Autonomie: les limites du mythe.(4)

Le concept de l’autonomie s’est développé depuis trois décennies dans le monde des seniors.

La génération (*) née entre les deux guerres (1922-1942) s’en est emparée comme un fanion. Certains agitent ce fameux plafond de verre d’autonomie pour ne pas trop entacher leur image narcissique.

Marqués par la guerre, un choix de vie restreint et un idéal de loyauté, les seniors nés dans l’entre deux-guerres ont connu un milieu relativement stable et favorable à la longévité actuelle: un travail en entreprise rémunéré en salaire et en avantages sociaux garantis, pas de délocalisation géographique majeure, une nourriture saine non industrialisée et une absence de pollution dans leur écosystème durant longtemps. Ils ont une résistance physique meilleure que celle de leurs parents car ils bénéficient des récentes avancées médicales. Ils ont compris aussi qu’une prise en charge familiale est un élément fondamental de stabilité pour vivre vieux et en bonne santé. 

Vu leur pouvoir d’achat, une puissante vague médiatique et commerciale positive bombarde ces seniors de références de superseniors fringants, bien conservés et surtout autonoOOOmes qui profitent aussi longtemps que possible de la vie, à l’écart des maisons de retraite. Ils peuvent pallier tous les soucis de l’âge. Cette société idyllique de seniors vantée dans le discours mercantile oblige d’autres seniors dépendants à refouler leur expression de malaise. La « story publicitaire » des seniors aisés crée parfois le ressentiment des plus jeunes en difficulté, qui voient ces images paradisiaques des croisières seniors: comment comprendre ce grand-père qui ne bouge pas?

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Fallas museum. Valence.

En effet, sur le terrain, la réalité des seniors + n’est pas si homogène ni conforme aux messages du marketing. Avec le développement fulgurant des résidences services dans notre pays, on constate que des établissements peinent à trouver leur public cible, soit les personnes vraiment autonomes. Certaines résidences sont à mi-chemin entre des maisons de repos et des zones secondaires de revalidation. Dans d’autres domaines, on est obligé d’habiller l’autonomie vantée des seniors, en l’encadrant, en la connectant, en la garantissant, en l’assurant même!

 

* Classer les personnes dans des classes générationnelles permet de mieux analyser les données du problème mais gardons à l’esprit que les êtres humains échappent souvent à ces classifications…

Les défis ou paradoxes de l’autonomie.(3)

Habituellement, on considère que l’autonomie relève de la sphère propre de chaque l’individu. Mais dès qu’apparaît un balbutiement de dépendance chez un senior, la brèche doit nécessairement être comblée par un tiers. Une relation sociale naît avec des implications pour deux parties, le senior et son aidant.

Le paradoxe est que si la dépendance est masquée par le plafond de verre du concept autonomie, l’aidant informel (quasi toujours un membre de la famille) se trouve lui-même bloqué dans une posture inconfortable avec à la clé, souvent de gros soucis personnels. Le senior a choisi son autonomie à domicile mais le proche n’a, lui,  rien choisi. Il subit parfois ce rôle à un moment inopportun pour lui (1).

Tout reste vaporeux dans ce type de relation d’aide. L’aidant est en effet écartelé dans un chantier multiple et contradictoire: le travail variable est désorganisé (2), les demandes du parent sont difficiles à satisfaire. Il y a peu d’empathie ou de reconnaissance du doyen aidé. A cela s’ajoutent des interactions quotidiennes avec l’aîné avec ses tensions inévitables, l’absence de but porteur ou de résultat personnel, le manque de reconnaissance sociale, la quasi-totale impossibilité d’échanger avec ses pairs sur ce vécu (non-compréhension ou non-écoute du problème par les amis), le manque de disponibilité et l’isolement, l’épuisement enfin. Pour l’aidant, s’y ajoute encore une dissonance émotionnelle (3): c’est-à-dire une discordance entre son ressenti personnel et ce qu’il doit feindre ou filtrer de ses émotions en s’exprimant, au nom de la pression sociale (4).

Pour l’aidant informel, sont réunies toutes les conditions d’un mal-être, d’une déstabilisation de sa vie personnelle, d’un burnout, de crises de couple même (5).

Or, cette aide ne sera jamais ponctuelle!  Elle s’inscrit dans de longues durées, qui peuvent se cumuler. Plus de la moitié des aidants viennent en aide au minimum 5 ans mais des durées de 10, 20 ans d’accompagnement sont courantes. Ce qui devait être une petite aide temporaire devient permanent et ne s’éteint qu’au décès de la personne aidée (6).

Lors de mes rencontres dans les maisons de repos, j’ai souvent entendu des pensionnaires, conscients  des restrictions de liberté qu’implique une telle prise en charge d’aîné, m’expliquer leur choix de vie par leur souci de ne pas infliger à leurs enfants cette charge qu’ils avaient eux-mêmes effectuées pour des parents. 

Vu l’allongement de la durée de vie, par souci d’économies à réaliser, nos décideurs politiques privilégient maintenant l’axe du vieillir à domicile, avec évidemment le transfert de la responsabilité et de la charge des soins à la sphère privée ou aux membres de la  famille.

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L A C Lugano Arte et Cultura.

L’autonomie ? Ma sphère ? Vraiment ?

Je n’exclus donc pas chez nous un « choc argenté » concernant la position des aînés et l’engagement des aidants familiaux, crise similaire à celle du Japon, et qui s’éloigne de la dignité humaine prônée partout !

