Balade lumineuse 2015: Place de la Monnaie

 La patinoire est installée sur la place de la Monnaie*: la surface de la glace s’est agrandie et s’étend sur 740m² avec une zone dédiée aux petits enfants.

La température exceptionnellement clémente (12°) fait fondre les 12 centimètres de glace de la patinoire. Le groupe de refroidissement doit donc tourner constamment à plein régime pour maintenir la glace, générant  une grosse consommation énergétique et pour la Ville, une lourde facture. L’activité de cette patinoire ne peut être rentable même en cas de forte fréquentation de patineurs, ce qui n’est pas le cas cette année. 

bruxelles,be bright,plaisirs d'hiver 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 *Le nom évoque l’ancien atelier monétaire( hôtel des Monnaies) des Ducs de Brabant qui s’y trouvait jusqu’en 1890.

Balade lumineuse 2015: le quartier de la Bourse.

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Le Bâtiment de la Bourse apparaît ici au centre d’ une galaxie lumineuse tracée à partir de la rue Auguste Orts*

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Le parcours de Plaisirs d’Hiver s’étend sur plus de 2,5 km en plein centre-ville.

Maintenant, l’axe piétonnier Bourse-De Brouckère intègre la promenade festive et diffuse mille saveurs et mélodies à travers les chalets et divertissements.

 

*Auguste Orts (décédé en 1880) fit des études de droit à  Liège et devint échevin de Bruxelles alors que son ami Anspach était bourgmestre. Il fut ensuite avocat, écrivain, ministre et un des fondateurs de l’université de Bruxelles. Son nom à la rue située au cœur de la cité arrive sur le boulevard Anspach!

Balade lumineuse 2015: Boulevard Anspach

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«Les plaisirs d’hiver 2015» sont installés.

Commençons notre balade lumineuse dans Bruxelles par le boulevard Anspach*, boulevard central entre la place de Brouckère et la place Fontainas. Le boulevard Anspach a déjà mis son noeud papillon!

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Boulevards et monuments bruxellois se parent d’un éclairage festif, ce qui permet de redécouvrir le centre de Bruxelles sous un angle féérique.

 

 

 

 

*Jules Anspach est considéré comme le bourgmestre « bâtisseur ». Bruxelles croupissait à l’époque dans la vallée de la Senne et était accablée par des épidémies de choléra, les maladies et l’insalubrité. Il parvint à réaliser le voûtement de la Senne et une voirie avec de larges boulevards centraux mais mourut à la tâche à 50 ans en 1879.

Relations robotisées et fonctions cognitives des personnes âgées vulnérables. (5)

L’introduction de robots auprès de personnes âgées en milieu hospitalier ou en maison de repos suscite des réactions enthousiastes. L’attrait de la nouveauté!

Pour analyser scientifiquement les répercussions de ces robots sur les fonctions cognitives des personnes âgées vulnérables, le recul est trop faible. Et d’ailleurs, la question de l’impact de relations robotisées sur les fonctions cognitives semble moins prioritaire s’il s’agit de personnes âgées vulnérables que d’enfants. Voilà une discrimination de fait qui devrait lancer une première question éthique dont personne ne se préoccupe.

Les robots aident les enfants  aussi. Un projet suisse « Avatar kids » permet aux enfants malades, hospitalisés ou chez eux de rester intégrés en classe grâce à Nao, un petit robot humanoïde de 58 cm.  Comme NAO s’inscrit dans une optique éducative, la société Aldebaran Robotics a conçu des applications qui personnalisent les tâches à effectuer en fonction des objectifs d’apprentissage.

Un autre programme dédié aux centres éducatifs permet d’utiliser le robot Nao pour faciliter la thérapie des enfants autistes. Une étude a démontré « une augmentation de 30 % des interactions sociales et une meilleure communication verbale d’enfants autistes lorsqu’un robot se trouvait dans la même pièce« 

En dehors de ce champ éducatif, la réaction des spécialistes et de la population en général envers le robot qui assumerait totalement un rôle social est troublante. Le robot « compagnon pour nos aînés » s’implante aisément chez nous comme nous l’avons écrit mais le robot « baby-sitter » qui prend la place de l’être humain est voué aux gémonies.

