Right, before I die. Exposition à Bruges.

« Right, before I die » est une exposition qui se tient à Bruges dans les locaux de l’hôpital Saint- Jean (Sint-Janshospitaal) jusqu’au 18 octobre 2015.   

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En 2012, le photographe Andrew George (de Los Angeles) entreprend  de collecter, en Californie dans le Centre médical Providence de Sainte-Croix, des témoignages de patients en soins palliatifs. Il fait leur portrait photographique et recueille leurs mots ou leurs lettres.

Ce  temps de travail au cours duquel il a parlé avec des patients s’est étalé sur deux  ans et donne lieu à l’exposition « Right, before I die » (Juste avant que je meure).

« La vie n’est clairement pas éternelle…» dit Sarah

Les valeurs fondamentales de ces patients, la plupart disparus aujourd’hui, transparaissent et suscitent la réflexion. Leurs mots ou visages sont, pour nous spectateurs, un don précieux car ils montrent quels ont été pour eux les petits cailloux blancs ou les pierres angulaires de leur existence. On s’aperçoit que dans une vie, on ne maîtrise pas toujours grand-chose: ni le temps, ni la chance, ni le hasard, ni les autres surtout.

Le visiteur est inévitablement amené à se confronter à sa propre vie. Le statut social n’offre plus de protection et se dilue au terme de la vie. Avoir des liens avec sa famille, se contenter de peu semblent les meilleures atouts pour acquérir une certaine tranquillité d’esprit au moment de quitter cette vie.

Le jour de ma visite, j’ai remarqué un homme assis sur un banc qui pleurait…

L’exposition n’est clairement pas joyeuse mais elle montre que

«La clé de la vie, c’est se rendre compte qu’il y a plus qu’une clé ». Ralph

Le travail d’Andrew George a été couronné de nombreux prix et fait l’objet d‘expositions internationales. Cette exposition est aussi accessible en ligne dans diverses langues.

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Right, before I die

jusqu’au 18 octobre 2015

au Sint-Janshospitaal à Bruges

Bruges: l’hôpital Saint-Jean.

Au Moyen Age, l’accueil des pèlerins et des indigents suite à l’augmentation de la main-d’œuvre campagnarde venue dans les villes provoquera la création d’hôpitaux, notamment dans les comtés de Flandre et de Hainaut.

L’hôpital Saint-Jean de Bruges, fondé vers 1180, sera l’un de ces premiers hôpitaux où des religieux soignaient les pèlerins. L’établissement restera même en fonction jusqu’en 1976.

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Vue sur la salle des malades Jan Beerblock (1739-1806)

Memling Sint-Janshospitaal Museum

Partout en Europe, à partir du 13ème siècle, d’autres «Hôtels-Dieu»*naîtront.

L‘Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines est resté un exemple visible très complet d’institution hospitalière médiévale avec sa salle des malades et ses lits alcôves, les instruments médicaux et infirmiers.

L’hôpital Saint-Jean est lui devenu un musée artistique. A côté de l’emplacement de l’ancienne salle des malades médiévale de l’hôpital Saint-Jean de Bruges (Oud Sint-Janshospitaal), avec ses briques et ses poutres se trouve la chapelle. « Le salut du corps s’accompagne évidemment du salut de l’âme« . Ces bâtiments s’étofferont au XVème siècle. Maintenant, ils abritent  des livres, registres, des instruments de soins, de la vaisselle, des tableaux qui permettent d’imaginer un peu l’atmosphère hospitalière d’antan.

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Là, sont aussi exposées les œuvres maîtresses  de Hans Memling, réalisées au XVe siècle pour l’institution, comme la célèbre châsse de Sainte Ursule.

Sainte Ursule était invoquée à l’ Hôpital Saint-Jean pour soulager les migraines et apporter une mort sereine.Le 21 octobre 1489, une cérémonie eut lieu dans le chœur de l’église de l’hôpital Saint-Jean  pour placer les reliques dans cette nouvelle châsse peinte avec minutie par Memling qui retrace la vie et le martyre de Sainte Ursule.

Dans l’ambiance animée et touristique de Bruges, la visite du « Memling Sint-Janshospitaal Museum »  situé Mariastraat 38, 8000 Brugge est très reposante.

Journées du Patrimoine 12 et 13 septembre 2015:Bernissart et la machine à feu (2)

En Angleterre dans la  région du Devon, les eaux dans les mines empêchaient aussi une bonne extraction. Avec son associé Savery, Newcomen développa en 1712 une machine appelée pompe à feu, machine à feu ou machine à vapeur (4). Newcomen conçut une machine à balancier constituée d’une grande poutre de bois se balançant autour d’un pivot central pour extraire par pompage l’eau des galeries de mines à l’aide de la vapeur d’eau, via un ensemble chaudière-cylindre-piston-balancier.

