Heurter «le mur de la longévité» (1)

En Belgique, l’espérance de vie franchit le cap des 80 ans! (82,9 ans pour les femmes et atteint 77,8 ans pour les hommes).

Chaque année, l’espérance de vie croît de 1 à 3 mois, peut-on imaginer qu’il deviendra banal de vivre jusqu’à 100 ans ? Nous constatons que les centenaires sont déjà très nombreux.

Par contre, la probabilité pour un centenaire de devenir un «supercentenaire (110 ans) est très faible (moins de 0,5 %) dans les conditions actuelles de mortalité.

Pourrait-t-on aller plus loin et vivre 150 ans si les progrès de la médecine augmentent encore notre espérance de vie?

Selon certains spécialistes, nous nous heurterons sans doute au «mur invisible de la longévité», c’est-à-dire « une longévité maximale, programmée dans nos gènes » (1), que l’espèce humaine ne pourrait pas dépasser et qui s’établirait entre 100 et 110 ans.

La limite scientifique incontestable actuelle se situe toujours à 122 ans, l’âge de Jeanne Calment. Elle est la personne ayant vécu le plus longtemps au monde et dont la naissance a été établie avec certitude. 114 ans semble un cap difficile à franchir pour les supercentenaires et constitue la limite masculine de longévité.

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Fontaine de Jouvence, fontaine de vie, ou fontaine d’immortalité? (Alhambra Grenade)

Imaginer une vie sans limitation de durée ou même une quasi immortalité n’est pas utopique pour certains.

Le vieillissement reste toujours la première cause de mortalité dans le monde.

Dans son livre «La Perspective de l’immortalité» en 1962, Robert Ettinger, un mathématicien, fut la première personne renommée  à envisager l’hypothèse de l’immortalité et à s’en donner les moyens. Dans ce but, il développa et promut la cryogénisation.

En biogérontologie, diverses hypothèses sont avancées. L’anglais Aubrey de Greyvise la recherche de la jeunesse éternelle, la mort ne serait plus liée à la vieillesse. L‘ostéopathe américain Ronald Klatz cherche à allonger la durée de vie humaine de manière maximale par la médecine anti-âge qui vise «à ralentir, arrêter, ou renverser les phénomènes associés au vieillissement». Dès les premiers signes de défaillances liées à  l’âge, une «remise à zéro» de la machine humaine serait aussi utile qu’une réinitialisation  d’ordinateur. On comprend que toutes ces pistes suscitent débats et polémiques au sein de la communauté scientifique.

Le mouvement transhumaniste souhaite faire progresser l’espèce humaine ou la rendre quasi-immortelle avec l’aide des nouvelles technologies: l’informatique, les bio- et nanotechnologies et les nouveaux développements de la  connaissance du cerveau (2). Didier Coeurnelle, co-président belge de l’association européenne Heales déclare se situer « dans le même type d’optique ». Il étudie ces évolutions scientifiques en analysant les avantages et obstacles relatifs à l’extension de la durée de la vie.

Si cette quête de la fontaine de jouvence semble encore relever de la science-fiction pour nos contemporains et est très loin du cadre concret de la prévention individuelle pour notre avenir senior de qualité, elle a au moins deux utilités. Elle permet de:

  1. mettre en lumière les bouleversements éthiques, sociologiques, économiques, écologiques auquel le simple allongement actuel de l’espérance de vie conduira. Nous vivons déjà cette révolution démographique!
  2. susciter des recherches non pas pour un simple prolongement de la vie mais bien pour un prolongement de la vieen bonne santé et sans incapacité, ce qui pourrait créer de belles avancées scientifiques.

Certains experts tempérent l’optimisme et pensent au contraire que l’augmentation de l’espérance de vie touche à sa fin ou régresse. Selon eux, les progrès médicaux pourraient être freinés par nos modes de vie peu respectueux de la nature (malbouffe, pollution, …).

 

 

(1)  Notamment l’avis du Dr Yves Joanette, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et directeur scientifique de l’Institut de recherche sur le vieillissement du Canada. Article de Jean- François Cliche.

(2)  Le scientifique américain Ray Kurzweil, apôtre du transhumanisme, prédit que dès 2029 l’intelligence artificielle égalera celle de l’homme.

2 commentaires sur “Heurter «le mur de la longévité» (1)

  1. Je viens de lire que la doyenne de Wallonie est Marie-Jeanne Pirenne-Lempereur a eu 109 ans ce 8 avril 2013, et que la seule supercentenaire belge est Fanny Godin née en 1902. Elle fêtera ses 111 ans à la fin du mois de mai.
    C’est exceptionnel, car il n’y aurait qu’une septantaine de supercentenaires reconnus dans le monde entier!

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  2. En effet René, Marie-Jeanne Pirenne est la doyenne de Wallonie depuis le 10 décembre 2012
    et fêta ses 109 ce 8 avril 2013.
    Malgré ses 109 ans, cette dame n’est actuellement « que » la troisième personne la plus âgée du pays.
    La doyenne est toujours Fanny Godin qui fêta ses 111 ans le 27 mai 2013.
    Puis nous avons entre les deux, une autre dame de 109 et demi.
    Si notre doyenne actuelle n’habiterait pas dans le brabant wallon, Madame Pirenne ne serait pas
    la doyenne de Wallonie.
    Bien à vous,
    Anthony Croes-Lacroix

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