Diverses mesures pèsent sur l’accès et le coût en maisons de repos (6)

 

Délicat de donner une couleur  au séjour des aînés qui devront intégrer, dans le futur, une maison de repos !

batibouw b.jpg

L’avenir ne sera pas rose: déjà des inquiétudes planent sur le secteur des maisons de repos.

Les décisions politiques en matière de financement des soins de santé, la réforme des pensions, diverses mesures fiscales modifient de plus en plus profondément le paysage général, tant pour les opérateurs que pour les résidents.

Actuellement, cerner l’évolution à court terme du secteur est impossible en raison des facteurs politiques et normatifs  suivants :

  • En Belgique, la sixième réforme de l’Etat de 2013 a régionalisé le financement des soins de santé aux personnes âgées. La compétence complète (y compris la fixation du prix réclamé aux résidents) en matière de maisons de repos a été intégralement transférée aux communautés. L’INAMI (Institut National d’Assurance Maladie Invalidité) gère encore administrativement, en agissant pour le compte des entités fédérées, les forfaits alloués aux maisons de repos jusqu’au 31 décembre 2017.
  • Les maisons  de repos  accueillent de plus en plus, des pensionnaires d’âge élevé et un grand nombre de désorientés.Les séjours hospitaliers raccourcis drainent vers elles des personnes en convalescence avec de graves pathologies et des soins lourds à effectuer. La Déclaration de politique régionale DPR 2014-2019  accentue cette tendance. Elle prévoit d’accorder la priorité à l’aide à domicile et réserve les Maisons de Repos / Maisons de Repos et de Soins aux personnes les plus dépendantes. Les nouvelles actions se concentrent sur les soins à domicile et les formules intermédiaires entre le domicile et la maison de repos. Des maisons de repos n’accueillant plus qu’un public fortement dépendant engendreront un climat  déprimant pour les pensionnaires et insupportable pour le personnel.
  • L’augmentation de normes strictes (sécurité incendie, staff, confort, environnement, etc.) obligent les maisons de repos à investir. Quatre grands groupes commerciaux se partagent en Wallonie le secteur privé des maisons de repos. Vu les exigences urbanistiques, le budget avoisine 12 à 14 millions € pour une construction. Pour assurer la rentabilité, 80 à 120 chambres sont nécessaires, ce qui condamne les petites structures privées. Une chambre neuve (15 m² plus l’espace sanitaire) dans un bâtiment qui compte des parties communes  reviendrait, selon Philippe Defeyt*, à 120.000 €.

    Des raisons budgétaires ont parfois poussé les gestionnaires à postposer jusqu’ici des travaux de conformité mais leur réalisation pourrait faire grimper le prix journalier de certains futurs résidents. **

 

* Journal RTBF du 10 mars 2015

**L’article 342 du code Wallon d’action sociale et de la santé indique qu’ «en cas de nouvelle construction ou de travaux de transformation de l’établissement pour aînés, les résidents ou les personnes accueillies présents avant le début des travaux, conservent un droit au maintien du prix d’hébergement ou d’accueil ».

Financement d’un séjour en maison de retraite en France (5).

La question du financement d’un séjour en maison de repos a été abordée dans quatre billets:

Qui paie le coût d’un séjour en maison de repos ? (1)

La contribution du résident en maison de repos (2)

Le forfait INAMI (3)

Résidente ou cliente en maison de repos ? La réalité (4)

Une comparaison avec la situation  des maisons de repos françaises est bien utile pour nous puisque les câbles de soutien du financement d’un séjour en maison de retraite en France sont là aussi visibles que les haubans du Pont de Tancarville.

Pont de Tancarville b.jpg

   Pont de Tancarville

En France, la tarification du séjour dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est divisée en trois  prix :

  • Le tarif « hébergement » soit les frais de séjour et de restauration, animations, est entièrement à la charge du résident.
  • Le tarif « dépendance » soit les aides fournies à la personne dans le cadre de ses activités quotidiennes (toilette, déplacement, etc.), est lié au degré de dépendance de la personne âgée. Une Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) prend en charge tout ou partie de ce montant.