Dans  son livre sur l’Histoire de la découverte de la houille (5), Edourad Grar note qu’au début de l’exploitation  de la houille en France, pour tirer l’eau des galeries, il fallait avec une machine à molettes 20 hommes et 50 chevaux marchant jour et nuit. Quand la machine à vapeur Newcomen fut  installée, 2 hommes suffisaient et retiraient en deux jours les eaux d’une semaine.

À sa mort, Newcomen avait installé plus d’une centaine de ses machines. Des améliorations furent apportées par la suite par James Watt.

Bois-du-Luc s’équipe en 1779 d’une telle machine à feu qui  pompe l’eau depuis une profondeur de 112 mètres.

La Compagnie des Mines d’Anzin fondée en 1757 par le Duc Emmanuel et regroupant les sociétés charbonnières du Nord de la France acquiert aussi  des « machines à feu »  en Angleterre. En 1782, une machine à feu installée en forêt de Bonsecours est démontée et installée  à Bernissart dans un bâtiment édifié en moellons de grès de la région. Elle est capable d’exhaurer  50.000 litres d’eau/ heure.

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Bernissart et sa machine à feu restaurée

La conjoncture économique de l’époque fait que l’arrêt d’exploitation est tout de suite signifié à l’ingénieur responsable de la machine à feu de Bernissart, qui en est désolé.

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C’est cette spectaculaire machinerie, exceptionnel vestige restauré qui sera visible lors des journées du Patrimoine les 12 et 13 septembre 2015. Cet unique exemplaire en Europe continentale de progrès industriel permit de descendre de plus en plus dans les profondeurs des mines. Bien plus tard, après l’abandon de la machine à feu et son remplacement par d’autres techniques, les mineurs  découvrirent des iguanodons.(6)

La machine à feu de Bernissart est située:

Rue des Iguanodons 226 à 7320 Bernissart

 Visite guidée (1h30) le samedi et dimanche à 10h30 et 14h30

 Tél 069 59 05 60 ou 069 76 66 13

lucile.savignat@bernissart.be

 

4. le Journal des Mines note qu’il vaut mieux employer machine à vapeur que machine à feu : l’eau réduite en vapeur est le moteur de la machine et le feu n’est que la cause de son évaporation. Journal des Mines  numéro 1 mentionné dans l’ouvrage d’Edourad Grar mentionné ci-dessous  p. 216

5.  Histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans le Hainaut français, dans la Flandre française et dans l’Artois : 1716-1791. Tome 2 / par ÉdouardGrar -A. Prignet (Valenciennes)-1847-1850 page 216

6. Au mois de mars 1878, dans la fosse Sainte-Barbe du Charbonnage de Bernissart, les mineurs perçaient  alors une galerie de recherche à 322 mètres de profondeur.

Bernissart et la machine à feu (1). Journées du patrimoine 12 et 13 septembre 2015.

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Grâce à l’affleurement naturel du charbon, l’extraction de la houille a débuté très tôt dans nos régions, peut-être à l’époque romaine. Au fil du temps, il fallut rechercher le charbon plus profondément dans le sol. L’extraction s’arrêtait toujours au moment où l’eau empêchait la poursuite des travaux.

  La machine à feu de Bernissart

Souvent à 20 mètres de profondeur, l’eau provoquait l’ennoiement de la galerie. Les charbonniers tentaient d’évacuer l’eau par des cufats (1)

Petit à petit, le sol de nos régions fut criblé de galeries.  Dès le 13ème siècle, s’élaborent des réglementations pour l’exploitation de ces carbonières. Utilisant la simple gravité, les exploitants font des galeries d’exhaure (2) ou  une areine(3).

Le problème de la gestion de ces eaux est telle qu’en 1582, « l’Edit de conquête » cherche à encourager l’innovation dans les techniques de canalisation pour vider ces eaux souterraines  et permet à celui  qui y parvient, d’exploiter lui-même le gisement à la place du propriétaire (moyennant une redevance).

Ensuite,  suivant la configuration des terrains, des machines à chevaux dans un manège, des machines hydrauliques ordinaires,  des moulins à vent…serviront au pompage des eaux.

La Société du Grand Conduit (Bois-du-Luc) fut l’une des premières mines de charbon de Belgique (1685) et mit près de 20 ans pour construire un grand conduit fait de troncs de chênes évidés et  destiné à évacuer les eaux jusqu’à une rivière (dénivellation de 60 m).

