Comptes et coffres bancaires bloqués lors du décès (4/4)

Blocage des coffres loués à la banque

Dès que la banque est avertie du décès d’un titulaire de coffre loué dans son agence, en même temps qu’elle procède au blocage des comptes, elle est obligée d’empêcher l’accès au coffre loué par le défunt ou son conjoint (tenue d’un registre d’accès et de location). Même lorsque les époux étaient mariés sous le régime de la séparation de biens pure et simple, le blocage du coffre d’un conjoint survivant est obligatoire.

Les héritiers ne peuvent plus accéder au contenu des coffres tant que l’administration n’a pas reçu l’inventaire des contenus, établi selon certaines formes.

Ne laissez jamais un testament dans un coffre loué à la banque puisqu’il sera inaccessible au décès. Remettre son testament à un notaire et en plus, garder chez soi un exemplaire original ou une copie est une sage précaution.

 

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Procédure de déblocage des coffres loués à la banque

  • La demande d’ouverture des coffres doit être signée par tous les héritiers.
  • Après avoir reçu le certificat ou acte d’hérédité, et sans difficulté particulière, la banque a besoin au strict minimum de dix jours ouvrables pour organiser l’ouverture du coffre.
  • Sont présents lors de l’ouverture tous les héritiers ou les mandataires des héritiers qui ont établi des procurations, le délégué de la banque, le notaire, le fisc. Un représentant de l’Administration de la TVA, de l’Enregistrement et des Domaines est également invité, mais l’ouverture peut avoir lieu même en son absence.
  • Les héritiers qui possèdent la clé et la combinaison s’en muniront car autrement, l’intervention d’un ouvrier spécialisé sera nécessaire.
  • Le coffre ouvert, le délégué de la banque ou  le notaire dresseront un inventaire exact de tout ce qui est trouvé dans ces coffres. Cet inventaire sera signé par les parties présentes : les héritiers, le notaire ou le délégué de la banque et le fonctionnaire fiscal délégué.
  • Les coffres du défunt ne sont débloqués qu’après la réalisation de cet inventaire.
  • Si des héritiers habitent à l’étranger, le contenu du  coffre ne pourra pas être remis aux héritiers et le coffre sera rebloqué jusqu’à la production du certificat de déblocage(*).

 

(*) Certificat fourni quand l’héritier étranger a fourni la caution selon laquelle les droits de succession  qui lui seront réclamés seront effectivement payés.

Comptes et coffres bancaires bloqués lors du décès (3/4)

Procédure de déblocage des comptes bancaires

Le blocage durera le temps nécessaire pour la banque de remplir ses obligations d’information fiscale en matière de déclaration à l’Administration de la T.V.A., de l’Enregistrement et de pouvoir déterminer avec précision les héritiers des comptes du défunt.

Pour  procéder au déblocage d’un compte bancaire, il faut donc présenter :

  • soit un acte d’hérédité, établi par le notaire
  • soit un certificat d’hérédité, délivré par le receveur du bureau de l’enregistrement

Le certificat ou l’acte d’hérédité est délivré sur demande d’une partie intéressée.

Ces deux documents seuls (1) sont valables pour le déblocage et mentionnent clairement

1. qui sont les héritiers avec toutes les mentions utiles à leur identification.

2. s’il n’existe aucune dette fiscale ou sociale au nom du défunt et/ou des héritiers. Le notaire ou le receveur du bureau de l’enregistrement s’informent à ce sujet en prenant contact avec les administrations fiscales et sociales qui recherchent ces dettes éventuelles dans un délai de 12 jours ouvrables. Elles font part du résultat de leurs recherches au notaire ou au receveur concerné. Les comptes bancaires peuvent être débloqués si dans l’attestation ou l’acte d’hérédité, il est précisé qu’aucune dette fiscale ou sociale n’apparaît tant pour le défunt que pour les héritiers ou que toutes les dettes mentionnées ont été payées ou que toutes les dettes mentionnées seront payées, avant la libération, par les sommes des comptes bloqués en accord avec tous les héritiers.

