La coquille familiale s’effrite autour des aînés. (2/2)

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Poursuivons nos réflexions sur la place et le traitement réservés à la personne âgée dans tous les pays du monde.

La structure d’une large famille qui formait une coque protectrice autour des plus fragiles  s’affaiblit. Contrairement aux idées reçues, cette tendance est universelle.

Les liens classiques de solidarité avec la famille se diluent, se perdent dans  de nouvelles organisations sociales et familiales où rien n’est vraiment prévu pour la personne âgée.

Diverses composantes expliquent cette lame de fond qui mine une solidarité qui semblait  «naturelle»:

  • l’indépendance des jeunes générations a toujours impliqué la séparation avec les aînés. Cet éloignement va actuellement de pair avec une plus grande distance au plan humain. Les jeunes privilégient d’abord les affinités électives (par exemple les amis);
  • les nouveaux modes de vie commune avec des partenaires ne crée plus d’obligation légale ou de lien réciproque de secours envers la famille ascendante du compagnon;
  • l’importance des femmes exerçant une profession et les modifications de leur statut les obligent à suivre cette seule voie qui ne leur laisse aucun temps libre pour autrui en dehors du foyer. Or, la majorité des soins aux ainés a longtemps  été leur apanage;
  • la communication chaotique entre des générations modernes «hyper connectées», « technologiquement à la page » et des anciens «  non connectés » et qui ne sont plus  des «passeurs de savoirs»;
  • le déclin des spiritualités et des religions qui inculquaient le respect des anciens et des traditions bouleversent le champ des valeurs;
  • l’affaiblissement des aides informelles, du voisinage au profit de l’individualisme oblige les autorités à élaborer des mesures de prévention comme en France, où le recensement des personnes isolées indique à qui il faut porter secours en cas de canicule;
  • l’impossible synchronisation temporelle entre des personnes très occupées, très sollicitées professionnellement et des aînés sous-occupés, dégagés d’obligations sociales depuis longtemps;
  • la mobilité exigée des travailleurs complique la prise en charge des personnes âgées. Cette aide demande au contraire la proximité : les personnes âgées dépendantes sont peu mobiles;
  • l’exode des jeunes vers les villes laisse souvent une population rurale âgée plus démunie;
  • la misère dans beaucoup de pays et l’extrême instabilité de l’économie mondiale recentrent chacun sur ses priorités personnelles;
  • l’accès tardif des jeunes travailleurs à des revenus certains et réguliers ne leur permet pas de se faire épauler par des tiers, au moment où leurs parents ont besoin d’eux;
  • la durée allongée de l’aide nécessaire parallèle à la longévité nouvelle des aînés peut  impliquer pour la descendance des choix douloureux entre les exigences financières d’un foyer, notamment les études des enfants, et la générosité naturelle envers les grands-parents.

 

Pour déterminer le sort de leur population âgée, tous les pays oscillent entre 2 axes :

– Compter sur les solidarités familiales et le voisinage ;

– Instaurer une solidarité collective de l’Etat.

 

Compte le résume parfaitement Alain Grand (*):«Miser sur le tout familial risque de se traduire par de l’épuisement familial et un désengagement coupable de la solidarité collective. À l’inverse, miser sur l’État-providence, c’est encourager une certaine forme de désengagement des familles, une forme de dénaturalisation de l’aide, tout en grevant lourdement les budgets sociaux, sans compter les difficultés de recrutement des professionnels».

Contrairement à la plupart des autres pays qui ont laissé jusqu’ici le soin des personnes âges être porté plus par les familles ou le secteur privé, la Suède a évolué différemment.

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Œuvre d’art insolite à  Stockholm.

L’État suédois a depuis longtemps assuré lui-même la prise en charge des personnes âgées. Il a organisé un financement solidaire par l’impôt afin d’offrir des prestations de services à tous les habitants âgés sans s’occuper ni de leurs ressources financières ni de leur situation familiale. Ces services sont intégrés dans l’environnement de proximité de l’ensemble des Suédois.

La politique de bien-être suédois a un coût. La Suède est le pays du monde qui consacre la plus forte part de son produit intérieur brut aux seniors. En pourcentage du PIB, ses dépenses d’aide aux personnes âgées sont presque cinq fois supérieures à la moyenne de l’UE.

La crise économique et la situation des finances ont maintenant obligé le gouvernement suédois à prendre des mesures d’austérité en évaluant les besoins de chacun et en  recentrant les services sur les personnes dont les besoins sont les plus criants.

Habitués à cette norme qui fait que la dépendance n’est plus une affaire de famille et qu’ils s’en sont mentalement désengagés, les Suédois témoignent d’une préférence très marquée pour la prise en charge des aînés par les pouvoirs publics plutôt que par la famille.

Avec réalisme, il faut donc penser que chez nous aussi, on ne reviendra pas en arrière et qu’on ne restaurera pas la solidarité familiale traditionnelle. Les pouvoirs publics ont des budgets limités pour prendre en charge tous les aléas de la vieillesse. A côté de la famille et de l’État, doivent s’ajouter de nouveaux modes d’organisation. A inventer.

Une revendication émise par certains seniors n’est pas utopique: il s’agit, dans un cadre défini par eux, de la prise en charge des personnes âgées par elles-mêmes et leurs pairs. Certains projets sont en cours dans des pays voisins, par exemple le projet pilote Babayagas à Montreuil. Cette idée s’appuie sur le fait que l’occupation de réelles responsabilités permet aux seniors d’éviter la solitude, d’échanger leurs expériences entre eux et à leur rythme. Ces seniors restent combatifs, actifs et retardent largement la survenue de la grande dépendance.

* Trégoat Jean-Jacques, Grand Alain, Pennec Simone, Guberman Nancy, Jean Suzanne. « Il n’y aura plus personne pour s’occuper des vieux ». In : Santé, Société et Solidarité, n°1, 2006. Vieillissement et santé : idées reçues, idées nouvelles. Pp. 45-54.