L’aidant proche et l’hospitalisation à domicile (2)

coeur belgeLa durée d’hospitalisation prévue en Belgique, par l’I.N.A.M.I (Institut national d’assurance maladie-invalidité), pour une fracture du tibia avec opération est de 24 heures pour tous, même pour un nonagénaire.

lessive - Copie

Que penser de l’impact de ces séjours écourtés en clinique qui vont concerner le secteur de la gériatrie et rejaillir sur les aidants* familiaux?

Dans les faits, les aidants familiaux sont le maillon indispensable des hospitalisations à domicile.

Que signifie une hospitalisation à domicile?  Voici mon expérience d’aidante d’un proche pour une hospitalisation de 6 mois à domicile. Un local et un équipement adaptés ont été  indispensables. Une disponibilité totale (pas de travail extérieur) est nécessaire pour ouvrir la porte aux divers intervenants kiné, infirmiers, médecins et visiteurs et gérer leurs horaires et leurs visites. L’hygiène doit être plus qu’irréprochable.  C’est un point délicat s’il y a des visiteurs pour le malade. Les repas, les lessives, les courses, la gestion des médicaments doivent être assumés d’une façon ou d’une autre. Le travail administratif lié à ces soins est important. La vie quotidienne du foyer continue avec ses charges et tracas. Personne ne vous y relaie. La manipulation du malade dans son lit demande une bonne condition physique. (L’été, les toilettes du malade n’avaient plus été assumées par le personnel soignant en congé). Et le malade était très coopérant…

Pour  une hospitalisation de senior+ (plus de 75 ans) à domicile, s’ajoutent d’autres spécificités: le conjoint aidant doit être de taille à faire face à cette charge. La plupart des logis seniors ne sont pas adaptés à l’éventualité. Si le senior vit seul, il devra compter sur un proche, un enfant peut-être éloigné géographiquement ou toujours au travail (la pension devenant tardive). Prendre le parent âgé « en régime hospitalisation » à son propre domicile est tout aussi complexe. Car comment gérer les choses si soi-même on a une santé vacillante? Ou comment, pressé par un timing de soins, encore accueillir ses petits-enfants ou sa famille? Un exemple de situation ubuesque: j’ai rencontré en clinique une dame qui accompagnait son mari pour des séances de chimiothérapie et à qui on demandait de reprendre son père octogénaire hospitalisé suite à une fracture du bassin, dans la même clinique. Elle ne cessait de protester. Vainement d’ailleurs. C’est la brutale réalité.

aider

Quelles solutions ?

  • Sans doute les maisons de repos et de soins pourraient-elles accueillir en plus grand nombre des résidents demandant des soins après ces trop courtes hospitalisations. Certaines maisons accueillent déjà en convalescence des seniors-résidents transférés par les hôpitaux. Ce sont quelques maisons de repos et de soins qui disposent d’un panel de personnel compétent leur permettant de face aux aléas de pathologies diverses allant d’aspects cardiaques, pulmonaires, oncologiques ou suites de fractures.

Mais ce n’est pas si simple. Dans une maison de repos, j’ai rencontré un patient avec des problèmes pulmonaires traités à l’hôpital, sorti avec un appareillage médical « particulier » et dont l’infirmière de son service en maison de repos ne connaissait pas le fonctionnement. Désemparée, elle contacta l’hôpital.

Si la structure d’accueil n’est pas assez outillée pour gérer la situation du malade senior et que le séjour est prévu pour une période limitée de quelques mois, on comprend aisément que ce type de patient n’y sera pas admis.

  • Ne faudrait-il pas envisager des nouvelles modalités de fonctionnement dans les hôpitaux, en raison du vieillissement massif de la population?

Les hôpitaux constatent actuellement une baisse de leur activité (nombre de journées d’hospitalisation en baisse, idem pour les durées de séjours…). Théoriquement, les services hospitaliers auraient la possibilité d’avoir plus de souplesse en gériatrie sauf qu’ils manquent de spécialistes gériatres et que leur santé financière se révèle de plus en plus fragile (1). Un carcan INAMI moins strict permettrait d’humaniser les hospitalisations des seniors.

 

Est-ce du rêve?

En tous cas, les politiques actuelles de soins axées sur la rentabilité partout dans le monde sont juste à l’opposé: les aidants doivent le savoir.

 * «Des hôpitaux aux pieds d’argile» Eric Burgraff  « Le SOIR » 11 octobre, page 11 

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