Avant de demander un acte ou une attestation d’hérédité, les héritiers s’acquitteront préalablement si possible de leurs dettes fiscales et sociales échues non encore payées.
De cette manière, ils  peuvent accélérer le déblocage des comptes bancaires
.(2)

 

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La délivrance de ce document d’hérédité demande au moins un mois. Les coûts d’un acte notarié d’hérédité couvrent les droits d’enregistrement (25 euros), les droits d’écriture (7,5 euros), les honoraires du notaire et les frais d’acte. Le certificat d’hérédité délivré par le receveur de l’enregistrement est gratuit.

Quand toutes les conditions sont remplies et sur présentation de l’un de ces documents d’hérédité, la banque marquera son accord quant à la libération de l’argent, des valeurs, des titres inscrits au nom du défunt et/ou de son conjoint.

Par contre la présence de tous les héritiers est nécessaire (ou des procurations pour les absents) afin d’opérer le transfert des biens de la succession sur le compte des héritiers.  

   Facilités

        Dès que les obligations fiscales sont accomplies, la banque acceptera généralement de débloquer les comptes du conjoint survivant marié sous le régime de séparation des biens pure et simple, sur simple présentation d’une preuve du régime matrimonial, c’est- à- dire le carnet ou le contrat de mariage.

        Si les avoirs du défunt sont inférieurs à 50.000 €, et qu’aucune situation  juridique particulière  n’existe (3), la plupart des banques ne demandent pas d’acte ou de certificat d’hérédité et une simple lettre du notaire reprenant la dévolution successorale suffit généralement pour le déblocage.

  Précisions

Dans certains cas, la banque demandera des documents complémentaires, par exemple si un héritier est mineur ou incapable.

Si un héritier habite à l’étranger, les comptes ne pourront être libérés qu’après la production d’un certificat de déblocage (4) délivré par l’administration de l’enregistrement.

Chaque banque a le droit de refuser de donner suite à n’importe quel certificat d’hérédité lorsqu’un coffre était loué à la banque par le défunt ou son conjoint.

 

1. La “déclaration d’hérédité” faite par les administrations communales pour des sommes minimes et “l’acte de notoriété” dressé par le juge de paix ne sont pas valables pour le déblocage.

2. Si les dettes ont été payées après la vérification, l’héritier peut demander au receveur compétent un certificat complémentaire attestant le paiement des dettes, en y joignant les pièces justificatives.

3. S’il n’y a pas d’héritier mineur ou incapable par exemple.

4. Certificat fourni quand l’héritier étranger a fourni la caution selon laquelle les droits de succession  qui lui seront réclamés seront effectivement payés.

Comptes et coffres bancaires bloqués lors du décès (2/4)

 Gestion bancaire et vie quotidienne juste après le décès


1. Dans un esprit de compréhension et sur demande d’un héritier, la banque procède souvent à partir des sommes bancaires détenues par le défunt  au paiement d’un certain nombre de dettes normales en de telles circonstances ou qui étaient habituellement nécessaires et consenties par le défunt :

  •   Les frais de circonstances
    • les frais funéraires en rapport avec l’état et les moyens du défunt (y compris les repas de funérailles et les concessions)
    • les frais de la dernière maladie pendant une période d’un an

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  • Les frais périodiques habituels suivants liés au domicile du défunt avec une date d’échéance de 3 mois avant ou 6 mois après le décès :
    • la fourniture d’eau, d’électricité, de mazout, de gaz, le téléphone fixe et le mobile, etc.
    • le loyer, l’assurance-incendie
    • le remboursement d’un prêt hypothécaire

En remettant à l’agence les factures relatives aux frais funéraires ou hospitaliers ou aux  frais périodiques énumérés ci-dessus, votre agence bancaire effectuera ces paiements pour autant qu’il y ait provision sur les comptes.

 

2. Outre ce premier point, le partenaire survivant (marié ou cohabitant légal) peut, sans qu’un acte ou certificat d’hérédité ne soit présenté et sans l’accord des autres héritiers , même si la banque n’a pas encore réalisé son devoir d’information au fisc ou qu’un héritier habite à l’étranger, se voir attribuer à titre d’acompte pour faire face aux dépenses urgentes, la moitié de la somme se trouvant sur tous les comptes à vue ou d’épargne, commun ou indivis, dont le défunt ou le conjoint survivant est titulaire ou cotitulaire ou dont le cohabitant légal survivant est cotitulaire (1), avec un maximum de 5.000 €. Ce montant peut être demandé en plusieurs tranches auprès de banques différentes, mais le total ne peut pas dépasser 5.000 € ou la moitié de tous les soldes créditeurs. Les montants prélevés seront pris en compte lors de la liquidation de la succession.

