Ensor

Dans le cadre de l’année « Ensor  2024 », organisée à l’occasion du 75e anniversaire de la disparition de l’artiste, plusieurs évènements sont organisés à Ostende, sa ville natale, et à Bruxelles.

James Ensor (1860-1949) fut en effet un de nos grands peintres rebelles.  Il développa son propre langage pictural dans le choix de ses motifs (masques, carnaval, squelettes) et d’une palette de couleurs chatoyantes.

Ensor écrivit beaucoup en français et donna des conférences dans son style très personnel, créatif et cocasse. Il déploya notamment sa verve truculente et incisive lors du Discours pour «La Joyeuse Compagnie du Rat mort» le 2 mai 1903, à l’intention des Chevaliers, amis, rats, rates, ratons, ratés et autres!  

Si le cœur vous en dit, pensez à voter pour mon haïku «Plume ensoréenne» sur le site de l’Exposition Nationale édition Ensor : j’y participe et vous me retrouvez ici sur le site de l’exposition.

Merci !

La maltraitance et les seniors : cadre général (1)

Le 15 juin est la journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. Cette journée alerte l’opinion publique sur  le phénomène inadmissible  et condamnable de maltraitance envers les personnes âgées.

Il y a de  nombreuses variations de définition du contenu de la maltraitance envers les seniors selon les pays.  L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a définit la  maltraitance des personnes âgées :

«un acte unique ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime».

«Ce type de violence constitue une violation des droits de l’homme et recouvre les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou morales; les violences matérielles et financières; l’abandon; la négligence; l’atteinte grave à la dignité ainsi que le manque de respect ».

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ une personne âgée sur dix serait confrontée à des maltraitances chaque mois.

Selon une étude belge, 19,7 % de « nos seniors » se sentent victimes de violences après leur soixantième anniversaire.

mélancolie genève b

Mélancolie (2012) Albert GYÖRGY . Genève.

La maltraitance est  aussi définie par l’article 378 du Code Wallon.

On entend :

  1. « maltraitance »: tout acte ou omission commis par une personne ou un groupe de personnes qui, au sein d’une relation personnelle ou professionnelle avec un aîné, porte ou pourrait porter atteinte physiquement, moralement ou matériellement à cette personne;
  2. « aînés »: les personnes âgées de soixante ans au moins;
  3. « intervenant »: toute personne liée à l’aîné, qu’elle soit membre de la famille, de l’entourage ou agissant dans un contexte professionnel.

Sont donc visés tous les actes répétés ou même isolés, même s’il n’y a pas intention de nuire, dans le cadre d’une relation  spécifique d’aide à l’aîné.

Cette relation de confiance n’englobe pas les liens qu’un aîné pourrait entretenir dans un cadre commercial. S’il y a abus, ce sera sanctionné pénalement. La loi du 26 novembre 2011 (1) a complété le Code pénal  pour incriminer l’abus de la situation de faiblesse des personnes et étendre la protection pénale des personnes vulnérables contre la maltraitance comme circonstance aggravante d’ infractions. Elle a aussi créé une infraction spécifique visée à l’article 442 quater du Code pénal :

« §1. Quiconque aura, alors qu’il connaissait la situation de faiblesse physique ou psychique d’une personne, altérant gravement la capacité de discernement de cette personne, frauduleusement abusé de cette faiblesse pour conduire cette personne à un acte ou à une abstention portant gravement atteinte à son intégrité physique ou mentale ou à son patrimoine, sera puni d’une peine d’un mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de cent euros à « mille euros ou d’une de ces peines seulement. »

À l’heure actuelle, toutes ces dispositions  de lutte contre la maltraitance sont utiles mais restent complexes à mettre en œuvre. Songeons au cas de la personne, souvent fort  âgée, victime d’escroquerie et confrontée aux lenteurs de la justice…(2). L’OMS  met même en doute l’efficacité de la plupart des interventions ou contrôles.(3)

Or, le risque de maltraitance de nombreux seniors va s’accroître dans le monde en raison de la longévité et du nombre de seniors de plus de 60 ans  qui devrait au moins doubler d’ici 2050.

La  prise en charge au long court des seniors (souvent une durée de 10 ou 20 ans pour les aidants naturels), l’impossibilité  des services publics de répondre à leurs besoins en raison des contraintes budgétaires, le maintien à domicile de seniors vulnérables ne peut que créer un climat propice aux diverses maltraitances.