A Bernissart en 1865, un aqueduc en briques traversant souterrainement la Grand Place amenait les eaux d’exhaure de la fosse Ste Barbe  vers le ruisseau de la Curette (4).

Des tonnes d’eau étaient souvent retirées, au moyen de bras ou à l’aide de chevaux. On exploita ainsi le charbon, à des profondeurs plus considérables, au-dessous des galeries d’écoulement.

Quel rôle joua la machine à feu comme celle de Bernissart (5) dans l’extraction du charbon?

(A suivre)

1.Robuste tonneau en acier, muni d’une anse ou d’anneaux pour l’accrocher à un câble

2.Galeries destinées à extraire les eaux de profondeur en milieu souterrain

3.Une areine  est une galerie d’évacuation d’eau qui s’évacue par écoulement.

4. Bernissart et son château. 2004.  Cécile Delfanne. Gilbert Delfanne. p.68

5. Machine à feu de Bernissart:     Rue des Iguanodons 226 à 7320 Bernissart

Pour les  visites: Tél 069 59 05 60 ou 069 76 66 13

lucile.savignat@bernissart.be

« L’étoile et la vieille ». Michel Rostain.

Un metteur en scène de musique classique est chargé de réaliser un spectacle de variétés avec Odette, octogénaire et ancienne célèbre accordéoniste.

L’éblouissement de la première rencontre se ternit rapidement au cours des répétitions. Des séances d’autographes, de dédicaces, rythment les repas au restaurant.

La santé d’Odette se dégrade, l’étoile chavire. Le metteur en scène s’interroge, n’y croit plus. Par respect pour l’étoile, par humanité, il  devra sans cesse ajuster sa position.

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 Contrepoint pour violoncelles. 1984.

Arman (1928-2005). Collection Fondation pierre Gianadda. Martigny. Suisse

Commentaires

Le temps est assassin. La star adulée  vit sur sa renommée et le public des autographes est encore séduit par son aura. Au niveau artistique, c’est l’impasse. L’esprit de l’étoile est confus et la  musique embrouillée.

Derrière le portrait d’Odette, le lecteur devine immédiatement l’étoile, la stature d’Yvette Horner, ce qui évoqué par l’auteur dans ce roman qui n’a pas de vocation biographique.

L’histoire raconte la préparation d’un spectacle avec une artiste âgée, un monument de l’accordéon, avec ses travers. Odette parle d’elle à la troisième personne et en décalage avec la réalité. Elle tente de toutes ses forces de préparer ce concert comme si annuler allait la condamner. Pour un musicien,  arrêter son instrument (p.218) est déjà un drame, synonyme d’extinction de lumières.

Derrière l’aspect technique artistique, c’est surtout l’évolution d’une vieillesse non acceptée qui retiendra l’attention.  C’est une vieille dame qui ne veut pas raccrocher et qui masque ses défaillances pour rester dans le tempo.

On ne nous apprend pas à vieillir. Beaucoup d’octogénaires  dépassent l’âge de leurs parents et n’ont même pas connu de parents âgés. Sans expérience, ils découvrent un chemin ardu. Beaucoup encouragés par les discours jeunistes de notre société actuelle, comme  Odette vont alors ignorer et masquer longtemps les écueils de l’âge pour offrir une image performante. Odette « surjoue » alors son rôle. Toute son énergie est captée pour maintenir son apparence. Il n’y plus de place pour les autres. Odette impressionne encore au premier abord mais le metteur en scène se sent piégé: il gravite autour de l’étoile mais n’a pas plus de dialogue avec Odette.

Partition.jpgFini le temps de la valse musette.

C’est la valse triste de Sibelius qu’on entend.

Les tiers ou les membres des familles* se sentent dupés par ceux qui cachent jusqu’à l’absurde les signes ou défaillances de leur âge. Même s’ils mesurent  la  nouvelle fragilité bouleversante de cet être humain proche confronté à son déclin, les proches du senior+ deviennent rapidement excédés par son aveuglement, sa désinvolture, son indifférence aux autres, son art de feindre (fréquent en matière auditive), parfois même sa manipulation.

Car le fil d’un véritable dialogue se brise et souvent de manière irréversible. La vie quotidienne sur ces bases faussées est pénible pour tous. La scène d’Odette qui malmène le serveur (p.82) au restaurant est une situation inadmissible mais hélas fréquente.

Renoncer «à régner» (p.82) et moduler ses activités, changer de répertoire est souvent tout un apprentissage. Nous reviendrons plus tard sur ce point.

Ce roman ouvre une réflexion importante et me semble a contrario une excellente initiation à la préparation à la vieillesse.