Le traitement de l’APA  n’a pas les mêmes contours que chez nous en Belgique. En, France, demandée par l’intéressé , l’ APA est attribuée par le Conseil général après une enquête et en fonction des ressources de l’intéressé, de ses besoins et de l’importance de la dépendance évaluée au regard d’une grille. La décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie est notifiée au demandeur par courrier. Elle indique le montant mensuel de l’aide à la personne âgée dépendante et la participation financière laissée à la charge de la personne. Une fois attribuée, l’APA est versée tous les mois soit directement à la personne âgée soit à une association d’aide à domicile voire à une maison de retraite avec son accord. Le pensionnaire  de la maison de repos ou sa famille sont donc bien informés des divers montants nécessaires pour un hébergement.

  • Le tarif « soins » concerne les soins médicaux et paramédicaux et sont directement pris en charge par l’Assurance maladie. Le coût net journalier moyen des soins par résident dans un EHPAD en 2014 était de 31 euros.

Le coût moyen mensuel d’une maison de retraite en France est de de 2 200 euros/mois. Ce coût très élevé comprend donc l’hébergement, une partie du forfait dépendance et les suppléments éventuels. Outre l’allocation personnalisée d’autonomie, d’autres appuis financiers aident le résident par exemple une aide sociale ou une réduction d’impôt.

Les autorités publiques informent largement les citoyens sur ces aides disponibles et les conseils généraux comme celui du Cher par exemple publient des tarifs détaillés (2).

On notera aussi avec intérêt que les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes sont tenues de passer une convention pluriannuelle avec  le Conseil Général et l’autorité compétente pour l’assurance maladie. Cette convention  qui lie les trois intervenants à la tarification du résident repose sur cinq principes fondamentaux qui participent au fonctionnement de l’établissement:

  • la transparence des coûts et des prises en charge
  • le renforcement des moyens médicaux
  • la solidarité envers les personnes âgées dépendantes
  • une démarche qualitative
  • la mise en œuvre d’un partenariat.

Les frontaliers du Nord de la France* sont, bien entendu, attirés par les maisons de retraite belges puisque leur contribution sera souvent inférieure de 25 à 30 euros par jour et qu’ils bénéficieront d’un personnel plus étendu.

       * Dans certains établissements, les Français représentent plus de la moitié des résidents.

Résidente ou cliente en maison de repos? La réalité. (4)

Odette est en maison de repos. Elle dit qu’elle n’est pas une résidente mais une cliente de sa maison de repos.

« J’ai travaillé toute ma vie, me dit-elle. Vu le prix que je paie ici, j’ai bien le droit d’en profiter».

fauteuil argenté

                          Fauteuil argenté. Oui, mais…

Le financement du séjour d’Odette n’est pas assumé par elle uniquement: il est aussi largement pris en charge par l’Inami. C’est une mesure de soutien très favorable pour les personnes âgées.

D’où vient cette perception tronquée des résidents, de leur famille et du public en général à propos du coût d’un séjour en maison de repos ?

·    En pratique, le résident ne voit jamais sur la facture mensuelle de la maison de repos le forfait payé par l’assurance soins de santé (Inami) car il est versé directement à la maison de repos pour le pensionnaire. Celui-ci ne reçoit pas d’indications lui permettant de mesurer le coût total réel de son séjour.

·  La comparaison avec les services d’hôtellerie est régulièrement avancée comme argument publicitaire* par les groupes de maison de repos et notamment les maisons huppées. Celles-ci peuvent ainsi justifier un prix très élevé de séjour en passant sous silence le forfait Inami qui réajusterait quelque peu les perspectives pour les « futurs clients ».

·   L’argument commercial du service hôtelier passe d’autant plus facilement auprès du public qu’il séduit aussi les familles qui encouragent l’aîné à rentrer dans une maison de repos comme s’il partait en vacances à l’hôtel. De plus, c’est un moyen de se dédouaner auprès de l’entourage puisque la famille n’a pas lésiné en choisissant une « simple » maison de repos pour leur « cher papy ».

                      … une maison de repos n’est pas un hôtel !

Dans la cadre d’une politique globale de gestion de la dépendance et pour une prévention personnelle pertinente, chaque citoyen et chaque senior devrait être informé correctement des deux sources de financement d’un séjour en maison de repos. Il n’y a aucune raison de masquer la réalité: il s’agit d’une solidarité sociale  qui s’applique pour chaque personne assurée par une mutuelle (sauf certains cas) qui entre en maison de repos.

