Les robots dans le cadre du vieillissement.(2)

Si n‘avons pas encore réellement de robot domestique à la maison comme l’annonçait Bill Gates dans un article de 2007 Dawn of the Age of Robots (“A l’aube de l’ère des robots), nous pourrions paradoxalement en rencontrer au cours des dernières phases de notre vieillissement.

Qu’est-ce qui peut être robotiser dans le cadre de notre vieillissement ?  Quasi tout.

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Il est envisageable de

  •  robotiser le corps humain :

Jusqu’ici, les prothèses bioniques concernaient  les personnes amputées qui souhaitaient récupérer une autonomie. Maintenant un premier patient souffrant d’une malformation congénitale a pu être greffé: le lituanien Martynas Girulis  s’est vu poser un bras robotique qu’il contrôle par la seule force  de son cerveau. Il a été opéré  le 4 novembre 2014 par  le professeur Aszmann, spécialisé dans la reconstruction bionique à l’université de médecine à Vienne. C’est le professeur Silvestro Micera de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne qui développe ces bras sensibles.

A un stade futur, certains chercheurs pensent que «robotiser progressivement l’humain serait la condition à l’allongement de la vie»*. La plupart des organes défaillants de la personne seraient  alors remplacés au fur et à mesure.

  •  robotiser des aides pour pallier des déficiences  physiques ou maintenir l’autonomie.

Ce secteur est très avancé. Citons le robot  Mobiro conçu par Toyota conçu pour les personnes à mobilité réduite ou encore le célèbre exosquelette HAL (Hybrid Assistive Limb)

Dans le secteur de la perte d’autonomie des personnes âgées, des programmes d’aide au lever (déambulateur-releveur) sont en cours de développement.

  • robotiser l’assistance à la personne.

Le secteur des services est déjà révolutionné par la présence des robots.  Ce type de robot commence à s’imposer de manière progressive par des activités ludiques ou de bien-être auprès des seniors+. La plupart des robots sont présentés comme « destinés à prendre soin des personnes âgées ». Ils pourraient tendre à l’avenir à remplacer une personne humaine dans la tâche complexe du soin à l’autre ou du «care». Le «care» est cette notion complexe qui  désigne le «travail de réponse aux nombreux  besoins des personnes vulnérables».

Le care, ce n’est pas seulement «faire», c’est aussi «être» avec son humanité près de l’autre. La notion de care a toujours englobé cet aspect fondamental de l’attention, du souci, de la sollicitude et de l’empathie vis-à-vis d’autrui. Cette facette humaine des soins ne peut être assurée que par une personne et disparaîtra inévitablement avec les robots.

 *  Le  Soir, 7 août 2014, page 9.  

Les robots en bonne compagnie? (1)

C’est Léonard de  Vinci qui imagine le premier en 1495 un robot de forme humaine, revêtant l’apparence d’un chevalier en armure, capable de coordonner les  bras et et les jambes.

Au XVIIIe siècle, c’est  l’essor des automates ou appareils mécaniques imitant les êtres humains ou les animaux comme le canard de Jacques de Vaucanson.

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Le Sharmanka Kinetic Gallery à Glasgow est un musée atypique d’automates.

robot jouet 1.jpgPour la plupart d’entre nous, les robots ont d’abord été des jouets.  Aujourd’hui, ce stade du jeu étrange et amusant est dépassé.

Les chercheurs ont apprivoisé, développé des robots spécialisés qui peuvent aider l’homme dans des tâches techniques précises en fournissant un appui en salle d’opération par exemple ou dans des endroits trop dangereux pour l’homme. D’autres robots exécutent des actes répétitifs en usine ou en laboratoire.

Une nouvelle ère s’ouvre avec les robots humanoïdes qui entrent maintenant dans notre quotidien et interagissent directement avec nous. De plus en plus perfectionnés, ils nous étonnent chaque jour.

Ainsi, une société de biotechnologies Deep Knowledge Venturei a engagé un robot dans son conseil d’administration et lui a donné une voix décisionnaire.

Une grosse entreprise russe de l’internet confie à des robots le soin de rédiger des textes journalistiques courts. A Phoenix, Mc Donald’s a ouvert un restaurant où les robots y travaillent 50 fois plus vite que des employés. Trois chercheurs allemands viennent d’élaborer un système qui permet aux ordinateurs de dessiner comme les plus grands peintres.