L’auteur

Né en 1942 en Lozère  (France), Michel Rostain a étudié la musique puis enseigné la philosophie. En 1978, il fonde une compagnie de théâtre lyrique et musical et continue à réaliser des mises en scène musicales. Écrivain, il publie en 2011 son premier roman « Le Fils » et en 2013, « L’Étoile et la Vieille ».

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   Une phrase

 «Au  fil du tels et des évènements, le propos de mon livre n’aura pas été d’écrire le roman d’un spectacle mais d’écrire un roman d’initiation à ma vieillesse». 

«L’étoile et la vieille» Michel Rostain.  Editions Kero 2013, p.62

 

*Le cas inverse existe: des proches surestiment les capacités de leurs parents âgés ou malades et ne mesurent pas l’ampleur de leurs difficultés quotidiennes. Même si le senior en a fait clairement état, il faut parfois un certain temps pour que ses messages d’alerte soient entendus.

 

Flowertime 2015 et Hôtel de ville de Bruxelles

Le mouvement baroque («Barroco» en portugais qui indique l’irrégularité d’une pierre)  apparu en Italie au 17e siècle utilise des couleurs soutenues (violet, prune, cognac, orange foncé, pourpre, rouge ou rose foncé), les dorures, des vases monumentaux. Il se caractérise par une ampleur ou une exubérance pompeuses. Aucun sens de la mesure dans le foisonnement artistique.

Pour parer les salles de l’Hôtel de ville gothique de Bruxelles, des artistes floraux ont confectionné des montages floraux dans ce style baroque italien comme l’illustre la décoration de cette table de repas.

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Flowertime 2015

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Parfois le baroque associait des éléments insolites comme les aubergines et les fleurs qui ornaient les tables de nos élus dans la salle du Conseil.

 

 

Cette seconde édition de Flowertime a attiré plus de 20.000 visiteurs.

 

Flowertime 2015.

Tous les ans autour de 15 août, les amateurs d’art floral ont rendez-vous sur la Grand-Place de Bruxelles.

Cette année, du 13 au 16 août 2015, la Grand-Place de Bruxelles était parée de cyprès et annonçait le thème de l’Italie baroque.

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La tour de l’hôtel de ville atteint 96 mètres.

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Exposition MONSens. Mesurez-vous! (3)

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« Schizomètres » de Marco Decorpeliada

 

Les ponts entre les artistes de l’art brut et les scientifiques restent ténus.  Chacun reste dans son monde ou son laboratoire.

Quoique.

Des artistes de l’art brut peuvent titiller certains scientifiques avec une œuvre énigmatique. Des étudiants ingénieurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), adeptes de la méthodologie scientifique structurée, peuvent aussi, en étudiant l’art Brut, chercher des connexions entre cet art autodidacte et leurs études techniques.

« Schizomètres » de Marco Decorpeliada est une série d’œuvres singulières visibles actuellement  à Mons.

Les nombres, mesures, unités de toutes sciences symbolisent l’univers rationnel.

Or, après sa visite de l’exposition, le visiteur interpellé ne pourra que s’interroger sur certaines balises de la science.

Fils d’un géomètre italien, Marco Decorpeliada (1947- 2006) est, après le décès de ses parents, entraîné dans un parcours psychiatrique qu’il cherchera toujours à définir. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ou DSM, abréviation anglaise, est alors l’outil de référence établi par la Société américaine de psychiatrie et définit des catégories de critères diagnostiques pour les pathologies mentales. Ce système international de classification des troubles mentaux DSM4 fut souvent appliqué à Marco Decorpeliada pour lui établir des diagnostics très variables. Son identité s’est trouvée réduite à ces termes divers qu’on lui assénait. Il a donc cherché à déjouer ce système de numérotation, en poussant la logique jusqu’à ses extrémités. 

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A un moment donné, Marco Decorpeliada  établit une correspondance  entre les codes attribués aux troubles mentaux dans le DSM et les codes des produits surgelés du catalogue Picard. De là va naître le schizomètre. Marco Decorpeliada va continuer à y connecter d’autres classifications, celle de Dewey pour l’ensemble des savoirs scientifiques, la liste des œuvres BWV de Bach, celle des citations latines, celle des mille et une nuits, etc…

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Il poursuit ce travail avec une suprême rigueur dans sa logique, détectant des lacunes ou des éléments manquants dans les listes. Les remarques de son médecin à ce propos le fâchent comme le montre cet email de 2004; Marco recherche une correspondance parfaite entre toutes les numérotations.