Des conséquences insidieuses découlent de la méconnaissance du système:

1.   1. L’attitude «client » n’aide pas le senior à s’intégrer à la communauté formée par les habitants de la maison de repos, ni à amorcer son projet de vie. Un client attend logiquement d’être servi mais un résident participe. Certains clients «puisque je paie» peuvent se montrer tyranniques, en manifestant des exigences disproportionnées envers le personnel (Voir le roman « Ma robe n’est pas froissée »).

2.   2.  Le résident n’est pas nécessairement au courant de son taux de dépendance traduit dans l’échelle de Katz, ni de ce que recouvre le forfait Inami, ni des implications concrètes pour lui. Le résident est hors-jeu et devient tributaire des seules informations fournies par la maison de repos. Un pensionnaire qui aurait besoin de séances de logopédie vu son état n’est pas nécessairement informé que les frais seraient pris en charge par ce forfait Inami. Choisir un autre kiné que celui qui travaille dans l’établissement implique un non remboursement par la mutuelle.

3Le débat relatif au financement du secteur des maisons de repos et la sensibilisation à la prévention de la dépendance sont faussés.

Certains représentants de maisons  de repos n’hésitent pas à comparer leur prix de séjour avec ceux de certains hôtels, oubliant que la  gestion d’une clientèle de passage génère d’autres frais spécifiques et que les frais du personnel Horeca ne sont pas couverts par un forfait Inami. De plus en maison de repos, il n’y a pas d’annulation de séjour possible: les frais  de séjour  restent souvent facturés même si le senior est absent de la maison de repos, pour hospitalisation ou vacances.

Cette absence de transparence sur la question du financement est propre à la Belgique. L’information du public est mieux assurée en France ou au Canada. Chez nous, cette méconnaissance contribue au peu de conscientisation de la population qui pense en matière au  vieillissement aux seules répercussions financières des nouvelles pathologies qui y sont  liées. Cette opacité ne nous fait pas prendre conscience  des coûts réels engagés pour le secteur des maisons de repos, ni de l’impossibilité  à réunir à l’avenir le budget colossal qui sera nécessaire pour les forfaits Inami, en cas d’explosion des séjours de tous les futurs seniors en maison de repos.

La croissance démographique du nombre de personnes âgées et l’augmentation de l’espérance de vie qui s’accompagne d’une perte d’autonomie nous entraînent inéluctablement vers cette impasse.

( A suivre)

* une maison de repos et de soins peut être décrite comme un « hôtel médicalisé » ou « avec le luxe classique et le service d’un hôtel » ou carrément « hôtel en pension complète »

Le forfait INAMI:seconde partie du financement d’un séjour en maison de repos.(3)

Avec la contribution du résident, le forfait payé par l’assurance soins de santé (Inami) constitue le second pilier qui couvre son séjour en maison de repos.

  Bruxelles - Copie.jpg

Paiement 2.jpg

Le budget des maisons de repos avec ses 2,5 milliards d’euros en 2013 se place en 4ème position dans le budget des soins de santé.

Comme nous l’avions indiqué, les versements Inami représentent environ 50 % des recettes des maisons de repos.

 

  • Comment se calcule le forfait Inami ?

Le forfait payé par l’assurance soins de santé (Inami) est un montant déterminé par établissement et facturé par jour pour chaque ayant droit.

Pour calculer les bases de ce montant forfaitaire dû, une  première distinction se fait entre les Maisons de Repos (MR) et les Maisons de Repos et de Soins (MRS), unités qui peuvent coexister au sein d’un même établissement. L’intervention forfaitaire de l’Inami sera plus importante en MRS en raison du grand nombre de personnes âgées plus dépendantes et de la quantité de personnel soignant nécessaire.

Le calcul du forfait journalier Inami est donc basé sur l’inscription dans une unité de logement MR ou MRS et sur des normes qui définissent la quantité de personnel soignant requis en fonction du profil de dépendance de chaque résident.

  • Mais comment est évalué ce profil de dépendance des personnes âgées ?

Ce profil de dépendance des personnes âgées est lui-même évalué selon l’échelle de Katz. Un questionnaire permet d’évaluer les capacités de la personne dans six pans de la vie quotidienne: se laver, s’habiller, se transférer et se déplacer, aller à la toilette, la continence, manger.

Les réponses des professionnels observateurs classent les patients en cinq catégories O, A, B, C et CD. Les catégories O et A groupent les résidents encore autonomes ou partiellement, les catégories B, C et CD ont besoin d’une aide très large ou sont totalement dépendants.