Faire garder ses enfants par un robot plutôt que par une baby-sitter devient un problème éthique même pour les spécialistes. Fisher Price en a fait l’expérience en commercialisant aux Etats-Unis un transat avec Ipad téléchargé d’applications pour stimuler les moins de 3 ans. La protestation a été immédiate. « C’est une véritable baby-sitter électronique«   s’enflammait la psychologue Susan Linn. On craint un impact négatif sur la formation de l’esprit des bébés!

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                                                                                                         Marché de Noël. Nice.

                                                        Dans un bel ordonnancement, des sujets tous alignés…Comme nous, dans le futur ?

La robotique s’intronise d’abord dans les populations vulnérables comme les seniors+ et les enfants pour révolutionner bientôt notre quotidien et surtout nos modes de pensée.

Réfléchir aux aspects de cette cohabitation robotique est devenu impératif. Les développeurs de ces technologies ne songent pas aux implications éthiques et juridiques.

Des questions éthiques émergent. Quelle place donnerons-nous aux robots? Le robot peut-il s’implanter partout, être autonome? Les robots sont-ils capables de morale,et de pouvoir? Permettra-t-on aux robots de se reproduire? 

Quel sera le statut juridique pour les robots? Quelle sera leur responsabilité en cas de dommage, de dérapage? Faut-il des règles définissant un cadre d’utilisation des robots? Y aura-t-il des balises aux logiques conquérantes des robots?

La question primordiale est posée par le philosophe Mark Hunyadi* :«Voulons-nous qu’une grande partie de nos interactions se passe avec des androïdes ?».  Allons-nous vers une société qui se déshumanise? Les commerciaux ont décidé pour nous jusqu’à présent et  jouent à la fois de l’aspect innovation et des atouts financiers de ces collaborateurs robotisés jamais malades. Les risques éventuels pour le devenir du potentiel humain sont totalement minimisés. La course technologique toujours valorisée et l’opacité des programmes au service d’intérêts privés masquent bien la face sombre de ce modèle et neutralisent toute réaction. Nous sommes déjà dans « la vie algorithmique » **comme la définit Eric Sadin « qui se caractérise par l’application d’une raison numérique à l’ensemble des gestes du quotidien de l’homme moderne« . Eric Sadin estime «  impératif d’ériger des contre-pouvoirs capables de contenir la puissance du technopouvoir« .

En attendant cette riposte, projetons notre futur: des robots aideront nos enfants à faire leurs devoirs au lieu de nous, parents. Mieux ces robots au service de nos enfants (pourquoi pas ?) feront les devoirs à leur place. En peu de temps, nous serons tous abêtis ou asservis ***.

Continuons la projection. Ces mêmes robots rendront visite à notre place à notre papy placé dans un home sous surveillance électronique «puisque l’interaction est bonne» et que «l’humanoïde a cette neutralité bienveillante et rassurante». Ils nous enverront même  un rapport numérique complet de leurs constatations.

Est-ce bien ainsi que nous voulons vieillir?

 

 * « Je ne suis pas contre les robots. Le mal moral ne consiste pas dans la technologie ou les robots. Mais dans le fait que ces évolutions se font sans réflexion, sans qu’on y prenne garde, sans qu’on se rende compte de ce qui est en jeu. L’irréflexion, la politique du fait accompli, voilà le mal moral« 

** « La vie algorithmique : Critique de la raison numérique » de Éric Sadin

*** « Beaucoup de cadres d’entreprises de Google, Yahoo, Apple et eBay semblent en effet avoir inscrit leurs enfants à la Waldorf School dont la philosophie ne laisse aucune place à la technologie qui selon la direction, représente une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des élèves »

Comment l’interaction se noue-t-elle entre nous et les robots ? (4)

Nous n’avons pas les mêmes réactions avec les robots qu’avec nos ordinateurs que nous utilisons en moyenne 7 heures par jour et que nous rangeons d’office dans le gamme des outils indispensables de technologie.

Les robots sont aussi très présents dans notre quotidien: 51% du trafic sur Internet est généré par des programmes automatiques, selon une étude faite par Incapsula, spécialiste de la sécurité pour le  web.

Sur internet derrière nos écrans, les robots avancent masqués*: ils sont même plus nombreux que nos amis humains mais nous les détectons pas.

