Créer pour exister. Exposition MONSens (1)

Marginalisé par la maladie, le handicap ou déchiré, brisé, l’homme essaie toujours de rétablir autour de lui à l’aide de couleurs ou de quelques pierres, une harmonie où il pourra se situer.

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Exposition Monsens. BAM 2015

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  Exposition MONSens

Du 20 juin au 6 septembre 2015

BAM- musée des Beaux- Arts à Mons

rue Neuve 8, 7000 Mons

au dimanche de 10h à 18h

« Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove ». Fredrik Bakman

Dans le lotissement où il vit, Ove est connu pour son caractère entier et ronchon.

Ove a maintenant 59 ans et ses patrons lui demandent de prendre un peu de  repos. En fait, ils le virent. Quelques mois auparavant, Ove avait perdu sa femme Sonja, dont la gaieté, l’optimisme et le rire coloraient le quotidien.

Seul et sans travail, son humeur est morose. Ove s’occupe dans son quartier en effectuant des rondes civiques notamment en vérifiant la fermeture des portes des garages, le local des poubelles, la remise des vélos. Se sentant inutile et revenu de tout, il pense au suicide.

De nouveaux voisins fraîchement installés et envahissants parviennent à  faire sortir Ove de sa tanière. Bricoleur, il  ne pourra s’empêcher d’aider son prochain remettant sans cesse son suicide au lendemain…

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 Commentaires.

Vieux, râleur et suicidaire…

Ce titre donné à la version traduite n’est guère enthousiasmant.

 Ove vieux? A 59 ans, c’est un homme habile et courageux

Râleur?  Radin oui sans doute, car il a le sens pratique et le goût des chiffres

Suicidaire? Evidemment dans pareille situation, qui ne le serait pas ?

La vie de Ove n’a jamais été un long fleuve tranquille mais il a pu, en s’appuyant sur  ses talents, négocier tous les méandres.

Le livre baigne dans le grand souffle d’excentricité propre aux auteurs scandinaves. Comment ne pas penser au livre «Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » mais nous ne voyageons pas dans la même folie débridée de Jonas Jonas.

Ici, le livre est très attachant, touchant. L’humour et  la sympathie rendent le personnage de ce bricoleur Ove très proche de nous : on croit au personnage.

Ce roman est aussi une habile confrontation dans la vie quotidienne, entre l’ancienne et la nouvelle génération : l’ancienne génération rabotée dans les entreprises, et peu au courant des nouvelles technologies et la génération Y confrontée aux difficultés  pratiques de la vie quotidienne mais forte des réseaux sociaux.

Cela m’a semblé un portrait très exact de la complexité et l’ennui  qu’éprouve un être à notre époque à se retrouver seul, à se repositionner face aux autres surtout après l’épreuve du deuil. 

L’auteur.

Né à Stockholm en 1981, Frederik Backman était devenu chauffeur de camion avant de se lancer dans l’écriture via des rubriques dans les journaux. En 2012, il écrit son premier roman «Un homme nommé Ove»  traduit chez nous par «Vieux, râleur et suicidaire – La vie selon Ove » Quelques mois après être devenu père, il intitule son deuxième roman «Des choses que mon fils a besoin de savoir sur le monde». Puis paraît son troisième roman « Min mormor hälsar och säger förlå »

  ove,bakman,saab,bricoleurSaab et Ove … Ici berline Saab 9-3 (2006)

Créé en 1947, Saab, constructeur automobile national suédois est tombé en faillite en 2011. Saab avait lancé beaucoup d’innovations en équipant ses voitures de ceintures de sécurité en série, en proposant des sièges chauffants.

Il fut un pionnier du moteur turbo. 

 Il y a  toujours aujourd’hui de véritables fanatiques de la marque qui, comme Ove, lui vouent un culte.

La phrase.

 « A présent, on ne jure que par les ordinateurs et les machines à expresso.

