De Jean D’Ormesson:
« Je crois que si je passe pour l’écrivain du bonheur, c’est parce que je pense qu’il faut être heureux en dépit de tout le reste »

De Jean D’Ormesson:
« Je crois que si je passe pour l’écrivain du bonheur, c’est parce que je pense qu’il faut être heureux en dépit de tout le reste »


« Allumer le feu, allumer le feu
Et faire danser les diables et les dieux
Allumer le feu, allumer le feu
Et voir grandir la flamme dans vos yeux… »
Artiste: Johnny Halliday disparu en décembre 2017. Album: Ce que je sais. 1998
A la limite de la lumière et de l’ombre…

« A la limite de la lumière et de l’ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde… »
Odilon-Jean Périer
» Voir, entendre, aimer.
La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil. »
nous dit Christian Bobin.


Il y a quatre âges dans la vie de l’homme :
1- celui où il croit au père Noël ;
2- celui où il ne croit plus au père Noël ;
3- celui où il est le père Noël ;
4- celui où il ressemble au père Noël.
(Anonyme)

Il n’y a pas d’âge pour écrire au Père Noël.
Il faut croire à une certaine magie de Noël, ne pas abandonner ses rêves et au moins les exprimer si nous voulons qu’ils soient entendus un jour!

» Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens
Au vent des soirs d’automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne »
Guillaume Apollinaire
« L’espace change, l’univers se dilate,
et la seule chose qui ne passe pas,
c’est ce qui se passe sans cesse,
le temps »
Jean d’Ormesson (écrivain et académicien français, disparu en décembre 2017)

Avec ce message,
je vous souhaite des fêtes de Noël sereines et une année 2018 à la
hauteur de vos espérances, ponctuée de vrais petits bonheurs.
Pour ces derniers jours de l’année, partageons ensemble de petites respirations de poésie et des images de la mer du Nord où la neige s’était invitée…

« Il neige sur la mer,
Il neige des étoiles,
Il neige autour des voiles
Et sur le quai désert. »
Maurice Carême
Continuons notre voyage vers le grand âge.
C’est Claude Sarraute qui nous indique à quoi ressemble « la vieillesse de la vieillesse » dans son livre « Encore un instant« .
Claude Sarraute s’est toujours exprimée en toute liberté. Le grand âge étant venu, le plaisir de dire tout haut ce qu’on pense est encore plus vif.
Dans ce récit à deux volets, elle évoque sans fausse pudeur à la fois ses souvenirs personnels, ses conquêtes, sa frivolité et livre ses réflexions sur son expérience actuelle du grand âge. Les joies, c’est un petit verre, une cigarette, un repas sous forme de buffet, un bon moment. Les peines de ses nonante ans, ses problèmes d’arthrose et d’incontinence sont largement décrits. La journaliste raconte sa dégradation physique et même cette envie sans cesse repoussée de mettre fin à sa vie avec l’association « Mourir dans la dignité ». « Je ne veux pas me dégrader trop », assure-t-elle.


L’auteur
Née en 1927, Claude Sarraute est une femme de lettres et une journaliste française. Elle a publié de nombreux ouvrages comme « Dites-donc » en1985, « Papa qui ? » en 1995 et « Belle, belle, belle » en 2005. A presque 90 ans, Claude Sarraute publie en 2017 son treizième livre « Encore un instant ». Ancienne collaboratrice du journal Le Monde, elle est aussi connue pour sa participation aux émissions de Laurent Ruquier.
Phrase
« Quand on n‘a plus grand-chose à offrir, seules la gentillesse, la tolérance et oui, les louanges, spontanées bien sûr, peuvent encore vous valoir des signes d’attachement ».
Commentaire
«La vieillesse, moi j’adore» déclare Claude Sarraute. La journaliste est cependant assez privilégiée: elle semble douée pour happer les instants de bonheur et bénéficie des services de Jacques s’occupe d’elle depuis 25 ans.
Malade, bouffée par les rhumatismes et l’arthrose, Claude Sarraute n’échappe cependant pas aux douleurs et aux difficultés de la vieillesse comme la perte de mobilité. S’ensuivent le désir d’isolement, l’obligation d’apprendre à renoncer, le souhait de peser peu sur son entourage, le désir d’en finir.
Son récit pourra apparaître contradictoire à certains lecteurs. C’est pourtant bien dans ces plages d’ambivalence que naviguent les grands seniors qui résistent.
Le très grand âge est un défi quotidien. Peu de personnes ont écrit de manière aussi pointue sur ce vécu singulier. Même si Claude Sarraute avait les facilités et les compétences pour écrire cet ouvrage, il y a une certaine générosité de cette femme à mettre à nu sa vieillesse de nonagénaire, abordée avec autodérision.
Pour les lecteurs qui dépasseront l’aspect léger des confidences sur sa vie passée, ce sera un safari en terre inconnue riche d’enseignements. Entre la vie des seniors de 75 ou 80 ans et celle du grand âge, des 90 ans, il y a une différence énorme. Claude Sarraute évoque les mêmes constantes que j’ai pu noter chez les grands seniors. Par exemple: lire devient compliqué, la télévision est abandonnée au profit de la radio, il y a perte de mémoire des noms, des dates, des faits, le téléphone portable est abandonné au profit du fixe. La grande peur de tous est de devoir subir une hospitalisation terminale pénible.
Ce petit livre sur le grand âge est distrayant et instructif.
Claude Sarraute qui lit les nécrologies dans son journal constate que deux fois sur trois l’âge du cher disparu dépasse les 90 ans … Autant que vous le sachiez!
Encore un instant. Claude Sarraute. Editeur Flammarion. 2017