Pour un robot social dont la fonction prévue est d’interagir « physiquement » avec les gens, une forme humanoïde ou animale est toujours adoptée afin de faciliter le transfert de nos sentiments sur lui. Des grands yeux expressifs, un visage poupon endorment toute réticence humaine.

Selon  Cynthia Breazeak du Personal Robots Group du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology «L’impact de l’expressivité des robots sur notre perception est primordial … Quand on regarde un robot bouger, ses expressions, nous regardons un être plutôt qu’une chose».

Cette empreinte sur nous nous amène à interpréter les mouvements du robot en termes psychologiques, comme pour d’autres êtres humains et donc à le classer dans cette catégorie. «Le fait de savoir que notre cerveau se fait abuser par un simple robot ne nous aide en rien à mieux lui résister».

Une vie avec un robot? Finirons-nous par les aimer ? Voire les épouser ?

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On parle ici de tout autre chose que le petit robot qui soigne nos fleurs…

Dans les homes, le sentiment de solitude** des pensionnaires est parfois abyssal. Il manque de plus en plus du personnel spécialisé pour s’occuper des personnes âgées. La tentation sera grande à l’avenir pour les gestionnaires de recourir à des robots qui feront un travail de soutien, d’autant que leur prix d’achat comparé à un salaire annuel est très compétitif. (25.000 €/ pièce ou même moins).

Face au pensionnaire malade ou même atteint d’Alzheimer, le robot est présenté comme la solution technologique fiable pour «créer du lien» car il emmagasine les réponses de son interlocuteur. Une avancée spectaculaire dans le domaine de l’intelligence artificielle permettant au robot de collaborer pour résoudre des problèmes, a été faite par des chercheurs du CNRS : Nao, le robot français, a été doté d’un système mémoriel et d’apprentissage lui permettant de remémorer des souvenirs aux personnes âgées.

Cette faculté est vraiment intéressante mais ne perdons pas de vue que les robots peuvent aussi avoir leurs déficiences techniques et souffrir d’un « Alzheimer robotique », un «reset» qui efface toute leur mémoire. Qu’en sera-t-il pour ces personnes âgées qui vivront une expérience brutale de perte incompréhensible d’un nouveau compagnon, « deuil » non forcément validé ou reconnu par notre société? La question est tout sauf farfelue.***

Les impacts de ce lien robotique sur les fonctions cognitives des personnes vulnérables ne sont pas encore imaginés, encore moins évalués. On ne s’en alarme même pas. (à suivre)

 

*Pour une expérience, des chercheurs ont créé une centaine de profils imaginaires: faux noms et photos pour des robots qui ont envoyé quelque 5 000 demandes « d’amitié » à des utilisateurs inconnus. Près d’une personne sur cinq a accepté ces demandes.

**On n’y choisit pas son entourage…et les amis ont disparu.

*** « On peut être étonné voire choqué de la réaction de certains Japonais devant leur Aibos hors service : ils pleurent, réclament une cérémonie funéraire« 

(Les AIBOs sont des chiens robots autonomes qui peuvent se déplacer, voir leur environnement et reconnaître leur maître).

Les facettes de la robotisation dans l’assistance à la personne.(3)

Dans notre société vieillissante, de nombreuses personnes ont besoin d’assistance

  • pour leur maintien à domicile

À 94 ans, Lea ne pouvait plus vivre seule mais voulait quand même rester chez elle. «Une équipe financée par l’UE, a mis au point le système GiraffPlus. Il s’agit d’un robot qui assiste les personnes âgées à leur domicile, les met en relation avec leur famille, leurs amis et les professionnels de la santé, tandis que des dispositifs portatifs et des capteurs placés à divers endroits de la maison surveillent l’état de santé de ces personnes et leurs activités».

Certains pensent que cette surveillance des personnes âgées à domicile par des robots démontre une obsession démesurée de la sécurité et une angoisse non assumée de la mort dans notre société. Le risque est de créer un cadre de vie réduit pour ces personnes âgées.

  • pour trouver un compagnon et un support affectif

Le Japon a été un des premiers pays à chercher des solutions robotiques pour sa population vieillissante car près de 40% des personnes a 65 ans ou plus. Les robots sont déjà bien présents dans la vie quotidienne nipponne.