 Où va donc le monde quand les gens ne savent plus écrire ni préparer le café ?«  

« Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove ». Fredrik Bakman . Chapitre 2

Les vraies questions à se poser pour tout bénévole.(2)

Avant tout engagement, voici les points fondamentaux à examiner.

vos limites personnelles

  • en clarifiant les raisons qui vous poussent à l’engagement : faire partager votre expérience ou vos compétences, changer le monde, donner un sens à un événement traumatisant, échapper à une situation personnelle,…
  •  en vérifiant votre situation administrative particulière (exemples emploi, maladie, chômage, prépension…) et la nécessité  éventuelle de formalités ou autorisations administratives. Voir à ce sujet la brochure publiée par la Fondation Roi Baudouin.
  •  en  tenant compte  de votre état physique et en déterminant dès lors vos restrictions éventuelles dans le cadre de l’activité (par exemple, pas  de port de charges si dos fragile…)
  •  en établissant vos disponibilités horaires réelles pour l’activité envisagée, y compris le temps éventuel de trajet. Dans l’enthousiasme du débutant, ne négligez pas l’importance à accorder à votre vie familiale ou amicale qui perdure après la fin du bénévolat si on a cultivé ses relations !
  •  en déterminant un terme précis à votre engagement pour une association donnée (vous vous engagez pour 1 an, 2 ans, 5 ans… quitte à réévaluer). Evitez les « on verra » qui vous rendent malléables au fil du temps et vous placent dans la perspective d’un engagement illimité: ce qui amènerait une rupture brutale si les structures, le personnel des associations deviennent incompatibles avec votre engagement initial.

  la nature de l’engagement envisagé 

  • Quel type d’engagement recherchez-vous : accompagnement de personnes, transmission de savoir, soutien administratif, logistique…?
  •  Un engagement  ponctuel ou régulier ?

                        «Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier» !

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– Si vous avez beaucoup de temps à offrir,  il serait préférable de répartir votre temps entre deux ou trois associations œuvrant dans des secteurs différents plutôt que d’être actif  au sein d’un seul mouvement.

Vous vous créerez plus de liens, plus d’ouvertures. Vous conserverez toujours votre liberté d’action, et la possibilité de quitter en cas de désaccord, sans effondrement de toute votre vie. Christiane entièrement impliquée totalement dans une association n’a pas osé dire « Stop » au moment où son association a dérivé, par peur du vide de son existence alors que Josiane qui a trois activités régulières et une ponctuelle n’a pas hésité à remplacer une de ses activités par une autre quand un des dirigeants est devenu tyrannique.

 – Vous donnez de votre temps: il n’y pas lieu dans le cadre strict de votre activité de financer cette activité par un apport financier personnel. Libre à vous d’aider  à d’autres moments les associations qui ont certes toujours besoin de dons. Bertha avait pris l’habitude de fournir les produits de lessive pour le lavage bénévole de linge d’une communauté. Le jour où elle n’a plus pu assumer cela financièrement, elle a été critiquée et s’est sentie harcelée. 

la structure de l’association

Votre discussion avec l’association est capitale. Celle-ci a d’ailleurs envers vous une obligation d’information détaillée.(1) Vous devriez obtenir toutes les informations sur le cadre légal (statut juridique exact de l’association, le nom des  personnes juridiquement responsables mais parfois très éloignées du terrain), sur les objectifs poursuivis, sur le mode de fonctionnement et le circuit de décision, sur la question des responsabilités et des assurances, sur les  indemnités éventuelles, sur la ligne déontologique et le secret propre à la fonction.

Soyez aussi attentifs à la fonction exacte de la personne qui  vous accueille.

D’autres aspects peuvent vous fournir des indications.

  • La loi autorise uniquement le bénévolat dans des organisations qui ne cherchent pas à faire du profit: le mouvement suit-il cette optique ou la recherche de profits commerciaux est-elle présente?
  • Si le travail bénévole est aussi exercé par des salariés, comment  interagissent les membres du personnel et les bénévoles? Le travail s’effectue-t-il en équipe ou non ? Y a-t-il une hiérarchie? Est-il possible de discuter avec des bénévoles déjà en place?  Ne prendrez-vous pas la place d’un actif rémunéré? Il y a là vraiment matière à réflexion : ainsi Sylvie, bénévole dans un hôpital, mère d’une infirmière, a constaté que le service où elle se dévouait, avait diminué le nombre d’aides-soignants suite à l’arrivée de bénévoles. Sylvie a cessé son action.

 

L’action bénévole qui fragilise l’emploi ou un secteur commercial perd toute raison d’être.

  • La reconnaissance n’est pas le moteur premier du bénévole mais elle est le le marqueur d’un état d’esprit de l’association. La gratitude envers les bénévoles est-elle présente soit par une manifestation publique soit par une communication régulière et attentive envers les bénévoles? Il arrive parfois que le bénévole soit traité avec mépris ou son action si cachée que les tiers ne se rendent pas compte que ce sont des bénévoles qui les aident…
  •  La question des responsabilités est fondamentale.

Marc, piéton, est renversé sur le trajet de l’association où il se rend chaque mardi. Il est blessé.