Numéros d’appel en cas de maltraitance envers un senior ou de question à ce sujet:

 A Bruxelles,

Ecoute Seniors au  02/223 13 43 (Service d’Ecoute pour Personnes âgées maltraitées)

En Wallonie,

Respect Seniors: Appel gratuit : 0800 30 330 (Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés)

—————————————————————

  1. La loi du 26 novembre 2011 publiée au Moniteur belge du 23 janvier 2012.
  2. A 83 ans, une simple action en justice peut amener 5 années de procédure. (J’ai connu un dossier de cet type). C’est un défi très pénible. On pourrait y voir même une maltraitance supplémentaire pour l’aîné. Même sans intention de nuire, si on s’en tient à la définition du Code Wallon, une maltraitance est générée…par le pouvoir public.
  3. « Les données factuelles laissent penser que les services de protection des adultes et les visites à domicile effectuées par les services de police et les travailleurs sociaux pour des victimes de maltraitance peuvent en fait avoir des conséquences négatives et entraîner une augmentation de la maltraitance à l’égard de la personne âgée »

 

L’importance du réseau social pour tous.

Les seniors sont plus heureux que les autres, voilà ce qui ressort de lenquête nationale du bonheur réalisée par l’université de Gent.

Non seulement leur charge mentale familiale est moindre, mais les personnes âgées se sentent moins seules que 50% des personnes de 25 à 50 ans.

Le réseau social * est important pour le bonheur de l’individu. Dire bonjour à un marchand, à un collègue ou à un voisin, c’est dire qu’on est là, exprimer qu’on est vivant, qu’on possède un nom et une identité. Une chaleur humaine, bénéfique à tous, se dégage quand l’échange est favorable.

Se socialiser permet d’aller mieux, quel que soit l’âge.

A notre époque de mobilité et d‘individualisme, un réseau social est un tissu à construire, à maintenir et à réinventer continuellement.

Avec l’âge, la réduction du nombre de contacts sociaux est inévitable: perte des collègues de travail, décès** des uns et des autres et déplacement des personnes. L’absence de mobilité, la perte de mémoire, la perte de l’ouïe compliquent les contacts sociaux. La solitude des personnes âgées, qui peuvent être complètement désocialisées, est indéniablement plus pénible à assumer.

Certaines personnes aussi se sentent seules alors qu’elles sont très entourées mais leurs exigences ou leur narcissisme les empêche de créer des vraies connexions, faute de partage. L’absence de compagnon fait que le temps personnel se dissocie de celui des visiteurs. La tendance à parler de soi et à ne plus écouter les autres qui n’apportent que perturbations dans ce mode de vie solitaire est fréquente.

Si certains se plaignent de devoir intégrer une maison de repos, d’autres résidents, comme Madeleine si réticente au début,  y revivent car ils retrouvent enfin un réseau social qu’ils ne pouvaient plus maintenir à domicile.

Entretenir de bonnes relations avec sa famille en s’impliquant dans la relation, en prenant d’initiative des nouvelles et en ne restant pas dans la position de celui «qui attend une visite due» est capital.

 Personnes.jpg

On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime. Victor Hugo. ( 1802-1885)

Actuellement, 43% des seniors de plus de 65 ans seraient inscrits sur les réseaux sociaux et tenteraient ainsi de rompre leur isolement pour développer d’autres formes de rencontres via internet. Les échanges virtuels sont parfois limités mais permettent aussi de se retrouver autour de centres d’intérêt.

La qualité des relations prime aussi sur leur quantité. Les seniors ou les aînés oublient parfois qu’ils doivent prendre le temps de cultiver leurs relations.

Partager avec d’autres est un facteur essentiel de santé.

 *L’expression réseau social désigne un agencement de liens entre des individus et/ou des organisations, constituant un groupement qui a un sens : la famille, les collègues, un groupe d’amis, une communauté, etc.

** Le décès d’un conjoint peur parfois diminuer le nombre de relations pour le conjoint survivant de 75% !!!

Le chez soi, pôle très structurant du senior+.

Dans le livre «Les bottes suédoises», de  Henning Mankell, la maison de Fredrik, le vieil homme disparaît dans un incendie en une nuit.

Dans ma maison…Chez moi

 « J’y suis , j’y reste » : cette citation du général français Mac Mahon lors du siège de Sébastopol est bien celle reprise par plus de 80% des personnes âgées. Elles veulent rester à domicile même en cas de pépins et ne veulent pas d’une institutionnalisation forcée.

Aujourd’hui, on pourrait imaginer parce que nous sommes plus nomades que notre relation à la maison a changé. Mais non. Après un certain âge, un lien quasi fusionnel avec l’habitat s’est imprimé en nous. Il nous devient tout simplement impossible de déménager sans traumatisme. *

Le «chez soi» est alors lié au « soi » et donc à la structure même de la personne âgée. Ce lien  permet au senior de garder ses repères spatiaux et temporels, ses habitudes  comme relever les volets, le courrier, sortir le chien… Ces gestes inchangés et inlassablement répétés rythment le quotidien et permettent de garder le cap.