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Robot devant un magasin d’Osaka – Japon

Introduit au Japon essentiellement dans des écoles et des hôpitaux, le robot thérapeutique Paro est un petit phoque en peluche qui réagit principalement aux caresses. Il sait tourner sa tête vers un bruit et est très expressif. La personne âgée lui dit bonjour et le caresse.

Utilisé dans un hôpital italien auprès de patients souffrants d’Alzheimer avancé, Paro a généré des effets positifs.

Les robots sociaux comme Paro ne permettent pas les liens spontanés comme il peut s’en créer avec un chat ou un chien fidèle mais Paro évite tout problème d’hygiène.

  • pour assurer leurs soins médicaux

Les robots «aide-soignant» assistent les professionnels de santé dans leurs tâches. Ces robots sont conçus pour offrir une aide, y compris soulever et aider des patients et résidents âgés qui ont du mal à marcher par eux-mêmes ou à tenir debout.

Et chez nous ? Dans une résidence pour personnes âgées d’Ostende, Zora, robot au look agréable et «très humanisé », remplace les aides-soignants à certains moments. «  Zora est face à son public. Le robot exécute les exercices de rééducation que les spectateurs doivent imiter… Il donne les numéros du bingo,…il lit le journal. Il parle et répond aux propos …il joue aux échecs ».*

Zora fait aussi son chemin dans les maisons de retraite en France notamment à Issy-les- Moulineaux dans la maison de retraite Lasserre.

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Dans la perspective du vieillissement accéléré de nos sociétés, le développement de robots dans le cadre de l’assistance est devenu un enjeu économique majeur. Les gestionnaires de maison de repos seront aussi intéressés  vu la rotation importante  de leur personnel et la difficulté de trouver des candidats motivés**. Travailler dans une maison de repos est un vrai défi humain auquel peu de candidats sont préparés. Le robot lui n’a ni état d’âme ni burnout…

Mais comment l’interaction peut-elle se nouer entre nous et les robots ? A suivre.

*Le Soir 20 décembre 2013, p.7

** L’Echo 12 /13 novembre 2015

Les robots dans le cadre du vieillissement.(2)

Si n‘avons pas encore réellement de robot domestique à la maison comme l’annonçait Bill Gates dans un article de 2007 Dawn of the Age of Robots (“A l’aube de l’ère des robots), nous pourrions paradoxalement en rencontrer au cours des dernières phases de notre vieillissement.

Qu’est-ce qui peut être robotiser dans le cadre de notre vieillissement ?  Quasi tout.

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Il est envisageable de

  •  robotiser le corps humain :

Jusqu’ici, les prothèses bioniques concernaient  les personnes amputées qui souhaitaient récupérer une autonomie. Maintenant un premier patient souffrant d’une malformation congénitale a pu être greffé: le lituanien Martynas Girulis  s’est vu poser un bras robotique qu’il contrôle par la seule force  de son cerveau. Il a été opéré  le 4 novembre 2014 par  le professeur Aszmann, spécialisé dans la reconstruction bionique à l’université de médecine à Vienne. C’est le professeur Silvestro Micera de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne qui développe ces bras sensibles.

A un stade futur, certains chercheurs pensent que «robotiser progressivement l’humain serait la condition à l’allongement de la vie»*. La plupart des organes défaillants de la personne seraient  alors remplacés au fur et à mesure.

  •  robotiser des aides pour pallier des déficiences  physiques ou maintenir l’autonomie.

Ce secteur est très avancé. Citons le robot  Mobiro conçu par Toyota conçu pour les personnes à mobilité réduite ou encore le célèbre exosquelette HAL (Hybrid Assistive Limb)

Dans le secteur de la perte d’autonomie des personnes âgées, des programmes d’aide au lever (déambulateur-releveur) sont en cours de développement.

  • robotiser l’assistance à la personne.

Le secteur des services est déjà révolutionné par la présence des robots.  Ce type de robot commence à s’imposer de manière progressive par des activités ludiques ou de bien-être auprès des seniors+. La plupart des robots sont présentés comme « destinés à prendre soin des personnes âgées ». Ils pourraient tendre à l’avenir à remplacer une personne humaine dans la tâche complexe du soin à l’autre ou du «care». Le «care» est cette notion complexe qui  désigne le «travail de réponse aux nombreux  besoins des personnes vulnérables».

