Flowertime 2015.

Tous les ans autour de 15 août, les amateurs d’art floral ont rendez-vous sur la Grand-Place de Bruxelles.

Cette année, du 13 au 16 août 2015, la Grand-Place de Bruxelles était parée de cyprès et annonçait le thème de l’Italie baroque.

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La tour de l’hôtel de ville atteint 96 mètres.

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Exposition MONSens. Mesurez-vous! (3)

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« Schizomètres » de Marco Decorpeliada

 

Les ponts entre les artistes de l’art brut et les scientifiques restent ténus.  Chacun reste dans son monde ou son laboratoire.

Quoique.

Des artistes de l’art brut peuvent titiller certains scientifiques avec une œuvre énigmatique. Des étudiants ingénieurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), adeptes de la méthodologie scientifique structurée, peuvent aussi, en étudiant l’art Brut, chercher des connexions entre cet art autodidacte et leurs études techniques.

« Schizomètres » de Marco Decorpeliada est une série d’œuvres singulières visibles actuellement  à Mons.

Les nombres, mesures, unités de toutes sciences symbolisent l’univers rationnel.

Or, après sa visite de l’exposition, le visiteur interpellé ne pourra que s’interroger sur certaines balises de la science.

Fils d’un géomètre italien, Marco Decorpeliada (1947- 2006) est, après le décès de ses parents, entraîné dans un parcours psychiatrique qu’il cherchera toujours à définir. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ou DSM, abréviation anglaise, est alors l’outil de référence établi par la Société américaine de psychiatrie et définit des catégories de critères diagnostiques pour les pathologies mentales. Ce système international de classification des troubles mentaux DSM4 fut souvent appliqué à Marco Decorpeliada pour lui établir des diagnostics très variables. Son identité s’est trouvée réduite à ces termes divers qu’on lui assénait. Il a donc cherché à déjouer ce système de numérotation, en poussant la logique jusqu’à ses extrémités. 

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A un moment donné, Marco Decorpeliada  établit une correspondance  entre les codes attribués aux troubles mentaux dans le DSM et les codes des produits surgelés du catalogue Picard. De là va naître le schizomètre. Marco Decorpeliada va continuer à y connecter d’autres classifications, celle de Dewey pour l’ensemble des savoirs scientifiques, la liste des œuvres BWV de Bach, celle des citations latines, celle des mille et une nuits, etc…

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Il poursuit ce travail avec une suprême rigueur dans sa logique, détectant des lacunes ou des éléments manquants dans les listes. Les remarques de son médecin à ce propos le fâchent comme le montre cet email de 2004; Marco recherche une correspondance parfaite entre toutes les numérotations.

 

«L’art est malgré tout ordonné par une sorte d’obsession, le travail en série pour obtenir la perfection, ou plus justement la recherche constante de la perfection pour l’artiste. Il existe donc, de la même manière qu’en science, une sorte d’ordre dans la recherche» note avec à propos une étudiante de l’EPFL, Marine Wyssbrod, dans sa note De l’Art à la Science- Réciproque .

Sans que ces schizomètres de Marco Decorpeliada présentés à Mons n’aient pu jouer un rôle perturbateur chez les psychiatres, on constate que les lacunes ou classifications scientifiques arbitraires du DSM font l’objet de nombreuses critiques.

Les artistes de l’art brut nous «déconditionnent»,  nous aident à franchir d’artificielles ou d’absurdes limites, changent nos perceptions.

Remettre en question des cadres qui nous sont imposés pour les définir à nouveau, oser s’ouvrir à l’irrationnel, à ce qui ne nous semble pas actuellement cohérent, peut être source de nouvelles démarches créatives.

 « Dans le ciel, passe une volée de canards, le cou raide tendu vers l’avant.
Je compte. Il y en a cinq. Le chiffre cinq se met à exister devant moi.
Les nombres ont-ils un mode d’existence en dehors de la tête de celui qui les pense ? »

Hubert Reeves, astrophysicien, dans son journal  « L’espace prend la forme de mon regard »

L’art brut à Mons 2015.Exposition MONSens (2)

Merveilleuse croisière MONSens dans le beau paquebot blanc du Bam à Mons qui se poursuit jusqu’au 6 septembre.