 

«L’art est malgré tout ordonné par une sorte d’obsession, le travail en série pour obtenir la perfection, ou plus justement la recherche constante de la perfection pour l’artiste. Il existe donc, de la même manière qu’en science, une sorte d’ordre dans la recherche» note avec à propos une étudiante de l’EPFL, Marine Wyssbrod, dans sa note De l’Art à la Science- Réciproque .

Sans que ces schizomètres de Marco Decorpeliada présentés à Mons n’aient pu jouer un rôle perturbateur chez les psychiatres, on constate que les lacunes ou classifications scientifiques arbitraires du DSM font l’objet de nombreuses critiques.

Les artistes de l’art brut nous «déconditionnent»,  nous aident à franchir d’artificielles ou d’absurdes limites, changent nos perceptions.

Remettre en question des cadres qui nous sont imposés pour les définir à nouveau, oser s’ouvrir à l’irrationnel, à ce qui ne nous semble pas actuellement cohérent, peut être source de nouvelles démarches créatives.

 « Dans le ciel, passe une volée de canards, le cou raide tendu vers l’avant.
Je compte. Il y en a cinq. Le chiffre cinq se met à exister devant moi.
Les nombres ont-ils un mode d’existence en dehors de la tête de celui qui les pense ? »

Hubert Reeves, astrophysicien, dans son journal  « L’espace prend la forme de mon regard »

L’art brut à Mons 2015.Exposition MONSens (2)

Merveilleuse croisière MONSens dans le beau paquebot blanc du Bam à Mons qui se poursuit jusqu’au 6 septembre.

Si vous ne connaissez pas l’art brut, c’est une occasion exceptionnelle d’embarquer vers  ce monde artistique. Montez  directement tout en haut, sur le pont supérieur du BAM qui vous offre un splendide panorama sur l’art brut, d’hier à nos jours. Toutes les interrogations sur le « sens » donné aux œuvres par les médecins, créateurs et spectateurs sont évoquées. Les créations sont admirablement présentées et coordonnées.

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Willem Van Genk. Bus. Exposition Monsens. BAM 2015

A travers un panel d’œuvres majeures qui repousse loin les barrières pathologiques, une création multiforme révèle toute sa splendeur. Les grandes figures de l’art brut  illuminent l’espace.  D’Aloïse Corbaz, d’Augustin Lesage  en passant par l’horloge d’Adolf Wölfli 1923, on arrive aux bus en 3D de Willem Van Genk, aux fusils d’André Robillard ou au paradis à l’encre de chine de Johan Garber (Paradise 2001) ou à la tour de brol de Frédéric Etienne (2013) pour ne citer que quelques capitaines. 

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Frédéric Etienne: la tour de brol (2013). Exposition Monsens. BAM 2015

Mais derrière ces artistes connus, il y a tout un équipage à l’œuvre. La seconde escale  Interaction est le fruit d’ateliers de collaboration avec des artistes contemporains (Cléa Coudsi et Eric Herbin, Lise Duclaux, Yves Lecomte, Mireille Liénard, Emilio Lopez-Menchero, Caroline Rottier, Tinka Pittoors) et de personnes déficientes  mentales de la région. De nouvelles créations très diverses en résultent.

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Emilio Lopez-Menchero et son équipe avec sa parade en ville de «Cabezudos» (grosses têtes) crée un autre regard à la fois chez les acteurs et les spectateurs. Car si le masque cache son auteur, il en dévoile par cette représentation aussi une autre facette.

 Exposition Monsens. BAM 2015

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Dans son processus créatif, l’artiste Tinka Pittoors  juxtapose des objets industriels et naturels et les matériaux  semblent chercher des connexions avec la réalité de la même façon  qu’elle s’interroge sur les contradictions de la nature humaine. L’œuvre « Tumbleweed »   du nom des  herbes sauvages qui volent au gré du vent dans le paysage est composée à la fois par elle et les résidents.  

 Exposition Monsens. BAM 2015

En utilisant  leur symbolique personnelle, des amoncellements, des machines extraordinaires, des suspensions, des répétitions obsessionnelles, les artistes de l’art brut créent dans le silence.

L’intérêt que porte notre siècle à l’art  brut ne cesse de croître. Peut-être dans notre monde en turbulence, ces œuvres sont-elles en cohérence avec nous et nous touchent. Car au fond, elles ne parlent  que d’un sujet fondamental: l’homme et de son besoin de se créer une identité face aux autres. Créer simplement pour exister, c’est le fil invisible qui réunit tous ces hommes et femmes en dehors des traditions artistiques. 

Ne manquez pas le voyage !

 

Exposition MONSens

Du 20 juin au 6 septembre 2015