 ***

Concrètement, 95 % environ du forfait Inami servira à couvrir les frais de personnel d’une maison de repos. *

***

Le processus d’entrée du résident dans un home est opaque:«Le flou régnerait sur les critères de sélection» indiquait Test-achats dans son enquête. C’est indéniable mais on trouve partiellement ici l’explication du non-respect de «l’ordre des inscriptions». A un moment donné, suivant le nombre de personnel actif dans l’établissement, on comprend que pour le gestionnaire, le profil de dépendance (lourd ou léger)** d’un futur résident devient une donnée plus essentielle à prendre en compte pour la rentabilité de  son établissement puisque ce profil du futur pensionnaire va allouer indirectement une intervention pécuniaire plus forte de l’INAMI.

 * Ce  secteur emploie plus de 100.000 personnes. 

** «Selon les répondants, le principal critère d’admission appliqué par les homes est l’état de santé de la personne âgée, confirme Test-Achats, suivi de l’ordre des demandes».

La contribution du résident en maison de repos (2).

Si un ennui de santé subit impose la précipitation pour le choix d’un établissement,  il faudra trouver une place disponible.  Ensuite le futur pensionnaire et sa famille sont confrontés pour la première fois à une nouvelle sphère de vie avec ses règles et méthodes. Pour eux, il est difficile de discerner, dans le bouleversement de la nouvelle situation, à quoi correspond exactement le prix demandé par la maison de repos pour une journée de séjour.

séjour,coût,supplément; seniorsLa convention ou contrat signé avec l’établissement précise le type d’hébergement et les modalités financières c’est-à-dire ce prix du séjour. Les résidences n’offrent pas toujours une grille transparente des prix. C’est souvent suite à l’usage ou aux limitations par rapport à la vie antérieure que le résident et sa famille mesurent concrètement l’impact financier des prestations.

De manière générale, la liste ci-dessous permet de se faire une première idée des divers postes habituellement compris dans un prix de séjour. S’informer soigneusement dans chaque établissement visité est indispensable. Attention, les réglementations des trois régions diffèrent légèrement sur ce qui est obligatoirement inclus dans le prix d’un séjour de maison de repos ou, de repos et de soins.

Dans le prix du séjour sont  généralement compris :

  • Trois repas variés respectant les régimes spécifiques (tel que le diabète) les collations et boissons ;
  • Les soins complets 24 h sur 24 ;
  • Les honoraires pour la kinésithérapie (uniquement s’il s’agit d’une Maison de repos et de soins) ;
  • Le matériel pour l’incontinence ;
  • La fourniture et l’entretien de la literie et tous les frais liés à la consommation d’électricité, de gaz, de chauffage et d’eau ;
  • Une chambre meublée et le mobilier obligatoire ainsi que des rideaux, tentures et textiles d’ameublement (parfois il y a une latitude permettant de meubler partiellement la chambre) ;
  • L’entretien de la chambre et des sanitaires ;
  • La participation aux activités et aux animations habituelles ;

Test-Achats mentionnait  déjà en 2013 un prix mensuel de 1 361 € en moyenne.

Dans le premier article consacré à ce sujet, j’avais arrondi le prix journalier des séjours en maison de repos  à 45 €  mais il est de 37,26 € en Wallonie, 45,50 € à Bruxelles et 48,70 € en Flandre.

séjour,coût,supplément; seniors

 Cours Saleya.  Marché du Vieux-Nice

Ne sont pas compris dans le prix du séjour et peuvent donc être facturés au résident en supplément:

  • Les honoraires médicaux ;
  • Les médicaments ;
  • Les honoraires pour la kinésithérapie (en Maison de repos) ;
  • Les prestations de coiffure et de pédicure ;
  • Les produits de toilette (savon, shampooing, crème et lotions) ;
  • La lessive des vêtements personnels;
  • Les boissons hors repas ;
  • Les frais de transport individuel (ambulance, bus, taxi…) selon facturation du service;
  • Les loisirs exceptionnels, excursions ;
  • Les frais de redevance mensuelle (et frais de communications) en cas de raccordement d’un téléphone, d’une tv, ou d’internet ou de la télévigilance ;
  • La location d’un frigo ;
  • L’aide particulière à des personnes en très forte invalidité ;
  • Les autres exigences particulières.