Le cohabitant de fait ne bénéficie pas de cette possibilité.

 

Il n’est donc pas habituellement nécessaire de se précipiter et d’amputer cette somme pour faire face aux dépenses prévues au point 1 notamment si la banque peut procéder elle-même au paiement à partir des montants sur les comptes bloqués.      

 

Si le partenaire survivant utilise davantage que la moitié des soldes créditeurs disponibles, ou plus de 5.000 € au total notamment en cumulant divers montants auprès de plusieurs banques (2), il accepte automatiquement la succession avec les  dettes éventuelles (3) et perd toute part dans la succession, à concurrence de la somme prélevée au-delà des limites fixées. Aucun  prélèvement ne sera plus autorisé sur les comptes bloqués.

 
 

1. L’argent ne peut être retiré d’un compte propre au défunt.
2. Beaucoup de clients ont des comptes dans plusieurs banques et une banque ne peut pas dès lors vous avertir du dépassement éventuel.
3. Dans ce cas, il n’est plus possible de renoncer à la succession ou de l’accepter sous bénéfice d’inventaire.

Comptes et coffres bancaires bloqués lors du décès (1/4)

 Quid pour le survivant ? Comment s’organiser ?

Bien que désemparé par la perte d’un être proche, des démarches et des formalités s’imposent assez vite au survivant.

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Les institutions bancaires (1) du défunt doivent être averties rapidement du décès par les héritiers le conjoint, les proches ou le notaire. Tous les comptes et coffresloués auprès d’une banque dont le défunt était titulaire ou co-titulaire, ainsi que ceux de son conjoint sont alors provisoirement bloqués, ce qui signifie en pratique que les avoirs du défunt, mais aussi ceux de son conjoint, ne sont plus disponibles.

Deux motifs à ce blocage:

– une raison civile qui est de protéger les héritiers. A ce moment, les héritiers du titulaire d’un compte bancaire ou d’un coffre bloqués par l’institution bancaire ne sont pas encore déterminés avec  certitude.

– une raison fiscale  qui est de donner les informations exactes  au fisc. La banque établit un récapitulatif  des montants détenus par le défunt et son conjoint à la veille du décès, en y incluant les intérêts, et communique ce document à l’Administration de l’Enregistrement qui perçoit ainsi le montant correct des droits de succession.

 

Cette procédure est appliquée par toutes les banques. Les héritiers seront attentifs à certaines exigences spécifiques des établissements bancaires dues à leur procédure interne. Par exemple, un extrait de l’acte de décès, délivré par l’État Civil de la commune où la personne est décédée n’est pas toujours requis, mais facilite la constitution du dossier bancaire de succession.

 

Blocage des comptes bancaires

Par compte, il faut entendre ici tous les avoirs bancaires c’est-à-dire les comptes à vue, comptes épargne, livrets, titres, les comptes- titres, etc détenus par le défunt ainsi que ceux du conjoint.

Seront donc bloqués :

  • les comptes du défunt
  • les comptes du conjoint du défunt
  • les comptes au nom du défunt et du conjoint
  • les comptes au nom du défunt et d’un tiers
  • les comptes au nom du conjoint du défunt et d’un tiers 

Effets du blocage

  • Les procurations  données par le défunt cessent au moment du décès.
  • Les ordres permanents et domiciliations liés à un compte bloqué sont supprimés.
  • L’argent peut toujours être versé sur ces divers comptes bloqués tant sur les comptes du défunt que ceux de son conjoint.

 

Un nouveau compte bancaire non bloqué peut être immédiatement ouvert par le conjoint survivant où peuvent être versées des sommes qui ne font normalement (2) pas partie de la succession et qui sont postérieures au décès: revenus, pension, loyers…

 

 

1. Si on ignore les banques dont le défunt était client, Febelfin peut fournir une liste des banques où le défunt était client moyennant paiement de 125 € + TVA

2. Sauf s’il s’agit du remboursement d’une dette dont le défunt était créancier par exemple.

« Les animaux sont les anges de cette terre » Proverbe péruvien

Les péruviens tiennent en grande estime, comme l’exprime ce proverbe, leurs mammifères domestiques comme le lama et l’alpaga, qui leur rendent de grands services.

