« Aphrodite et vieilles dentelles ». Karin Brunk Holmqvist

En Suède, Elida et Tilda, vieilles filles de 72 et 79 ans sont deux soeurs qui vivent relativement isolées à la campagne. Leur frère Rutger plus jeune, mais vieillissant aussi est instruit et s’ est installé avec sa famille, en ville. Elida et Thilda continuent de vivre dans un confort rudimentaire, avec des WC archaïques à l’extérieur de la maison. Elles se contentent de  peu et sont même rétives à la modernité. Elles font du café, des confitures, lisent le journal ou brodent.

chat noir

« Le gros matou noir de Molin est dans les fleurs d’Alvar, s’alarma Thilda »

Dans ce quotidien rude parsemé de quelques chamailleries, l’arrivée d’un voisin sexagénaire Alvar Klemens va bouleverser la monotonie. Les soeurs vont faire assaut de coquetterie et se lancer dans un grand projet: faire construire des toilettes à l’intérieur de leur maison! Pour financer cet aménagement, Elida et Tilda vont trouver une source de revenus. En observant ce qui se passe chez leur nouveau voisin, elles entrevoient l’occasion inespérée d’améliorer leur quotidien…

L’auteur

Karin Brunk Holmqvist, née en 1944 en Suède, a exercé plusieurs professions: assistante sociale, employée en maison d’arrêt..etc. Ensuite, elle réussit des études de sociologie et se met à écrire des recueils de nouvelles et de poèmes. « Aphrodite et vieilles dentelles » est son premier roman publié en 2015. Elle figure maintenant parmi les plus populaires écrivains suédois.

Commentaire

La vie est pleine de surprises. Une nouvelle relation dans le cercle d’un aîné peut lui amener un regain de vie, un souffle d’innovation. Pour les deux sœurs encore curieuses de tout, leur nouveau voisin est un messager d’idées actuelles et de références modernes bienvenues dans leur univers trop étriqué.

Le roman est aussi la démonstration exquise du sens de l’observation de certains seniors qui ont le temps nécessaire pour l’apprentissage et la réflexion. Leur longue expérience des choses et de la nature humaine leur permet de faire des liens inattendus.

Le passage du roman relatant comment leur couverture en patchwork parsemée de pièces assemblées où chaque carré a sa propre histoire est une idée émouvante. Peut- être une piste intéressante à exploiter dans les ateliers créatifs seniors ?

On découvre avec amusement et ébahissement les gaffes et audaces de ces deux sœurs, dans leur apprentissage de gestion de leur invention.

Le scénario est déjanté, avec un humour loufoque allié à un indéniable charme nordique. Ce que j’apprécie, comme beaucoup de lecteurs.

Une phrase

 «Alvar n’en finissait plus de manger. Il était comme un coq en pâte et complimentait ses voisines. Tilda et Elida mangeaient aussi de bon appétit. Les plats avaient toujours meilleur goût lorsqu’on avait de la compagnie

 « Aphrodite et vieilles dentelles ». Karin Brunk Holmqvist. Collection « J’ai lu »

Occultation des maltraitances causées par les seniors: les raisons. (3)

power maltraitancesFaire émerger la maltraitance causée par des seniors sur les aidants ou sur des tiers est très compliqué actuellement, en raison de 4 facteurs:

A  Il faut que la maltraitance soit détectée par la victime (tiers ou aidant).