Suivant le pensionnaire, l’un ou l’autre de ces postes supplémentaires est important, voire nécessaire surtout si le périmètre de vie est restreint à la chambre. Certains ne parviendront plus à recharger régulièrement leur GSM: le téléphone fixe devient le seul lien vers l’extérieur.

On estime qu’ un minimum supplémentaire de 7%  est facturé mais on retrouve souvent des montant de 150 à 200 € pour des postes supplémentaires divers. Ces suppléments doivent apparaître détaillés sur votre facture.

Il y a souvent un abîme entre la facture de la maison de repos et la pension, même confortable, du pensionnaire.

Un exemple ? Pour l’année 2013, dans une chambre à 2 lits d’une maison de repos en Hainaut, le prix  journalier de base était de 1351 €. Une résidente Liliane touchait une pension mensuelle de 1478 €.   Les factures de sa maison de repos indiquaient  la même année des montants mensuels de 1612 €, 1650 € et 1740 € et même 1820 €. Le prix moyen du séjour de Liliane en maison de repos était donc supérieur à son revenu mensuel.

Le plus souvent, la différence est payée avec l’épargne du résident (location de sa maison, revenus mobiliers, épargne…), ce qui est le cas de Liliane dont la maison est louée. Sinon une aide financière de la famille aurait été nécessaire. Le dernier recours est le CPAS qui peut intervenir à certaines conditions  et après enquête.

Qui paie le coût d’un séjour en maison de repos ? (1)

Je suis toujours ahurie de voir que la plupart des pensionnaires de maison de repos pensent assumer totalement seuls les frais de leur séjour en maison de repos.

Odette m’a déclaré: « Je ne suis pas une résidente mais une cliente ».

Paiement 2.jpg

En fait, le séjour en maison de repos est financé par deux sources :

  • Une contribution du résident : le pensionnaire paie un prix journalier fixé par la maison de repos selon le type de chambre. Ce prix comprend notamment le séjour en chambre et les repas.  Le prix moyen est de  +/- 45 €  par jour
  • Un forfait payé par l’assurance soins de santé (Inami) intervient pour les coûts liés aux soins des résidents de maisons de repos. La mutualité des résidents paie ce forfait directement à la maison de repos. Ce forfait est lui aussi d’un montant de +/- 45 € par jour. L’Inami intervient donc bien financièrement pour une bonne partie des coûts.

home,maison repos,coût,inami,résident,forfait

 * * *

 

Seuil météo: 15 °

CLLlLe comportement des nénuphars permettrait à certains jardiniers de prévoir la météo. Quoi qu’il en soit, en ce début d’été, nous ne sommes pas épargnés par le temps maussade et les précipitations.

Chacun ressent  différemment les caprices du temps. Nous réagissons à l’ensoleillement et les variations du thermomètre ont un impact dans tous les domaines de notre vie: comportement, travail, loisirs,  humeurs, santé mais aussi dans nos pratiques de consommation.

80% de nos activités économiques dépendent des caprices du thermomètre (1).

Au niveau de notre consommation et de nos impulsions d’achats, des études ont montré que 60% des catégories de produits de grande consommation sont météosensibles.

Le seuil psychologique majeur de déclenchement qui nous fait basculer des produits hivernaux vers les produits d’été est la température de 15 ° C.

Ainsi, à 5°C, comme le montrait un reportage télévisé (2), le client se dirige vers le fromage à raclette. A 20°C, les responsables des boucheries préparent les saucisses et viandes pour les barbecues.

 Barbecue.jpg

Scampis barbecue

A 21° C, on ajoute les glaces. A 24°C, les clients achètent leur maillot de bain.

Le corps humain doit rester à une température aux environs de 37°C quelle que soit les variations de la température extérieure, -8°C ou + 32°C. Il s’adapte aux variations.

Notre corps dépense le moins d’énergie quand  la température environnementale est à 18 °C et  la température optimale pour le sommeil s’étale entre 16 et 21 degrés.

La température idéale serait 22°C.

Au-delà de 28°C, on sort d’une zone d’équilibre avec l’extérieur et de confort, selon le Pr. Primioulle ( ULB).(3)

Au-delà de 30°C, sortir est à éviter car notre organisme souffre.

35°C est une phase critique: notre corps ne peut plus évacuer la chaleur.(3)

Pour les personnes âgées, la régulation du corps étant moins bonne, le seuil d’alerte est plus bas (30°C).