Si vous ne connaissez pas l’art brut, c’est une occasion exceptionnelle d’embarquer vers  ce monde artistique. Montez  directement tout en haut, sur le pont supérieur du BAM qui vous offre un splendide panorama sur l’art brut, d’hier à nos jours. Toutes les interrogations sur le « sens » donné aux œuvres par les médecins, créateurs et spectateurs sont évoquées. Les créations sont admirablement présentées et coordonnées.

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Willem Van Genk. Bus. Exposition Monsens. BAM 2015

A travers un panel d’œuvres majeures qui repousse loin les barrières pathologiques, une création multiforme révèle toute sa splendeur. Les grandes figures de l’art brut  illuminent l’espace.  D’Aloïse Corbaz, d’Augustin Lesage  en passant par l’horloge d’Adolf Wölfli 1923, on arrive aux bus en 3D de Willem Van Genk, aux fusils d’André Robillard ou au paradis à l’encre de chine de Johan Garber (Paradise 2001) ou à la tour de brol de Frédéric Etienne (2013) pour ne citer que quelques capitaines. 

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Frédéric Etienne: la tour de brol (2013). Exposition Monsens. BAM 2015

Mais derrière ces artistes connus, il y a tout un équipage à l’œuvre. La seconde escale  Interaction est le fruit d’ateliers de collaboration avec des artistes contemporains (Cléa Coudsi et Eric Herbin, Lise Duclaux, Yves Lecomte, Mireille Liénard, Emilio Lopez-Menchero, Caroline Rottier, Tinka Pittoors) et de personnes déficientes  mentales de la région. De nouvelles créations très diverses en résultent.

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Emilio Lopez-Menchero et son équipe avec sa parade en ville de «Cabezudos» (grosses têtes) crée un autre regard à la fois chez les acteurs et les spectateurs. Car si le masque cache son auteur, il en dévoile par cette représentation aussi une autre facette.

 Exposition Monsens. BAM 2015

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Dans son processus créatif, l’artiste Tinka Pittoors  juxtapose des objets industriels et naturels et les matériaux  semblent chercher des connexions avec la réalité de la même façon  qu’elle s’interroge sur les contradictions de la nature humaine. L’œuvre « Tumbleweed »   du nom des  herbes sauvages qui volent au gré du vent dans le paysage est composée à la fois par elle et les résidents.  

 Exposition Monsens. BAM 2015

En utilisant  leur symbolique personnelle, des amoncellements, des machines extraordinaires, des suspensions, des répétitions obsessionnelles, les artistes de l’art brut créent dans le silence.

L’intérêt que porte notre siècle à l’art  brut ne cesse de croître. Peut-être dans notre monde en turbulence, ces œuvres sont-elles en cohérence avec nous et nous touchent. Car au fond, elles ne parlent  que d’un sujet fondamental: l’homme et de son besoin de se créer une identité face aux autres. Créer simplement pour exister, c’est le fil invisible qui réunit tous ces hommes et femmes en dehors des traditions artistiques. 

Ne manquez pas le voyage !

 

Exposition MONSens

Du 20 juin au 6 septembre 2015

Créer pour exister. Exposition MONSens (1)

Marginalisé par la maladie, le handicap ou déchiré, brisé, l’homme essaie toujours de rétablir autour de lui à l’aide de couleurs ou de quelques pierres, une harmonie où il pourra se situer.

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Exposition Monsens. BAM 2015

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  Exposition MONSens

Du 20 juin au 6 septembre 2015

BAM- musée des Beaux- Arts à Mons

rue Neuve 8, 7000 Mons

au dimanche de 10h à 18h

« Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove ». Fredrik Bakman

Dans le lotissement où il vit, Ove est connu pour son caractère entier et ronchon.