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Parmi les animaux domestiqués depuis très longtemps par les Incas, les lamas jouaient un rôle vital  comme bêtes de charge, source de nourriture et d’habillement.

Pays d’Amérique du Sud, le Pérou comptait 29,5 millions d’habitants en 2012. L’espérance de vie y est de 70,78 ans  pour les hommes et de 74,76 ans pour les femmes. L’âge médian est de 26,5 ans.

Les Amérindiens, descendants des Incas, représentent 40 % de la population.

37 % des habitants sont issus d’un métissage entre Amérindiens et descendants d’Européens. Environ 15% des Péruviens sont d’origine européenne souvent espagnole. Les 3 % restants proviennent de l’immigration asiatique. 

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Les langues officielles sont l’espagnol et le quechua.

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  • population âgée de 0 à 14 ans : 28,5%
  • population âgée de 15 à 64 ans : 65,1%
  • population âgée de 65 ans et plus : 6,4%

Le taux de fécondité est 2,29 enfants par femme.

77 % de la population péruvienne  vit dans les grandes concentrations urbaines. La capitale Lima compte 8 millions de personnes.

Jadis, le Pérou offrait une immense réserve de richesses : or, argent, plomb et pierres précieuses. Petit à petit, les gisements s’épuisèrent. De là, l’usage de l’expression « Ce n’est pas le Pérou » quand on n’entrevoit pas un gain énorme dans une affaire.

C’est d’ailleurs, la pauvreté qui touche actuellement 53% de la population au Pérou. Par rapport à ce drame, le vieillissement de la population est une inquiétude secondaire. La priorité absolue est de combattre la misère pour améliorer toutes les politiques sociales et stratégies de développement.

Les autorités du pays sont conscientes des nouvelles demandes sociales créées par le vieillissement de sa population.

Lors de la seconde « Assemblée mondiale sur le vieillissement » qui s’est tenue à  Madrid en avril 2012, Mme Cécilia Blondet, Ministre de la promotion de la femme et du développement humain du Pérou a mis l’accent sur trois soucis:

  • Le niveau d’éducation des personnes âgées est faible, avec un taux d’analphabétisme de 35,7%, trois fois plus que la moyenne nationale.
  • Le vieillissement aggrave les inégalités de sexe; les femmes âgées sont économiquement dépendantes car elles n’ont pas bénéficié d’une scolarisation normale qui les condamne à la sphère domestique.
  • Le système de sécurité sociale ne couvre que 53,4% des personnes âgées, dont une majorité d’hommes. 

Le plan national  péruvien vise à la fois, à considérer les familles  comme responsables de l’attention aux personnes âgées, à  promouvoir la solidarité entre les personnes âgées et à offrir des mécanismes d’insertion sur le marché du travail pour ces personnes âgées.

«Les profanes» Jeanne Benameur

Octave Lassalle, ancien chirurgien nonagénaire qui s’est consacré entièrement à sauver des vies, anticipe et organise ses prochaines années. Il passe une annonce pour engager une équipe de vie, quatre personnes, un homme et trois femmes, qui viendront se relayer chez lui. Leur contrat sera de l’accompagner jusqu’ au bout s’il devenait incapable de s’assumer seul.

Sa femme est repartie au Canada, il y a longtemps, après le décès de leur fille unique Claire, fauchée par un accident et que son père n’avait pas osé opérer lui-même.

Nous découvrons la vie de chaque membre de cette équipe d’accompagnement. Marc Mazetti est chargé le matin de la toilette du chirurgien et de l’entretien du jardin. Après le déjeuner, Hélène Avèle artiste peintre, prend le relais et lui lit les nouvelles du monde. A elle, Octave réserve une commande bien précise. Yolande Grange range, nettoie et prépare le dîner. Une  jeune élève infirmière Béatrice Benoît assure la garde de nuit. Chacune de ses quatre personnes porte dans son histoire, une part d’ombre. » La vie de l’un peut éclairer la vie de l’autre. » Ensemble, ils vont former une communauté de mémoire autour de Claire, tisser des liens entre eux pour continuer et avancer dans leurs vies.