En effet, l’âge entraîne progressivement une diminution de la perception des changements de température. La composition du corps humain se modifie: le corps d’un cinquantenaire contient environ 50 % d’eau,  et celui d’une personne de 25 ans 60 %.

Le mécanisme de la soif se dérègle et n’apparaît que lorsque la déshydratation est déjà bien engagée d’où la vigilance recommandée pour boire suffisamment d’eau.

D’autre part, le système de transpiration perd son efficacité de régulation, et la chaleur est moins bien supportée: l’adaptation d’un vêtement adapté à la température extérieure est capitale.

Dans nos régions, 10°C correspond à un temps frais et implique une tenue chaude pour sortir. En dessous de 5°C environ, un bonnet et des gants semblent utiles à beaucoup d’entre nous.

15°C nous mène dans une garde-robe d’entre saison et un petit gilet ou un pull sont nécessaires.

A partir de 18°C, on peut songer à alléger les tenues.

De nouvelles technologies textiles peuvent nous aider efficacement. Des textiles « intelligents », très légers, grâce à un effet climatisant peuvent augmenter le bien-être des seniors qui revêtent parfois des vêtements trop lourds ou inadaptés à la température extérieure.

1.  1.  En Belgique, la température moyenne annuelle est de 9,7 °C,  et les températures moyennes sont de 17,0 °C en été et 3,1 °C en hiver.

2.  Reportage télévisé Journal A2/ 18 avril 2013 – Journaliste Virginie fichet.

3. Le Soir, 24 juillet 2013. Page 7.

Volontariat pour l’entraide envers nos aînés

Le constat de désengagement solidaire est criant dans les associations qui s’occupent de l’entraide envers les aînés malades, isolés, handicapés. Ces associations tentent de réconforter les aînés plus dépendants en leur permettant de rester en contact avec le monde extérieur.

Des services de visite aux malades sont rendus depuis longtemps par les bénévoles de mouvements confessionnels mais il y a maintenant pénurie d’engagements. *

Quand apparaît une perte d’autonomie, une dépendance des personnes, on ne se bouscule plus au portillon des bénévoles. La Croix-Rouge notamment recherche des bénévoles pour accompagner à domicile des personnes âgées isolées. En Wallonie, un senior sur 7 vit en situation  d’isolement et 95% des bénéficiaires ont 70 ans et plus.

LUSTRE 2.jpg

Illuminer … Lustre vénitien

L’activité bénévole en faveur des personnes âgées est plus exigeante que d’autres pour plusieurs raisons :

  •  La charge émotionnelle des visites peut  parfois être très lourde. Le volontaire doit avoir un bon équilibre  intérieur et suivre des formations appropriées à l’écoute pour accompagner des personnes démentes, malades chroniques ou en soins palliatifs par exemple.
  •  Pour les visites aux personnes âgées isolées, le lien avec le bénévole doit durer pour créer des repères. Il est demandé aux bénévoles de s’engager sur une période donnée, ce qui crée souvent une contrainte certaine pour le bénévole. « Nous sommes de plus en plus sollicités,  pour trouver des volontaires qui acceptent de consacrer un peu de leur temps à une personne âgée qui souffre de solitude. Or, être bénévole demande un engagement dans le temps, pour qu’un lien véritable puisse se nouer avec la personne visitée. »
  • Dans le secteur d’entraide envers les aînés, il arrive que l’activité du bénévole soit  pompée par des personnes relativement aisées et futées qui estiment avoir le droit de profiter de ce système facile et non contrôlé. Cela se fait donc au détriment d’autres personnes en demande, plus démunies ou isolées. Certaines associations, petites ou avec peu de moyens, ne filtrent pas la pertinence des requêtes.  Rares sont les bénévoles du secteur qui n’ont pas connu  au moins une fois le sentiment d’être instrumentalisés.

– Certains aînés ont largement la possibilité financière de recourir à des services payants pour le transport par exemple. Elles pourraient prendre un taxi mais préfèrent ne pas attendre et avoir quelqu’un à leur disposition;

– Autre exemple, André, bénévole à qui on avait demandé de se rendre chez une dame le samedi, a découvert au fil du temps qu’il compensait l’absence de la dame de compagnie qui venait tous les jours de la semaine, les quatre enfants partant chaque semaine en week-end;

– Alice, qui a une pension modeste était visiteuse avec dans un home. A la demande d’un docteur pensionnaire, elle  lui a acheté plusieurs livres sans jamais être remboursée. Avec beaucoup de cynisme, à sa demande de remboursements, le cher docteur lui a dit : « Dieu vous le rendra ».