Le sol du local que Jeanne nettoie est encore humide et un visiteur s’y casse la jambe.

Au cours d’une visite à un malade, Agnès laisse tomber le Gsm de celui-ci. Son Gsm ne fonctionne plus et le malade est très mécontent.

Qui paie ces dommages et en gère les suites? La situation sera différente selon le régime juridique de l’association qui emploie le bénévole.

Dans certaines organisations, la loi a instauré une protection en faveur des volontaires. Les fautes des bénévoles qui occasionnent un préjudice à des bénéficiaires de l’activité bénévole, à des tiers ou à d’autres bénévoles y sont couvertes par une assurance. La responsabilité civile est assurée aussi bien pendant la réalisation des activités que sur le chemin menant à celles-ci.(2)

Mais cette protection légale est loin d’exister dans toutes les organisations utilisant des bénévoles: le bénévole peut donc être rendu personnellement responsable en cas de souci.

Il est donc indispensable de demander (3) si l’organisation est soumise au régime spécifique de protection de la responsabilité civile des volontaires, instauré par la loi. En obtenir l’attestation écrite lève toute ambiguïté  pour le bénévole et ne posera aucune difficulté si la question des responsabilités est nette dans le mouvement.

S’il s’agit d’une vaste organisation et que vous travaillez à un échelon très local, vérifiez aussi la situation particulière du groupement local qui peut avoir un cadre juridique différent du noyau central.

S’il s’agit d’associations de fait ponctuelles, occasionnelles, la responsabilité civile reste régie par les règles du droit commun et le volontaire peut voir sa responsabilité personnelle engagée et être obligé de réparer ou d’indemniser lui-même les dommages occasionnés. Il peut alors faire appel à son assurance familiale s’il en a une.

Si l’organisation n’est pas assurée, insuffisamment (4) ou en cas de doute, les volontaires auront vraiment intérêt à souscrire une assurance RC Vie privée (RC Familiale) avec un volet protection juridique.

 

***

Si vous n’obtenez pas de réponses précises à vos questions, il faut avoir le courage de dire non à l’association et rechercher un autre engagement valable qui vous convient.

Si tout est ok, vous devenez le maillon de la chaîne des 100 millions d’Européens qui participent à des activités bénévoles et s’y épanouissent. Sachez réagir avec calme, humilité, humanité mais aussi vous faire respecter!

Faites nous part de vos expériences, ce qui aidera d’autres à trouver leur chemin. Merci.

 

 

 1. CHAPITRE III. – L’Obligation d’information 

Art. 4. Avant que le volontaire commence son activité au sein d’une organisation, celle-ci l’informe au moins:
a) du but désintéressé et du statut juridique de l’organisation; s’il s’agit d’une association de fait, de l’identité du ou des responsables de l’association;
b) du contrat d’assurance, visé à l’article 6, § 1er, qu’elle a conclu pour volontariat; s’il s’agit d’une organisation qui n’est pas civilement responsable, au sens de l’article 5, du dommage causé par un volontaire, du régime de responsabilité qui s’applique pour le dommage causé par le volontaire et de l’éventuelle couverture de cette responsabilité au moyen d’un contrat d’assurance;
c) de la couverture éventuelle, au moyen d’un contrat d’assurance, d’autres risques liés au volontariat et, le cas échéant, desquels;
d) du versement éventuel d’une indemnité pour le volontariat et, le cas échéant, de la nature de cette indemnité et des cas dans lesquels elle est versée;
e) de la possibilité qu’il ait connaissance de secrets auxquels s’applique l’article 458 du Code pénal. 

Les informations visées à l’alinéa 1er peuvent être communiquées de quelque manière que ce soit. La charge de la preuve incombe à l’organisation.

 2. Celui-ci est défini comme le chemin normal et le plus court entre le domicile du bénévole et l’organisation ou l’endroit où se déroule l’activité

 3. Même si les associations qui ne sont pas légalement obligées de souscrire une assurance sont tenues d’informer leurs bénévoles qu’ils ne sont pas protégés et que leur responsabilité civile personnelle peut donc être engagée

4. Si l’assurance de votre association offre une couverture trop limitée ou n’intervient pas en cas de faute grave ou de faute légère répétée, il sera parfois intéressant pour vous de vous appuyer sur votre propre RC Familiale avec un volet de protection juridique qui permet de gérer la situation compliquée des responsabilités qui pourrait naître à la suite d’un incident.