Le temps est venu de proposer d’autres réflexions. Il y a urgence au niveau de la société mais aussi pour chaque futur senior de regarder en face les défis inhérents à cette nouvelle tendance «d’autonomie à domicile ».

  • Il existe un profond déséquilibre économique entre les générations. On se garde bien d’en parler. En outre, les jeunes et seniors ont des conceptions divergentes sur la manière de rester autonome. Pour les plus jeunes, l’autonomie est d’abord une question financière et chez les seniors, l’autonomie est d’abord liée à leur santé. Demander aux plus jeunes qui ont moins de pouvoir économique que leurs aînés d’assurer au long terme une solidarité familiale intergénérationnelle me paraît un fameux pari de société. Même si les services sociaux sont renforcés et s’il y a une réelle base affective entre les parties avec de la tolérance, l’aide prolongée suscitera inévitablement des conflits. Pensez-vous que les plus jeunes accepteront d’être sous le joug de seniors argentés ou non d’ailleurs ?
  • Certains aidants familiaux se trouvent déjà dans de nouvelles structures familiales moins favorables à l’engagement en raison de leur configuration: famille monoparentale ou famille recomposées.
  • On demande maintenant à tous les travailleurs d’allonger leur carrière professionnelle. Les aidants actuels doivent souvent concilier plusieurs fronts, une activité professionnelle, l’accompagnement d’une personne âgée dépendante, les relations avec leurs enfants et la garde des petits-enfants. Doivent-ils être des « wonderseniors » aidants ? L’augmentation du taux d’emploi des seniors ne va-t-elle pas contribuer à une diminution de l’aide informelle?
  • La dépendance a ses aspects particuliers mais la solitude est la grande source de souffrance des seniors à domicile, contexte que leur maintien à domicile va renforcer.

Comment combler le désert affectif ? désert 2.jpg

Quelles initiatives pour recréer des liens?

Les petits-enfants? On sait que les relations se distendent avec les grands-parents dépendants au fur et à mesure que croît la dépendance, le lien restant «porté» et «soutenu» par leurs parents « aidants ».

Les amis seniors? Dans l’environnement affectif, les relations amicales ont certes pris de plus en plus de place au sein des familles mais restent fragiles et moins durables (7).

Les bénévoles? L’aide de bénévoles se raréfie déjà sur le terrain.

  • De plus en plus, les personnes limitent à des périodes déterminées (1, 3, 5 ans) la durée de leurs engagements individuels bénévoles à des organisations humanitaires. La raison en est que dans nos sociétés individualistes et marchandes, participer à des causes humanitaires, consacrer son temps et donner de soi  aux autres est aujourd’hui vu comme un épanouissement personnel mais aussi comme une source d’aliénation (8) et de dépendance ! C’est là que git le dernier défi qui dérive du paradoxe de l’autonomie des seniors: l’autonomie, en ce qu’elle rejoint les droits fondamentaux de la personne proclamés dans les diverses déclarations des droits de l’homme, appartient à chacun et donc aussi à cet aidant familial. Dans la relation d’aide aux aînés, cette autonomie de la personne dévouée devrait donc être préservée de manière égalitaire.

Ces défis  nouveaux de l’accompagnement des seniors dépendants sont liés à la fois au plafond de verre de l’autonomie (9) et à l’évolution de la société. Ils ne sont quasi jamais évoqués dans les projets actuels de société.

Trop dérangeants ?

 

1. Un cas vécu avec un couple d’octogénaires. Le mari s’était fracturé la hanche et l’épouse montrait les premiers signes de la maladie d’Alzheimer. « Leur fille qui travaillait devait s’occuper d’eux à domicile » ont-ils déclaré et maintenu auprès du médecin hospitalier qui prévoyait un séjour dans un centre de revalidation. Leur fille accompagnait à cette période même son mari dans son traitement de chimiothérapie…

2. La planification et l’organisation  des tâches sont d’ailleurs les premiers travaux des équipes professionnelles sociales qui se rendent au domicile du senior dépendant ayant fait appel à elles.

3. Abraham, R. 1998. Emotional dissonance in organizations: A conceptualization of consequences, mediators andmoderators.  Leadership &  Organization Development Journal  19 (3), p. 137–146.

 4. Un exemple banal ? « Ma fille vient boire son café après son travail » dit Nadine à tous ses voisins. En fait, sa fille vient préparer chaque jour le souper et donner les médicaments de Nadine qui ne les reconnaît plus.

Un “bon” enfant se doit de faire passer ses propres émotions au second plan, et  la plupart du temps sans en avoir conscience, afin de maintenir un climat positif pour son aîné, en conformité  avec les  sentiments attendus et en vigueur dans notre environnement social.

 5.  Je connais deux cas de rupture de couples où l’aide prolongée de la femme à ses parents a  été l’elément majeur de la rupture des couples.

6. …Quand ce n’est pas l’aidant septuagénaire qui décède avant son parent!

7. Étonnamment, beaucoup de seniors ont tendance à peu s’impliquer dans la situation d’amis dépendants. Eux-mêmes peinent parfois pour satisfaire leurs propres besoins et un sentiment d’urgence les inclinent à  profiter encore des bonnes choses de la vie.

8. « Situation de quelqu’un qui est dépossédé de son être essentiel ».

