  (la moyenne européenne est de 45,6%)

Les seniors de 65 ans et plus représentent 18% de la population. Le groupe des personnes dépassant les 80 ans est en forte augmentation. Parmi les nonagénaires, les femmes sont trois plus nombreuses que les hommes (Statbel).

Selon les régions, la répartition des classes d’âge évolue différemment. Par rapport aux régions flamande ou wallonne, la région de Bruxelles abrite une plus grande proportion de jeunes et les seniors y sont plus faiblement représentés (13, 6 %).  Les communes du littoral comptent 25 à 30% de seniors de même que certaines communes ardennaises.

Notre pays accueille proportionnellement plus de migrants que tous les pays limitrophes ou les pays traditionnels de migration comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis. La Belgique compte un peu plus d’un million de personnes de nationalité étrangère soit entre 9 et 10 % de la population totale.

Notre croissance démographique est plus favorable que la moyenne européenne. En 2010, la population belge a augmenté de 1,02 % alors que le taux européen de croissance démographique moyen est 0,27 %.

Les perspectives pour 2030 montrent que la population sera constituée par un quart de seniors.

Parmi eux, il y aurait 14.000 centenaires et 150.000 nonagénaires…

Peut-être vous ?

« Carpe diem »

… ou la devise des seniors heureux

Nous vivons de plus en plus vieux. D’accord. Mais serons-nous heureux?

Oui!

Observons nos grands aînés contents. Nous décèlerons, chez eux, des modèles récurrents de comportements favorables à l’éclosion d’un climat agréable :

–  En voyant le temps filer,les seniors, conscients de l’urgence d’aller à l’essentiel, mettent enfin à l’avant-plan leur souhait personnel de « vivre bien » et apprécie chaque jour qui passe. Carpe diem. Ils  redécouvrent le plaisir des choses simples, apaisantes comme la communion avec la nature par exemple.

«  Cueille dès maintenant les fleurs de la vie » *Carpe Fleurs.jpg

– Bien que cela soit surprenant, beaucoup de personnes âgées, qui anticipent une réponse forcément négative ou déprimante, ne demanderont pas de nouvelles de leurs enfants ou petits-enfants. Elles n’assombrissent pas le ciel de leurs journées: souvent isolées, elles n’auraient personne avec qui partager leur tristesse après le flux de nouvelles ternes.

– Elles ne se sentent plus nécessairement liées par les contraintes, les usages sociaux, les personnes parasites et se dispensent des corvées quand cela leur convient. Suivant leur humeur et non un état de santé pourtant invoqué comme excuse, elles peuvent assister ou non à une fête, un anniversaire…

– N’ayant plus rien à prouver, les aînés dépendent moins du regard des autres. Ils peuvent repenser avec satisfaction aux  projets réussis du passé que ce soit au plan personnel, familial ou professionnel alors que les plus jeunes sont dans la phase complexe de réalisation.

– Les seniors sont libérés de certains charges du passé comme un travail lassant et peuvent s’engager intensivement dans une autre activité ou un hobby épanouissants.

– Avec un sourire narquois, ils nous regardent parfois nous noyer dans un verre d’eau. Nos grands-parents guidés par leur indulgence, leur expertise sur le cours des choses s’évitent  bien des attentes inefficaces, des démarches vaines ou des tracas inutiles.

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– Les  deuils ou étapes douloureuses sont parfois suivis pour certains  aînés d’un réel soulagement. Le départ d’un conjoint acariâtre, mal supporté, apparaît à certains comme une délivrance et ouvre la possibilité de vivre à son rythme ou selon ses envies par exemple

– Même si cela est heurtant pour la famille, la perte de mémoire d’événements dramatiques ou traumatisants allège parfois le quotidien de certains patients confrontés à la maladie d’Alzheimer: certains peuvent être plus heureux qu’auparavant, malgré la pathologie.

 

Cela nous prouve paradoxalement que malgré le déclin de certaines facultés, nous conservons d’étonnantes facultés d’adaptation. 

Et nous le savons tous, celui qui voit les choses positivement, se porte mieux et est plus heureux.

 

(*) Dialogue du film américain  Walt Whitman, « Le cercle des poètes disparus »

 

Les liseuses numériques: confortables pour les seniors?

On m’a demandé si l’achat d’une liseuse numérique pour offrir à un aîné était une bonne idée.

La réponse sera fonction de la personnalité, des capacités d’adaptation du futur lecteur éventuel de livres numériques qui joueront un grand rôle dans l’acclimatation ou non à cette nouvelle façon de lire.