Le Quantum of the Seas, l’un des plus gros navires de croisière de la flotte Royal Caribbean avec 4905 passagers présente  de multiples innovations technologiques et au bar, ce sont des robots qui assurent le service.

A Wesport dans le Connecticut aux Etats-Unis, la bibliothèque accueille deux robots humanoïdes, Vincent et Nancy qui animeront des ateliers ludiques.

La Belgique surfe sur la même vague robotique.

Aux inattendues 2015 de Tournai, le public a écouté  des chants robotiques, une chorale de voix numériques mise en  scène par N. D’Alessandro, chercheur à l’université de Mons.

Au CHU de Liège, c’est un robot qui délivre les médicaments aux patients.

Le Directeur de l’hôtel Mariott de Gand, Roger Langhout souhaitait innover avec un robot humanoïde et a adopté Mario, petit frère de Zora. Zora est un robot d’aspect humain qui officie dans les soins de santé  en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Suisse et qui est le fruit de la société ostendaise de software QBMT. Le robot Mario accueille à Gand la clientèle de l’hôtel. Il parle 19 langues, possède deux caméras et un software de reconnaissance faciale capable de garder en mémoire pendant six mois les visages des clients. En dehors du secteur des soins, il s’agit là pour notre pays d’une première intervention  professionnelle androïde en interaction avec un public.

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Ce robot triomphant a définitivement quitté le rôle de figurant qu’il tenait en 2006 dans le parc de la station terrienne de télécommunications spatiales de Lessive. 

Jusqu’où les robots vont-ils nous accompagner dans les longues vies qui nous sont promises?

« Le réveil du cœur » François d’Epenoux.

Jean travaille dans la publicité. Il n’a jamais osé présenter, à son père, sa compagne Leïla d’origine marocaine.

Son père, c’est le «Vieux» fantasque, bougon, solitaire, obnubilé par son époque et réfractaire à la modernité.  Sa devise : « Ne jamais avoir à regretter de ne pas avoir tout tenté».

La séparation chaotique avec Leïla  amène Jean  à confier durant le mois d’août son fils de 6 ans à son père, le «Vieux » grand-père. Pour le Vieux et Malo, c’est un mois de rêve, de partage où l’un et l’autre s’apprivoisent avec des jeux et des promenades dans la nature.

Malo retourne chez sa mère. Le « Vieux » qui va avoir quatre-vingt ans est conscient de la fragilité de sa santé et quitte Lacanau pour un séjour en Ecosse chez son frère. Il veut y retrouver une vie simple et contempler la mer. Lui, l’ennemi des technologies modernes, reste en contact par skype avec son petit-fils  Malo, en cachette de son fils Jean.

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« Bientôt, la marée monte, menaçante, étirant toujours plus avant ses assauts en direction de la citadelle. »(p.158)

L’auteur.

Ecrivain français né en 1963, François d’Épenoux  a travaillé pendant plus de 10 ans dans une agence de communication. Il est  l’auteur  de sept romans, notamment  « Les bobos me font mal », « Les papas du dimanche », « Même pas mort ».

Photos2013.jpgUn grand-père et son petit-fils.

« Le réveil du cœur »: c’est l’histoire d’un grand-père et de son petit-fils. Je n’analyse pas vraiment ce roman comme un conflit de générations mais comme une rencontre entre deux personnes vivant à des époques différentes : un « vieux » réfractaire à la modernité et proche de la nature et un petit-fils vivant dans notre monde hyper-connecté et sécurisé.

Le romancier illustre le déficit de communication entre les protagonistes. Sans incriminer l’une ou l’autre partie, François d’Épenoux  montre comment la création d’un lien et la transmission entre générations peuvent devenir aujourd’hui compliquées. Les jeunes parents, pris dans leur vie active, revendiquent la tolérance mais sont a contrario critiques et exigeants envers le grand-père. Longtemps, les visites du grand-père à Malo «une fois par mois dans un lieu neutre» ont été évaluées, soupesées d’où les réactions réservées du Vieux, devenu désabusé.

Puis il y a une grande leçon du livre pour tous les lecteurs.  L’affection reste sous-jacente. La vie  comme un fleuve suit son cours mais a des méandres: chacun grandit, évolue différemment qu’il s’agisse des parents ou de l’enfant. Le grand-père peut enfin endosser son rôle. Le réveil du cœur. Un lien fort se noue à l’occasion du séjour du petit-fils Malo, à Lacanau chez son grand-père. C’est un échange mutuel fait de moments d’humanité dense et qui noue enfin une relation privilégiée.