9. Si les choses sont clarifiées et la dépendance reconnue par le senior, un pan des problèmes est déjà résolu pour l’aidant qui voit au moins son travail  balisé et reconnu.

Le plafond de verre de l’autonomie (2)

Nous n’envisageons pas, dans cet article, l’autonomie du senior dans ses aspects éthiques, légaux mais bien dans ses implications dans la vie de tous.

Cette notion d’autonomie reste insaisissable. Car nous ne pouvons jamais prétendre savoir comment s’opère le rétrécissement de l’autonomie, à la place d’un sujet âgé. Cet aspect du vieillissement est variable selon chaque individu et échappera toujours à notre champ d’expérience. Nous devons nous en remettre à la seule perception exprimée du senior, qui est notre source principale d’information.

Malheureusement, à ce moment précis, à cause des processus de maturation ou d’évolution différents, il  arrive que certains seniors développent une énergie colossale pour maintenir leur «paraître» ou le «culte de leur autonomie». Au moment du déclin corporel, si l’individu ne s’est pas préparé un minimum, il se trouve confronté à un ébranlement léger ou profond de ses capacités, ce qui est pour lui générateur d’angoisses et de processus de résistance. Il peut alors refuser d’envisager que ces capacités soient altérées pour maintenir l’illusion d’une parfaite autonomie. Il crée ainsi patiemment son cocon avec un vrai plafond de verre sur lequel vont se heurter les aidants familiaux (1). La plupart du temps, ceux-ci n’oseront pas le briser par fidélité familiale. Cette construction du «vieillir à sa manière», confortée par la publicité, évite au senior de se soumettre à une contrainte ou à une stratégie plus adaptée. L’autre aspect  dérivé, rarement évoqué, est que l’instauration de ce «plafond de verre de l’autonomie» se  fait inévitablement au détriment des autres, en grignotant les plates-bandes des aidants informels, comme nous le verrons ensuite.

 

 autonomie,senior,prévention

S’il s’est incrusté dans une relation, ce plafond de verre du concept de l’autonomie constitue une barrière forte, invisible socialement car non connue ou identifiée. Cette non-identification du problème qui vaut d’ailleurs tant pour les seniors eux-mêmes concernés (2) que pour le reste de la société est due à l’ignorance. Dans notre société, il n’y a pas dans ce domaine (3), de réelle transmission transgénérationnelle des savoirs concernant le phénomène naturel du vieillissement et des soins aux aînés (4), c’est-à-dire:

  • les habitudes et savoir-faire qui permettent à la personne vieillissante de vivre au quotidien,
  • les connaissances des modifications naturelles ou pathologiques de l’avancée en âge,
  • l’identification des nouveaux  enjeux de vie du senior et de leurs implications, répercussions familiales et sociales,
  • la maîtrise des mécanismes qui pourront permettre au senior en difficulté de conserver une place dans la société (5).

Identifier les premiers signes d’une perte d’autonomie permet de prendre les bonnes mesures, d’améliorer sa qualité de vie et celle des autres membres de la famille, des voisins ou amis.

 1. ….et les enquêteurs sociaux.

2. « Je ne savais pas que j’allais évoluer comme cela…»

« Je ne pensais pas me retrouver dans cette situation. Mes parents sont morts  à la soixantaine, très jeunes finalement. Je n’ai rien compris»

«  Vieillir n’a rien à voir avec mes certitudes antérieures »

« Je suis une petit barque qui  prend l’eau avec de plus en plus de trous. Je passe tout mon temps à écoper pour surnager. Je n’ai plus le temps de songer aux autres. »

 3. Par contre, en matière d’éducation des enfants, chacun, même non parent, baigne dans un tel substrat de connaissances et d’informations qu’il a des références immédiates, quasi spontanées pour comprendre les mécanismes de l’enfance.

4. Les raisons de cette abstention de transmission «naturelle» à chacun de nous sont trop longues pour être analysées. Bien entendu, les choses sont extrêmement différentes pour les professionnels: la gérontologie est très largement étudiée et le personnel soignant échange et développe depuis longtemps les bonnes pratiques du « Care ».

5. Ce qui explique finalement aussi les très faibles résultats des diverses politiques de prévention à destination des aînés, comme l’aménagement d’un domicile adapté. Pourquoi se préparer à une éventualité non perçue, qu’on n’a pas rencontrée peut-être, ou qu’on ne connaît simplement pas ?

Vous avez dit «autonomie» du senior ? (1)

Le concept d’autonomie est devenu pour nos seniors, depuis ces 30 dernières années, la  norme de référence, la quête du Graal. L’autonomie de la personne est aussi l’objectif premier des soins médicaux, des politiques publiques, des sociétés de services et de technologies  qui visent à compenser toute perte d’autonomie éventuelle. L’autonomie participe de la vision culturelle et sociale de la personne instillée par l’idéologie néolibérale qui oblige l’être humain à s’assumer, à se gérer totalement. Si une perte d’autonomie apparaît, elle est  évaluée, mesurée avec des grilles (par exemple AGGIR). Des systèmes connectés «intrusifs» pour certains, permettront aussi de contrôler ou de donner «plus d’autonomie aux personnes âgées isolées à leur domicile»…

Les jeunes, les adultes ou seniors envisagent différemment le concept de l’autonomie et le fait de vieillir autonome. L’autonomie de la personne pourrait sans doute se définir comme son aptitude à agir et à vivre en respectant les règles de la société, en interaction avec les autres, en comprenant ses propres besoins et sentiments et ceux d’autrui. Elle s’appuie sur des capacités intellectuelles, cognitives et motrices. Dans cette notion très ambitieuse, beaucoup d’adultes ne se reconnaîtraient d’ailleurs pas pleinement autonomes.