Plusieurs avantages sont indéniables :

– L’accès à des livres en un seul clic, sans devoir se déplacer à l’extérieur est un premier atout en faveur d’une liseuse numérique d’autant que la lecture de l’ouvrage peut s’effectuer instantanément.

En effet, pour un lecteur belge assidu qui dispose d’un ordinateur et est déjà connecté à internet et qui ne pourrait plus se déplacer facilement en librairie ou qui habite une région isolée, une liseuse pourrait alimenter son réservoir de lectures avec de nombreux ouvrages pour autant qu’il ne se focalise sur un titre particulier ou un domaine précis ou soit en quête des toutes dernières nouveautés encore coûteuses.

Pour certains aînés qui ne seraient pas familiarisés avec internet ou qui séjournent en résidence, la phase d’achat de livres numériques pourrait s’avérer compliquée. Souvent un membre de la famille qui dispose de l’équipement informatique pourra gérer cette phase intermédiaire de réapprovisionnement en lecture, en s’organisant avec le senior. Notez qu’il n’est pas possible d’acheter ou d’offrir à distance un livre numérique pour un autre utilisateur de liseuse, ce qui est dans ce dernier cas envisagé, peut représenter un réel inconvénient.

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– L’usage d’une liseuse est relativement facile, deuxième atout.

A titre de comparaison, l’emploi de la liseuse demande à peu près les mêmes compétences que pour allumer un GSM ou envoyer un SMS. Il faut notamment à chaque utilisation introduire et donc retenir le mot de passe.

– Un troisième avantage concerne l’excellent confort de lecture.

Pour les seniors avec une vue déficiente, il y a l’avantage exceptionnel de pouvoir ajuster et agrandir la taille des polices de caractères.

La fatigue oculaire est aussi moindre avec une liseuse qui n’utilise pas le rétro éclairage qu’avec une tablette (écran LCD).

Avec une liseuse, il est possible de lire au soleil mais pas dans l’obscurité sauf avec un éclairage comme c’est le cas pour un livre papier.

– L’ergonomie et le faible poids d’une liseuse constituent une quatrième commodité. Pour les personnes qui souffrent d’arthrose dans les mains ou qui sont alitées, la manipulation est aisée car on peut tourner les pages d’une seule main en appuyant sur une touche latérale de la liseuse numérique.

Au moment de la réflexion d’achat, reste à songer, chez nous en Belgique, aux deux inconvénients du système actuel: l’offre limitée en livres numériques, déjà expliquée dans l’article précédent et le coût encore élevé des livres numériques.

Les atouts particuliers d’une liseuse devraient malgré tout séduire les seniors grands lecteurs et non réfractaires à l’évolution technologique.

Y a-t-il une liseuse dans l’avion ?

Grande lectrice, le poids de plus en plus restreint des bagages à emporter en avion devenait vite une limite quand je souhaitais prendre avec moi plusieurs ouvrages à lire, lors de congés ou déplacements.

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Le livre numérique était en piste. Un ouvrage numérique peut se lire sur ordinateur, sur une tablette ou une liseuse numérique aussi appelée  e-reader. Une tablette ouvre une très large palette de possibilités de divertissements autres que la lecture mais coûte plusieurs centaines d’euros. Les liseuses axées sur la seule fonction de lecture débutent aujourd’hui à 79€ (prix auquel il convient d’ajouter le montant des accessoires, chargeur et housse).  

Pour cette raison, je me suis tournée vers le modèle de base proposé Amazon: le Kindle. Chaque véhicule de lecture, en fonction de sa marque, dépend d’un fournisseur de livres par exemple Amazon pour le Kindle, la Fnac pour la liseuse Kobo.

Après quelques mois d’usage, je suis ravie et vous livre mes réflexions.

La maniabilité, la très grande autonomie sont des atouts du Kindle qui est extrêmement léger: avec moins de 170 gr, il peut contenir une  bibliothèque de 1.400 livres. Je l’emmène partout dans mon sac à main, heureuse de pouvoir patienter dans une salle d’attente ! L’autonomie du Kindle peut aller jusqu’à un mois.
Malgré tous les avantages de la liseuse, il faut relever pour tous les modèles actuels d’e-readers un manque de choix dans l’offre de livres numériques notamment en Belgique.