L’évolution des sentiments  est écrite avec humour et talent dans des dialogues naturels et vivants.

Une phrase.

 «Tu réussis ou tu échoues, c’est égal, mais au moins tu en as le cœur net et de cela tu peux être fier, quoi qu’il advienne».

«Le réveil du cœur». François dEpenoux, éd. Anne Carrière, 253 pages.

Mons 2015 et les centenaires dans l’objectif de Benedicte Thomas.

Max, Madeleine … et les autres comptent parmi les nombreux centenaires qui résident dans le grand Mons. Ces centenaires sont la mémoire vive et le lien entre passé et présent de la région.

Grâce à l’objectif de la photographe Bénédicte Thomas, ces centenaires ont été  associés à l’évènement culturel de Mons 2015. Leurs portraits en noir et blanc ont fait l’objet d’une exposition « 100 ans en 2015 »  à Mons qui vient de se terminer.

Comme le déclare Bénédicte Thomas qui aime le reportage humaniste: «mes photographies témoignent de moments de vie de personnes de ma région ».

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Tout en captant la particularité de leur exceptionnelle longévité, la photographe parvient à saisir, dans leurs regards, l’expérience de vie de ces grands seniors montois. Qualité rare de ce projet: ces portraits restent très respectueux des êtres.

Photographier des centenaires est un projet complexe à mettre en œuvre. «C’est délicat» comme le dit un des aînés, empreint du sentiment de sa finitude. D’autres contraintes limitent le travail du photographe: la vulnérabilité ou l’impossibilité de ces grands seniors à se déplacer aisément imposent souvent un contexte et une ambiance. Dans ce cadre imposé, le photographe doit essayer de traduire leur singularité, comme par exemple le très parlant portrait de Madeleine.

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L’exposition est finie mais sachez qu’un livre est en cours d’édition « 100 ans en 2015 ».

Right, before I die. Exposition à Bruges.

« Right, before I die » est une exposition qui se tient à Bruges dans les locaux de l’hôpital Saint- Jean (Sint-Janshospitaal) jusqu’au 18 octobre 2015.   

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En 2012, le photographe Andrew George (de Los Angeles) entreprend  de collecter, en Californie dans le Centre médical Providence de Sainte-Croix, des témoignages de patients en soins palliatifs. Il fait leur portrait photographique et recueille leurs mots ou leurs lettres.

Ce  temps de travail au cours duquel il a parlé avec des patients s’est étalé sur deux  ans et donne lieu à l’exposition « Right, before I die » (Juste avant que je meure).

« La vie n’est clairement pas éternelle…» dit Sarah

Les valeurs fondamentales de ces patients, la plupart disparus aujourd’hui, transparaissent et suscitent la réflexion. Leurs mots ou visages sont, pour nous spectateurs, un don précieux car ils montrent quels ont été pour eux les petits cailloux blancs ou les pierres angulaires de leur existence. On s’aperçoit que dans une vie, on ne maîtrise pas toujours grand-chose: ni le temps, ni la chance, ni le hasard, ni les autres surtout.

Le visiteur est inévitablement amené à se confronter à sa propre vie. Le statut social n’offre plus de protection et se dilue au terme de la vie. Avoir des liens avec sa famille, se contenter de peu semblent les meilleures atouts pour acquérir une certaine tranquillité d’esprit au moment de quitter cette vie.

Le jour de ma visite, j’ai remarqué un homme assis sur un banc qui pleurait…

L’exposition n’est clairement pas joyeuse mais elle montre que

«La clé de la vie, c’est se rendre compte qu’il y a plus qu’une clé ». Ralph

Le travail d’Andrew George a été couronné de nombreux prix et fait l’objet d‘expositions internationales. Cette exposition est aussi accessible en ligne dans diverses langues.

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Right, before I die

jusqu’au 18 octobre 2015

au Sint-Janshospitaal à Bruges

Bruges: l’hôpital Saint-Jean.

Au Moyen Age, l’accueil des pèlerins et des indigents suite à l’augmentation de la main-d’œuvre campagnarde venue dans les villes provoquera la création d’hôpitaux, notamment dans les comtés de Flandre et de Hainaut.

L’hôpital Saint-Jean de Bruges, fondé vers 1180, sera l’un de ces premiers hôpitaux où des religieux soignaient les pèlerins. L’établissement restera même en fonction jusqu’en 1976.