Le livre écrit dans un style limpide est d’une douceur infinie.

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«Je vous parlerai des plantes»

 L’auteur

Née en 1952 dans une petite ville d’Algérie, Jeanne Benameur  a été professeur de lettres jusqu’en 2001. Elle vit à Paris et a publié chez divers éditeurs notamment ‘Les Demeurées’,  ‘Ca t’apprendra à vivre’ , ‘ Les insurrections singulières’, ‘ Laver les ombres’

 

Sur la prévention et la mémoire…

Prévention: ce roman est une formidable démonstration d’une personne qui s’organise pour prendre soin d’elle jusqu’au bout. Octave anticipe sa fin de vie et trouve une solution personnelle et originale qui lui convient. Avant se s’engager, Octave Lasalle prend conseil pour définir un bon encadrement juridique.

Deux bases essentielles de la prévention apparaissent :

  • anticiper quand on a encore la possibilité de faire un choix et «une conscience aigue», quel que soit l’âge. (Octave Lassalle est nonagénaire).
  • développer un projet concret quel qu’il soit, qui anime la vie. Le chirurgien a pour moteur son souhait de faire réaliser une peinture.

Un autre exemple tiré de la vie réelle ? Le plus vieux marathonien du monde est un Britannique de 101 ans. Ce vieil agriculteur a commencé à courir à 89 ans, après la mort de sa femme et d’un de ses fils.

Mémoire: il y a peu, nous parlions ici de la mémoire, capacité individuelle qui fléchit avec l’âge.

Pour Octave Lasalle, la mémoire de sa fille commence à s’estomper. Il utilise une formidable astuce pour pérenniser le souvenir de sa fille en partageant en quatre pans, l’histoire de Claire avec ses quatre aidants qui ne l’ont pas connue. Il leur transmet ainsi le flambeau de la mémoire, les reliant subtilement les uns aux autres. La mémoire est certes individuelle mais…peut essaimer et s’appuyer sur d’autres personnes.


 Photos kindle.jpgUne phrase:

 «On peut laisser les années s’accumuler comme le sable sur une route de bord de mer. Il suffit  d’une marée plus forte d’un vent plus fort et le sable s’envole. En tourbillons. Par plaques. La route réapparaît. Juste par endroits. Et on sait qu’on n’a jamais cessé d’y être, sur cette route-là ».

Profanes, Jeanne Benameur. (Editeur : Actes Sud. Nombre de pages : 288  Date de parution : 2 janvier 2013)

Découvrez ce superbe roman et faites-moi connaître votre avis. 

D’autres pistes de recherches en biologie. (3)

Pour tenter de franchir les barrières  biologiques de notre condition humaine actuelle et transférer les atouts observés dans le monde animal à l’homme, les recherches s’orientent dans diverses voies.

Certains laboratoires tentent d’élucider les mécanismes cellulaires qui déterminent la durée de vie et la mort programmée des cellules (l’apoptose).

Le laboratoire de Siegfried Hekimi, biologiste de McGill et spécialiste du vieillissement utilise un organisme modèle d’invertébré, le nématode Caenorhabditis elegans. Il s’agit d’un petit ver transparent d’environ un millimètre de longueur, vivant dans le sol. Sa durée de vie est de trois semaines. En mutant un ou deux gènes, ce laboratoire a réussi à augmenter la durée de vie du vermiceau jusqu’à cinq fois.

Des nouvelles recherches de l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) menées avec des partenaires des Pays-Bas et des Etats-Unis, publiées au cours de ce mois de mai 2013 révèlent quel mécanisme, au sein des mitochondries, est responsable du vieillissement de l’organisme et déterminent le gène impliqué.Des vers nématodes traités avec des antibiotiques pour perturber ce mécanisme vivent plus longtemps et ont parfois vu leur espérance de vie multipliée par 1,6 !

Plusieurs responsables scientifiques étudient les capacités de régénération,  qui sont les facultés  d’une entité vivante à se reconstituer après destruction d’une partie de son corps. L’homme n’a pas cette capacité d’adaptation (*). Cette piste si elle aboutit pourrait peut-être permettre le cas échéant de régénérer un bras ou une jambe.