De quoi démotiver les plus valeureux des volontaires !

 

Le vieillissement, la distension des liens familiaux, les difficultés économiques ne facilitent pas la vie des aînés en perte d’autonomie. Bien qu’ils bénéficient  de services dédiés pour les aider dans la vie quotidienne à domicile, la solitude est souvent là.

Le bénévole motivé, formé, par sa seule présence et son écoute peut illuminer le parcours des aînés et trouver lui aussi des possibilités d’échanges gratifiants.

*·    *    Ce qu’ont bien compris certains mouvements sectaires qui s’engouffrent dans le créneau de la détresse et envoient des adeptes visiter les malades, trouvant ainsi des victimes  plus désarmées.

 

Seniors bénévoles et « génération sandwich ».

Le bénévolat dans les orties? Nous avons évoqué précédemment la crise actuelle du bénévolat.

Parmi les volontaires seniors, c’est la tranche des personnes âgées de 55-75 ans qui est la plus impliquée. Tant que la santé est stable, que les conditions financières personnelles restent favorables, le bénévolat est envisageable. Les personnes qui se sont dévouées occasionnellement au cours de leur carrière ou dans des mouvements de jeunesse rejoignent plus facilement une association.

L’activité choisie est souvent dans la ligne de parcours de vie de l’intéressé. Les secteurs de prédilection des seniors volontaires sont les écoles des devoirs, les banques alimentaires, les associations religieuses, sportives, musicales ou de loisirs.

Pourtant, une enquête  française réalisée pour l’Observatoire du Management Intergénérationnel montre qu’entre 50 et 65 ans, seul un Français sur cinq s’engagera comme bénévole dans une association. Il apparaît qu’une majorité de personnes en fin de vie active ou à la retraite – 6% – ne souhaite pas s’engager dans une association.

Ces personnes entre 50 et 65 ans exercent encore leurs activités professionnelles et sont souvent soumises à des pressions car on leur reproche d’être moins rentables. Elles commencent à avoir des soucis de santé*, sont prises  en étau entre les contraintes conflictuelles d’attentions à prodiguer aux parents très âgés, aux grands enfants encore à la maison ou qui y reviennent. Cette « génération sandwich »**  n’a plus la possibilité ni la force d’inclure dans son planning une autre occupation bénévole pour la collectivité.

Ville italienne.jpg

Ile du Lido près de Venise

D’autre part, en raison des problèmes de chômage de leurs enfants, leur regard est plus aigu. Ils craignent que leur bénévolat nuise à des emplois potentiels.

Si le senior n’a pas de charge familiale ou déficit physique majeur, s’engager dans une activité ou un mouvement social reste positif et favorable à son bien-être. Le bénévole bouge, sort de chez lui, rencontre d’autres personnes, crée des liens et  renforce son réseau social, se sent utile et conserve ainsi une bonne estime de lui.

Reste à bien baliser cet engagement: nous y reviendrons.

 

*L’espérance de vie en bonne santé reste toujours d’environ  62 ans  et ne croît pas  parallèlement avec la longévité

**L’expression «génération sandwich» décrit la génération des personnes prises en sandwich entre les besoins de leurs parents vieillissants et ceux de leurs enfants. C’est un phénomène de télescopage  neuf qui n’est pas compris ni par les aînés, ni par les enfants. La plupart des parents des quinquagénaires actuels n’ont pas eu à gérer la situation de leurs propres parents très âgés. Si depuis des siècles, les besoins des aînés ont été largement assurés par leurs enfants, la situation se complique. L’espérance de vie accrue suite aux progrès de la médecine étend la période de soins à prodiguer bien au-delà d’une année ou deux mais peut atteindre 2 décennies. Il n’est plus rare de voir trois ou quatre générations dans une famille. Les jeunes ne comprennent pas non plus leurs parents ainsi coincés car pour eux la famille prend souvent moins d’importance que leurs réseaux personnels.

Ce sont surtout les femmes qui prodiguent les soins personnels et qui s’occupent de la famille ascendante ou descendante. C’est un travail tenu tacitement dans l’ombre par les bénéficiaires. De plus et il reste très mal mal vu que la génération sandwich s’exprime publiquement sur le poids et les difficultés rencontrées.