Par contre, la majorité des seniors se diront autonomes: la société leur impose de sauvegarder cette image de valeureux seniors, même au prix de souffrances psychologiques. La plupart ne sont pas dupes de la distorsion entre leur image projetée et les contours de leur identité actuelle. 

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 (Sculpture des hommes volants. Hall de l’aéroport maltais).

Oui, brutalement ou progressivement, l’âge entame cette autonomie, entraîne des perturbations que ce soit au niveau intellectuel, moteur, cognitif. Sur le plan émotionnel aussi, beaucoup de seniors+ se concentrent sur leur propre existence souvent pour une question de survie, en se déconnectant des tiers, famille ou amis et du monde en général.

A ce moment, sous couvert d’autonomie, il reste encore au senior la capacité d’assurer tous ou certains actes de la vie quotidienne, la possibilité de vivre chez lui avec une certaine indépendance, l’exercice de sa mobilité. Son sentiment de liberté et de dignité résulte encore de l’absence d’évaluation du contrôle social ou technologique de sa personne et de ses mouvements.

La vraie autonomie n’est accessible naturellement qu’à quelques aînés privilégiés. Elle consiste à pouvoir gérer leurs nouvelles failles et les interdépendances qu’elles impliqueront avec des tiers. Mais qui apprend aux seniors à exprimer ce qu’ils ne peuvent pas reconnaître socialement, à identifier leurs dépendances naissantes, pour ensuite les gérer simplement au mieux ?

Assurance responsabilité civile du résident en maison de repos.

Je remets ici un peu de lumière dans le domaine de l’assurance du résident en maison de repos. C’est aussi une des clés de sa tranquillité.

L’assurance responsabilité civile ou RC familiale reste une couverture facultative en Belgique. Elle couvre votre responsabilité civile et celle des membres de votre famille pour les dommages corporels ou matériels que vous causez à un tiers. Les conditions générales du contrat varient en fonction de la compagnie d’assurances.

Lors de l’étape importante d’une entrée en maison de repos, on estime parfois à tort que cette assurance n’est plus utile pour le résident. La maison de repos a sa propre assurance responsabilité civile et est tenue de prendre les précautions nécessaires pour éviter les accidents avec leurs résidents. Or, l’objet de l’assurance de responsabilité civile de la maison de repos est très différent car y est visée la réparation des fautes commises par l’organisme et l’ensemble du personnel dans l’exercice de leurs activités et non les fautes dommageables des pensionnaires.

Le senior pensionnaire reste donc toujours civilement responsable de ses propres fautes. Dans son nouveau milieu de vie dense, où les accidents et chutes sont fréquents, le résident peut en blesser un autre, casser les lunettes de son voisin, provoquer la chute d’une personne en manipulant son fauteuil roulant. Avec des personnes vulnérables, une peccadille peut avoir des conséquences catastrophiques.

Certaines maisons de repos acceptant les animaux, la responsabilité du maître est engagée si un dommage est causé à un tiers par l’animal.

Enfin lors des sorties à l’extérieur, comme piéton notamment, il peut provoquer un accident et la responsabilité du résident reste engagée normalement pour les actes de la vie. 

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 “Les affaires interminables sont celles où il n’y a pas de difficultés.”

 Napoléon Bonaparte

Si vous souhaitez que le séjour en maison de repos de vos proches soit sans souci, maintenez leur assurance responsabilité civile en vérifiant qu’elle s’applique au nouveau milieu de vie (maison de repos). Prenez la précaution de notifier l’information par écrit à son assureur.

J’ajoute, si nous voulons être complets, que «la protection juridique», option souvent comprise dans cette assurance, doit aussi être incluse. Ce volet est essentiel pour le senior fautif, qui verra ses intérêts juridiques et ses droits directement préservés par son assurance car un sinistre en maison de repos évolue rapidement en un conflit juridique portant sur la détermination de la responsabilité.

Mon expérience m’a prouvé que beaucoup de seniors victimes d’un dommage mineur et leur famille sont moins enclins à emprunter une voie amiable ou négociée. Animés par une quête ultime de reconnaissance ou d’affirmation de soi, ils ne se résignent pas et préférèrent livrer la bataille forcenée de Waterloo contre le pensionnaire fautif affaibli, même pour un résultat dérisoire.

« Le cercle des femmes ». Sophie Brocas

Lia Palin vient d’avoir vingt ans alors que son arrière-grand-mère Alice, 90 ans, s’est éteinte paisiblement. Lia va rejoindre, dans les Landes où se trouve la maison de la défunte, sa mère Agnès, 47 ans, paléontologue, sa grand-mère Sol, tonique septuagénaire et la meilleure amie et confidente d’Alice, Marie, 90 ans. Durant ces quelques jours de deuil, elles mettent de l’ordre dans les affaires de l’aïeule. Lia, la narratrice du récit, découvre des carnets de notes et des lettres témoignant d’un douloureux secret gardé par la défunte pendant 60 ans et qui a ligoté la vie amoureuse des quatre générations de femmes. Que faire de ce secret ?