Pour cela,

  • le rôle de proche aidant devrait être reconnu socialement: on en est si loin que beaucoup d’aidants évitent même de mentionner leur rôle à leurs amis proches.
  • la manipulation, les demandes exigeantes, le manque de respect de la personne aidée devraient être identifiés comme de la maltraitance. Souvent les aidants épuisés n’ont pas l’information utile pour détecter ce qui les détruit.
  • la victime devrait admettre son statut de victime. L’entourage ou les professionnels minimisent souvent l’abus subi, vu l’absence de traces. Ce désaveu des tiers provoque une accumulation d’émotions, de colère et de culpabilité chez l’aidant. La situation peut même s’alourdir et s’inverser quand la victime est vue comme « épuisée ou agressive », donc source du problème!
  • la victime remettrait en cause la balance inégale du lien d’aide et son jugement sur le senior auquel elle est souvent liée par des liens affectifs. Elle  n’a pas la neutralité du professionnel: le senior aidé n’est pas un patient mais un  père ou une mère à qui elle ne doit plus trouver d’excuse du genre « ma mère ne se rend peut-être pas compte ! » . Ce lien familial alourdit en fait le traumatisme subi.

A la question d’un jeune qui  me demandait «Pourquoi  tolère-t-on  des actes inadmissibles de la part du senior alors qu’on ne les accepte pas d’un jeune enfant? »

Il y a une différence de traitement effectivement. Comment l’expliquer? Nous avons tous intégré culturellement que dans le duo adulte/jeune enfant, le parent doit aider le jeune enfant à se construire pour quitter la dépendance qui le retient à son parent. Ce binôme constructif n’est pas possible avec un senior (sauf de très rares exceptions).  Même si le vieillard d’aujourd’hui est l’enfant d’hier, il n’y a pas eu de conditionnement sociétal spontané à s’intégrer dans un partenariat pour gérer sa fin de vie.  Le projet personnel* de l’aîné aidé s’oppose, dans la majorité des cas, à une idée de collaboration: le senior n’est pas instruit sur la dépendance dans laquelle il plonge et qu’il voit comme une régression. Cette frustration, cette inadaptation et la non-reconnaissance de la situation réelle se déversent bien souvent en vagues de reproches et en tensions supportées par les assistants qui subissent la « loi du senior ».

zone grise

B.  Notre société n’est pas prête à assumer les conséquences sociales de cette zone grise de maltraitance vis-à-vis des aidants naturels notamment, qui sont les piliers invisibles de la prise en charge de la dépendance. Dans les logiques actuelles d’économie en santé publique, l’aidant familial ou les aidants professionnels sont des acteurs clés d’une solidarité pour le maintien à domicile ou le soin  des seniors, alors que toutes les autres solidarités se délitent dans la société.

C.  Les phases de vieillissement de la personne sont peu connues pour beaucoup d’entre nous.

Être vieux dans notre société, qui prône la jeunesse et laisse ses aînés sur les bras de proches ou de professionnels saturés n’est pas réjouissant. La dépendance devient un drame personnel: une cassure pénible s’établit pour le senior avec la société, son statut et ses habitudes. De plus, le type de société qui révérait le grand âge a disparu notamment en raison du baby-boom du grand âge. Les aptitudes sociales d’échange et d’aide se diluent en raison de l’individualisme encore renforcé par l’attitude de certains seniors qui veulent « profiter » jusqu’au bout. Il y a peu de réflexion sur la relation aux autres, sur les handicaps de l’âge, et les nouveaux jeux de pouvoirs et dérives dans les relations d’aide au vieillissement.

D.  Certains seniors sont plus à risques que d’autres pour provoquer des maltraitances mais ne sentent pas concernés.

Face à l’augmentation de la longévité, la population  des seniors n’est pas homogène. La nature des violences provoquées par les personnes âgées est très liée à leur histoire,  à leur mode de vie mais aussi au fond à leur forte personnalité qui les laisse hors d’atteinte de toute médiation.

La situation ne semble pas prête d’évoluer.

« Qui n’a jamais pratiqué une seule fois dans sa vie l’aide à une personne dépendante ne sait rien de l’énergie que cela exige et rien non plus de la solidité psychique requise. A plus forte raison lorsqu’on fait cela toute l’année » Témoignage de Djam.

fleur mauve

 

 Un peu de bienveillance donc pour nos semblables et ceux qui ont ce statut d’aidants. Ce sont eux qui adoucissent les peines du grand âge !

***

 

 

 

* au nom de son autonomie  revendiquée….