Le care, ce n’est pas seulement «faire», c’est aussi «être» avec son humanité près de l’autre. La notion de care a toujours englobé cet aspect fondamental de l’attention, du souci, de la sollicitude et de l’empathie vis-à-vis d’autrui. Cette facette humaine des soins ne peut être assurée que par une personne et disparaîtra inévitablement avec les robots.

 *  Le  Soir, 7 août 2014, page 9.  

Les robots en bonne compagnie? (1)

C’est Léonard de  Vinci qui imagine le premier en 1495 un robot de forme humaine, revêtant l’apparence d’un chevalier en armure, capable de coordonner les  bras et et les jambes.

Au XVIIIe siècle, c’est  l’essor des automates ou appareils mécaniques imitant les êtres humains ou les animaux comme le canard de Jacques de Vaucanson.

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Le Sharmanka Kinetic Gallery à Glasgow est un musée atypique d’automates.

robot jouet 1.jpgPour la plupart d’entre nous, les robots ont d’abord été des jouets.  Aujourd’hui, ce stade du jeu étrange et amusant est dépassé.

Les chercheurs ont apprivoisé, développé des robots spécialisés qui peuvent aider l’homme dans des tâches techniques précises en fournissant un appui en salle d’opération par exemple ou dans des endroits trop dangereux pour l’homme. D’autres robots exécutent des actes répétitifs en usine ou en laboratoire.

Une nouvelle ère s’ouvre avec les robots humanoïdes qui entrent maintenant dans notre quotidien et interagissent directement avec nous. De plus en plus perfectionnés, ils nous étonnent chaque jour.

Ainsi, une société de biotechnologies Deep Knowledge Venturei a engagé un robot dans son conseil d’administration et lui a donné une voix décisionnaire.

Une grosse entreprise russe de l’internet confie à des robots le soin de rédiger des textes journalistiques courts. A Phoenix, Mc Donald’s a ouvert un restaurant où les robots y travaillent 50 fois plus vite que des employés. Trois chercheurs allemands viennent d’élaborer un système qui permet aux ordinateurs de dessiner comme les plus grands peintres.

Le Quantum of the Seas, l’un des plus gros navires de croisière de la flotte Royal Caribbean avec 4905 passagers présente  de multiples innovations technologiques et au bar, ce sont des robots qui assurent le service.

A Wesport dans le Connecticut aux Etats-Unis, la bibliothèque accueille deux robots humanoïdes, Vincent et Nancy qui animeront des ateliers ludiques.

La Belgique surfe sur la même vague robotique.

Aux inattendues 2015 de Tournai, le public a écouté  des chants robotiques, une chorale de voix numériques mise en  scène par N. D’Alessandro, chercheur à l’université de Mons.

Au CHU de Liège, c’est un robot qui délivre les médicaments aux patients.

Le Directeur de l’hôtel Mariott de Gand, Roger Langhout souhaitait innover avec un robot humanoïde et a adopté Mario, petit frère de Zora. Zora est un robot d’aspect humain qui officie dans les soins de santé  en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Suisse et qui est le fruit de la société ostendaise de software QBMT. Le robot Mario accueille à Gand la clientèle de l’hôtel. Il parle 19 langues, possède deux caméras et un software de reconnaissance faciale capable de garder en mémoire pendant six mois les visages des clients. En dehors du secteur des soins, il s’agit là pour notre pays d’une première intervention  professionnelle androïde en interaction avec un public.

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Ce robot triomphant a définitivement quitté le rôle de figurant qu’il tenait en 2006 dans le parc de la station terrienne de télécommunications spatiales de Lessive. 

Jusqu’où les robots vont-ils nous accompagner dans les longues vies qui nous sont promises?

« Le réveil du cœur » François d’Epenoux.

Jean travaille dans la publicité. Il n’a jamais osé présenter, à son père, sa compagne Leïla d’origine marocaine.

Son père, c’est le «Vieux» fantasque, bougon, solitaire, obnubilé par son époque et réfractaire à la modernité.  Sa devise : « Ne jamais avoir à regretter de ne pas avoir tout tenté».

La séparation chaotique avec Leïla  amène Jean  à confier durant le mois d’août son fils de 6 ans à son père, le «Vieux » grand-père. Pour le Vieux et Malo, c’est un mois de rêve, de partage où l’un et l’autre s’apprivoisent avec des jeux et des promenades dans la nature.