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Vue sur la salle des malades Jan Beerblock (1739-1806)

Memling Sint-Janshospitaal Museum

Partout en Europe, à partir du 13ème siècle, d’autres «Hôtels-Dieu»*naîtront.

L‘Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines est resté un exemple visible très complet d’institution hospitalière médiévale avec sa salle des malades et ses lits alcôves, les instruments médicaux et infirmiers.

L’hôpital Saint-Jean est lui devenu un musée artistique. A côté de l’emplacement de l’ancienne salle des malades médiévale de l’hôpital Saint-Jean de Bruges (Oud Sint-Janshospitaal), avec ses briques et ses poutres se trouve la chapelle. « Le salut du corps s’accompagne évidemment du salut de l’âme« . Ces bâtiments s’étofferont au XVème siècle. Maintenant, ils abritent  des livres, registres, des instruments de soins, de la vaisselle, des tableaux qui permettent d’imaginer un peu l’atmosphère hospitalière d’antan.

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Là, sont aussi exposées les œuvres maîtresses  de Hans Memling, réalisées au XVe siècle pour l’institution, comme la célèbre châsse de Sainte Ursule.

Sainte Ursule était invoquée à l’ Hôpital Saint-Jean pour soulager les migraines et apporter une mort sereine.Le 21 octobre 1489, une cérémonie eut lieu dans le chœur de l’église de l’hôpital Saint-Jean  pour placer les reliques dans cette nouvelle châsse peinte avec minutie par Memling qui retrace la vie et le martyre de Sainte Ursule.

Dans l’ambiance animée et touristique de Bruges, la visite du « Memling Sint-Janshospitaal Museum »  situé Mariastraat 38, 8000 Brugge est très reposante.

Journées du Patrimoine 12 et 13 septembre 2015:Bernissart et la machine à feu (2)

En Angleterre dans la  région du Devon, les eaux dans les mines empêchaient aussi une bonne extraction. Avec son associé Savery, Newcomen développa en 1712 une machine appelée pompe à feu, machine à feu ou machine à vapeur (4). Newcomen conçut une machine à balancier constituée d’une grande poutre de bois se balançant autour d’un pivot central pour extraire par pompage l’eau des galeries de mines à l’aide de la vapeur d’eau, via un ensemble chaudière-cylindre-piston-balancier.

Dans  son livre sur l’Histoire de la découverte de la houille (5), Edourad Grar note qu’au début de l’exploitation  de la houille en France, pour tirer l’eau des galeries, il fallait avec une machine à molettes 20 hommes et 50 chevaux marchant jour et nuit. Quand la machine à vapeur Newcomen fut  installée, 2 hommes suffisaient et retiraient en deux jours les eaux d’une semaine.

À sa mort, Newcomen avait installé plus d’une centaine de ses machines. Des améliorations furent apportées par la suite par James Watt.

Bois-du-Luc s’équipe en 1779 d’une telle machine à feu qui  pompe l’eau depuis une profondeur de 112 mètres.

La Compagnie des Mines d’Anzin fondée en 1757 par le Duc Emmanuel et regroupant les sociétés charbonnières du Nord de la France acquiert aussi  des « machines à feu »  en Angleterre. En 1782, une machine à feu installée en forêt de Bonsecours est démontée et installée  à Bernissart dans un bâtiment édifié en moellons de grès de la région. Elle est capable d’exhaurer  50.000 litres d’eau/ heure.

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Bernissart et sa machine à feu restaurée

La conjoncture économique de l’époque fait que l’arrêt d’exploitation est tout de suite signifié à l’ingénieur responsable de la machine à feu de Bernissart, qui en est désolé.

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C’est cette spectaculaire machinerie, exceptionnel vestige restauré qui sera visible lors des journées du Patrimoine les 12 et 13 septembre 2015. Cet unique exemplaire en Europe continentale de progrès industriel permit de descendre de plus en plus dans les profondeurs des mines. Bien plus tard, après l’abandon de la machine à feu et son remplacement par d’autres techniques, les mineurs  découvrirent des iguanodons.(6)

La machine à feu de Bernissart est située:

Rue des Iguanodons 226 à 7320 Bernissart

 Visite guidée (1h30) le samedi et dimanche à 10h30 et 14h30

 Tél 069 59 05 60 ou 069 76 66 13

lucile.savignat@bernissart.be

 