A un moment où  la considération relative à leur statut social s’amenuise, le lieu où le senior conserve sa vie pleine et inchangée est son domicile. Le domicile demeure le seul endroit où ces personnes peuvent encore contrôler quelque chose.

A notre époque de précarité, et plus encore si le senior est propriétaire de ses murs, il voit  sa maison comme son cocon, sa protection.

Le domicile est aussi le lieu de l’intimité où on peut y être soi « sans jugement ». On devient très individualiste avec la vieillesse (… difficile de tricher avec les pairs en institution qui détectent sans pitié, vos lacunes).

Souvent aussi, les seniors + sont conscients d’être atteints de troubles neurologiques même s’ils le masquent habilement. Par exemple, la maladie d’Alzheimer empêche les nouvelles mémorisations. Le domicile permet de faire perdurer leur comportement social adéquat et acceptable car ils font des activités routinières et quotidiennes dans un même cadre.

La maison est aussi le lieu des souvenirs familiaux, le point d’ancrage des rares amis demeurés fidèles.

Demeurer chez soi reste donc «l’ultime liberté». Vivre encore !

 

urne.jpg

Certaines urnes funéraires  ont même la  forme d’une maison comme cette Urne Calabresi 

650-625 avant JC. Musée du Louvre ( Lens) 2013 

Déraciner une personne âgée se fait parfois au péril de sa vie. On connaît l’effondrement rapide de certains seniors transplantés dans une institution et qui perdent leurs repères habituels, sans avoir la faculté d’en acquérir de nouveaux. Quant à la notion des «risques » éventuels de rester seul à domicile, elle touche peu le sujet âgé concerné qui s’avance vers sa finitude.

La  décision de  faire changer un senior de domicile est parfois complexe notamment quand il y a danger pour les tiers ou quand la famille trinque trop pour maintenir sauves les apparences. Le professeur Michel Ylieff, docteur en psychologie reconnaît par exemple que «l’aide apportée au proche Alzheimer dépasse les limites de ce qui est considéré comme habituel dans les rapports familiaux »

Les vieux parents doivent se prendre en charge, préparer longtemps leur lieu de vie en vue de leur vieillesse car en effet, ils auront un âge où ils n’auront plus envie ou ne sauront plus s’adapter à aucun nouveau cadre.

*Rappelons qu’en France, la protection des locataires âgés commence dès 65 ans !

Sous le plafond de verre, des éternels oubliés…(8)

Mais il y a des «oubliés» dans cette enquête du Thermomètre Solidaris sur les adultes très âgés.

Où sont  les «indispensables mais invisibles», les aidants proches ? Comme les nomment très justement l’Asbl Aidants proches 

Comme des artistes funambules, les aidants travaillent, mutiques, toujours sans filet, sur le fil de leurs seules forces.

Photos2013.jpg

Affiche de Savignac (affichiste français 1907-2002). Trouville. 2015

Il y a, au minimum, 900 000 aidants proches en Belgique, majoritairement des femmes, qui consacrent  du temps et de l’énergie à un proche malade, dépendant, ou senior.(1)

Des perles !

Cette aide bénévole qui représente parfois plus de 20h par semaine et qui s’étale de plus en plus sur des années ne compte en rien pour le statut financier ou social de la personne dévouée et lui cause souvent même préjudice.(2) La situation du senior évolue naturellement de manière telle que la prise en charge se déséquilibre de plus en plus et ne respecte plus la vie de l’aidant qui offre de bon cœur son temps.

Le temps est une valeur naturelle non renouvelable, sa valeur est inestimable. Le philosophe latin du Ier S avant J.C, Sénèque, regrettait déjà que le temps ne soit jamais vraiment considéré : « On ne trouve personne qui veuille partager son argent, mais chacun distribue sa vie à tout venant et personne ne te restituera tes années, personne ne te rendra à toi-même« .

Le support bénévole apporté par les aidants proches est précieux et rentable. Ce travail que la société et même les seniors  ne veulent pas voir est sans aucun frais pour la sécurité sociale.

La voix de celles et ceux qui sont acteurs de cette thématique altruiste est fondamentale.

Mais, individuellement, pris en étau sous ce plafond de verre qui arrange bien les seniors+, et  la société qui ferme les yeux, les aidants ne sont ni écoutés ni compris.

Une enquête commune (3) qui couplerait enfin les opinions des mêmes dyades aidants/ aidés seniors serait transparente et très utile à la compréhension des uns et des autres et à l’évolution des mentalités.