Maltraitance des seniors: la face cachée. (2)

Le phénomène de la maltraitance envers les seniors est reconnu et socialement étudié.

les chardons

Il existe aussi une autre face cachée de maltraitance, aussi épineuse que des chardons. Des cas vécus me reviennent de plus en plus.

  •  Un lundi matin à Bruxelles, une vendeuse exténuée pleurait dans le magasin. Interpellée par un client, elle dit : «  Ce n’est rien… » Cette vendeuse avait véhiculé sa belle-mère nonagénaire le week-end pour aller chez le coiffeur et chez sa manucure. La vieille dame avait une fois de plus agressé sa belle-fille en lui disant que ce n’est pas avec un look comme elle avait qu’elle allait faire quelle chose de sa vie. De plus, l’aide qu’elle lui apportait n’était pas top puisqu’elle s’était même permise de boire une tasse de café en déposant les courses de sa belle-mère. Interpellée par son fils sur ses propos méchants, elle lui a répondu en riant «mais c’est ma tête, mon «Zheimer» (Alzheimer). « En est-elle atteinte ? » avons-nous demandé à cette vendeuse désemparée ? A part une évaluation de son médecin traitant, la nonagénaire n’avait vu aucun spécialiste et s’y refusait.
  • La grand-mère de Daniel, placée dans un home et est visitée régulièrement par toute sa famille, lui téléphone:  «On me maltraite…je suis en prison. Je ne mange pas car on ne me donne pas à manger. J’ai faim». Daniel, inquiet, quitte sa réunion de travail. En arrivant au home, il découvre les assiettes de repas dans la chambre:  en représailles envers une infirmière, sa grand-mère avait décidé de ne pas manger, en menaçant d’appeler un de ses enfants « qui a de l’influence ». Qui est maltraité en fin de compte ?
  • Dans plusieurs maisons de repos, j’ai eu l’occasion d’observer la situation du personnel d’origine étrangère systématiquement rabaissé et écarté par certains résidents.
  • La violence verbale joue même entre les pensionnaires : Natalia, réservée, n’ose plus descendre prendre ses repas dans la salle à manger d’un home tant les critiques des autres sont acerbes sur ses tenues ou sa façon de manger. Elle est maintenant victime d’angoisses. Elle a perdu 6 kgs. La direction n’a trouvé face à ce harcèlement de groupe que la seule solution de lui porter les repas en chambre.

Il est ainsi porté atteinte à la dignité ou à l’estime de soi de la personne aidante ou de tiers par des violences le plus souvent verbales, sous forme de dévalorisation (incompétence, poids, culture, fortune…), d’insulte, de menace, d’humiliation, d’injonctions diverses paradoxales,  de harcèlement, de chantage ou de menace.

Remarquons bien que ces  maltraitances ne constituent pas des actes isolés et s’inscrivent dans  une relation continue. La nature de cette maltraitance de seniors envers des tiers est un jeu de miroir de la maltraitance des aînés. On peut s’appuyer sur le fondement de définition donnée par l’OMS :

« La maltraitance des personnes (…) consiste en un acte unique ou répété, ou en l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne  (…) qui en est victime ». *

Cette maltraitance des tiers ou personnes aidantes entraîne des conséquences psychologiques à long terme. Elle n’est pas un phénomène minoritaire, et n’est pas abordée dans le monde politique. Aucune mesure de repérage n’existe actuellement dans les pratiques belges. Cette tolérance des maltraitances causées par les seniors ou seniors + est indécente et inacceptable pour ceux qui en subissent les conséquences, et pour la vie en société.

musée
Musée canadien des civilisations

Au Canada, plus avancé que nous dans l’examen de cette question, c’est près de 30% des proches aidants qui seraient victimes de maltraitance dues aux seniors au cours de l’accomplissement de leur rôle ** !