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«Marie avait sillonné la ville arabo-andalouse, fixé sur la pellicule les arabesques de fer forgé, le labyrinthe des buis et les fontaines chuchotantes de l’Alcazar»

           Séville

L’auteur.

Journaliste française,  Sophie Brocas a entamé une carrière de haut-fonctionnaire dans les ministères et la préfectorale et est devenue conseillère du président de la République, François Hollande. En mars 2017, à 56 ans, elle est la première femme préfet d’Eure-et-Loir. Elle a  écrit Le cercle des femmes (2014) et Camping car.

Commentaire.

Ce roman classique évoque les dégâts occasionnés par le secret entourant la  disparition du mari de l’arrière-grand-mère, Alice. Ce non-dit, pire ces mensonges construits par Alice ont décidé de la fragilité des liaisons amoureuses des femmes de la famille et ont ricoché comme un galet à la surface de chaque génération pour les victimiser.

Nous connaissons bien aujourd’hui les risques de taire nos secrets de famille puisque la psychogénéalogie depuis les années 1970 a montré que les troubles psychologiques d’une personne peuvent être conditionnés à son insu par les traumatismes ou secrets de ses ascendants.

9782260022008.jpgCe qui m’a semblé intéressant dans ce roman, c’est qu’il montre que  le nœud de la difficulté ne réside pas dans la nature de l’évènement initial mais dans le traumatisme vécu par Alice et des choix qu’elle a opérés. La  sève toxique  mensongère instillée par Alice à Sol et puis à Agnès tire son atrocité de l’insistance à maintenir son secret enfoui au détriment du bien-être de sa fille.

La vérité découverte à propos d’une histoire de famille qui émerge est souvent diffusée par étapes. Comme dans ce roman, ce qui a été occulté, percole et s’éclaircit au fil de temps parfois très longs.

En poursuivant par une recherche personnelle la quête de son histoire, Lia brise le cercle vicieux, retrouve son chemin et confiance en ses capacités. Elle peut faire, sans ombre, son album familial. Par contre, sa mère et sa grand-mère ne s’engagent pas dans ce chemin  direct pour une  réécriture de leur vie. Leur vécu est différent.

La plupart d’entre nous avons nos petits secrets, c’est respectable s’ils ne causent pas de souffrance ou de ravage à autrui. Par contre partager naturellement, sans attendre un moment final, toutes les informations qui touchent aux origines ou à l’avenir familial reste souvent la meilleure voie de respect du droit de nos proches.

Nous sommes aussi dépositaires directs ou indirects de secrets d’autres personnes. Si nous sommes des confidents loyaux, nous gardons ce secret jusqu’à l’oublier.

En parler ou pas? Pas si simple de rester passif devant la souffrance d’un tiers impliqué malgré lui. On mesure toute l’ambiguïté de la position de Marie, même après le décès de son amie. La vérité est à manier avec précautions d’autant que le secret n’a souvent plus les habits d’une vérité absolue purificatrice mais s’appuie sur des convictions, un climat d’époque dépassé plutôt que des preuves. Ce sera  grâce à Marie que Lia obtiendra les éléments utiles pour se libérer de sa souffrance injuste.

La vie moderne  plus décomplexée avec moins de tabous, les changements rapides du monde nous imposent de nous adapter rapidement. Cette flexibilité nous rend sans doute moins directement tributaires  aujourd’hui des mystères d’un noyau dur familial et à la fois plus aptes à partager dans la simplicité une parole libérée à propos de la situation traumatisante ressentie par un proche. D’où l’importance pour nous d’être à l’écoute dans ce cas…pour notre bien et celui de nos enfants.

Un passage.

 « J’avais plongé dans le taillis compliqué des non-dits, des craintes, des entraves données en héritage à la naissance.(…) Peut-être était-ce à moi de faire ce travail puisque ma mère avant moi et ma grand-mère avant elle y avaient renoncé. »

Aide ménagère et accident de travail: le point

Les seniors ou personnes qui font appel à une aide- ménagère passent souvent aujourd’hui par une entreprise de titres-services. Mais pas toujours.

Il arrive que des seniors, en dehors du système de titre-services, pensent être à l’abri de tout souci  d’accident de travail de leur femme de ménage, vu soit le lien particulier qu’ils ont avec elle ou soit la nature du travail effectué. Non seulement un accident est vite arrivé mais si leur  femme de ménage a un accident en se rendant à leur domicile, celui-ci est aussi un accident du travail qu’ils devront assumer.

Je cite souvent cet exemple éclairant: en 2014, André, 80 ans, qui rechignait à se lancer dans la formule des titres-services en raison du refus de sa femme de ménage d’intégrer le système s’en était séparé malgré tout. Quinze jours plus tard, André apprenait que son ancienne femme de ménage avait un « petit » accident à la main mais avec 9 mois d’incapacité !