Ove a maintenant 59 ans et ses patrons lui demandent de prendre un peu de  repos. En fait, ils le virent. Quelques mois auparavant, Ove avait perdu sa femme Sonja, dont la gaieté, l’optimisme et le rire coloraient le quotidien.

Seul et sans travail, son humeur est morose. Ove s’occupe dans son quartier en effectuant des rondes civiques notamment en vérifiant la fermeture des portes des garages, le local des poubelles, la remise des vélos. Se sentant inutile et revenu de tout, il pense au suicide.

De nouveaux voisins fraîchement installés et envahissants parviennent à  faire sortir Ove de sa tanière. Bricoleur, il  ne pourra s’empêcher d’aider son prochain remettant sans cesse son suicide au lendemain…

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 Commentaires.

Vieux, râleur et suicidaire…

Ce titre donné à la version traduite n’est guère enthousiasmant.

 Ove vieux? A 59 ans, c’est un homme habile et courageux

Râleur?  Radin oui sans doute, car il a le sens pratique et le goût des chiffres

Suicidaire? Evidemment dans pareille situation, qui ne le serait pas ?

La vie de Ove n’a jamais été un long fleuve tranquille mais il a pu, en s’appuyant sur  ses talents, négocier tous les méandres.

Le livre baigne dans le grand souffle d’excentricité propre aux auteurs scandinaves. Comment ne pas penser au livre «Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » mais nous ne voyageons pas dans la même folie débridée de Jonas Jonas.

Ici, le livre est très attachant, touchant. L’humour et  la sympathie rendent le personnage de ce bricoleur Ove très proche de nous : on croit au personnage.

Ce roman est aussi une habile confrontation dans la vie quotidienne, entre l’ancienne et la nouvelle génération : l’ancienne génération rabotée dans les entreprises, et peu au courant des nouvelles technologies et la génération Y confrontée aux difficultés  pratiques de la vie quotidienne mais forte des réseaux sociaux.

Cela m’a semblé un portrait très exact de la complexité et l’ennui  qu’éprouve un être à notre époque à se retrouver seul, à se repositionner face aux autres surtout après l’épreuve du deuil. 

L’auteur.

Né à Stockholm en 1981, Frederik Backman était devenu chauffeur de camion avant de se lancer dans l’écriture via des rubriques dans les journaux. En 2012, il écrit son premier roman «Un homme nommé Ove»  traduit chez nous par «Vieux, râleur et suicidaire – La vie selon Ove » Quelques mois après être devenu père, il intitule son deuxième roman «Des choses que mon fils a besoin de savoir sur le monde». Puis paraît son troisième roman « Min mormor hälsar och säger förlå »

  ove,bakman,saab,bricoleurSaab et Ove Ici berline Saab 9-3 (2006)

Créé en 1947, Saab, constructeur automobile national suédois est tombé en faillite en 2011. Saab avait lancé beaucoup d’innovations en équipant ses voitures de ceintures de sécurité en série, en proposant des sièges chauffants.

Il fut un pionnier du moteur turbo. 

 Il y a  toujours aujourd’hui de véritables fanatiques de la marque qui, comme Ove, lui vouent un culte.

La phrase.

 « A présent, on ne jure que par les ordinateurs et les machines à expresso.

 Où va donc le monde quand les gens ne savent plus écrire ni préparer le café ?«  

« Vieux, râleur et suicidaire: la vie selon Ove ». Fredrik Bakman . Chapitre 2

Les vraies questions à se poser pour tout bénévole.(2)

Avant tout engagement, voici les points fondamentaux à examiner.