Des biologistes  s’intéressent ainsi à l’extraordinaire capacité de l’axolotl, une salamandre aquatique du Mexique: elle peut régénérer plusieurs parties de son corps comme sa mâchoire, ses pattes, ses branchies et sa queue. Le gène responsable d’une telle prouesse est identifié et présent chez les mammifères  mais inhibé par un autre gène.

Le  poisson zèbre a lui aussi cette étonnante faculté de régénérer indéfiniment ses membres et même ses yeux ou son cœur. Scott Stewart du Salk Institute for biological Studies explique que le poisson zèbre réveille certains de ses mécanismes endormis depuis le stade embryonnaire.

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Source de vie, l’océan est un milieu naturel extrêmement riche en biodiversité loin de nous avoir livré tous ses secrets.

 

*  Chez l’homme, on ne connaît que  la régénération du foie.

Lézarder le mur de la longévité biologique (2)

Si la progression de la longévité humaine se heurte à un mur invisible (voir article 1), on n’a pas encore découvert les causes  de cet arrêt programmé de notre corps au-delà d’une très longue durée de fonctionnement.

La nature nous offre de nombreux exemples qui surpassent largement la durée maximale de la vie humaine.

Dans le règne végétal, on pensera aux arbres millénaires comme le dragonnier millénaire de Ténérife. D’autres arbres sont quasi indestructibles comme le gingko, arbre majestueux pouvant atteindre 40 à 50 mètres de haut. Les plus vieux gingkos en Chine sont âgés de 3000 ans. Cette espèce résiste même aux facteurs exogènes comme les cataclysmes. Quand  la ville nippone d’Hiroshima fut anéantie en 1945 par une bombe nucléaire, toute vie fut détruite. Plusieurs ginkgos reverdirent là où tous les végétaux étaient anéantis. Les feuilles du ginkgo résistent aussi au feu et lorsque le tronc d’origine est atteint, la vie renaît par les racines.

 

Dans le règne animal,

  •  Les invertébrés gagnent la palme de la longévité.

L’espèce la plus âgée découverte à ce jour est un clam d’Islande (Arctica islandica), un mollusque vivant dans l’océan Atlantique Nord: le nombre de stries de sa coquille indique que ce mollusque aurait vécu entre 405 et 410 ans. 

Selon des recherches scientifiques, une méduse la Turritopsis nutricula  serait le seul être vivant « immortel », ce qui veut pas dire qu’elle soit indestructible, ni susceptible d’êtrte touchée par les maladies, les accidents ou les prédateurs.

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Un autre regard sur la méduse…menace ou alliée ?

Originaire de la  mer des Caraïbes et découverte par des chercheurs en biologie de l’université de Lecce, cette méduse quasi immortelle mesure tout au plus 5 mm.  La maturité atteinte, cette espèce de méduse ne meurt pas mais rajeunit et se régénère. Le professeur Shin Kubota, de l’université de Tokyo aurait trouvé la clé de ce processus dans les tentacules de la Turritopsis nutricula.  « Ces cellules se trouvent également dans notre corps, mais elles sont dormantes quand nous en avons besoin, nous explique le Docteur Matthias Obst, biologiste à  l’université de Göteborg. Maintenant, il faut trouver le gène qui active la protéine qui régénère. » On devine l’intérêt de cette recherche qui ouvre des pistes pour remplacer naturellement des cellules  humaines défaillantes en cellules neuves.

Ces méduses immortelles prolifèrent à travers les océans du monde entier, au point que le Docteur Maria Miglietta de l’institut marin tropical de Smithsonien a déclaré aux journalistes : « Nous nous préparons à une invasion silencieuse mondiale». 

  • Parmi les vertébrés:

-Pour les animaux terrestres à sang froid dont le métabolisme est ralenti pendant les heures froides, ce sont les des Tortues géantes des Seychelles qui détiennent le record de vie avec 150 ans à 200 ans.

-Pour les animaux à sang chaud, des examens ont pu déterminer un âge de 150 à 200 ans pour certaines baleines Boréales.

Le record suivant, parmi les animaux à sang chaud, serait en principe celui des hommes. Ou plutôt celui d’une femme (120 ans), n’est-ce pas ?

Heurter «le mur de la longévité» (1)

En Belgique, l’espérance de vie franchit le cap des 80 ans! (82,9 ans pour les femmes et atteint 77,8 ans pour les hommes).