Malo retourne chez sa mère. Le « Vieux » qui va avoir quatre-vingt ans est conscient de la fragilité de sa santé et quitte Lacanau pour un séjour en Ecosse chez son frère. Il veut y retrouver une vie simple et contempler la mer. Lui, l’ennemi des technologies modernes, reste en contact par skype avec son petit-fils  Malo, en cachette de son fils Jean.

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« Bientôt, la marée monte, menaçante, étirant toujours plus avant ses assauts en direction de la citadelle. »(p.158)

L’auteur.

Ecrivain français né en 1963, François d’Épenoux  a travaillé pendant plus de 10 ans dans une agence de communication. Il est  l’auteur  de sept romans, notamment  « Les bobos me font mal », « Les papas du dimanche », « Même pas mort ».

Photos2013.jpgUn grand-père et son petit-fils.

« Le réveil du cœur »: c’est l’histoire d’un grand-père et de son petit-fils. Je n’analyse pas vraiment ce roman comme un conflit de générations mais comme une rencontre entre deux personnes vivant à des époques différentes : un « vieux » réfractaire à la modernité et proche de la nature et un petit-fils vivant dans notre monde hyper-connecté et sécurisé.

Le romancier illustre le déficit de communication entre les protagonistes. Sans incriminer l’une ou l’autre partie, François d’Épenoux  montre comment la création d’un lien et la transmission entre générations peuvent devenir aujourd’hui compliquées. Les jeunes parents, pris dans leur vie active, revendiquent la tolérance mais sont a contrario critiques et exigeants envers le grand-père. Longtemps, les visites du grand-père à Malo «une fois par mois dans un lieu neutre» ont été évaluées, soupesées d’où les réactions réservées du Vieux, devenu désabusé.

Puis il y a une grande leçon du livre pour tous les lecteurs.  L’affection reste sous-jacente. La vie  comme un fleuve suit son cours mais a des méandres: chacun grandit, évolue différemment qu’il s’agisse des parents ou de l’enfant. Le grand-père peut enfin endosser son rôle. Le réveil du cœur. Un lien fort se noue à l’occasion du séjour du petit-fils Malo, à Lacanau chez son grand-père. C’est un échange mutuel fait de moments d’humanité dense et qui noue enfin une relation privilégiée.

L’évolution des sentiments  est écrite avec humour et talent dans des dialogues naturels et vivants.

Une phrase.

 «Tu réussis ou tu échoues, c’est égal, mais au moins tu en as le cœur net et de cela tu peux être fier, quoi qu’il advienne».

«Le réveil du cœur». François d’Epenoux, éd. Anne Carrière, 253 pages.

Mons 2015 et les centenaires dans l’objectif de Benedicte Thomas.

Max, Madeleine … et les autres comptent parmi les nombreux centenaires qui résident dans le grand Mons. Ces centenaires sont la mémoire vive et le lien entre passé et présent de la région.

Grâce à l’objectif de la photographe Bénédicte Thomas, ces centenaires ont été  associés à l’évènement culturel de Mons 2015. Leurs portraits en noir et blanc ont fait l’objet d’une exposition « 100 ans en 2015 »  à Mons qui vient de se terminer.

Comme le déclare Bénédicte Thomas qui aime le reportage humaniste: «mes photographies témoignent de moments de vie de personnes de ma région ».

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Tout en captant la particularité de leur exceptionnelle longévité, la photographe parvient à saisir, dans leurs regards, l’expérience de vie de ces grands seniors montois. Qualité rare de ce projet: ces portraits restent très respectueux des êtres.

Photographier des centenaires est un projet complexe à mettre en œuvre. «C’est délicat» comme le dit un des aînés, empreint du sentiment de sa finitude. D’autres contraintes limitent le travail du photographe: la vulnérabilité ou l’impossibilité de ces grands seniors à se déplacer aisément imposent souvent un contexte et une ambiance. Dans ce cadre imposé, le photographe doit essayer de traduire leur singularité, comme par exemple le très parlant portrait de Madeleine.

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L’exposition est finie mais sachez qu’un livre est en cours d’édition « 100 ans en 2015 ».