Les vraies questions à se poser pour tout bénévole.(1)

Vous avez décidé d’exercer une activité bénévole, de devenir volontaire, bref de vous engager. Pour aider, partager, agir ensemble, rencontrer d’autres personnes en vue du bien-être d’autres ou pour une société meilleure.

Cela semble  si évident; beaucoup s’engagent rapidement, sur un coup de tête ou de cœur. Le burnout, le stress ou la grande déception peuvent miner l’engagement sympathique initial chez certains bénévoles qui n’ont pas su poser  leurs limites.

En adoptant une loi relative aux droits du volontaire, le législateur a  déjà cadré l’activité du volontariat.*

Toutes les activités exercées par des «bénévoles» ne respectent pas ce cadre légal.

Par exemple, divers mouvements tablent sur la tradition, les convictions personnelles ou religieuses, le désœuvrement de  certains de leurs membres pour les inciter à «rendre service»: en fait, c’est un bénévolat déguisé qui est parfois instauré à leur insu.

Découvrez les points fondamentaux à examiner avant tout engagement.

à suivre

bénévoles,questions

*La loi qui a été publiée dans le Moniteur belge du 29 août 2005, modifiée entre autres par la loi portant des dispositions diverses (27/12/2005) et par la loi votée à la Chambre le 8 juin 2006.

 

Bénévoles en burnout ….

Le burnout, bien connu dans les milieux professionnels, s’installe aussi chez les bénévoles qui n’ont pas su poser des limites à leur action.

Le terme « Burn out »  signifie: « brûlure interne« .

Herbert J. Freudenberger a publié en 1980, un livre sur l’épuisement professionnel. » En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles.  Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte » (L’épuisement professionnel: la brûlure interne, p.3).

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La situation peut sembler paradoxale  chez des bénévoles qui s’activent  volontairement et gratuitement mais beaucoup de bénévoles s’épuisent et se découragent après plusieurs années.

L’analyse du  phénomène du burnout chez les bénévoles en est encore aux balbutiements.

Les chercheurs  qui ont étudié ce syndrome d’épuisement professionnel ont mis en évidence deux facteurs majeurs.

Le burnout a tendance à survenir:

· Là où l’activité professionnelle implique un  engagement relationnel  intense comme c’est le cas pour les professions d’aide.

· Là où existe souvent un déséquilibre entre les ressources à la disposition de l’individu et son activité ce qui entraîne un sentiment d’inefficacité et une frustration permanente pour lui. 

Cette analyse se transpose aisément au monde du bénévolat puisque les deux éléments y sont récurrents. D’autre causes spécifiques peuvent encore attiser le burnout des bénévoles, comme un engagement personnel intense, une grande responsabilité et mise en cause des bénévoles, des tensions internes pénibles entre membres et direction, des facteurs sociétaux comme la moindre reconnaissance des actions altruistes.

Quand on lit dans le journal « Le Soir » du 2 Juillet 2015 à propos de la menace de grève des médecins contre le tiers payant obligatoire que Roland Lemye, vice-président de l’Absym déclare et sans doute avec une réelle pertinence vu l’évolution de notre société actuelle:

«On sait que ce qui est gratuit devient rapidement sans valeur» *.

La question du niveau de reconnaissance accordé actuellement aux actions bénévoles trouve toute sa légitimité. Appliquons le raisonnement  de la gratuité au  bénévolat dans le secteur médical ou les hôpitaux: la conclusion de la dévalorisation  de ce travail bénévole se fait sentir non seulement chez les patients mais aussi chez les référents médecins ou cadres: ce sentiment de non-valeur m’a plusieurs fois été confirmé.

Avant tout engagement bénévole, une réflexion s’impose donc pour les futurs bénévoles. Quelques questions doivent être examinées,  ce que nous verrons bientôt.

*or, il faut bien préciser que les visites médicales ne sont nullement gratuites mais remboursées par la mutuelle.

«Alice et l’homme-perle».Valérie Cohen.

Une résidence de standing Eaux Douces à Saint-Germain-en-Laye. Quelques femmes sexagénaires s’y côtoient chaque jour. Leur dénominateur commun: elles sont toutes sexagénaires, ont l’aisance financière, une santé harmonieuse, un tempérament façonné avec le temps. Toutes sont étouffées par la solitude et manquent de contact social. Alice reste confinée dans ses rêves, ses souvenirs d’ une aventure amoureuse passée avec Diego et son jardin de fleurs. Une excursion surprise est organisée par ses amies pour lui faire retrouver Diego à Séville. Alice se réveille. Un professeur de dessin, un juge vieux garçon et la directrice de la Résidence font partie du voyage.