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Lugano : « La liberté dans les lois » Cicéron

Les deux situations actuelles légales pour l’emploi d’une aide-ménagère à domicile sont les suivantes :

  1. En tant que particulier, vous faites appel au système des Titres- services. Vous n’avez pas de tracasseries administratives ni d’assurance supplémentaire à souscrire. Le système des Titres-Services vous couvre en cas d’accident de travail ou de maladie de l’aide-ménagère suite au travail presté chez vous ou sur le chemin du travail. Si d’autre part, l’aide-ménagère cause un dégât chez vous ( bris d’un vase de grande valeur par exemple), celui-ci sera couvert par l’assurance en responsabilité civile de l’entreprise de titres-services (avec une franchise).
  2. Vous employez une ou plusieurs personnes qui effectuent des activités de femme de ménage, de jardinier ou d’homme à tout faire. Indépendamment du nombre d’heures prestées, même deux heures/semaine, vous devenez son employeur avec toutes les obligations comme

           –  établir un contrat de travail;

           –  vous identifier comme employeur en vous inscrivant à l’Office national de sécurité sociale;

           –  déclarer tout personnel employé au moyen d’une déclaration Dimona;

           –  vous acquitter des cotisations sociales dues ; 

            – souscrire une assurance accidents de travail pour le personnel

Sachez que même si vous avez souscrit une assurance pour votre femme, homme de ménage, jardinier rémunéré, cette assurance pourrait encore décider de ne pas intervenir lors d’un accident si vous n’êtes pas inscrit comme employeur. Votre travailleur se retournera alors inévitablement contre vous.

Si vous ne respectez pas la réglementation, des amendes pénales sont prévues. Vous participez au travail au noir avec toutes les conséquences éventuelles en cas de dénonciation (qui peut se faire via un simple clic d’ordinateur). Des contrôles de l’Inspection Sociale ont lieu aussi chez les particuliers.

En dehors du travail d’aide-ménagère, d’autres prestations à domicile dépannent le  senior. Il s’agit d’activités occasionnelles de nature intellectuelles et non professionnelles telles que tenir compagnie, faire des courses pour ou accompagner des personnes moins mobiles.  Ces activités restent exemptées de cotisations sociales, pour autant que le personnel employé preste une durée maximale de 8 heures par semaine au total chez vous ou d’autres employeurs ensemble. Dans ce cas, vous ne devez pas vous inscrire à l’ONSS mais vous êtes obligés d’assurer ces personnes contre les accidents du travail.

La  confusion entre les activités d’aide-ménagère et de dame de compagnie est évitée: il n’y a ici aucun travail lourd, pénible, ni prestation manuelle, ce qui sera vérifié, sans aucun doute, par l’assurance  si son intervention est demandée.

Par contre, il n’est pas aisé de vérifier le volume des heures de prestation notamment si le lien avec le prestataire  s’opère via des sites internet: comment être certain qu’il s’agit pour le prestataire d’une activité d’appoint de moins de 8 heures/semaine ?

Le senior a toujours beaucoup à perdre en acceptant une situation  de travail non conforme chez lui. Sa vulnérabilité croissante au fil du temps en fera une proie malléable, facile à piéger. Croire qu’il  lui sera toujours possible de négocier un arrangement avec un travailleur qu’il connaît depuis longtemps mais accidenté est, dans le monde actuel, un leurre…

Comme le disait Cicéron, ne soyez pas imprévoyants car votre liberté est dans les lois.

Entrer en couple en maison de repos.

C’est souvent après le décès de leur conjoint et  l’entraide mutuelle disparue que certains seniors+ envisagent leur installation en maison de repos.

Mais, avec l’allongement de l’espérance de vie, des couples octogénaires ne savent parfois plus, malgré les structures d’aides à domicile et le soutien familial, surmonter leurs difficultés.  Ils décident de quitter leur domicile pour  séjourner en maison de  repos. Leurs enfants, déjà seniors, encore au travail, s’occupent de leurs propres enfants, petits-enfants, des deux aïeuls (parfois plus..) et s’épuisent.

La solution de la résidence-services concerne des personnes âgées autonomes, et n’est plus à retenir dans une telle situation.  Cette proposition de résidence services devient fort coûteuse s’il faut y adjoindre, pour être aidé, une multitude de services qui sont payables à la carte.

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Trouver une solution pour un couple en maison de repos ou en maison de repos et de soins ?  

Pas si simple !

Aucun recensement d’offres/prix d’hébergement pour couples en maison de repos n’est disponible dans notre pays. L’infrastructure actuelle des établissements  n’est pas adaptée à ce cas. La quête d’un hébergement adapté pour deux personnes se compliquera des critères de budget à respecter.

En pratique, si un seul des conjoints a besoin de soins, l’autre partenaire continue habituellement à vivre dans le logement familial. Sinon ce partenaire, encore valide, paierait un taux quotidien quasi aussi élevé que son conjoint dépendant. Le couple vit de fait une séparation. Accepter cette rupture est pénible pour le couple âgé (sentiments divers d’abandon, de perte, de culpabilité, d’impuissance…). Leur famille tente de maintenir une continuité du cadre de vie avec plusieurs pôles d’attention à gérer: les visites au parent dans un home parfois éloigné, les visites à la maison au partenaire resté seul et les visites du vieux couple à organiser et à maintenir. La situation financière devient parfois délicate: la personne à domicile continue à avoir les mêmes frais de logement qu’auparavant, doit subvenir à ses besoins et assumer en même temps le coût du séjour en maison de repos du partenaire.

Un couple âgé qui dispose de plus larges moyens financiers, pourrait s’orienter vers la solution   raisonnable financièrement que serait soit un studio soit une chambre double en maison de repos. Certaines rares maisons de repos proposent à leurs résidents des chambres communes avec des tarifs moindres.