vos limites personnelles

  • en clarifiant les raisons qui vous poussent à l’engagement : faire partager votre expérience ou vos compétences, changer le monde, donner un sens à un événement traumatisant, échapper à une situation personnelle,…
  •  en vérifiant votre situation administrative particulière (exemples emploi, maladie, chômage, prépension…) et la nécessité  éventuelle de formalités ou autorisations administratives. Voir à ce sujet la brochure publiée par la Fondation Roi Baudouin.
  •  en  tenant compte  de votre état physique et en déterminant dès lors vos restrictions éventuelles dans le cadre de l’activité (par exemple, pas  de port de charges si dos fragile…)
  •  en établissant vos disponibilités horaires réelles pour l’activité envisagée, y compris le temps éventuel de trajet. Dans l’enthousiasme du débutant, ne négligez pas l’importance à accorder à votre vie familiale ou amicale qui perdure après la fin du bénévolat si on a cultivé ses relations !
  •  en déterminant un terme précis à votre engagement pour une association donnée (vous vous engagez pour 1 an, 2 ans, 5 ans… quitte à réévaluer). Evitez les « on verra » qui vous rendent malléables au fil du temps et vous placent dans la perspective d’un engagement illimité: ce qui amènerait une rupture brutale si les structures, le personnel des associations deviennent incompatibles avec votre engagement initial.

  la nature de l’engagement envisagé 

  • Quel type d’engagement recherchez-vous : accompagnement de personnes, transmission de savoir, soutien administratif, logistique…?
  •  Un engagement  ponctuel ou régulier ?

                        «Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier» !

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Si vous avez beaucoup de temps à offrir,  il serait préférable de répartir votre temps entre deux ou trois associations œuvrant dans des secteurs différents plutôt que d’être actif  au sein d’un seul mouvement.

Vous vous créerez plus de liens, plus d’ouvertures. Vous conserverez toujours votre liberté d’action, et la possibilité de quitter en cas de désaccord, sans effondrement de toute votre vie. Christiane entièrement impliquée totalement dans une association n’a pas osé dire « Stop » au moment où son association a dérivé, par peur du vide de son existence alors que Josiane qui a trois activités régulières et une ponctuelle n’a pas hésité à remplacer une de ses activités par une autre quand un des dirigeants est devenu tyrannique.

 – Vous donnez de votre temps: il n’y pas lieu dans le cadre strict de votre activité de financer cette activité par un apport financier personnel. Libre à vous d’aider  à d’autres moments les associations qui ont certes toujours besoin de dons. Bertha avait pris l’habitude de fournir les produits de lessive pour le lavage bénévole de linge d’une communauté. Le jour où elle n’a plus pu assumer cela financièrement, elle a été critiquée et s’est sentie harcelée. 

la structure de l’association

Votre discussion avec l’association est capitale. Celle-ci a d’ailleurs envers vous une obligation d’information détaillée.(1) Vous devriez obtenir toutes les informations sur le cadre légal (statut juridique exact de l’association, le nom des  personnes juridiquement responsables mais parfois très éloignées du terrain), sur les objectifs poursuivis, sur le mode de fonctionnement et le circuit de décision, sur la question des responsabilités et des assurances, sur les  indemnités éventuelles, sur la ligne déontologique et le secret propre à la fonction.

Soyez aussi attentifs à la fonction exacte de la personne qui  vous accueille.

D’autres aspects peuvent vous fournir des indications.

  • La loi autorise uniquement le bénévolat dans des organisations qui ne cherchent pas à faire du profit: le mouvement suit-il cette optique ou la recherche de profits commerciaux est-elle présente?
  • Si le travail bénévole est aussi exercé par des salariés, comment  interagissent les membres du personnel et les bénévoles? Le travail s’effectue-t-il en équipe ou non ? Y a-t-il une hiérarchie? Est-il possible de discuter avec des bénévoles déjà en place?  Ne prendrez-vous pas la place d’un actif rémunéré? Il y a là vraiment matière à réflexion : ainsi Sylvie, bénévole dans un hôpital, mère d’une infirmière, a constaté que le service où elle se dévouait, avait diminué le nombre d’aides-soignants suite à l’arrivée de bénévoles. Sylvie a cessé son action.

 

L’action bénévole qui fragilise l’emploi ou un secteur commercial perd toute raison d’être.