  • Le choix du lecteur est d’office restreint par le type de liseuse choisie. Les livres téléchargeables n’ont pas un format de fichier universel compatible pour tous les e-readers. Kindle par exemple ne permet pas de lire des fichiers comme ePub.
  • Beaucoup de titres récents en français restent indisponibles au téléchargement en Belgique notamment en raison de restrictions géographiques mises par les éditeurs. Restez très attentifs à ce point qui n’est pas nécessairement signalé lors de la vente d’un appareil! En France, la situation de lecteurs est plus favorable, l’offre en livres étant bien plus fournie que chez nous.
  • Le manque d’approvisionnement de l’offre numérique provient aussi du fait qu’un nouveau livre papier n’est pas forcément proposé par l’éditeur en format numérique ou s’il l’est, le livre reste souvent relativement cher à télécharger.

Par contre, beaucoup d’œuvres classiques, tombées dans le domaine public, sont gratuites. Vous pourrez ainsi lire ou relire avec plaisir parmi plusieurs milliers d’ouvrages gratuits: Ainsi parlait Zarathoustra de Frédéric Nietzsche, Jane Eyre de Charlotte Brontë, L’Art de la guerre de Sun Tzu  ou Michel Strogoff de Jules Verne par exemple.

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D’un point de vue global, le virage numérique pris par l’édition va avoir des répercussions sur tous les acteurs du monde littéraire: librairies, bibliothèques, écrivains et lecteurs!


Il y aura un impact sur le contenu, le volume et la qualité d’écriture des livres. Certains livres écrits uniquement pour une version numérique sont brefs. Parfois la qualité est loin d’être acceptable pour un lecteur traditionnel. La tendance à l’autoédition éliminera aussi le filtre et les corrections effectuées par les comités de lecture des maisons d’édition.


Je continue à acheter des «livres papier» mais je me suis constituée une grande bibliothèque numérique où je puise lors de déplacements.

Vivre encore un peu (Christophe Donner)

Elias et Farah Chamoun habitent à Beyrouth. Elias est un patriarche libanais de 104 ans et devrait bientôt s’éteindre. Oui, mais…

Son gendre français et sa femme, avertis de la situation critique, rejoignent le Liban pour être présents aux derniers instants du centenaire.

Elias a décidé de s’économiser et de se maintenir grâce aux soins de son aide Hanna.

Cette attente interminable du dernier soupir permet à  Christophe Donner de se replonger dans cette ville souvent en guerre et d’y retourner voir les entraînements de chevaux à l’hippodrome.

Au grand dam de ce gendre qui espérait mieux comprendre l’état d’esprit de son beau-père à ce moment ultime, Elias ne communique plus et exaspèrent ses proches qui ne savent plus déceler chez lui, la part de comédie ou de fatigue.

Octogénaire, Farah, l’épouse a beaucoup souffert à cause de ce mari tyrannique et attend, en colère, la mort du vieillard semi-fou, dépendant totalement, qui s’accroche à chaque miette de vie.

Avec un réalisme acide, l’auteur nous fait vivre cette ronde de famille qui se met en place autour des rituels quotidiens du vieil homme.

L’auteur

Né à Paris en 1956, Christophe Donner est l’auteur de « l’Empire de la morale » (2001) et d’« Un roi sans lendemain » (2007). Il est écrivain, chroniqueur littéraire. Outre la littérature, il a aussi la passion des courses hippiques.

Avec les enfants de notre famille, j’ai lu et apprécié de nombreux récits de Christophe Donner pour la jeunesse publiés à l’École des loisirs tels « Je mens, je respire » ou  « La Nouvelle Voiture de papa ». Le ton drôle, féroce, décalé retient avec succès l’attention des jeunes lecteurs.

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Sur la vieillesse…

  • Ce roman est une grande interrogation sur le sens de la très, très longue vieillesse cacochyme, dont l’entourage et une aide doivent tout assumer. Dépendant totalement, épuisant sa famille de ses crises de folie, quelle est encore  la nature de la présence de ce beau-père, se demande l’auteur.
  • C’est aussi le récit de la lutte pour la survie dans un couple, en mésentente depuis toujours. Entre les deux conjoints très âgés, quand les ressources physiques de chacun s’amenuisent, la souffrance et les regrets font naître la haine et la coopération naturelle cesse. Chacun lutte pour sa propre survie, dévoilant aux enfants un tableau d’échec cuisant.
  • Mettant en sourdine leurs blessures personnelles non cicatrisées, les enfants du patriarche soutiennent le centenaire avec un amour ambivalent qui oscille entre regrets et impatience.

Une phrase qui m’a touchée

« Farah nous demande pourquoi on ne s’occupe que de lui, pourquoi est-ce qu’il monopolise toute l’attention de sa famille avec son grand âge. Elle aussi, elle vieillit, elle a quatre-vingt cinq ans.» Page 150

« Vivre encore un peu » Christophe Donner, Editeur: Grasset.  Parution : Janvier 2011