Chaque participant va revisiter son passé. Le temps ne s’est donc pas arrêté… ni pour Alice ni pour eux?

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                      ….. des couleurs et des odeurs de cette andalousie (p.181).

L’auteur

Née à Bruxelles en 1968  Valérie Cohen a d’abord exercé la fonction de juriste d’entreprise avant de se tourner vers d’autres horizons et l’écriture. Elle est l’auteure de «Double vie d‘un papillon», «Nos mémoires apprivoisées» et « Alice et l’homme-perle » en 2014.

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«Cette douce histoire permet d’arpenter la plage de la soixantaine féminine avec ses illusions et désillusions» CD

Commentaire

Dans ce roman Valérie Cohen dessine une histoire sentimentale  charmante entre sexagénaires bien-portants. Inutile de dire qu’il serait bien difficile de trouver dans la réalité des habitants de résidence aussi dynamiques et unis. De nombreux passages graves montrent que «la joie sereine» des pensionnaires n’est pas une comédie mais un rite de survie. La description de ce que représente la fête des mères pour une sexagénaire Juliette touchera, j’en suis certaine, de nombreuses mamans.

L’âge n’éteint ni les sentiments amoureux ni les émois: aimer reste parfois douloureux.

Un  jour, Juliette, amie d’Alice a l’idée de classer les hommes en deux profils: l’homme-bonbon et l’homme-perle. L’homme-perle laisse une trace indélébile. Certains lecteurs trouveront sans doute qu’un autre homme-perle s’est peut-être échappé du roman: Arthur, mari d’Alice est bien dilué dans les souvenirs de sa femme. N’était-il pas lui aussi une perle pour avoir permis à Alice de vivre son histoire et sauvegarder sa famille? 

Mais les souvenirs comme les élans du cœur ne sont guère équitables…

Cette histoire idyllique tranche par son optimisme sur d’autres romans bien plus moroses. La vie n’est pas suspendue à 60 ans. Ce roman permet d’arpenter la plage de sable de la soixantaine féminine avec ses illusions et désillusions. 

Un passage

«Tous ont affronté les versants glissants de la vie et choisi de se relever ou pas.

Ils portent de ces blessures invisibles qui ne se soignent pas à coup d’antalgiques». p.104

Alice et l’homme-perle. Valérie Cohen, Éditeur: Luce Wilquin – Parution : Janvier 2014 – 190 pages.

Imagination fertile en faveur des seniors ?

Certains seniors, handicapés ou malades, ont besoin d’être aidés.

Comment prendre soin et les aider en respectant leur dignité?

Comprendre la vieillesse. Prendre soin. Chacun de nous a ses valeurs et son imagination fertile. Le petit monde de la gérontologie est parfois étonné par des projets ou études qui interpellent ou des initiatives « originales » . Voici ici quelques projets : seraient-ils acceptables pour vous, devenus seniors?

  • Prendre soin de ses parents ou grands-parents vieillissants pourrait bientôt se faire depuis son jardin. Un projet développé en Flandre prévoit d’installer les seniors dans des espaces de vie sous forme de container, déplaçable et parfaitement équipé. Les containers seraient placés dans les jardins des familles des personnes vieillissantes.

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Oeuvre de Paco Sagasta 1995.

                                                                  (Hôtel Diana Molsheim- France) 

  •  En France, l’ancienne secrétaire d’Etat Rama Yade  a  proposé un service civique obligatoire pour les seniors, « à partir de l’âge de la retraite jusqu’à la perte d’autonomie ». Si ce travail obligatoire permettrait d’arrondir les fins de mois des retraités,  elle imagine qu’une partie de la retraite devrait être conditionnée à l’accomplissement de ce service civique dans les domaines suivants : Culture et loisir, Développement international et action humanitaire, Education pour tous, Environnement, Intervention d’urgence en cas de crise, Mémoire et citoyenneté, Santé, Solidarité, Sport.