* * *

* «La maltraitance des personnes âgées consiste en un acte unique ou répété, ou en l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime. Ce type de violence constitue une violation des droits de l’homme et recouvre les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou morales; les violences matérielles et financières; l’abandon; la négligence; l’atteinte grave à la dignité ainsi que le manque de respect.  » (Organisation mondiale de la santé) »

** Or, une étude réalisée dans des pratiques familiales canadiennes, même si elle n’était pas officiellement conçue pour mesurer la prévalence, fait valoir des taux de mauvais traitements de personnes âgées se situant lui entre 12,0 % et 13 %.

 

 

 

 

 

 

 

 

La maltraitance et les seniors : cadre général (1)

Le 15 juin est la journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. Cette journée alerte l’opinion publique sur  le phénomène inadmissible  et condamnable de maltraitance envers les personnes âgées.

Il y a de  nombreuses variations de définition du contenu de la maltraitance envers les seniors selon les pays.  L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a définit la  maltraitance des personnes âgées :

«un acte unique ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime».

«Ce type de violence constitue une violation des droits de l’homme et recouvre les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou morales; les violences matérielles et financières; l’abandon; la négligence; l’atteinte grave à la dignité ainsi que le manque de respect ».

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ une personne âgée sur dix serait confrontée à des maltraitances chaque mois.

Selon une étude belge, 19,7 % de « nos seniors » se sentent victimes de violences après leur soixantième anniversaire.

mélancolie genève b

Mélancolie (2012) Albert GYÖRGY . Genève.

La maltraitance est  aussi définie par l’article 378 du Code Wallon.

On entend :

  1. « maltraitance »: tout acte ou omission commis par une personne ou un groupe de personnes qui, au sein d’une relation personnelle ou professionnelle avec un aîné, porte ou pourrait porter atteinte physiquement, moralement ou matériellement à cette personne;
  2. « aînés »: les personnes âgées de soixante ans au moins;
  3. « intervenant »: toute personne liée à l’aîné, qu’elle soit membre de la famille, de l’entourage ou agissant dans un contexte professionnel.

Sont donc visés tous les actes répétés ou même isolés, même s’il n’y a pas intention de nuire, dans le cadre d’une relation  spécifique d’aide à l’aîné.

Cette relation de confiance n’englobe pas les liens qu’un aîné pourrait entretenir dans un cadre commercial. S’il y a abus, ce sera sanctionné pénalement. La loi du 26 novembre 2011 (1) a complété le Code pénal  pour incriminer l’abus de la situation de faiblesse des personnes et étendre la protection pénale des personnes vulnérables contre la maltraitance comme circonstance aggravante d’ infractions. Elle a aussi créé une infraction spécifique visée à l’article 442 quater du Code pénal :

« §1. Quiconque aura, alors qu’il connaissait la situation de faiblesse physique ou psychique d’une personne, altérant gravement la capacité de discernement de cette personne, frauduleusement abusé de cette faiblesse pour conduire cette personne à un acte ou à une abstention portant gravement atteinte à son intégrité physique ou mentale ou à son patrimoine, sera puni d’une peine d’un mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de cent euros à « mille euros ou d’une de ces peines seulement. »

À l’heure actuelle, toutes ces dispositions  de lutte contre la maltraitance sont utiles mais restent complexes à mettre en œuvre. Songeons au cas de la personne, souvent fort  âgée, victime d’escroquerie et confrontée aux lenteurs de la justice…(2). L’OMS  met même en doute l’efficacité de la plupart des interventions ou contrôles.(3)

Or, le risque de maltraitance de nombreux seniors va s’accroître dans le monde en raison de la longévité et du nombre de seniors de plus de 60 ans  qui devrait au moins doubler d’ici 2050.

La  prise en charge au long court des seniors (souvent une durée de 10 ou 20 ans pour les aidants naturels), l’impossibilité  des services publics de répondre à leurs besoins en raison des contraintes budgétaires, le maintien à domicile de seniors vulnérables ne peut que créer un climat propice aux diverses maltraitances.