La vie quotidienne à deux dans un espace réduit ou dans une seule chambre ne sera possible que si l’entente du couple est harmonieuse, sans agressivité ni pathologie incompatible pour le conjoint (par exemple stades Alzheimer  6 ou 7). L’acclimatation  du couple dans l’établissement sera moins aisée,  avec  souvent une tendance à rester dans leur cocon ou havre de paix. Il ne sera pas simple pour eux de se lier avec les autres pensionnaires qui sont seuls, avec des préoccupations différentes, ni de vivre leur intimité de couple en maison de repos. Certains couples y parviennent cependant.

Si les relations  du couple ne permettent pas de croire possible une vie commune à long terme dans un espace exigu ou que leurs pathologies sont incompatibles, il faudra bien envisager deux chambres individuelles, si possible dans le même établissement, ce qui s’avère souvent problématique.

Si la même maison de repos peut accueillir les deux seniors individuellement, le spectre de la séparation n’est pas encore écarté. Les ailes, étages d’accueil peuvent être différents. Plusieurs couples à Bruxelles sont ainsi séparés. Arthur, 85 ans (atteint de la maladie d’Alzheimer) est dans une section plus confinée que son épouse Rose, 82 ans (qui a de graves problèmes locomoteurs) et qui est installée deux étages en-dessous.  Même les repas sont pris séparément.

La dépendance ne brise pas le lien conjugal. L’équilibre du couple âgé vacille au moment où le tandem découvre son impuissance à gérer ensemble l’accumulation des aléas de vie.

Autant le savoir: l’évolution du couple âgé plongé dans la dépendance est moins tributaire du handicap que de deux éléments  majeurs intrinsèquement  liés:

  • la qualité du rapport affectif qui a lié durablement les conjoints, et
  • l’espace de vie du couple, « le chez soi » où ce lien peut se déployer.

Si un espace physique dédié ne soutient plus la relation affective du couple, une différence s’installe entre les anciens  partenaires. Il y a une perte des repères, du vécu commun et de l’aide  de l’autre conjoint souvent masquée pour les tiers. Le bouleversement chez l’un et l’autre est tel que le couple se délite graduellement et cesse naturellement d’exister.

Il n’y a sans doute pas d’excellentes solutions actuellement pour ce dernier cap à vivre, pour ceux qui ont la chance d’être restés longtemps ensemble*.

 * A contrario, Le film «Amour» (M. Haneke), interprété par Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, racontait la vie d’un couple octogénaire idéal, malmené quand l’épreuve arrive dans le couple et qui veut résister.  Le couple tente d’y faire face à deux avant de s’y perdre dramatiquement d’une autre façon.

Avenue Alfred BASTIEN… A la découverte de notre patrimoine.

Heureuse initiative à Auderghem, ce samedi 26 novembre 2016 !

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Le collège des bourgmestre et échevins d’Auderghem a inauguré, avec les habitants du quartier, une plaque commémorative située au coin du boulevard Alfred BASTIEN et du boulevard des Invalides, en l’honneur du peintre Alfred BASTIEN.

 

Avec 100 mètres de long, à une altitude de 65 m, l’avenue Alfred Bastien relie le boulevard des Invalides et l’avenue des Meuniers.  Cette voie ouverte en 1931*porte le nom d’un peintre de l’École d’Auderghem.

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A cette époque, Alfred Bastien, habitant d’Auderghem était déjà un peintre largement reconnu. Né à Ixelles le 16 septembre 1873, dans une famille modeste avec 8 enfants, Alfred Bastien refuse de devenir clerc de notaire. Il décide d’apprendre le dessin en se formant  à l’Académie des Beaux-Arts de Gand, à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et aux Beaux-Arts de Paris. Il y  rencontre de grands artistes qui deviennent ses  amis et découvre les voyages grâce au peintre Jean Portaels.  Alfred Bastien parcourt alors de nombreux pays européens, l’Afrique du Nord dès 1897, le Congo en 1913 mais aussi l’Inde, la Chine, le Japon et les îles du Pacifique.

 

Dans ses toiles de la Forêt de Soignes, Alfred Bastien se plaît à marier  la lumière avec sa manière brune de prédilection qu’il intègre avec finesse dans ses paysages, natures mortes ou portraits. Ses œuvres de voyage qualifiées d’«orientales» témoignent de sa magie des couleurs plus vives.

Alfred Bastien est particulièrement apprécié pour ses fresques et ses panoramas de scènes militaires, même au Canada où sa production fut importante.

Pour l’Exposition universelle de Gand, en 1913, il dessine le Panorama du Congo (115 mètres de long sur 13 mètres de haut), avec la collaboration de P. Mathieu.  

Ensuite, lors de l’invasion allemande, en août 1914, Alfred Bastien, 41 ans, est trop âgé pour être mobilisé ; il s’engage, néanmoins, comme volontaire. La guerre terminée, le Roi Albert lui confie la tâche de réaliser un gigantesque Panorama de la bataille de l’Yser. Le peintre terminera avec ses élèves cette fresque de 115 mètres de long sur 14 mètres de haut. Durant les années d’après-guerre, l’Exposition de la toile  rencontre un important succès populaire. En octobre 1926, on compte déjà plus d’un million de visiteurs dont les grands dirigeants du monde.

En 1936, Bastien réalise son troisième panorama, «La Bataille de la Meuse»  qui représente la bataille franco-belge sur la Meuse en août 1914 lors de l’invasion des troupes allemandes.