  • La Suisse, passant outre au vif débat qui oppose les spécialistes de gérontologie, a autorisé un projet de construction d’un village façon années 1950, réservé aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles neurodégénératifs. Le village devrait s’implanter près de Wiedlisbach, dans les environs de Berne vers 2019. Les maisons seront délibérément conçues pour recréer l’atmosphère d’antan. Pour renforcer l’apparence de normalité, les personnels soignants se déguiseront en jardiniers, coiffeurs ou commerçants.  Markus Vögtlin, l’entrepreneur suisse à l’origine du centre de Wiedlisbach, a pris pour modèle une maison de retraite néerlandaise de Hogewey dans la banlieue d’Amsterdam créée en 2009.Vivre dans ce monde d’illusions a un coût de 5 000 euros par mois.
  •   En 2013, au Canada une étude a été publiée Patients’ willingness-to-pay for an Alzheimer’s disease medication.  Des chercheurs canadiens ont interrogé des personnes malades d’Alzheimer, pour laquelle aucun traitement amenant la guérison n’existe à ce jour. Les questions se basaient sur l’existence d’un médicament (imaginaire) avec des variations d’effets secondaires et d’efficacité et demandaient  quelles sommes ces malades seraient prêts à dépenser pour se soigner ?
  •  Ils sont en Thaïlande, atteints d’Alzheimer ou de démence sénile. Ils finissent leurs joursà Chiang Mai, à 8500 kilomètres de leur pays, la Suisse. Le  petit centre spécialisé Baan Kamlangchay fondé par le Bernois Martin Woodtli compte 14 résidents. Les hôtes sont pris en charge 24 heures sur 24. La nuit, les accompagnants dorment sur un matelas au pied de leur lit. Pour un patient, il y a trois soignants. Les patients peuvent se déplacer en toute liberté puisqu’ils sont toujours accompagnés. Pour des Thaïlandais, il est normal de prendre soin des aînés. Cette alternative insolite  de prise en charge pour le malade a un coût: environ 3500 francs par mois.  Si le contact humain est privilégié, le malade est loin des siens, plongé dans un autre monde avec une langue inconnue. A à partir d’un certain stade de la maladie, l’aspect linguistique ne jouerait plus. L’éloignement  non plus car «En fait, les patients emportent leur histoire, leur passé avec eux et le vivent ici», constate Martin Woodtli.

«Les amazones» Raphaëlle Riol.

Lors d’une visite à sa grand-mère dans une maison de retraite à Caen, Alice quittera le « Repos-Fleuri » accompagnée d’une autre pensionnaire qui l’a interpellée:

 « Je m’appelle Alphonsine. Sortez-moi de là ».

Alice, la trentaine, qui travaille dans l’événementiel et Alphonsine, 89 ans, se découvrent de nombreux points communs. Chacune a un souvenir déplorable de sa vie de couple et est satisfaite que son compagnon soit décédé. Elles détestent aussi la campagne.

Marquées par leur histoire personnelle et assoiffées d’indépendance, elles transgressent les contraintes sociales comme des guerrières ou des amazones. Mais quelles alternatives ont-elles réellement?

En quête d’un autre destin, elles rejoignent la plage pour crier …

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« Au loin, la mer se dérobe toujours plus et déteint doucement.    

… Bleu-gris, gris-bleu, gris foncé » page 200

L’auteur.

Née en 1980 à Clermont-Ferrand, Raphaëlle Riol est professeur de lettres en région parisienne et a publié en 2011 un premier roman « Comme elle vient ».

Commentaire.

L’intelligente analyse psychologique d’un duo inattendu capte l’attention. Le ton ironique de ce livre m’a beaucoup plu. La trame du roman montre l’évolution de la place des femmes dans la  cellule familiale et dans notre société.  

Malgré les obligations familiales, nous sommes parfois tous un peu, comme Alice ou Alphonsine, des électrons libres. Simplement, certains le sont à temps complet et d’autres à temps partiel !

  • Le sens de la formule de l’écrivaine (« Extinction de voix ou voie d’extinction ? » p.11) égaie les pages qui abordent un sujet grave. Ces malices stylistiques s’accordent à l’état d’esprit des deux rebelles, qui n’ont plus rien à perdre dans une société cruelle:

«Vous savez Alice, de nos jours, ne pas être hors la loi, c’est perdre la tête… Que ce soit au travail, chez soi, ou en maison de vieux».p.189.

  • Deux femmes, deux destins vont se mêler. Derrière les apparences simples de chacune, est enfoui leur monde intérieur complexe. Petit à petit, l’écrivaine fouille leur psychologie, déterre et dévoile au lecteur complice leur vérité singulière, celle qui a « perforé » leur corps et « vrillé » leur esprit. Pour l’une et l’autre, cette vérité n’est pas connue ou admise par les proches ou enfants : ceux-ci n’ont pas envie de savoir et restent prisonniers de leurs convictions. L’«épais tissu d’évidences fragiles» p. 200 est difficile à déchirer. Même à sa comparse Alice, Alphonsine n’a plus envie d’expliquer l’incroyable injustice de son sort.