Numéros d’appel en cas de maltraitance envers un senior ou de question à ce sujet:

 A Bruxelles,

Ecoute Seniors au  02/223 13 43 (Service d’Ecoute pour Personnes âgées maltraitées)

En Wallonie,

Respect Seniors: Appel gratuit : 0800 30 330 (Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés)

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  1. La loi du 26 novembre 2011 publiée au Moniteur belge du 23 janvier 2012.
  2. A 83 ans, une simple action en justice peut amener 5 années de procédure. (J’ai connu un dossier de cet type). C’est un défi très pénible. On pourrait y voir même une maltraitance supplémentaire pour l’aîné. Même sans intention de nuire, si on s’en tient à la définition du Code Wallon, une maltraitance est générée…par le pouvoir public.
  3. « Les données factuelles laissent penser que les services de protection des adultes et les visites à domicile effectuées par les services de police et les travailleurs sociaux pour des victimes de maltraitance peuvent en fait avoir des conséquences négatives et entraîner une augmentation de la maltraitance à l’égard de la personne âgée »

 

Origine…

Apropos 3024472562.2

Savez-vous qu’il y a aujourd’hui près de 2,5 millions de personnes âgées en Belgique ?

Ce chiffre augmente continuellement. En 2030, il y aura autant de personnes de plus de 65 ans que de jeunes de moins de 20 ans  parmi notre population. Pour ce nombre grandissant de personnes âgées et même très âgées, se pose la question du maintien de leur qualité de vie.

Ces personnes âgées  ne pourront pas toutes compter, comme dans le passé, sur le soutien de la famille ou les amis. Les liens familiaux ou sociaux marqués par une individualisation plus grande se distendent et génèrent moins de solidarité.

Qui seront les personnes âgées de 2030 ?

C’est nous, arrivés au milieu de notre vie… 

– Si nous voulons rester autonomes le plus longtemps possible, nous pouvons préparer en partie notre  vieillesse. Nous pouvons nous informer sur les solutions existantes, nous interroger sur les expériences concluantes des aînés qui nous précèdent, échanger nos idées bref examiner les possibilités d’actions pertinentes ou les mesures préventives souhaitables pour nous.  Marie de Hennezel ne dit pas autre chose quand elle dit que l’accomplissement d’une vie se prépare très en amont. J’espère que vous partagez l’avis de cette spécialiste.

En fait, ce qui est très motivant dans cette idée de vision à plus long terme, c’est qu’il s’agit simplement d’une manière avisée de prendre soin de soi.

Juriste spécialisée dans le droit des aînés, ce sujet me passionne.

Vous me retrouvez aussi sur le site : www.jalonbleu.be

Si vous avez des commentaires ou suggestions pour le blog, communiquez-les moi.

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L’écriture manuscrite. Un atout.

L’écriture cunéiforme sumérienne (3600 av. J.-C.) semble être le système d’écriture complet le plus ancien connu.

Notre écriture en tant que représentation du langage parlé par un système de signes visibles, tracés semble avoir toujours été là. Cette organisation de traits a permis aux hommes de décharger leur mémoire, en sauvegardant les souvenirs d’évènements et en transmettant des informations.

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Mais voici qu’avec la technologie actuelle, les ordinateurs, tablettes et gsm, l’enseignement de l’écriture manuelle est abandonnée dans certaines parties du monde.

Ce moyen universel de communiquer par la main avec des signes reconnus par d’autres deviendrait inutile et pourrait donc disparaître ?

 L’écriture manuscrite a beaucoup d’effets favorables sur le développement humain.

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  • Ecrire, c’est un acte solitaire. On est seul avec une feuille de papier en miroir à tracer des mots qui peuvent même n’avoir parfois  aucun lien entre eux. La prise en main d’un crayon est alors pour celui qui écrit ce processus créateur ou réparateur qui restaure une certaine lenteur, une captation différée des évènements et installe une autre cohérence pour l’individu concerné.

