Le poids des mots et la force des actes? (1)

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Luc Tayart de Borms, Administrateur délégué de la Fondation Roi Baudouin,  a publié dans le Soir du lundi 5 août 2014, une carte blanche. « Et si on sortait les seniors de leur « crèche » ?

L’Administrateur délégué de la Fondation Roi Baudouin  n’y critiquait pas la pertinence du projet d’un lieu d’accueil pour personnes âgées à Fosses-la-Ville mais s’insurgeait contre  la dénomination (1) du mot « crèche », infantilisant pour les personnes accueillies. Une étude de la Fondation en 2013 a analysé tous les stéréotypes négatifs attribués aux seniors: le retentissement d’un vocabulaire inadapté est certain.

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                        Discuter, partager…ensemble.

       A Fosses-la-Ville, « …cette crèche des aînés a ouvert le 2 juin et a une capacité d’accueil limitée à 13 personnes. Elle est ouverte de 8 à 18h et coûtera 25€ par journée, en ce compris le prix des repas ». C’est un lieu de vie, une maison comprenant un séjour, un salon, une cuisine et une salle de repos où s’occuper. Le but est de permettre aux seniors encore autonomes d’entretenir des liens sociaux et de passer la journée ensemble avec une dimension très familiale. Ils ont ainsi l’occasion de discuter, partager, manger ensemble. Au départ, il s’agit  d’une initiative privée d’Isabelle Gérard : « Le projet, elle l’a «monté» avec l’assistance éclairée du cabinet de la ministre des Affaires sociales. Mais elle n’a reçu aucun subside, aucun coup de pouce financier, ni de la Région, ni de la Ville ». 

D’autres initiatives limitées existent: elles viennent de quelques CPAS ou Communes, comme la maison communautaire des seniors de Neufchâteau. Elles permettent un accueil des aînés deux ou trois jours / semaine. En Flandre, une cinquantaine de lieux avec le même esprit familial qu’à Fosses-la-Ville existent mais ils sont subsidiés et encadrés par les pouvoirs publics. Le terme retenu est CADO (« Collectieve autonome dagopvang voor ouderen » = « accueil de jour collectif pour personnes âgées).

 

      Pour les seniors en perte d’autonomie, les structures d’accueil alternatives, qui assurent leur prise en charge, sont des centres de jour. Des soins sont prévus et les centres se distinguent entre eux par le type de patients qu’ils accueillent selon les pathologies ou handicaps.

       Les ambiguïtés du vocabulaire révèlent aussi la difficulté de choisir une appellation ciblant la nature de l’offre. Il n’est pas facile de trouver un terme générique pour ce type d’accueil de jour sans soins pour les seniors+. Évitons des mots comme « crèche », « centre de jour » ou « maison communautaire » qui ont déjà une signification reconnue. Je propose «Le kotâge», « L’atelier du savoir ». D’autres idées? Je les relaierai.

 

      En matière d’accueil des personnes âgées, il y a certes les paroles mais il y a surtout les actes ! Le lieu de vie proposé à Fosses-la-Ville est une ressource pour les aînés et il faut saluer le mérite de cette initiative individuelle spécialisée dans l’accueil des seniors, qui devrait être soutenue, encadrée. Mais c’est loin d’être le cas comme on le voit.

    Le paradoxe de l’interpellation de la carte blanche du 5 août 2014 est qu’il n’est pas certain que la promotrice du projet de Fosses-la-Ville aurait pu bénéficier des lumières de la Fondation Roi Baudouin. La Fondation a bien organisé des séminaires sur la question des stéréotypes et les représentations sociales négatives liées au vieillissement (2). Mais ces formations sont destinées  aux organisations et ASBL, souvent déjà subsidiées ou encadrées par ailleurs (3). Les citoyens, les «privés» du secteur ou les petits indépendants dynamiques dans le secteur de la gérontologie n’y ont pas été accueillis (4)! Dans l’encadrement des projets liés au vieillissement, le choix des acteurs soutenus par la Fondation Roi Baudouin apparaît ainsi très focalisé. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres domaines (5).

Que les groupes commerciaux n’entrent pas dans le champ d’action de la Fondation est logique (6). De même, en matière de subsides et de soutiens financiers ou logistiques à accorder, la prudence de la Fondation se comprend aisément tant le contrôle de ces aides dans les comptes d’acteurs privés ou nouveaux s’avèrerait complexe et discutable. Par contre, cette circonspection ou défiance envers des individus actifs ou indépendants dans le secteur de la gérontologie ne devrait pas s’exercer dans le secteur du développement des connaissances dont ils sont demandeurs: peu de cycles de formation leur sont accessibles car cette offre est réservée au personnel des homes ou hors de prix pour eux.

Actuellement, le message «pertinent» de la Fondation Roi Baudouin pour une communication appropriée autour du vieillissement touche donc souvent les membres surinformés d’ASBL ou organismes du secteur et certainement pas les citoyens lanceurs d’initiatives privées originales dont ont pourtant besoin nos aînés…

C’est vraiment dommage.

 

1. Dénomination exacte : « La crèche des aînés »

2. Séminaire du 28 mars 2013.

3. « Associations ‘origine’, associations ‘handicap’, associations ‘pauvreté’, associations ‘personnes âgées’, fédérations, communes, CPAS, secteur socio-culturel, 1ère ligne de soins, mutualités, assurances; secteur du logement, … »

       4. Expérience vécue.

5.   Car, dans le secteur « Justice sociale » avec le projet Boost, la fondation Roi Baudouin soutient là directement cent jeunes Bruxellois. ( le Soir du 23 septembre 2014, page 26)

6.  Un questionnement  peut  aussi s’étendre d’ailleurs à certaines ASBL : « l’image d’Epinal de l’ASBL qui vit d’amour et d’eau fraîche est révolue. Les ASBL se livrent en effet souvent à des activités lucratives pour se procurer les fonds nécessaires à la réalisation de leur objet social. »