Chaque année, l’espérance de vie croît de 1 à 3 mois, peut-on imaginer qu’il deviendra banal de vivre jusqu’à 100 ans ? Nous constatons que les centenaires sont déjà très nombreux.

Par contre, la probabilité pour un centenaire de devenir un «supercentenaire (110 ans) est très faible (moins de 0,5 %) dans les conditions actuelles de mortalité.

Pourrait-t-on aller plus loin et vivre 150 ans si les progrès de la médecine augmentent encore notre espérance de vie?

Selon certains spécialistes, nous nous heurterons sans doute au «mur invisible de la longévité», c’est-à-dire « une longévité maximale, programmée dans nos gènes » (1), que l’espèce humaine ne pourrait pas dépasser et qui s’établirait entre 100 et 110 ans.

La limite scientifique incontestable actuelle se situe toujours à 122 ans, l’âge de Jeanne Calment. Elle est la personne ayant vécu le plus longtemps au monde et dont la naissance a été établie avec certitude. 114 ans semble un cap difficile à franchir pour les supercentenaires et constitue la limite masculine de longévité.

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Fontaine de Jouvence, fontaine de vie, ou fontaine d’immortalité? (Alhambra Grenade)

Imaginer une vie sans limitation de durée ou même une quasi immortalité n’est pas utopique pour certains.

Le vieillissement reste toujours la première cause de mortalité dans le monde.

Dans son livre «La Perspective de l’immortalité» en 1962, Robert Ettinger, un mathématicien, fut la première personne renommée  à envisager l’hypothèse de l’immortalité et à s’en donner les moyens. Dans ce but, il développa et promut la cryogénisation.

En biogérontologie, diverses hypothèses sont avancées. L’anglais Aubrey de Greyvise la recherche de la jeunesse éternelle, la mort ne serait plus liée à la vieillesse. L‘ostéopathe américain Ronald Klatz cherche à allonger la durée de vie humaine de manière maximale par la médecine anti-âge qui vise «à ralentir, arrêter, ou renverser les phénomènes associés au vieillissement». Dès les premiers signes de défaillances liées à  l’âge, une «remise à zéro» de la machine humaine serait aussi utile qu’une réinitialisation  d’ordinateur. On comprend que toutes ces pistes suscitent débats et polémiques au sein de la communauté scientifique.

Le mouvement transhumaniste souhaite faire progresser l’espèce humaine ou la rendre quasi-immortelle avec l’aide des nouvelles technologies: l’informatique, les bio- et nanotechnologies et les nouveaux développements de la  connaissance du cerveau (2). Didier Coeurnelle, co-président belge de l’association européenne Heales déclare se situer « dans le même type d’optique ». Il étudie ces évolutions scientifiques en analysant les avantages et obstacles relatifs à l’extension de la durée de la vie.

Si cette quête de la fontaine de jouvence semble encore relever de la science-fiction pour nos contemporains et est très loin du cadre concret de la prévention individuelle pour notre avenir senior de qualité, elle a au moins deux utilités. Elle permet de:

  1. mettre en lumière les bouleversements éthiques, sociologiques, économiques, écologiques auquel le simple allongement actuel de l’espérance de vie conduira. Nous vivons déjà cette révolution démographique!
  2. susciter des recherches non pas pour un simple prolongement de la vie mais bien pour un prolongement de la vieen bonne santé et sans incapacité, ce qui pourrait créer de belles avancées scientifiques.

Certains experts tempérent l’optimisme et pensent au contraire que l’augmentation de l’espérance de vie touche à sa fin ou régresse. Selon eux, les progrès médicaux pourraient être freinés par nos modes de vie peu respectueux de la nature (malbouffe, pollution, …).

 

 

(1)  Notamment l’avis du Dr Yves Joanette, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et directeur scientifique de l’Institut de recherche sur le vieillissement du Canada. Article de Jean- François Cliche.

(2)  Le scientifique américain Ray Kurzweil, apôtre du transhumanisme, prédit que dès 2029 l’intelligence artificielle égalera celle de l’homme.

Court séjour en home

Madame Chausteur nous relatait ici son séjour aux Charmilles. Comment s’organise ce type d’accueil temporaire ?