  • La reconnaissance n’est pas le moteur premier du bénévole mais elle est le le marqueur d’un état d’esprit de l’association. La gratitude envers les bénévoles est-elle présente soit par une manifestation publique soit par une communication régulière et attentive envers les bénévoles? Il arrive parfois que le bénévole soit traité avec mépris ou son action si cachée que les tiers ne se rendent pas compte que ce sont des bénévoles qui les aident…
  •  La question des responsabilités est fondamentale.

Marc, piéton, est renversé sur le trajet de l’association où il se rend chaque mardi. Il est blessé.

Le sol du local que Jeanne nettoie est encore humide et un visiteur s’y casse la jambe.

Au cours d’une visite à un malade, Agnès laisse tomber le Gsm de celui-ci. Son Gsm ne fonctionne plus et le malade est très mécontent.

Qui paie ces dommages et en gère les suites? La situation sera différente selon le régime juridique de l’association qui emploie le bénévole.

Dans certaines organisations, la loi a instauré une protection en faveur des volontaires. Les fautes des bénévoles qui occasionnent un préjudice à des bénéficiaires de l’activité bénévole, à des tiers ou à d’autres bénévoles y sont couvertes par une assurance. La responsabilité civile est assurée aussi bien pendant la réalisation des activités que sur le chemin menant à celles-ci.(2)

Mais cette protection légale est loin d’exister dans toutes les organisations utilisant des bénévoles: le bénévole peut donc être rendu personnellement responsable en cas de souci.

Il est donc indispensable de demander (3) si l’organisation est soumise au régime spécifique de protection de la responsabilité civile des volontaires, instauré par la loi. En obtenir l’attestation écrite lève toute ambiguïté  pour le bénévole et ne posera aucune difficulté si la question des responsabilités est nette dans le mouvement.

S’il s’agit d’une vaste organisation et que vous travaillez à un échelon très local, vérifiez aussi la situation particulière du groupement local qui peut avoir un cadre juridique différent du noyau central.

S’il s’agit d’associations de fait ponctuelles, occasionnelles, la responsabilité civile reste régie par les règles du droit commun et le volontaire peut voir sa responsabilité personnelle engagée et être obligé de réparer ou d’indemniser lui-même les dommages occasionnés. Il peut alors faire appel à son assurance familiale s’il en a une.

Si l’organisation n’est pas assurée, insuffisamment (4) ou en cas de doute, les volontaires auront vraiment intérêt à souscrire une assurance RC Vie privée (RC Familiale) avec un volet protection juridique.

 

***

Si vous n’obtenez pas de réponses précises à vos questions, il faut avoir le courage de dire non à l’association et rechercher un autre engagement valable qui vous convient.

Si tout est ok, vous devenez le maillon de la chaîne des 100 millions d’Européens qui participent à des activités bénévoles et s’y épanouissent. Sachez réagir avec calme, humilité, humanité mais aussi vous faire respecter!

Faites nous part de vos expériences, ce qui aidera d’autres à trouver leur chemin. Merci.

 

 

 1. CHAPITRE III. – L’Obligation d’information 

Art. 4. Avant que le volontaire commence son activité au sein d’une organisation, celle-ci l’informe au moins:
a) du but désintéressé et du statut juridique de l’organisation; s’il s’agit d’une association de fait, de l’identité du ou des responsables de l’association;
b) du contrat d’assurance, visé à l’article 6, § 1er, qu’elle a conclu pour volontariat; s’il s’agit d’une organisation qui n’est pas civilement responsable, au sens de l’article 5, du dommage causé par un volontaire, du régime de responsabilité qui s’applique pour le dommage causé par le volontaire et de l’éventuelle couverture de cette responsabilité au moyen d’un contrat d’assurance;
c) de la couverture éventuelle, au moyen d’un contrat d’assurance, d’autres risques liés au volontariat et, le cas échéant, desquels;
d) du versement éventuel d’une indemnité pour le volontariat et, le cas échéant, de la nature de cette indemnité et des cas dans lesquels elle est versée;
e) de la possibilité qu’il ait connaissance de secrets auxquels s’applique l’article 458 du Code pénal. 