 

Lettre en grec du roi de Perse Darius Ier à un gouverneur d’ Asie Mineure (vers 492-486 Av J-C)

 

  • Mais, l’écriture est aussi une activité duale. Elle engage le sujet en ouvrant sa personnalité aux autres. La forme des traces, des lettres permet souvent d’identifier rapidement l’auteur d’un texte manuscrit. L’adresse sur une enveloppe nous indique déjà l’auteur du courrier. Un feuillet peut même traduire l’état d’esprit du scripteur, plus brouillon, plus vif, comme en témoigneront des surcharges ou des ratures sur le papier.

 

  • Jusqu’au bout de nos vies, l’écriture est importante. Un message d’adieu sous forme manuscrite est souvent un trésor affectif et le seul lien tissé entre le défunt et ses proches. Sans travestissement, notre écriture parle pour nous de manière authentique alors que nous ne sommes plus.

 

  • Du point de vue de la sécurité, tous les moyens de télécommunication électronique sont reconnus vulnérables: revenir à l’écriture manuscrite est toujours la meilleure façon de conserver le secret ou une certaine discrétion.

 

Je pense que l’écriture manuscrite reste un atout unique et un moyen d’exprimer sa personnalité dans notre monde numérique. Cultivons-la avec soin et délicatesse comme des fleurs dans notre jardin personnel.

 

 » L’écriture, c’est comme les palpitations du coeur, cela se produit ». Elsa Triolet

 

L’ascendant. Alexandre Postel.

Un jeune homme solitaire de 36 ans, vendeur de téléphones mobiles, apprend le décès de son père dont il s’était éloigné. Retraité, ancien fonctionnaire des impôts, le défunt était un homme sans histoire. Le fils se rend dans la maison paternelle pour organiser les obsèques. Il y découvre une situation impensable. Il prend une mauvaise décision en espérant trouver une explication. Tout va s’enchaîner pour lui comme dans un cauchemar.

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« Son chat- j’étais sûr qu’il en avait un… »

L’auteur

Né en France à Colombes en 1982, Alexandre Postel est un écrivain français et professeur de lettres à Paris. Il a reçu en 2013 le prix Landerneau ainsi que le  Prix Goncourt du premier roman  pour Un homme effacé.

Commentaire

Face à un psychiatre, le narrateur relate comment se sont déroulés pour lui les cinq jours qui ont suivi le décès de son père.

Il tente d’analyser ce qui est arrivé. Cela l’oblige à analyser la relation déficiente qu’il a vécue avec son père.

Ce roman sur la filiation est déroutant. A son insu malgré son éloignement, la filiation rattrape le narrateur. Son isolement ne l’a préparé à ce qu’il allait  découvrir et vivre.

En cas de revers, on a tendance à utiliser les canevas du passé imprimés à notre insu en nous: la filiation fait qu’une part de notre construction personnelle nous échappe.

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 » tout était logique... »

Beaucoup de romans abordent le thème de la filiation souvent douloureuse et évoque la construction résiliente des enfants. Ici , le lecteur est désarçonné  de voir le narrateur sombrer dans un abîme sordide.

Ce roman pose la question de la filiation mais aussi celle de l’impact du décès d’un père devenu pourtant lointain.

En cas de décès d’un parent, se crée toujours un état de déséquilibre pour les enfants. Comment vit-on le décès de parents âgés? Même à l’âge adulte,  la mort reste un traumatisme même si le temps a permis  de « désidéaliser » les parents et de mieux cerner les facettes humaines de son parent. On les apprécie ou elles nous chagrinent… En principe, après le deuil et le chagrin, on s’émancipe  du passé: on retire les bons enseignements pour passer à autre chose.

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Dans ce roman, le narrateur ne se rendait pas compte de la personnalité déviante de son père. Son être vit un véritable cataclysme avec la découverte de l’inhumanité. Une descente aux enfers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une phrase

« … je ne saisis les choses que l’une après l’autre, de manière discontinue comme les diapositives que mes parents projetaient au mur ».