Ancré dans la vie et engagé dans les conflits de son époque, ouvert aux autres toutes les formes d’expression, Alfred Bastien écrivait aussi fort élégamment. Ses Mémoires ont été publiés. Il fut aussi élu sénateur en 1946. Alfred Bastien est  décédé à Uccle, le 7 janvier 1955.

La maison de Bastien, ancienne maison du meunier, existe toujours au Rouge-Cloître à Auderghem. En 1898, la maison du meunier au Rouge-Cloître à Auderghem appartenait à la famille Bastien. Sa sœur Henriette l’habitera quelques temps et ensuite, l’artiste peintre s’y installe lui-même avec sa famille. Il fera partie d’un  groupe informel des peintres de l’époque qui aiment à se retrouver pour peindre dans le magnifique cadre boisé du Rouge-Cloître.  Alfred Bastien avait pour voisin Léon Houyoux, artiste peintre, qui vivait dans la conciergerie du Rouge-Cloître et qui avait été aussi l’élève de Portaels.

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A l’occasion des commémorations 1914-1918, le centre du Rouge-Cloître, par ailleurs actuellement dédié à l’art, rend hommage  à cet artiste éminent du 18 novembre 2016 – 16 juillet 2017  avec une exposition  dédiée au  Chroniqueur de guerre que fut Alfred Bastien.

  

* Le Premier permis de bâtir fut délivré en juin 1931 pour le no 20.

Aspects particuliers de la relation emphytéotique et construction d’un appartement. (3/3)

Si un particulier envisage d’investir en acquérant un appartement lié à un bail emphytéotique de terrain qui ne confère qu’un droit limité dans le temps, cela s’avèrera l’écueil fondamental de son projet. 

Imaginons Arthur, 30 ans, qui achète un appartement en emphytéose partielle pour le transmettre à sa petite Lily qui vient de naître. Vu la longévité actuelle, on peut être certain que la fille de Lily sera confrontée à la fin du bail emphytéotique et pourrait perdre l’appartement. Ce n’est sans doute pas ce à quoi avait pensé Arthur en investissant…en bon père de famille.

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Deauville. Cryptogram One. Karl Lagasse. 2012

Voici divers aspects à bien « décrypter »:

  • Si le tréfoncier n’appartient pas à la puissance publique mue par l’intérêt de la collectivité et qu’il s’agit d’une société commerciale par exemple, son intérêt premier sera avant tout de tirer un bénéfice: il n’y aura aucun cadeau en fin du bail emphytéotique.
  • Les clauses de reconductions automatiques du droit d’emphytéose pour le faire survivre à l’issue des 99 ans ne sont jamais valides: la parole d’un vendeur ou agent immobilier garantissant le renouvellement automatique du bail emphytéotique comme s’il s’agissait d’une formalité n’est que du vent.
  • Un appartement bâti sur un morceau du terrain avec emphytéose doit générer une diminution du coût global: le prix d’achat total doit donc être moindre que celui d’un appartement identique en plein propriété. Il faut donc bien calculer les coûts.
  • Le montant du canon ou de la redevance annuelle est lié à la valeur du terrain mais aussi aux charges que certains tréfonciers ajoutent en plus au contrat de bail emphytéotique et qu’ils gèrent parfois eux-mêmes: fourniture d’une énergie, entretien des abords de la propriété, infrastructure…Quoi de mieux en effet: leurs clients leur seront fidèles 99 ans !
  • Plus un immeuble comporte d’étages, plus la quotité de terrain qui est attaché à l’acquisition d’un appartement est faible. La part du terrain étant fort réduite, la différence de prix au niveau de son achat n’est pas déterminante ; une optimisation fiscale d’une dizaine de milliers d’euros lors de l’achat n’est vraiment pas avantageuse si le prix de vente de l’appartement est gonflé ou surévalué. C’est d’autant plus vrai que ce petit bout de terrain va décapiter votre investissement 99 ans plus tard…
  • En cas de revente d’un appartement avec emphytéose, le vendeur n’a pas le  droit de propriété complet. Le nouvel futur  acheteur doit accepter de continuer cette logique de bail emphytéotique, ce qui réduit le panel d’amateurs. Au lieu de se valoriser quelque peu, la valeur de l’appartement se déprécie ainsi de plus en plus au fil du temps. La durée de propriété restante diminue chaque année et le bien est moins attractif. Pour  couvrir ses vieux jours, le propriétaire de cet appartement rencontrera des difficultés  à actionner une vente en viager.
  • La législation sur le bail emphytéotique n’a pas été fondamentalement revue chez nous et la jurisprudence reste vague sur de nombreux aspects. Le cadre fiscal peut considérablement évoluer. Les démembrements artificiels de propriété sont toujours dans l’œil du fisc et peuvent être remis en cause (songeons aux diverses positions de l’administration fiscale relativement aux mécanismes usufruit/nue-propriété).

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Le bail emphytéotique reste une formule utile pour un particulier par exemple si elle  lui permet de se loger à proximité de son lieu de travail, de s’installer dans un lieu déterminé où c’est la seule option, ou de bénéficier d’une résidence secondaire dans un cadre choisi.

S’engager dans cette voie lourde doit inciter à prendre préalablement avant tout accord ou signature, les conseils d’un notaire ou d’un juriste chevronné pour ne pas se tromper d’objectif, ni sur la nature exacte de la vente et du bail emphytéotique. L’analyse des conséquences civiles et fiscales varie selon la situation individuelle de chaque acheteur et la rédaction des contrats doit être particulièrement soignée.