Les informations visées à l’alinéa 1er peuvent être communiquées de quelque manière que ce soit. La charge de la preuve incombe à l’organisation.

 2. Celui-ci est défini comme le chemin normal et le plus court entre le domicile du bénévole et l’organisation ou l’endroit où se déroule l’activité

 3. Même si les associations qui ne sont pas légalement obligées de souscrire une assurance sont tenues d’informer leurs bénévoles qu’ils ne sont pas protégés et que leur responsabilité civile personnelle peut donc être engagée

4. Si l’assurance de votre association offre une couverture trop limitée ou n’intervient pas en cas de faute grave ou de faute légère répétée, il sera parfois intéressant pour vous de vous appuyer sur votre propre RC Familiale avec un volet de protection juridique qui permet de gérer la situation compliquée des responsabilités qui pourrait naître à la suite d’un incident.

Les vraies questions à se poser pour tout bénévole.(1)

Vous avez décidé d’exercer une activité bénévole, de devenir volontaire, bref de vous engager. Pour aider, partager, agir ensemble, rencontrer d’autres personnes en vue du bien-être d’autres ou pour une société meilleure.

Cela semble  si évident; beaucoup s’engagent rapidement, sur un coup de tête ou de cœur. Le burnout, le stress ou la grande déception peuvent miner l’engagement sympathique initial chez certains bénévoles qui n’ont pas su poser  leurs limites.

En adoptant une loi relative aux droits du volontaire, le législateur a  déjà cadré l’activité du volontariat.*

Toutes les activités exercées par des «bénévoles» ne respectent pas ce cadre légal.

Par exemple, divers mouvements tablent sur la tradition, les convictions personnelles ou religieuses, le désœuvrement de  certains de leurs membres pour les inciter à «rendre service»: en fait, c’est un bénévolat déguisé qui est parfois instauré à leur insu.

Découvrez les points fondamentaux à examiner avant tout engagement.

à suivre

bénévoles,questions

*La loi qui a été publiée dans le Moniteur belge du 29 août 2005, modifiée entre autres par la loi portant des dispositions diverses (27/12/2005) et par la loi votée à la Chambre le 8 juin 2006.

 

Bénévoles en burnout ….

Le burnout, bien connu dans les milieux professionnels, s’installe aussi chez les bénévoles qui n’ont pas su poser des limites à leur action.

Le terme « Burn out »  signifie: « brûlure interne« .

Herbert J. Freudenberger a publié en 1980, un livre sur l’épuisement professionnel. » En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles.  Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte » (L’épuisement professionnel: la brûlure interne, p.3).

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La situation peut sembler paradoxale  chez des bénévoles qui s’activent  volontairement et gratuitement mais beaucoup de bénévoles s’épuisent et se découragent après plusieurs années.

L’analyse du  phénomène du burnout chez les bénévoles en est encore aux balbutiements.

Les chercheurs  qui ont étudié ce syndrome d’épuisement professionnel ont mis en évidence deux facteurs majeurs.

Le burnout a tendance à survenir:

· Là où l’activité professionnelle implique un  engagement relationnel  intense comme c’est le cas pour les professions d’aide.

· Là où existe souvent un déséquilibre entre les ressources à la disposition de l’individu et son activité ce qui entraîne un sentiment d’inefficacité et une frustration permanente pour lui. 

Cette analyse se transpose aisément au monde du bénévolat puisque les deux éléments y sont récurrents. D’autre causes spécifiques peuvent encore attiser le burnout des bénévoles, comme un engagement personnel intense, une grande responsabilité et mise en cause des bénévoles, des tensions internes pénibles entre membres et direction, des facteurs sociétaux comme la moindre reconnaissance des actions altruistes.

Quand on lit dans le journal « Le Soir » du 2 Juillet 2015 à propos de la menace de grève des médecins contre le tiers payant obligatoire que Roland Lemye, vice-président de l’Absym déclare et sans doute avec une réelle pertinence vu l’évolution de notre société actuelle:

«On sait que ce qui est gratuit devient rapidement sans valeur» *.