A partir de 60 ans, en cas de difficultés, il existe une intéressante possibilité pour tous de faire une halte et de séjourner de manière temporaire dans une maison de repos.

Certaines maisons de repos, ou maisons de repos et de soins, ont la possibilité d’accueillir des personnes âgées de 60 ans au moins, en court-séjour ou séjour temporaire pour une durée de quelques semaines à 3 mois maximum par année civile avant qu’elles ne regagnent leur  domicile.

Cet accueil temporaire est une  prise en charge complète. Cette piste souvent méconnue est accessible à tous et n’est pas uniquement réservée aux convalescents ou aux personnes munies de certificats médicaux.

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Les raisons d’un séjour temporaire peuvent être diverses :

  • Période de répit pour le conjoint aidant,
  • Garantie pour un conjoint aidant lui-même hospitalisé que l’autre membre du couple est pris en charge,
  • Convalescence après une sortie d’hôpital,
  • Ecart du domicile si des travaux sont nécessaires au logement,
  • Congé de la famille aidante,
  • Première prise de contact avec une maison de repos
  • etc…

Cette formule permet soit de faire une pause, soit de réfléchir à l’entrée future en home. La finalité du court séjour reste sans ambiguïté le retour du résident à domicile.

J’ai rencontré dans un home bruxellois…

  • une dame de 78 ans qui ne voulait pas rester seule en hiver chez elle et passait 3 mois  dans le home avant de regagner sa maison assez isolée en brabant wallon,
  • une autre résidente qui souhaitait« tester » une maison de repos avant de quitter définitivement son appartement,
  • un monsieur, 62 ans, veuf, toujours actif, qui y faisait sa convalescence après une grave opération.

En cas de convalescence

Les séjours hospitaliers sont de plus en plus brefs. Pour un convalescent isolé, un court séjour en maison de repos est une opportunité offrant plus de sécurité qu’un retour brutal au domicile. Une présence constante, des repas préparés et les soins sont assurés. Beaucoup d’hôpitaux ont d’ailleurs des liens privilégiés avec quelques maisons de repos proches de leur implantation  pour permettre l’accueil de convalescents sortants et intéressés par cette formule.

Toutes les maisons de repos et maisons de repos et de soins n’organisent pas ces accueils courts car elles doivent être titulaires d’un agrément pour le type de séjour, pour le nombre de lits, et avoir des chambres réservées au court séjour. D’autre part, selon la période, leur équipement ou la disponibilité de leur personnel, ces établissements peuvent ne pas recevoir des personnes demandant des soins trop lourds à gérer dans le cadre d’un court-séjour. L’accueil est avant tout une question de dialogue avec la direction pour assurer une prise en charge fructueuse.

Rappelons que certains convalescents sur base d’un rapport médical indispensable et suivant la nature de leur pathologie ont aussi l’option d’intégrer un centre de revalidation.

Entre la phase de traitement aigu et le retour à la maison, une autre alternative pour des personnes gravement malades ou malades chroniques, consiste à séjourner quelques semaines dans un centre de convalescence de la mutuelle. Il faut s’adresser à sa mutuelle qui détermine les conditions d’accès à ses centres adaptés souvent situés à la mer ou dans les Ardennes.


Ces trois formules, qui peuvent parfois se combiner, permettent de réaliser la transition nécessaire avant un retour en bonne condition au domicile.



Où trouver ces maisons de repos ou maison de repos et de soins pour un accueil temporaire ?

Bruxelles

a) Sur le site www.ccc-ggc.irisnet.be , sous le Titre « Institutions agréées » (par la Commission communautaire commune):

  • Maisons de repos et de soins (MRS): rubrique « Politique de la Santé », vocable « Accueil et Hébergement »;
  • Maisons de repos (MR):   rubrique « Aide aux personnes », vocable « Personnes âgées ».

 b) Toujours sur le territoire bilingue de Bruxelles-Capitale  sont agréés d’autres établissements par la  Commission communautaire française, que l’on peut localiser via ce lien

 c) Communauté  communautaire flamande: voir  vgc


Wallonie

sur le site du Service public de Wallonie:  voir le sitesanté. Dans la rubrique des documents téléchargeables (à droite de la page) figure une liste actualisée des établissements d’accueil, y inclus le court-séjour.