Vu les tabous à lever,  cette enquête serait utile. Penser en outre qu’elle serait favorable à la recherche de nouvelles solutions paraît un leurre car les conditions économiques actuelles sont trop défavorables. Solidaris mentionne honnêtement dans son étude que des demandes d’aides aux familles sont refusées actuellement par leurs services, faute de moyens.(4) Les autres mutuelles sont dans la même situation.

Le témoignage d’aidants, à distance de leurs expériences personnelles passées avec des seniors serait aussi bienvenu. Ils ont plus de liberté et de recul pour analyser un sujet qu’ils connaissent et leurs avis sont parfois tranchés.

Quoi qu’il en soit, les aidants proches actuels restent indécelables et inobservables sous le plafond de verre, englués dans un cercle vicieux, sans aucune porte de secours ouverte par les pouvoirs publics !

 

1. A 78%, les aidants non-cohabitants sont les enfants des personnes aidées et 71% sont des femmes

2. « Les personnes qui prennent en charge un proche en perte d’autonomie se mettent souvent en danger physiquement et psychologiquement. Les aidants proches se coupent peu à peu de toute vie sociale. Ils mettent parfois leur vie familiale et professionnelle en péril. » (http://bienvivrechezsoi.be/)

3. Le taux de participation des octogénaires serait moindre si les familles étaient interrogées. Une enquête auprès de pensionnaires de homes m’a montré que si le sujet analysé porte à la fois sur l’opinion des résidents seniors  et dans un second temps sur le ressenti de leurs proches recueilli dans des lieux même distincts, il y a la plus grande réticence et même le refus de certains seniors à collaborer à une enquête tant ils pressentent que la différence de perception pourrait amener des conflits.

Un exemple? Banal. Le temps est relatif, en ce sens chaque observateur le mesure ou l’apprécie différemment. Emile est soutenu par son fils Simon qui vient le voir chaque semaine depuis huit ans. Emile déclare: Simon ne s’assied qu’une heure à peine chez moi. Simon travaille, a une famille, fait 45 minutes de route pour arriver chez son papa. Là, il fait les courses de son père, gère la partie administrative et ses paiements et puis s’assied effectivement une heure avec son père. L’après-midi est ainsi passée. Chacun de nous a une perception bien différente de la réalité, et donc du temps, selon qu’il le donne ou le reçoit !

4. » Renforçant les effectifs de l’aide aux familles : augmentation du nombre d’heures subventionnées des aides familiales, gardes à domicile et des aides ménagères sociales. En effet, actuellement, nos services sont contraints de refuser, faute de moyens, de plus en plus de nouvelles demandes. Le contingent d’heures subventionnées n’a d’ailleurs pas été majoré depuis 5 ans.  »  

Le plafond de verre en matière d’autonomie apparaît. (7)

banc- Copie.jpg

Dans le Thermomètre Solidaris et le rapport de recherche analysés précédemment « Comment vont les personnes de 80 ans et plus » figure la question essentielle suivante :

 » Avez-vous déjà parlé avec votre entourage (famille, amis, etc.) de la possibilité que vous deveniez moins autonome (ou que vous vous sentez déjà actuellement de moins en moins autonome) ? »

Seuls 37 % des octogénaires en ont parlé à leurs proches.

  • 53% des seniors+  ne l’abordent pas (13 % n’osent pas et 40% refusent d’aborder l’éventualité de perte d’autonomie à ses proches)
  • 10% en parleraient à leur médecin. Comme le médecin est d’une part tenu au secret professionnel et que d’autre part la consultation se limiterait au cadre strictement médical sans que le médecin joue un rôle actif de conseil*, on peut considérer que la perte d’autonomie restera masquée socialement.

Le chiffre de 63% de personnes prêtes à masquer ou à ne pas admettre leur dépendance ou leur future dépendance illustre le plafond de verre de l’autonomie..

Plafond 2 .png

En cas de dépendance, 4 sur 10 refuseraient de rentrer en maison de retraite.

La logique voudrait donc qu’ils se préoccupent de leur habitation. Or, 86% estiment ne pas devoir changer de logement même s’il n’est plus adapté à leur vie actuelle et/ou à leur état de santé. 

A la question de l’anticipation des aménagements nécessaire à réaliser dans leur logement pour une situation de dépendance, 76 % de ces seniors n’ont rien fait ou même rien envisagé.

Ce chiffre corrobore en miroir le pourcentage des 63 % de personnes prêtes à cacher leur dépendance.

autiche miroir .jpg

A nouveau, pourquoi anticiper une dépendance qu’on n’envisage pas ou qu’on n’admettra pas ?

 

Etude de données de la Fondation Roi Baudouin « Les aidants proches des personnes âgées qui vivent à domicile en Belgique: un rôle essentiel et complexe ».  Y lire les commentaires au sujet des consultations médicales.