La question du niveau de reconnaissance accordé actuellement aux actions bénévoles trouve toute sa légitimité. Appliquons le raisonnement  de la gratuité au  bénévolat dans le secteur médical ou les hôpitaux: la conclusion de la dévalorisation  de ce travail bénévole se fait sentir non seulement chez les patients mais aussi chez les référents médecins ou cadres: ce sentiment de non-valeur m’a plusieurs fois été confirmé.

Avant tout engagement bénévole, une réflexion s’impose donc pour les futurs bénévoles. Quelques questions doivent être examinées,  ce que nous verrons bientôt.

*or, il faut bien préciser que les visites médicales ne sont nullement gratuites mais remboursées par la mutuelle.

«Alice et l’homme-perle».Valérie Cohen.

Une résidence de standing Eaux Douces à Saint-Germain-en-Laye. Quelques femmes sexagénaires s’y côtoient chaque jour. Leur dénominateur commun: elles sont toutes sexagénaires, ont l’aisance financière, une santé harmonieuse, un tempérament façonné avec le temps. Toutes sont étouffées par la solitude et manquent de contact social. Alice reste confinée dans ses rêves, ses souvenirs d’ une aventure amoureuse passée avec Diego et son jardin de fleurs. Une excursion surprise est organisée par ses amies pour lui faire retrouver Diego à Séville. Alice se réveille. Un professeur de dessin, un juge vieux garçon et la directrice de la Résidence font partie du voyage.

Chaque participant va revisiter son passé. Le temps ne s’est donc pas arrêté… ni pour Alice ni pour eux?

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                      ….. des couleurs et des odeurs de cette andalousie (p.181).

L’auteur

Née à Bruxelles en 1968  Valérie Cohen a d’abord exercé la fonction de juriste d’entreprise avant de se tourner vers d’autres horizons et l’écriture. Elle est l’auteure de «Double vie d‘un papillon», «Nos mémoires apprivoisées» et « Alice et l’homme-perle » en 2014.

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«Cette douce histoire permet d’arpenter la plage de la soixantaine féminine avec ses illusions et désillusions» CD

Commentaire

Dans ce roman Valérie Cohen dessine une histoire sentimentale  charmante entre sexagénaires bien-portants. Inutile de dire qu’il serait bien difficile de trouver dans la réalité des habitants de résidence aussi dynamiques et unis. De nombreux passages graves montrent que «la joie sereine» des pensionnaires n’est pas une comédie mais un rite de survie. La description de ce que représente la fête des mères pour une sexagénaire Juliette touchera, j’en suis certaine, de nombreuses mamans.

L’âge n’éteint ni les sentiments amoureux ni les émois: aimer reste parfois douloureux.

Un  jour, Juliette, amie d’Alice a l’idée de classer les hommes en deux profils: l’homme-bonbon et l’homme-perle. L’homme-perle laisse une trace indélébile. Certains lecteurs trouveront sans doute qu’un autre homme-perle s’est peut-être échappé du roman: Arthur, mari d’Alice est bien dilué dans les souvenirs de sa femme. N’était-il pas lui aussi une perle pour avoir permis à Alice de vivre son histoire et sauvegarder sa famille? 

Mais les souvenirs comme les élans du cœur ne sont guère équitables…

Cette histoire idyllique tranche par son optimisme sur d’autres romans bien plus moroses. La vie n’est pas suspendue à 60 ans. Ce roman permet d’arpenter la plage de sable de la soixantaine féminine avec ses illusions et désillusions. 

Un passage

«Tous ont affronté les versants glissants de la vie et choisi de se relever ou pas.

Ils portent de ces blessures invisibles qui ne se soignent pas à coup d’antalgiques». p.104

Alice et l’homme-perle. Valérie Cohen, Éditeur: Luce Wilquin – Parution : Janvier 2014 – 190 pages.