4. le Journal des Mines note qu’il vaut mieux employer machine à vapeur que machine à feu : l’eau réduite en vapeur est le moteur de la machine et le feu n’est que la cause de son évaporation. Journal des Mines  numéro 1 mentionné dans l’ouvrage d’Edourad Grar mentionné ci-dessous  p. 216

5.  Histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans le Hainaut français, dans la Flandre française et dans l’Artois : 1716-1791. Tome 2 / par ÉdouardGrar -A. Prignet (Valenciennes)-1847-1850 page 216

6. Au mois de mars 1878, dans la fosse Sainte-Barbe du Charbonnage de Bernissart, les mineurs perçaient  alors une galerie de recherche à 322 mètres de profondeur.

Bernissart et la machine à feu (1). Journées du patrimoine 12 et 13 septembre 2015.

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Grâce à l’affleurement naturel du charbon, l’extraction de la houille a débuté très tôt dans nos régions, peut-être à l’époque romaine. Au fil du temps, il fallut rechercher le charbon plus profondément dans le sol. L’extraction s’arrêtait toujours au moment où l’eau empêchait la poursuite des travaux.

  La machine à feu de Bernissart

Souvent à 20 mètres de profondeur, l’eau provoquait l’ennoiement de la galerie. Les charbonniers tentaient d’évacuer l’eau par des cufats (1)

Petit à petit, le sol de nos régions fut criblé de galeries.  Dès le 13ème siècle, s’élaborent des réglementations pour l’exploitation de ces carbonières. Utilisant la simple gravité, les exploitants font des galeries d’exhaure (2) ou  une areine(3).

Le problème de la gestion de ces eaux est telle qu’en 1582, « l’Edit de conquête » cherche à encourager l’innovation dans les techniques de canalisation pour vider ces eaux souterraines  et permet à celui  qui y parvient, d’exploiter lui-même le gisement à la place du propriétaire (moyennant une redevance).

Ensuite,  suivant la configuration des terrains, des machines à chevaux dans un manège, des machines hydrauliques ordinaires,  des moulins à vent…serviront au pompage des eaux.

La Société du Grand Conduit (Bois-du-Luc) fut l’une des premières mines de charbon de Belgique (1685) et mit près de 20 ans pour construire un grand conduit fait de troncs de chênes évidés et  destiné à évacuer les eaux jusqu’à une rivière (dénivellation de 60 m).

A Bernissart en 1865, un aqueduc en briques traversant souterrainement la Grand Place amenait les eaux d’exhaure de la fosse Ste Barbe  vers le ruisseau de la Curette (4).

Des tonnes d’eau étaient souvent retirées, au moyen de bras ou à l’aide de chevaux. On exploita ainsi le charbon, à des profondeurs plus considérables, au-dessous des galeries d’écoulement.

Quel rôle joua la machine à feu comme celle de Bernissart (5) dans l’extraction du charbon?

(A suivre)

1.Robuste tonneau en acier, muni d’une anse ou d’anneaux pour l’accrocher à un câble

2.Galeries destinées à extraire les eaux de profondeur en milieu souterrain

3.Une areine  est une galerie d’évacuation d’eau qui s’évacue par écoulement.

4. Bernissart et son château. 2004.  Cécile Delfanne. Gilbert Delfanne. p.68

5. Machine à feu de Bernissart:     Rue des Iguanodons 226 à 7320 Bernissart

Pour les  visites: Tél 069 59 05 60 ou 069 76 66 13

lucile.savignat@bernissart.be

« L’étoile et la vieille ». Michel Rostain.

Un metteur en scène de musique classique est chargé de réaliser un spectacle de variétés avec Odette, octogénaire et ancienne célèbre accordéoniste.

L’éblouissement de la première rencontre se ternit rapidement au cours des répétitions. Des séances d’autographes, de dédicaces, rythment les repas au restaurant.

La santé d’Odette se dégrade, l’étoile chavire. Le metteur en scène s’interroge, n’y croit plus. Par respect pour l’étoile, par humanité, il  devra sans cesse ajuster sa position.

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 Contrepoint pour violoncelles. 1984.

Arman (1928-2005). Collection Fondation pierre Gianadda. Martigny. Suisse

Commentaires

Le temps est assassin. La star adulée  vit sur sa renommée et le public des autographes est encore séduit par son aura. Au niveau artistique, c’est l’impasse. L’esprit de l’étoile est confus et la  musique embrouillée.