Une pensionnaire de home dans une situation similaire me disait récemment: «Oui, je pourrais expliquer ce qui s’est passé; mais il arrive, qu’après avoir trop souffert, le coeur se clôt, les mâchoires se serrent, la voix  diminue…». 

  • Un grand écart d’âge sépare Alice et Alphonsine. Pourtant elles sont confrontées  toutes deux à l’éternelle domination masculine. La difficile question de la place de la femme, toujours d’actualité, notamment dans le cadre professionnel, est bien cernée.

Une phrase

 « Parce que le comble de l’impardonnable, Alice, croyez-moi, c’est la résignation». p.126

 Amazones, Raphaëlle Riol, coll. La brune. Editions du Rouergue 2013, 208 pages

Et la Belgique peut-elle se rêver en bleu? (3)

La Belgique peut-elle se rêver en bleu, en  Blue Zone ?

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On nous dit que nous vivrons vieux en Belgique. Sans doute.

Mais dans quelles conditions ?

L’âge de la retraite est porté à 67 ans en 2030. Le problème est que notre espérance de vie en bonne santé et sans incapacité est de 65 ans.

La perspective de vivre jusqu’à 100 ans soulève donc un optimisme à tempérer, comme le montrait une analyse pointue de Sylvie Simon (1). Nos propres centenaires actuels ont bénéficié dans leur jeunesse de facteurs largement favorables à la longévité: peu de pollution, nourriture plus saine, activités physiques plus intenses dans les déplacements (marche,vélo…). 

 

voeux,2015,nice

Les 6 facteurs favorables à une longévité agréable relevés dans les Blue Zones apparaissent dans notre pays viciés et dans le rouge. Notre alimentation ? Nous ne savons plus bien ce que nous mangeons. Non seulement beaucoup de produits  sont transformés avec de multiples additifs mais ils contiennent beaucoup trop de sucres. Même les aliments non transformés  comme les fruits et légumes posent problème car leur concentration en nutriments a chuté drastiquement depuis 1950 (2).

L’analyse des conditions de vie révèle un tableau bien différent pour la population née après la seconde guerre mondiale.

Blue Zone

Belgique 2015

Sobriété Obésité, addictions…
Sérénité  Stress, incertitudes…

Exercice physique régulier 

Sédentarité.
Zone aérée et ensoleillée Climat gris, pluvieux. Pollution.
Alimentation à base de légumes et des fruits   Alimentation transformée, industrielle, avec beaucoup de viande
Vie sociale active, communautaire, proche de la famille et des amis. Vie isolée, ou de type « cocon », famille de type nucléaire ou monoparentale.

En Belgique, la population vieillit effectivement .

Mais notre pays ne sera pas une Blue Zone. Ni un port de longévité tranquille avec un ciel d’azur où le vieillissement s’effectuera en bonne santé et où nous vivrons tous entourés de nos amis très âgés.

A partir de 65 ans, de nombreux patients de notre pays cumulent déjà une série de pathologies différentes, chroniques et complexes. A présent, «90% des personnes âgées sont sous médicaments» (3) alors que les centenaires des Blue Zones ont peu recours à la médecin chimique.

La population belge née après la seconde guerre mondiale n’aura pas les mêmes jokers que la génération précédente qui eut un mode de vie proche des piliers de longévité des Blue Zones.

Les futurs seniors ne pourront tous éviter les maladies ou dégradations du corps, de l’esprit, du souffle et la solitude. A la conjonction des facteurs défavorables relevés dans le tableau de comparaison ci-dessus, il faut  ajouter l’impact négatif d’une mobilité «nécessaire», de la diminution du montant des retraites ou des allocations publiques, de la commercialisation croissante des soins de santé. Une dépendance même minime nous rend dépendants de l’industrie médico-pharmaceutique.

Dès lors, comprendre que les années de vie gagnées en autonomie ou en relative santé sont capitales pour naviguer sereins, devient non seulement un enjeu de santé publique mais notre défi personnel.(4)

 1. Vivons- nous plus vieux. Sylvie Simon  Nexus 74/  mai-juin 2011.

2. Journal le Soir du 28 janvier 2015 , page 19

3. Vivons- nous plus vieux. Sylvie Simon  Nexus 74 / mai-juin 2011.

4 «Il convient de rappeler que la prévention commence à la naissance et se poursuit jusqu’à la fin de vie,intégrant la prévention primaire, secondaire et tertiaire. Elle s’inscrit dans une logique qui comprend la prévention de la perte d’autonomie, mais aussi dans tout le parcours de vie des personnes dont chaque étape offre des opportunités pour en saisir les moments clés: maladie, isolement, prise de conscience,ruptures». Rapport « Anticiper pour une autonomie préservée : un enjeu de société » du Dr Jean-Pierre Aquino. 2013.

