« Un clafoutis aux tomates cerises. » Véronique de Bure

Jeanne est une vieille dame de 90 ans. Son mari, René, est décédé.

Elle vit dans sa grande maison au milieu des prés, des bois et des vaches dans un village de l’Allier près de Vichy. Elle est en bonne santé  et reste autonome grâce à sa voiture. L’entretien de la maison est assuré par Angèle et un jardinier.

automne 3

Son fils s’occupe de ses papiers et des travaux de la maison. Elle est rassurée par la présence de ses voisins Marcelle et Fernand. Elle rend visite à ses amies, joue au bridge, va à la messe le dimanche, fait ses courses au supermarché, reçoit ses enfants.

Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, sa vie quotidienne nous est relatée sous forme d’un journal intime.

L’auteur

Originaire de Vichy, Véronique de Bure est auteure et éditrice à Paris. Elle est l’auteur d’un roman, « Une confession » (Stock) et de trois récits, « Un retraité » (Stock), « Retrouver Estelle » (avec Éric Mouzin, Stock) et « J’ai mis mon fils chez les cathos » (Belfond). « Un clafoutis aux tomates cerises » (Flammarion, 2017) est son deuxième roman.

Commentaire

Je ne me souviens pas d’avoir mangé un clafoutis aux tomates cerises ni d’avoir rencontré une personne nonagénaire comme Jeanne.

La vie de Jeanne est très privilégiée, rare sans doute. Jeanne et ses amies savent bien que le terme de leur vie approche et jouissent donc de leur grande liberté, privilège du très grand âge. Elles vivent leur existence avec leurs limitations au niveau de la vue ou de l’usage des technologies. Actives, elles conservent leurs habitudes sociales.

Leur réussite est due à leur adaptation à leur cycle de vie, sans regret ni amertume de leur jeunesse.

L’âge ne doit pas être un sujet pénible et douloureux. Rire ou sourire des difficultés de la vieillesse permet de faire passer un message. Les difficultés de la vieillesse sont dépeintes  avec humour et constituent les meilleurs passages de ce livre : le quotidien dans lequel le temps ne s’écoule plus au même rythme, les priorités changeantes, les tours de la mémoire, le débarquement des enfants …

Ce roman présenté comme le journal intime d’une nonagénaire n’a pas été écrit par une personne âgée. Dans un roman, l’authenticité n’est pas requise: le lecteur doit savoir qu’il reste dans une fiction bâtie sur un recueil d’anecdotes ou d’histoires. Le procédé permet de jouir d’une liberté de ton et d’instaurer une certaine connivence mais le lecteur averti des particularités de la sphère senior le ressent.

Comme nous aimerions devenir des « Jeanne » à 90 ans, bien dans nos têtes et artères, avec un petit verre de vin blanc, au soir de nos vies!

Ce n’est pas ainsi que la réalité se présentera à la plupart d’entre nous.

Une phrase

« Et puis l’automne, c’est aussi du rouge, de l’orangé et de l’or en feuilles. C’est l’odeur d’enfance des marrons chauds, le goût sucré des raisins mûrs et la saveur boisée des poêlées de cèpes. »

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