Derrière le portrait d’Odette, le lecteur devine immédiatement l’étoile, la stature d’Yvette Horner, ce qui évoqué par l’auteur dans ce roman qui n’a pas de vocation biographique.

L’histoire raconte la préparation d’un spectacle avec une artiste âgée, un monument de l’accordéon, avec ses travers. Odette parle d’elle à la troisième personne et en décalage avec la réalité. Elle tente de toutes ses forces de préparer ce concert comme si annuler allait la condamner. Pour un musicien,  arrêter son instrument (p.218) est déjà un drame, synonyme d’extinction de lumières.

Derrière l’aspect technique artistique, c’est surtout l’évolution d’une vieillesse non acceptée qui retiendra l’attention.  C’est une vieille dame qui ne veut pas raccrocher et qui masque ses défaillances pour rester dans le tempo.

On ne nous apprend pas à vieillir. Beaucoup d’octogénaires  dépassent l’âge de leurs parents et n’ont même pas connu de parents âgés. Sans expérience, ils découvrent un chemin ardu. Beaucoup encouragés par les discours jeunistes de notre société actuelle, comme  Odette vont alors ignorer et masquer longtemps les écueils de l’âge pour offrir une image performante. Odette « surjoue » alors son rôle. Toute son énergie est captée pour maintenir son apparence. Il n’y plus de place pour les autres. Odette impressionne encore au premier abord mais le metteur en scène se sent piégé: il gravite autour de l’étoile mais n’a pas plus de dialogue avec Odette.

Partition.jpgFini le temps de la valse musette.

C’est la valse triste de Sibelius qu’on entend.

Les tiers ou les membres des familles* se sentent dupés par ceux qui cachent jusqu’à l’absurde les signes ou défaillances de leur âge. Même s’ils mesurent  la  nouvelle fragilité bouleversante de cet être humain proche confronté à son déclin, les proches du senior+ deviennent rapidement excédés par son aveuglement, sa désinvolture, son indifférence aux autres, son art de feindre (fréquent en matière auditive), parfois même sa manipulation.

Car le fil d’un véritable dialogue se brise et souvent de manière irréversible. La vie quotidienne sur ces bases faussées est pénible pour tous. La scène d’Odette qui malmène le serveur (p.82) au restaurant est une situation inadmissible mais hélas fréquente.

Renoncer «à régner» (p.82) et moduler ses activités, changer de répertoire est souvent tout un apprentissage. Nous reviendrons plus tard sur ce point.

Ce roman ouvre une réflexion importante et me semble a contrario une excellente initiation à la préparation à la vieillesse.

L’auteur

Né en 1942 en Lozère  (France), Michel Rostain a étudié la musique puis enseigné la philosophie. En 1978, il fonde une compagnie de théâtre lyrique et musical et continue à réaliser des mises en scène musicales. Écrivain, il publie en 2011 son premier roman « Le Fils » et en 2013, « L’Étoile et la Vieille ».

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   Une phrase

 «Au  fil du tels et des évènements, le propos de mon livre n’aura pas été d’écrire le roman d’un spectacle mais d’écrire un roman d’initiation à ma vieillesse». 

«L’étoile et la vieille» Michel Rostain.  Editions Kero 2013, p.62

 

*Le cas inverse existe: des proches surestiment les capacités de leurs parents âgés ou malades et ne mesurent pas l’ampleur de leurs difficultés quotidiennes. Même si le senior en a fait clairement état, il faut parfois un certain temps pour que ses messages d’alerte soient entendus.

 

Flowertime 2015 et Hôtel de ville de Bruxelles

Le mouvement baroque («Barroco» en portugais qui indique l’irrégularité d’une pierre)  apparu en Italie au 17e siècle utilise des couleurs soutenues (violet, prune, cognac, orange foncé, pourpre, rouge ou rose foncé), les dorures, des vases monumentaux. Il se caractérise par une ampleur ou une exubérance pompeuses. Aucun sens de la mesure dans le foisonnement artistique.

Pour parer les salles de l’Hôtel de ville gothique de Bruxelles, des artistes floraux ont confectionné des montages floraux dans ce style baroque italien comme l’illustre la décoration de cette table de repas.

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Flowertime 2015

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Parfois le baroque associait des éléments insolites comme les aubergines et les fleurs qui ornaient les tables de nos élus dans la salle du Conseil.

 

 

Cette seconde édition de Flowertime a attiré plus de 20.000 visiteurs.