Blue Zones: ancrage et osmose.(2)

Les «Blue Zones» ou zones bleues désignent donc plusieurs régions du monde où, sur un petit territoire déterminé et sur base de données mesurables comme les effectue Michel Poulain, vit un certain nombre de supercentenaires.

Dans ces zones, la longévité est  bien vécue par les résidents qui ne sont pas malades ou dans un état lourd d’incapacité. Ces centenaires agiles font de l’exercice régulièrement ou s’occupent de leurs jardins.

Au sud de la Chine, le canton de Chengmai compte dans ses villages parsemés d’orangeraies plus de 200 centenaires, ce qui donne un ratio centenaires/ population, très élevé. Les habitants de Chengmai résident aussi  dans un milieu sain avec une alimentation à base de fruits et légumes. Dans un climat tropical agréable, ils cultivent leurs champs.

Les habitants dont Xu Yuhe, 104 ans attribuent volontiers leur tonicité à la liqueur locale à base de céréales. Rappelons qu’en Sardaigne, c’est le Cannonau qui réchauffait les habitants et qu’à Okinawa, un petit verre de Saké entre amis est le bienvenu. Jeannette Calment, morte à 122 ans, vantait son petit verre de Porto.

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Venise, au bord de la lagune.

Une consommation très modérée d’alcool* peut s’avérer favorable mais uniquement  chez les femmes âgées de plus de 65 ans.

La vie sociale de ces seniors chinois est régulière et dense:«chaque matin les anciens se réunissent sur les bancs de la maison de thé, les hommes jouant aux cartes et les femmes bavardant ou écoutant de vieux enregistrements d’opéra.»

Chez les Hunzas qui habitent le Cachemire, la maladie n’existe pas et les vieillards alertes  conservent chevelure et denture.

On trouve de nombreux vieillards en parfaite santé chez les indiens de la vallée de Vilcabamba en Equateur. Cette vallée des centenaires bénéficie toute l’année d’un climat agréable avec des températures comprises entre 18 et 24°. Tous ces peuples comme les Abkhazes habitant une région du Caucase entre la Russie et la Géorgie ou  les Mormons ont une alimentation équilibrée.

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Il me semble aussi au vu des récits recueillis dans les Blue Zones ou chez nous que la plupart des seniors très âgés ou centenaires ont bénéficié de 2 autres atouts.

+ un ancrage territorial.

La permanence d’un ancrage territorial  n’a pas contraint  ces supercentenaires à rejoindre le flux de la mobilité. Beaucoup habitent et ont travaillé dans leur région ou la vallée de leur naissance. Rappelons-nous d’ailleurs en France le témoignage de Geneviève Casadesus, centenaire, qui a «bénéficié d’une grande stabilité affective mais aussi géographique car aujourd’hui encore, elle habite l’appartement où elle est née »

Les Okinawaïens émigrés au Brésil ont abandonné leurs habitudes de vie et n’échapperont pas aux maladies ; leur espérance de vie est aussi diminuée de dix-sept ans.

+ une trame de vie en osmose avec le milieu.

L’organisation et les rythmes de vie des grands seniors sont souvent déterminés par

·       la synergie avec la nature.

·       la conservation des traditions.

·       une pratique spirituelle quelle qu’elle soit.

L’ancrage territorial et une trame de vie en osmose avec le milieu évitent à l’individu  de nombreux tracas (transport, trajets, déménagements…), permettent un équilibre persistant avec la présence d’appuis connus (membres de la  famille, voisins, amis…) et des points  temporels de repère (fêtes, rites, habitudes…). L’aspect humain et relationnel d’une vie est préservé et l’harmonie psychique qui en résulte est sans doute très favorable à la longévité. 

* On peut attribuer l’aspect cardioprotecteur du vin à sa contenance en resvératrol, un polyphénol que l’on trouve principalement dans le vin rouge issu de l’agriculture biologique. Par contre, chaque verre d’alcool, dès le premier verre, représente une hausse importante du risque de divers cancers (bouche, pharynx, œsophage, sein et colorectal). Journal (Le Soir  11 février 2015 page 26).